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Le bistrot politique    Page 10 sur 10

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Le bistrot politique - le Jeu 19 Avr 2012, 17:16

Rappel du premier message :

Sur ce forum, dans des fils au long cours comme ceux dédiés à l'Esprit public ou Répliques, on voit émerger sporadiquement des débats, parfois des affrontements, et même de vrais conflits, qui tournent toujours autour de controverses politiques.

Ces discussions se terminent souvent mal, car selon moi, le cadre ne leur convient pas, la pièce y est trop petite et mal foutue, dans des espaces qui ne leur sont pas spécialement consacrés, pour de si gros sujets, sur lesquels chacun vient avec sa très grosse caisse de réflexions engrangées, d'allergies développées, et recettes à débusquer les failles rhétoriques de l'adversaire.

Ce qu'il faut à ces discussions, c'est un bon bistrot, bien grand, où l'on pourra voir des verres voler à travers la pièce, et où le barman n'hésitera pas à resservir le client pour autant, mais où on saura pourquoi on est là et ce qu'on veut y faire.

Mais inaugurons l'endroit :

La plus grosse des controverses politiques du moment, elle est économique. Et malgré les temps qui passent, elle distribue toujours, cette controverse, les avis à son sujet sur un bel axe qui va, en rapport avec tous les problèmes économiques que rencontre la société (dette, finances, rôle des services publics...), du libéralisme laisser-fairiste à l'étatisme généralisé, avec entre les deux tous les raffinements et les exceptions qu'on peut imaginer sur tous ces sujets.

Le plus gros problème à mon avis, dans les discussions que génère cet axe, c'est la tendance généralisée à considérer que l'autre se fourvoie, qu'il pense mal, et que finalement, son erreur est d'ordre formel : s'il était plus clairvoyant, s'il était plus cohérent, son erreur se résoudrait d'elle-même, et ça lui sauterait même aux yeux, pour peu qu'ils ne soient pas fermés par la malhonnêteté intellectuelle.

En cela, on n'a à mon avis pas assez d'égard pour la controverse elle-même.

Je suis un ignare politique et économique, j'ai lu dans ces deux domaines bien trop peu pour avoir un avis figé. J'en ai, mais j'en change occasionnellement (comme sur l'athéisme d'ailleurs). Pourtant, il y a une constante, c'est l'axe autour duquel moi et la société tournons, au sujet de  ces questions, et je considère que cet axe, cette opposition entre deux propositions d'optimum, l'un tourné vers l'autorégulation et l'autre vers la gestion contrôlée des systèmes économiques, devrait faire l'objet de plus de respect.

Il y a en début de préface de la première édition de Logique de la découverte scientifique, deux citations mises en vis-à-vis par Karl Popper, que je trouve très à-propos, les voici :

     L'idée que l'homme a finalement résolu ses problèmes les plus ardus est une maigre consolation pour le philosophe averti car il ne peut s'empêcher de craindre que la philosophie ne parvienne jamais à poser un problème authentique.
M. Schlick (1930).

     Pour ma part je soutiens l'opinion exactement inverse et j'affirme que chaque fois qu'une discussion s'est envenimée pour quelque temps, singulièrement en philosophie, elle n'avait jamais pour fondement un simple problème de mots mais toujours un problème authentique concernant les choses.
I. Kant (1786).


Voilà, eh bien si ces citations servaient en réalité à Popper à introduire une diatribe contre les néo-positivistes, aux positions résumés par la phrase de Moritz Schlick, la réponse par anticipation de Kant s'applique assez bien à ce que je reproche aux confrontations politiques. Et je suis plus convaincu de la réalité de cette opposition que de la possibilité de sa résolution formelle (par simple nettoyage du sens des phrases qu'on prononce au service de la défense d'une des deux options). Il n'est même pas interdit de penser que sur la plupart des questions économiques, il n'y ait aucune preuve possible de la supériorité d'une solution sur les autres, qu'on ait affaire-là à des indécidables, et donc à des jugements qui sont de l'ordre du goût, de la résonance avec un trait de caractère, ou quelque chose de ce type.

Croyez-vous vraiment que l'autre camp se fourvoie ?  Si oui, pourquoi ?
* * *

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Un « prophète méconnu du festivisme triomphant » - le Ven 20 Mai 2016, 21:54

Un texte d'Olivier Maillart du site Phillitt.fr qui résonnera aux oreilles de qui a écouté France Culture ces dernières années, Henri Lefebvre : le prophète oublié de Nuit debout :

"On est surpris de voir ressurgir, dans les programmes de concours encore prestigieux, un ouvrage aussi daté et inintéressant que Le Droit à la ville d’Henri Lefebvre. L’ouvrage mérite pourtant qu’on y revienne, au moins dans un souci archéologique : elle a beau ne pas le savoir, notre époque lui doit beaucoup, notamment dans ses développements les plus récents.
C’est en 1967 qu’Henri Lefebvre achève Le Droit à la ville : l’année de la parution de La Société du spectacle de Guy Debord, cent ans après la parution du Capital, comme le rappellent fièrement les dernières lignes de l’ouvrage. Livre court (c’est l’une de ses grandes qualités), rédigé dans un jargon pénible qui affiche tous les tics et formules des modes linguistique et marxiste (« forme », « structure », « fonction », « paradigmatique », « syntagmatique », « valeur d’échange » et « d’usage », etc.) avec l’assurance d’un maréchal soviétique épinglant ses médailles à son uniforme, Le Droit à la ville souhaite fonder une « science analytique de la ville », récusant les discours parcellaires sur le sujet (histoire, architecture, sociologie, urbanisme). Mieux, et selon la vulgate de l’époque, l’ouvrage entend être à la fois théorique et pratique, et conduire ses lecteurs vers une nouvelle manière de bâtir, d’habiter, de vivre l’expérience urbaine
. (...)". *

Merci au lecteur non contributeur de ce forum qui m'a transmis le lien vers ce texte. On croirait y voir décrit l'esprit à l’œuvre à France Culture depuis plus de quinze ans.

* Vous avez lu moins de 10% de l'article...

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Elisabeth Badinter s'exprime depuis la Suisse - le Lun 29 Aoû 2016, 22:52

Elisabeth Badinter ne semble pas en odeur de sainteté à France Culture. Contrairement à ce que signale la chaîne avec une liste d'émissions sous son nom (mais où elle n'apparaît pas comme intervenante), elle n'a pas mis les pieds dans un studio de la chaîne depuis des années.

Pourtant elle intervient toujours dans le débat public, à preuve l'entretien donné à la Radio suisse romande dont deux extraits ont été tirés : "Gauche et droite ont opté pour une attitude de déni" face à la montée de l'islamisme et  "Porter un burkini sur les plages de Nice est une provocation dégoûtante".

Le grand entretien de 16' ici :  La grande interview du dimanche 28 août 2016.

Après avoir écouté cet entretien qui n'est pas de langue de bois, on comprend pourquoi elle est persona non grata à France Culture (par exemple aux Matins de ce 29 août ?) ou pourquoi elle refuse de se retrouver dans la même situation que Brice Couturier durant le débat sur le mouvement anti-loi travail...

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Re: Le bistrot politique - le Lun 29 Aoû 2016, 23:40

Merci Philhaunet. Après FC, il est rafraichissant d'entendre une journaliste poser des questions courtes et claires et ne pas chercher à se mettre en valeur. Les réponses de Badinter sont elles-aussi extrêmement claires et directes. Et elle répond aux questions posées…

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Elisabeth Badinter à la RTS : une liberté d'expression - le Mar 30 Aoû 2016, 22:47

À propos du post 92 plus haut contenant le lien La grande interview d'Elisabeth Badinter,
munstead(http://www.regardfc.com/t456p90-le-bistrot-politique#26671) a écrit:Merci Philhaunet. Après FC, il est rafraichissant d'entendre une journaliste poser des questions courtes et claires et ne pas chercher à se mettre en valeur. Les réponses de Badinter sont elles-aussi extrêmement claires et directes. Et elle répond aux questions posées…
La journaliste est relativement jeune et sa manière de conduire un entretien ne ressemble pas à celle de France Culture. Elle donne la parole à l'invitée pour que cette dernière exprime son point de vue. Ce n'est pas un combat entre deux personnes, l'atmosphère est apaisée. Le contradictoire ? Sur ce sujet,  chacun l'a en tête puisque les médias comme France Culture et Le Monde l'illustrent quotidiennement ("l'on doit pouvoir s'habiller comme on veut dans l'espace public en toute occasion et sans restriction").

Mon questionnement initial demeure : l'absence d'Elisabeth Badinter au micro de France Culture depuis plusieurs années est-elle une décision de l'intéressée ou de la station de radio ?


NB Le fil "Tous les commentaires du jour" du mois d'août est à retrouver ici

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Re: Le bistrot politique - le Mar 25 Oct 2016, 14:30

Dans le fil "L'ânerie du jour",
munstead(http://www.regardfc.com/t609p370-l-anerie-du-jour#27312) a écrit:Interrogeant Benoît Apparu, Antoine Mercier lui demande si la campagne de Juppé, une fois passé le cap des primaires ne devrait pas être plus "folichonne". Il se fait sérieusement remettre à sa place. Le pays est dans une situation inquiétante (pas de croissance, dette monstrueuse, gouvernement incompétent, guerre au Moyen-Orient,etc) et monsieur Mercier voudrait une campagne folichonne… (...)
L'ânerie permanente à France Culture et chez beaucoup de commentateurs, c'est l'auto-dénigrement et la lamentation. Une machine qui tourne à vide, sans observation du réel, sans comparaison dans l'espace et dans le temps, mais avec l'esprit focalisé sur un éden social et économique qui évidemment n'a jamais existé.  

L'essentiel étant de pleurer pour attirer l'attention, de s'indigner pour se sentir vivre, de réclamer parce que chaque individu se croit le centre du monde et investi des droits au bonheur tout de suite sans trop se fouler.

France Culture ne fait rien d'autre que ce que la presse et les médias font depuis toujours : dire que tel ou tel état de chose va mal pour créer du lien social ("rien ne va plus ma bonne dame") entre gens qui ont été formatés pour avoir les mêmes affects.  L'insatisfaction revendiquée, moteur du "vivre-ensemble" français...

France Culture, comme l'écrit YS dans le fil des Matins , est devenue un clone de France Inter, qui elle-même copie France Info.


NB Le fil "Tous les commentaires du jour" du mois d'octobre est à retrouver ici

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Le malheur des uns fait le bonheur des autres - le Mer 16 Nov 2016, 16:13

Michel Wieviorka « C’est aussi une conséquence des attentats, se félicite Michel Wieviorka, les sciences sociales ont retrouvé des moyens. Il y a une volonté de comprendre. ».

Comme l'a remarqué Jean-Luuc ici, c'est le journaliste qui écrit "se félicite". A-t-il remarqué une satisfaction chez le sociologue ?

Quoi qu'il en soit, un des domaines d'excellence française dans le monde est le bâtiment public, illustré par 36.000 tonnes de métal en mouvement pour isoler Tchernobyl : "Trente ans après l’accident nucléaire, les géants français du BTP Bouygues et Vinci finalisent la nouvelle enceinte de confinement des déchets radioactifs. Pour cela, ils poussent sur 327 mètres une immense arche de métal préfabriqué. (...) Un chantier à 1,5 milliard d’euros".

On est là dans le dur de la réalité économique et  industrielle, mais aussi diplomatique (voir aussi l'affaire du cimentier Lafarge évoquée par munstead) pas dans le blablatage de comptoir de France Culture.


NB Le fil "Tous les commentaires du jour" du mois de novembre est à retrouver ici

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Re: Le bistrot politique - le Jeu 17 Nov 2016, 07:43

Philaunet(http://www.regardfc.com/t456p90-le-bistrot-politique#27629) a écrit:[justify]Michel Wieviorka « C’est aussi une conséquence des attentats, se félicite Michel Wieviorka, les sciences sociales ont retrouvé des moyens. Il y a une volonté de comprendre. ».

Comme l'a remarqué Jean-Luuc ici, c'est le journaliste qui écrit "se félicite". A-t-il remarqué une satisfaction chez le sociologue ?
Les journalistes de FC, que je crois un peu débordés (toujours les mêmes quatre ou cinq noms traitant des sujets assez divers) au point de ne plus contrôler leur parole, hier donc Wieviorka "se félicitait", aujourd'hui, Viennot ou Périer parle d'un nouveau drame des migrants en Méditerranée : "leur canot s'est dégonflé et seuls 30 ont été secourus." Non, seuls 30 "ont pu être secourus". Les sauveteurs ne se sont pas dit, tiens on en a 30, ça suffit pour aujourd'hui, on rentre. Malgré leurs efforts seules 30 personnes ont pu être sauvées.

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