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Radio belge francophone (RTBF)    Page 8 sur 8

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Radio belge francophone (RTBF) - le Dim 15 Avr 2012, 23:55

Rappel du premier message :

Bonsoir à tous,

Suite à un encouragement je vais tenter de glisser ici quelques tuyaux sur des émissions culturelles perdues dans le paysage radiophonique belge.

Je commence avec un programme probablement méconnu même en Belgique: Histoire de Savoir issu de Radio Campus Bruxelles (campus de l'ULB: Université Libre de Bruxelles).
Elle est déclinée en plusieurs versions, sciences humaines et sciences exactes. Pour ma part je n'écoute que la version sciences exactes animée par Alexandre Waijnberg. On y reçoit régulièrement des doctorants qui nous parlent de l'actualité de leurs recherches durant 45 minutes. Le ton est assez détendu et Waijnberg prend manifestement la peine de bien préparer ses entretiens et de vulgariser quand ça dérape. Il est souvent assez enthousiaste. Je ne peux pas commenter sur la version sciences humaines, n'étant pas un fidèle auditeur. Les sujets sont pour le moins variés, de la cosmologie à l'archéologie. A titre d'exemple je vous glisse ici un lien menant à une émission sur la musique baroque avec un doctorant en musicologie.
En voici le "pitch" si j'ose dire:
Il est tentant de penser que jouer de la musique baroque sur des instruments d'époque nous donne le son originel. Ou que pour retrouver ces sonorités de la musique baroque, il suffit d'utiliser des instruments anciens. Ce n'est pas si simple, jouer une œuvre ancienne, c'est presque la re-composer

Histoire de Savoir Musiques anciennes

L'émission a lieu chaque mardi de 18h15 à 19h sur Radio campus Bruxelles. En général les podcast sont disponibles le mardi via la page actualités du site de l'ULB en cherchant un peu.

Ce genre d'émission est plutôt rare en Belgique, la seule autre à ma connaissance est Semence de Curieux, dont le ton est assez proche de Continent Sciences. A signaler aussi une émission sur l'histoire Mémo. Elles sont toutes les 2 animées par la même personne, Jacques Olivier, dont la préparation semble particulièrement soignée.

Les émissions sont diffusées le samedi et le dimanche de 17h15 à 18h sur la calamiteuse La Première (RTBF). Les liens des émissions récentes se trouvent ici:

http://rss.rtbf.be/media/rss/audio/olivier-jacques.xml

Je pourrais à l'occasion mettre à disposition des fichiers plus anciens sur mediafire, il y a eu des séries particulièrement ciselées sur la biologie marine et les civilisations pré-colombienne, les modèles mathématiques de la mer du nord, bref les sujets les plus divers. Hélas, depuis que la RTBF a modernisé son site il n'y a plus moyen de consulter les archives de l'émission.

A ma connaissance il n'y a pas d'autre émission de vulgarisation scientifique sur le service public, qui ne diffuse plus grand chose à part de l'actualité et des pub.

Enfin quoique. Parfois je tombe sur par oui-dire animé par Pascale Tison (toujours sur La Première) le ton me rappelle un peu les ateliers de la nuit. Mais je ne connais pas assez l'émission pour en dire plus. A creuser.

A noter toutefois qu'on peut trouver des émissions thématiques intéressantes sur la chaîne dédiée à la musique classique: Musiq3.

Pour ce qui est de la littérature, la RTBF se contente de co-produire avec France Inter la librairie francophone avec l'exaspérant Emmanuel Khérad (opinion personnelle qui n'engage que moi). Pour débusquer de la littérature je conseillerais à la limite de se tourner à nouveau vers Radio Campus Bruxelles et La conspiration des histoires déclinée en version "livres" et version "DVD" dans un style et sur des thèmes qui ne sont pas sans rappeler mauvais genre mais dans un style radio amateur. A nouveau, je n'écoute pas assez régulièrement cette émission pour donner un avis tranché.

Pour le 7° art, la RTBF propose La première séance toujours sur "La Première" mais il serait dommage de ne pas mentionner aussi une sorte d'ovni radiophonique sur la chaîne "jeune" du service public "Pure fm", il s'agit de 5h cinéma chaque mercredi de 17 à 19h.
Le contexte de cette émission est assez indéfinissable et le second degré y est parfois étouffant. Ce fatras d'un peu de tout est animé par le directeur de la chaîne Rudy Léonet et "monsieur cinéma" Hugues Dayez, d'ordinaire assez sinistre et gris mais qui se lâche ici complètement et n'épargne absolument personne. L'unique raison pour laquelle je mentionne ici cette émission est le caractère belge du point de vue. J'entends par là que si un film français vous agace particulièrement et si la sortie de ce film fait l'unanimité dans les médias  partenaires en France, alors 5h cinéma devrait parvenir à vous détendre tant Hugues Dayez est coutumier des entreprises de démolition. Particulièrement quand il est question de mauvais cinéma d'auteur. On aime ou on déteste je n'irais pas jusqu'à comparer avec La Dispute ou Le Masque et la Plume. Ceux qui ont une allergie aux Inrocks devraient y trouver leur compte pour le peu que le ton adopté vous soit supportable.  

Voilà. C'était mon panorama subjectif du paysage radiophonique belge francophone.

J'aurais aimé parler de Marc Moulin, un véritable pilier du paysage radiophonique, mais rien ne presse, ce monument nous a quitté en 2008 malheureusement. A l'occasion  d'un autre fil peut-être...
* * *

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Pascale Tison au domicile d'Alain Corbin - le Mar 27 Sep 2016, 10:22

Dans l'analyse fouillée d'émissions consacrées au silence, Répliques et Hors-champs,
Jean-Luuc(http://www.regardfc.com/t781-du-silence-a-la-radio#27029) a écrit: (...) Reste une question : Pourquoi Alain Corbin rit-il régulièrement au milieu de ses réponses ?  [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13397-17.09.2016-ITEMA_21078807-0.mp3" debut="39:00" fin="39:19"]
(...)
Je me pose cette également cette question depuis que j'écoute Alain Corbin. Il n'y a pas de raison à ce gloussement au milieu ou à la fin de chacune de ses phrases hormis l'acquisition d'un tic d'expression et sans doute aussi l'âge.

Les 7 et 14 septembre, Pascale Tison était au domicile de l'historien à la parole si convoitée pour une fois encore lui demander d'évoquer ce qu'il a écrit dans "Histoire du silence" (à l'origine de notre fil créé le 9 août dernier Du silence à la radio). On n'est pas loin d'une dizaine d'émissions où Alain Corbin a été invité, Répliques étant la dernière à ce jour.

Pascale Tison a donc consacré deux numéros de Par Ouï-Dire à l'historien. Deux émissions qui ne sont pas seulement des entretiens, mais comprennent lectures et pièces musicales. Du beau travail de réalisation.

Le premier numéro du 7 septembre présente beaucoup de qualités*. On y trouve (ah nostalgie) "Sounds of silence" de Simon and Garfunkel**,  (précédé de l'évocation de la minute de silence par l'historien rieur à 28'14''). Pour entendre résonner des cloches, écouter jusqu'à 32'40.

À propos de cloches (et pas de cloche), Pascale Tison dit, imprudemment à mon avis,  "C'est beau les cloches" et avec Corbin se moque des gens incommodés par les cloches d'églises. Il faut ne pas avoir habité près d'un clocher pour traiter les plaignants d'intolérants. Voir les derniers "faits divers" à ce sujet, dont l'un a très mal fini.

Autre question, il est un peu facile et pour tout dire hors-sujet de dire que l'on ne peut plus faire silence devant un tableau "comme au XVIIe siècle". Corbin doit savoir qu'il n'y avait pas de musées à cette époque et que les personnes regardant un Rembrandt chez un particulier n'avaient pas le même "profil" que ceux parcourant un musée de nos jours.

L'évocation de Rembrandt est d'ailleurs l'occasion d'une belle réflexion sur le tableau "Le retour de l'enfant prodigue".

Je recommande très vivement la fin de l'émission à partir de 43'21, Pascale Tison y lit un texte de Maeterlinck après que Corbin a évoqué les poètes symbolistes (Rodenbach, par exemple). Dommage que comme sa collègue Axelle Thiry de l'émission À portée de mots, elle croie devoir détimbrer sa voix pour faire "poëtique" et sensible.

La seconde émission du 14 septembre est l'occasion de lectures extensives, qui se veulent inspirées, de Sylvain Tesson et de Pascal Quignard. Pour ceux qui apprécient ces deux écriveurs.

* C'est un historien particulier, sensible au détail, au goût et aux odeurs de la vie. Après un superbe essai sur l'odeur (« Le miasme et la jonquille ») sur le son (Les cloches de la terre), Alain Corbin revient sur le silence cher à son enfance quand il allait pêcher et contemplait la rivière. Condition du recueillement, de la rêverie, de l'oraison, le silence est le lieu intime d'où la parole émerge. Les moines ont imaginé mille techniques pour l'exalter, jusqu'aux chartreux qui vivent sans parler. Philosophes et romanciers ont dit combien la nature et le monde ne sont pas distraction vaine. Une rupture s'est produite, pourtant, aux confins des années 1950, et le silence a perdu sa valeur éducative. L'hypermédiatisation du XXIe siècle nous contraint à être partie du tout plutôt que de se tenir à l'écoute de soi. Une invitation à la méditation. En deux parties.
Pascale Tison


** Chanson diffusée, probablement de manière involontaire, à contre-emploi puisque les paroles (1964) expriment un point de vue liant le silence à un cancer : "No one dare / Disturb the sound of silence/“Fools” said I, “You do not know/ Silence like a cancer grows".  Et "The neon god" qui rend silencieux les gens que voit le passant de la nuit est sans doute la télévision : "And the people bowed and prayed/ To the neon god they made". Ce qui rappelle la nouvelle de Ray Bradbury, The Pedestrian (1951).

"The Sound Of Silence"


Hello darkness, my old friend
I've come to talk with you again
Because a vision softly creeping
Left its seeds while I was sleeping
And the vision that was planted in my brain
Still remains
Within the sound of silence

In restless dreams I walked alone
Narrow streets of cobblestone
‘Neath the halo of a streetlamp
I turned my collar to the cold and damp
When my eyes were stabbed by the flash of a neon light
That split the night
And touched the sound of silence

And in the naked light I saw
Ten thousand people, maybe more
People talking without speaking
People hearing without listening
People writing songs that voices never share
No one dare
Disturb the sound of silence

“Fools” said I, “You do not know
Silence like a cancer grows
Hear my words that I might teach you
Take my arms that I might reach you”
But my words like silent raindrops fell
And echoed in the wells of silence

And the people bowed and prayed
To the neon god they made
And the sign flashed out its warning
In the words that it was forming
And the sign said “The words of the prophets
Are written on the subway walls
And tenement halls
And whispered in the sounds of silence”

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Sophie Maisonneuve, naissance de l'enregistrement - le Mer 09 Nov 2016, 12:25

Sans doute une des  meilleures émissions que l'on puisse faire sur le sujet : Sophie Maisonneuve, naissance de l'enregistrement*.

D'abord Sophie Maisonneuve parle un français splendide, elle est visiblement savante et rigoureuse, et elle est passionnée par son sujet qu'elle transmet au micro de cette autre personne de qualité qu'est Pascale Tison de la RTBF.

Des passages sont particulièrement stimulants, notamment sur l'idée de fidélité de la reproduction et sur l'écoute chez soi ou en concert. Sophie Maisonneuve (vite un poste de productrice à France Culture !) discourt également de manière  instructive sur les rites sociaux autour des premiers appareils de reproduction sonore. Cela complète et approfondit les propos plutôt tranchés de Glenn Gould rapportés dans l'émission des NCC Gould 1 (voir billet ici).

Une émission de haute tenue.

*La naissance de l'enregistrement
Sophie Maisonneuve, chercheuse à l'université Paris Descartes à Paris, est musicologue et sociologue. Son sujet d'études privilégié concerne les débuts de l'enregistrement et les prédictions qu'Edison élabora autour de son invention ; la musique n'arrivait qu'à la 5° place d'une liste où le cylindre devait d'abord servir, selon lui, à graver une esquisse de mémoire familiale ou à se faire bloc note sonore, sorte de dictaphone avant la lettre, utilisé à des fins administratives.
Le succès de son invention allait être l'enregistrement musical qui sidéra les foules, notamment à l'exposition universelle de Paris en 1889.
L'idée de fidélité est concomitante à l'arrivée de l'enregistrement avant de devenir le concept de Haute Fidélité des années 70. Mais fidélité à quoi ? A la musique dans une pureté originelle qui serait celle du concert que la Haute Fidélité, avec son confort d'écoute, ses exigences toujours plus poussées, dépassa pourtant souvent.
Histoire d'une invention fondamentale à travers avancées et soubresauts.
Pascale Tison

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Café liégeois contre café viennois - le Mer 10 Mai 2017, 11:16

Dans la remarquable série de 36 reportages de huit minutes par Isabelle Masson-Loodts pour la RTBF Dernières nouvelles du front (été 2014), le quatrième numéro portait sur le café liégeois*



L'émission rappelle,  par son ton et son climat, "De bouche à oreille" réalisée autrefois de main de maître par Renée Elkaïm-Bollinger et son équipe sur France Culture.

*La position fortifiée de Liège a malgré tout résisté aux attaques allemandes une dizaine de jours. Ce délai a permis à la France et à l’Angleterre de gagner un temps précieux durant lequel ces nations ont pu organiser leur mobilisation dans la Marne, où l’avancée des troupes allemandes a finalement pu être stoppée ensuite. C’est pour rendre hommage à la résistance des forts de Liège que la Légion d’Honneur fut décernée par la France à la Ville de Liège dès le 7 août 1914. Cette décoration ne lui a en fait été remise « physiquement » qu’après la guerre, lors de festivités qui eurent lieu le 24 juillet 1919. Mais dès le mois d’août 1914, les Parisiens ont rebaptisé leurs « cafés viennois » en « café liégeois, pour remplacer la référence à l’ennemi d’alors… À Paris, une rue et sa station de métro (sur la ligne 13) ont aussi remplacé leur mention de Berlin par celle de Liège. A l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, la ville de Liège met à l’honneur le café liégeois en lui attribuant un label, et en rappelant que c’est à la résistance des forts de Liège face à l’envahisseur prussien que cette spécialité doit son nom. On trouve aujourd’hui du café liégeois sous des formes très diverses, dans les rayons des supermarchés ou sur les cartes des cafés. Pour mettre le doigt sur le véritable café liégeois, et le faire parler, j’ai rendez-vous, à Liège, avec une spécialiste, Nicole Hanot du Musée de la Gourmandise de Hermalle-sous-Huy.

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Les concerts sur Musiq3 (Belgique) - le Mer 09 Aoû 2017, 21:16

Dans le fil France Musique
bishop(http://www.regardfc.com/t9p290-france-musique#28603) a écrit:J'ai personnellement beaucoup de retard dans la capture des concerts de Fr Musique...
Mon assiduité, voire ma collectionnite, n'est plus ce qu'elle était. Il faut dire que depuis quelques mois j'écoute plus Musiq3 que France Musique... Et que là-bas aussi il y a beaucoup à archiver. https://www.rtbf.be/musiq3/

Niveau concerts, la programmation est très alléchante. En revanche, les concerts ne sont plus conservés aussi longtemps qu'autrefois. Et hélas ils sont réunis sur une page "auvio" : https://www.rtbf.be/auvio/detail_concert-du-soir?id=2240999 qui est très pauvre en infos. Pour avoir le détail des pièces jouées, lieux, dates etc. il faut  aller chercher la page de l'émission sur le site. Ce qui signifie souvent passer par google !
Oui et c'est étrange que les mélomanes belges n'arrivent pas à faire passer le message. Trouver le descriptif d'un concert est un parcours du combattant en comparaison avec les pages complètes illustrées de France Musique où l'on trouve le player et des bonus vidéo. Radio Classica (Espagne) est pareillement séparée en "lecteur audio" sur une page et descriptif très minimal (jamais de références des oeuvres) sur une autre. C'est vraiment du service en dessous de tout.
bishop(http://www.regardfc.com/t9p290-france-musique#28603) a écrit:Quoi qu'il en soit, pour les amateurs, voici le fil rss des divers concerts de Musiq3 :
http://rss.rtbf.be/media/rss/audio/m3-lunch_recent.xml
http://rss.rtbf.be/media/rss/audio/m3-concert_recent.xml
Encore grand merci, j'en ai tiré un somptueux concert, le  Récital de piano de Herbert Schuch enregistré le 6 mai 2017 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.  

Programme :
Debussy - 12 Préludes. 2e livre
Pierre Boulez - Douze notations
Bach - Partita pour clavier n° 2, BWV 826.
Busoni - Chaconne en ré mineur

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