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   Cinq questions légèrement métaphysiques, par Etienne Klein    Page 1 sur 1

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Cinq questions légèrement métaphysiques, par Etienne Klein - le Mer 01 Aoû 2012, 23:48

Au cours de l'été qui ne dure pas treize, mais cinq semaines sur France Culture, la station nous offre le samedi, de 16h01 à 16h59, cinquante-huit minutes d'une émission métaphysique nouvelle, Cinq questions légèrement métaphysiques.

Etienne Klein, le plus connu de nos philosyciens (mais aussi un fameux amateur de jeux de mots), tente pendant cinq émissions de traiter de questions nettement métaphysiques, et de rebattre le sens des expressions dont on forge nos opinions à leur sujet pour, à la façon de l'anagramme, exposer en elles des sens parfois inattendus.

Voici le programme, histoire de prouver qu'Etienne, ici, ne rigole pas :

  • Qu’est-ce que le changement ?
  • L’appellation d’origine est-elle contrôlée ?
  • L’univers a-t-il vraiment connu un instant zéro ?
  • Peut-on voyager dans le temps ?
  • Que reste-t-il de l'idée de progrès ?

C'est une bonne nouvelle, cette émission "à l'ancienne", car elle ne fait appel qu'a bien peu d'artifice pour distraire l'auditeur dans ce difficile exercice du monologue d'une heure (moins deux). Juste l'agrément de quelques notes d'une musique très tempérée, idéale en accompagnement à la digestion du contenu, placées en point-virgules de l'émission. Il fallait impérativement la confier à un professionnel de la captation d'attention comme Etienne Klein pour que le propos passe intégralement (sans les blagues bien grasses, les digressions, et les rires du fanclub public d'un Michel Onfray, par exemple).

Au contraire, pour son premier numéro, Etienne Klein propose une réflexion sur l'idée de changement en général, puis bascule, suivant une pente probablement naturelle, sur le statut des lois physique.

Pour qui l'écoute régulièrement, on sait que d'une conférence à l'autre, les mêmes questions le taraudent en profondeur, et il profite de chaque occasion pour creuser un peu mieux le sens des mots qu'il utilise, pour trouver de nouvelles métaphores, pour affiner et mieux dire ses histoires à illustrer la vacuité de certaines idées, les apories, les failles de ce qu'on pense trop facilement aller de soi. En bon maître de la langue, il décortique donc très bien l'attirail commun à réfléchir, rappelant au passage les façon de réfléchir à ces question sous les diverses traditions philosophiques. Et, cabotin, il ne se prive pas au passage de ré-embrouiller plus que nécessaire ce qu'il a tranquillement déconstruit deux phrases plus tôt.

Sur le fond de cette conférence et les arguments qu'il présente pour les opinions qu'on peut nourrir au sujet du changement et des lois physiques (qui ne changent pas), un sujet du conversatoire conviendrait mieux à les discuter.

A suivre : pour s'installer et discuter du fond, rendez-vous au troquet métaphysique.

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Re: Cinq questions légèrement métaphysiques, par Etienne Klein - le Sam 04 Aoû 2012, 09:02

Ou sont passé les messages postés?Censure??

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Re: Cinq questions légèrement métaphysiques, par Etienne Klein - le Sam 04 Aoû 2012, 09:17

Lesquels, ceux-là ?
La censure est ici très légère, elle ne s'applique qu'aux activités qui ont donné de nombreuses preuves de leur caractère trollesque.
Sinon, il peut y avoir du déplacement de message au cours de rangement ou de rationalisation des discussions.

Non, la censure on ne l'aime pas plus que vous.

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Re: Cinq questions légèrement métaphysiques, par Etienne Klein - le Sam 04 Aoû 2012, 14:01

Avec toutes mes plates excuses!Trompé de fil.Bien a vous.Cordialement.Christophe.

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Re: Cinq questions légèrement métaphysiques, par Etienne Klein - le Mar 07 Aoû 2012, 11:34

Eh bien heureusement que j'ai posté ce message en section conversatoire avant la seconde émission, car j'aurais paru y pomper une bonne partie de sa rhétorique !

Dans le dernier quart d'heure de l'émission, Etienne Klein explique exactement que l'on peut, au service de la résolution du paradoxe être/changement, s'interroger sur notre façon de considérer que le monde est fait de choses stables et que c'est leur être qui est premier.

Sauf qu'il aborde ce déboulonnage de l'être par la langue : il donne écho aux propos du philosophe et sinologue François Julien, qui a cet égard, nous indique que nos langues occidentales sont construites principalement sur la notion de substance, de choses, qui sont centrales dans la formation de nos phrases - et donc, pour peu qu'on sapir-whorfise, de nos pensées -. François Julien y oppose la construction linguistique chinoise, dans laquelle tout est process, tout est en devenir, et pour qui, contrairement à nous, les transitions continues sont naturelles. Et cela retentit sur l'absence, ou le peu de mythes ayant trait aux origines dans l'imaginaire chinois, car selon François Julien rapporté par Etienne Klein, pour que les choses aient une origine, il faut qu'il y ait des choses.

Voici tout ce passage final de l'émission : [son mp3="http://download.od.tv-radio.com/france_culture_ondemand/sites/default/files/sons/2012/08/s31/RF_18BE6332-C5B9-47E1-95F6-6E1E117E5A02_GENE.MP3" debut="44:30" fin="58:00"]

Concernant ce numéro, je l'ai trouvé dans l'ensemble plus décousu que le premier, sans véritable ligne directrice, et bien qu'EK y égrène nombre de petites difficultés que pose la question, et même la définition de ce que peut être l'origine, on reste quelque peu sur notre faim, et à la surface des problèmes. On à l'impression qu'EK n'a fait qu'amorcer le chantier, lancer quelques prolégomènes sur la mise en pièce de la question de l'origine. Peut-il faire plus en 58 minutes, pas sûr, mais au moins, en fin d'émission, nous est promis pour la semaine prochaine un canonnage de l'idée d'instant zéro, qui satisfera peut-être nos envies de raser les bâtiments trop imposants et mal agencés qui nous empêchent d'y voir clair dans le paysage.

Au passage, on peut regretter que la question du statut des lois ait eu un traitement un peu rapide elle aussi, à y repenser, au premier numéro. Du côté du troquet, j'essaierai de lancer quelques idées là-dessus la prochaine fois.

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Re: Cinq questions légèrement métaphysiques, par Etienne Klein - le Sam 01 Sep 2012, 17:16

Les émissions d’Etienne Klein invitent à se poser des questions sur des sujets qui sortent de notre ordinaire.
Au début de la première émission, mon écoute fut laborieuse car j’étais désarçonné par la méthode du «conférencier». Heureusement, cela ne dura pas. Vinrent ensuite de nombreux moments d’intense satisfaction. Une façon renouvelée d’aborder des thèmes à la limite de la science, ou plus exactement, des thèmes où la science manque d’«instruments» de vérification. Ses explications à la manière des scientifiques (une chose est ou n’est pas), changent agréablement des discussions de philosophes qui se complaisent trop souvent à situer leur pensée à des hauteurs stratosphériques, hors de portée du simple auditeur.

Maintenant, je me permets de soumettre des idées, il me semble, personnelles. Par exemple, l’infini. Un concept incompréhensible dans le cadre de notre expérience journalière. Selon moi, l’infini ne devient intellectuellement envisageable que s’il s’inscrit dans un «mouvement tournant». Si vous vous trouvez à l’intérieur d’un cercle, votre parcourt est infini. Il n’y a ni début ni fin. Seul un début arbitraire est alors concevable. En voici un: le Big Bang.
Ajoutons qu’un cercle particulier donne à réfléchir: la «bande de Möbius». Une seule surface, et pourtant, à chaque instant, vous avez un recto et un verso. Si tel était le cas, par similitude, on pourrait dire qu’à chaque instant l’univers présente l’infiniment grand et l’infiniment petit, pourtant il ne s’agirait que d’une «même surface»…

Autre réflexion. Le fameux «néant créateur» qui, comme le dit Etienne Klein, dès lors qu’il crée quelque chose cesse d’être du néant, pourrait être remplacé par un concept indicible. Un «rien», un «nulle part», en dehors du temps et de l’espace, qui pourrait contenir une infinité d’univers…
Reste l’interrogation à cent mille dollars: la «volonté» apparemment nécessaire de ce «rien» pour créer notre univers. Mais à cet instant, le scientifique entre en conflit avec ses collègues rationalistes. Néanmoins, comme dit Philippe Bouvard: il n’y a pas de questions indiscrètes, il n’y a que des réponses indiscrètes…

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Re: Cinq questions légèrement métaphysiques, par Etienne Klein - le Lun 03 Sep 2012, 11:10

Bonjour Tiersi,

Intéressantes réflexions, que diriez-vous de les continuer au Troquet métaphysique ou l'on peut discuter à l'aise ce genre de grandes questions sans peur aucune du ridicule, le lieu est fait pour ça Smile

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Re: Cinq questions légèrement métaphysiques, par Etienne Klein - le Mar 04 Sep 2012, 16:40

masterkey a écrit:Bonjour Tiersi,

Intéressantes réflexions, que diriez-vous de les continuer au Troquet métaphysique ou l'on peut discuter à l'aise ce genre de grandes questions sans peur aucune du ridicule, le lieu est fait pour ça Smile


Bonjour masterkey
Le temps d’affûter mes neurones et j’arrive!

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