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Futurologie et sciences    Page 2 sur 5

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Futurologie et sciences - le Mer 08 Aoû 2012, 16:37

Rappel du premier message :

Futurologie : nous vivons déjà dans le futur, mais en 2020 ? 2030

Pour la partie "nous vivons déjà dans le futur" , je tiens a cité quelques faits:
-on fait des voitures qui se conduisent toutes seules. (google).
-on a des lunettes à réalité augmenté (google encore).
-on sait faire des robots qui nagent, qui marchent, qui se déplacent en montagne à une vitesse impressionnante.
-on communique à des milliers de km de distance sans problème.
-on roule sur Mars.
-les machines battent les hommes a Jeopardy ou aux échecs (et a othello,et a.....reste plus que quelques jeux comme le GO)
etc etc....

(bon si y a besoin,je chercherais les vidéo sur youtube, pour les plus sceptiques!)

Ça c'est la partie "on est déjà dans le futur".

Mais comment imaginez-vous 2020-2030 (bref, un saut de puce dans le temps) ?
(j'ai mon idée mais je préfère laisser le sujet ouvert avant d'y participer).
* * *

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Re: Futurologie et sciences - le Jeu 09 Aoû 2012, 14:12

@Guthrie a écrit:Vous jouez le ballon, masterkey.
Et je m'y connais !
Aneffet Guthrie (au fait : Arlo ou Woody ?)
Vous vous y connaissez, ça on le sait.
Vous avez su montrer en d'autres lieux et sous d'autres noms (nombreux) ce qui se passe quand on joue le bonhomme.
Conseil : puisque vous avez un embryon de chance de vous acheter une conduite ici, ne le gâchez pas ;-)

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Re: Futurologie et sciences - le Jeu 09 Aoû 2012, 14:30

Quel est le temps moyen de réexcitation d'un troll après avoir déchargé ?
Le caractère du troll est-il sujet ou non au changement ? Qui sait...

Là encore, le futur recèle peut-être des réponses, mais on ne les attendra pas jusqu'en 2020/2030.

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Réponse en 3 temps - 1 - le Jeu 09 Aoû 2012, 14:39

Etant très mal à l'aise sur ce genre de sujets (celui de Fabi, pas la réinsertion du troll dans l'espace du débat au prix d'une mutation génétique en ex-troll), je réponds en 3 temps :

1 - Le futur est déjà là

Pour ne parler que de ce qui me concerne : la bibliothèque ou plutôt l'information, celle qu'on cherche et qu'on accumule. Fred va voir que les algorithmes n'y sont pas pour rien, surtout ceux des moteurs de recherche. Mais je ne parviens pas à pousser ma remarque plus loin que le présent..

Primo : il y a seulement 15 ans, ceux qui enregistraient France Culture n'imaginaient pas que numérisation et réseau aidant, il deviendrait possible d'accéder à toute émission (à partir d'un certain point de départ) pendant un temps théoriquement illimité . Le numérique a libéré l'auditeur de la pénurie comme le magnétoscope avait rendu au téléspectateur la disponibilité de ses soirées.

Secundo : la recherche divergente s'ajoute à la recherche convergente. La recherche convergente, c'est celle du dictionnaire où nous cherchons une réponse en un point localisé. Mais il y a 20 ans on se disait qu'un dictionnaire inversé était impossible : les tentatives de trouver un mot à partir des éléments du sens ne donnaient pas grand chose : les dictionnaires analogiques, les dictionnaires de synonymes, étaient inefficaces, peut-être parce que figés. Aujourd'hui, les moteurs de recherche permettent une recherche divergente : déjà avec quelques mots clés même lointains, et de proche en proche, on finit par trouver ce qu'on cherche quand bien même on n'en avait qu'une idée imprécise. Il est courant de dire que l'ordinateur répond bêtement, mais le réseau des données lui, il répond intelligemment. Résultat vous retrouverez l'auteur d'une citation même quand vous l'aviez à moitié mémorisée et même de travers, car il suffit qu'un internaute quelconque -et il n'en manque pas- l'ait déposé quelque part, en épigraphe ou dans une liste de morceaux choisis. De même vous retrouvez instantanément une chanson dont vous avez identifié seulement un demi-vers ; avec Tunatic vous identifiez une place musicale dont vous avez capté même pas une vingtaine de mesures. Et vous retrouvez grâce au balayage de milliers de biblios une déclaration d'un dirigeant politique en 1920 que vous aviez lue jadis, imparfaitement citée par Alfred Sauvy dans un livre maintenant épuisé ; ou bien encore la page précise de Chesterton à laquelle Borges faisait référence dans l'une ou l'autre conférence. Tout cela prend aujourd'hui quelques minutes parfois quelques secondes. Un tel accès à l'information était impensable il y a 20 ans et même impossible il y a encore 10 ans : il a fallu non seulement que le réseau existe,mais encore que des millions d'intervenants déposent l'information, que ce soit par bribes ou sous forme d'ensembles structurés. Et non seulement c'est pas fini, mais ça ne peut qu'aller au mieux (enfin sauf sur le site de FC où on liquide des pages d'archives contenant des centaines de références - bravo France-Comment, déjà ? Ah oui : France Culture, jamais aussi mal nommée cette radio).

Résultat : aux milliers de livres disponibles à domicile ou dans l bibliothèque voisine et qui, avec l'âge, apparaissent si imparfaits, si peu synthétiques et si chronophages tous ces bouquins, on y ajoute maintenant des centaines de millions de références, d'articles, de définitions, de propositions, et tout ça rien que pour les idées car il faudrait y ajouter les oeuvres sous forme d'images, de musique, de texte. Le futur, nous y sommes. Corrélativement un vice persiste, ou plutôt se développe : la saturation. Comme le disait à-peu-près Peter Gabriel dans un fameux encart de presse : " je possède des milliers de livres que je n'ai pas lus, des milliers de disques que je n'écoute pas, je cherche un chemin à travers cette masse d'information"

En 1990 Bruno Lussato qui par fermeture d'esprit ne croyait pas aux réseaux, et par bon sens croyait à l'accumulation privée d'une masse d'information (privée = rendue possible par la numérisation, mais stockée à domicile), nous avait avertis : un des problèmes les plus difficiles à résoudre sera celui de la saturation. C'était au début des 90's, et maintenant dans les 2010's j'y suis en plein.

./...

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2eme partie, qui n'est qu'un intermède - le Jeu 09 Aoû 2012, 15:21

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Au contraire de la question ciblée qui permet au prospectiviste de saliver d'aise avant de répondre en jubilant (ce qui ne l'empêche pas de se planter), la futurologie ouverte, donc divergente, est un art difficile et tout d'inexécution.

(2 - Intermède radiophilique)

Dans les premiers mois de 1985, France Culture proposait le dimanche midi une série d'entretiens (un peu plus de 10) : "Histoires du futur". J'en ai conservé quelques uns qui, tardivement numérisés et certains avec le ronflement d'origine (car enregistrés avec un magnéto en os de tricératops), ont été déposés sur Mediafire, ou ailleurs sous forme de transcription (de là certains noms à clicker dans la liste ci-dessous). En voici un inventaire presque complet et dans le désordre : Edgar Morin, Hugues de Jouvenel, Thierry Gaudin, Joel de Rosnay, Abraham Moles, Roland Castro, Albert Jacquard, Jean-François Lyotard, René Dumont, Hubert Reeves, et en épisode final Philippe Druillet.

C'était une fort belle série, radiophoniquement impeccable et cela d'autant plus que, contrairement à l'actuel France Culture, les intervieweurs dont Henri Raillard, Michel Gonzalès, savaient s'y faire discrets au point que leur voix était effacée ; dans la plupart des entretiens les questions ont été ôtées pour laisser toute la place à l'invité (vous imaginez ça, aujourd'hui sur Radio-Narcisse ?) C'était donc proche de la perfection. Tout au plus aurait-on allongé la liste de quelques noms : en 1985 j'aurais volontiers entendu René Thom, Lussato, Laborit, Attali, Atlan, Jacques Ellul, Pierre Schaeffer, Raymond Ruyer, Jacques Robin, Hubert Curien et même pourquoi pas, François de Closets .

Ah si seulement les Nuits de FC pouvaient nous les donner de nouveau ! Presque 30 ans après, vous imaginez l'exercice ? Pour celles que j'ai conservées en cassette, je vous garantis que l'intelligence ça vieillit comme le bon vin. Outre l'intérêt du contenu, ce qui m'avait frappé dans cette série c'était la variété des regards : variété des angles, variété des points de vue. Certains comme Joel de Rosnay, s'en étaient tenu au futur immédiat ("l'an 2000 c'est dans 15 ans, ça va aller très vite") tandis que d'autres comptaient sur quelques millénaires (Hubert Reeves). Morin avait répondu de manière très vaste et très large, et Dumont de façon extrêmement précise, ciblée (d'ailleurs il s'était bien planté). C'est que certains s'en tenaient à leur spécialité (Castro, Dumont) tandis que d'autres étaient capables de débagouler absolument sur tout et n'importe quoi quoique dans des styles radicalement opposés (Jouvenel / Moles). Par esprit de charité humaine je ne dis rien de la réponse de Philippe Druillet sinon qu'il avait parlé des hommes verts mais pas ceux du futur, non ceux de notre passé biologique car tel est notre passé, passons.

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Re: Futurologie et sciences - le Jeu 09 Aoû 2012, 15:50

Très intéressantes ces histoires du futur, j'ai cliqué au hasard sur ton lien Edgar Morin, qui pointe vers une transcription textuelle de l'émission.

En la parcourant rapidement, voici un passage plutôt bien vu et en phase avec ce dont on parle :

Edgar Morin a écrit:[...] Prenez par exemple la technique, ce qu’on appelle les nouvelles techniques : informatique, computique, robotique, bio-industrie, etc. Rien qu’en considérant de façon isolée ce qui a surgi, depuis qu’est née en gros la cybernétique dans les années 40-50, eh bien on a tout de suite deux futurs opposés qui s’offrent sur le marché. Vous avez le futur apocalyptico-pessimiste du type Orwell, c’est-à-dire le 1984 informatique. Et vous avez le futur euphorico-optimiste du type Alvin Toffler : l’un est l’autre sont fondés ! L’un et l’autre sont fondés, parce que par exemple grâce aujourd’hui aux computers, aux terminaux, aux modems, grâce à ces choses qui déjà existent sur le marché, on prévoit très bien qu’un individu sera capable d’aller à toute source d’information, culturelle, scientifique, qu’il pourra disposer de ressources artistiques dont il a besoin, qu’il pourra télécommuniquer avec qui il veut dans le monde. On voit la possibilité d’une sorte de décentralisation fantastique de l’univers culturel psychologique et je dirais intellectuel. Et puis en plus la perspective que l’homme se voie débarrassé de ses tâches physiques pénibles par la machine, mais que grâce à la machine intelligente il soit débarrassé de ses tâches intellectuelles fastidieuses, comme ça se passe déjà pour le calcul avec les machines à calculer, et comme ça pourra se passer pour toute une série d’opérations logiques, de recherche, de scanning etc. Donc on voit très bien que l’ordinateur finalement c’est quoi : ce n’est pas un cerveau rival du cerveau humain, mais c’est un cerveau auxiliaire qui est capable de faire des opérations que nous ne pouvons pas faire, et nous gardons la possibilité de rêve d’imagination de folie et de création, qui sont les nôtres. Perspective absolument euphorique ! [...]

La version euphorique est ensuite poussée un peu à l'extrême, la machine débarrassant l'homme de tout son travail asservissant. Et le versant pessimiste qui suit, dans l'histoire du futur d'Edgar Morin est moins en phase avec notre présent. Mais en 85, je ne suis pas sûr que tout le monde avait prévu l'importance du modem, et pas seulement aux élections présidentielles.

(je te rends la parole, c'était en attendant la suite des messages)

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Pour répondre, enfin... - le Jeu 09 Aoû 2012, 16:37

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3 - Tout de même : la technique et le social

Ne maîtrisant aucune discipline technique et ne suivant le progrès d'aucune ingénierie, je ne répondrai pas à la question de Fabi par une spéculation sur les sciences & techniques. Mais comme la science-fiction nous offre au moins autant de la politique+social fiction, en relisant quelques classiques on pourrait aussi bien :
- espérer que le discernement humain progresse, par exemple sous l'effet de progrès cognitifs comme ceux de la sémantique générale (cf Le monde des non-A). J'ai bien dit 'comme ceux' et non 'ceux'
- redouter que l'ordinateur central prenne subitement le pouvoir et se mette à faire le con (un exemple parmi je sais pas combien de centaines : le circuit Macaulay)
- assister à quelques pas encore vers l'intégration politique, en attendant une unification au niveau planétaire (?)
- redouter qu'avec ou sans cette intégration politique, le contrôle social prévu par les contre-utopies prenne des tours inattendus
- redouter une bipolarisation croissante de la société, et les moyens de répression sociale pour éviter la guerre civile . A moins que la frustration se trouve palliée non par par les outils du contrôle social (l'abrutissement et le divertissement ) mais par quelque chose de nouveau. Un progrès humain et spirituel ? La généralisation du syndrôme de Frédéric Lenoir (je veux dire : sa touchante spiritualité, non son poitrail velu)

Au plan technique, si les auteurs de SF avaient prévu le traitement des images et parfois celui des êtres par des ordinateurs super-évolués, l'existence d'un réseau activé en permanence et ses effets sur la vie sociale ne sont pas si présents dans leurs visions du futur, est-ce que je me trompe : le web, la blogosphère, le lien multiple et permanent offert par ce qu'on appelle improprement les 'réseaux sociaux".

Mon pari est donc le suivant, il est non technique mais psychologique et social :
a) intensification d'une vie dématérialisée, au profit non de l'illusion mais de la consommation immatérielle croissante, et du lien social (quoi de plus immatériel que le lien social ?)
b) accroissement des frustrations par un effet bien connu et déjà pressenti chez Tocqueville : un effet conjugué du progrès concret et des réseaux d'information apportera non une satisfaction mais une frustration croissante à deux titres : par l'envie de plus en plus stimulée (ainsi la haine des riches est à la mesure de leur visibilité) et par le résidu incompressible (plus nous aurons, plus le peu que nous n'avons pas nous manquera).

Et je fais un pari négatif sur les contre-utopies comme celles d'Ira Levin ou de Djôdje Orwell, car l'orientation déjà prise par l'implantation de ne va pas dans le sens politique annoncé : certes il y a le recul de l'intimité et le malaise de la mise en visibilité totale (analysé par Giddens et vitupéré par Finkielkraut), mais justement ce présent-là n'avait pas été annoncé comme tel.

Enfin, outre que j'écarte l'exercice catastrophiste à la Dupuy car le catastrophisme n'a de sens que local, je fais un pari négatif sur les peurs écologistes y compris au niveau global : même si le réchauffement de la planète va un peu plus loin que ce que nous annoncent les pire alarmistes du GIEC-IPCC, l'évolution sera progressive, et rien n'assure qu'elle sera catastrophique. Donc ce qui nous est décrit comme de la catastrophe, par exemple la submersion de quelques zones côtières ou encore la désertification de quelques espaces qui d'ailleurs sera compensée par la mise en culture d'au moins autant, eh bien tout cela donnera plus vraisemblablement lieu à du repli (et d'autres expansions) en ordre plus ou moins dispersé. C'est d'ailleurs une chance à saisir pour créer de la nouveauté sur des sites neufs : équipements entièrement nouveaux, villes de conception nouvelle, pour de bon cette fois ?

Voila Fabi & Fred, les premières réflexions que m'inspire l'ouverture de ce fil. Je ne me fais pas d'illusion sur la quantité de bourdes et de banalités qu'elle contient. Pour plaider ma défense, je dirais que la faute est entièrement à rejeter à France Culture : si notre radio préférée au lieu de s'enliser dans son militantisme bas de gamme et dans son narcissisme à deux balles, et au lieu d'activer des alarmismes et de la sociologie de bazar, eh bien si cette radio nous faisait des émissions de la qualité de "Histoires du futur", nous serions tous un peu plus intelligents et de meilleur discernement.

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L'avenir, ou le présent ? - le Jeu 09 Aoû 2012, 17:20

Trouvé à l'instant ceci, du dessinateur brésilien Biratan

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Re: Futurologie et sciences - le Jeu 09 Aoû 2012, 19:05

Messieurs les censeurs etc.

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Et si au lieu du triangle de la trinité, on dessinait un rond ? - le Ven 10 Aoû 2012, 13:00

Après nous avoir longtemps enfermés dans un carcan idéologique et moral, la doctrine de l'Eglise, ou de toute institution religieuse par delà les courants et continents, aura démontré que la foi en Dieu divisait davantage qu'elle unissait, en prêchant un discours social non pas debout aux côtés des faibles mais douillettement installée à la droite du pouvoir. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Le vide d'un côté, de l'autre, fanatisme. Sur ces ruines, d'autres piliers édifiés à la hâte, capitalisme, impérialisme, libéralisme - je vous passe la liste, vous la savez -, écroulés eux aussi sous l'effet domino. J'ose la naïve question : quelle alternative pour le futur ?

Beaucoup dénoncent en tournant leur sirène à manivelle que l'écologie aurait pris la place. Et, dans un réflexe judéo-chrétien, ne peuvent s'empêcher de jeter la pierre à ces nouveaux adorateurs de Gaïa. Sous l'écorce verte, ils voient murir le fruit d'un autre fanatisme ! Oui, ils sont encore très bibliques. Si l'écologie a un charme indéniable, ils la trouvent d'autant plus dangereuse ; avoir autour du cou une petite sphère bleue en pendentif, c'est plus esthétique, il est vrai, que de porter l'image d'un mort anorexique crucifié. Entre se prosterner devant la vie ou devant un cadavre, le choix est vite fait.

Dans nos pays riches, les politiques et industriels, sur cette mouvance qu'ils ont toujours perçue au fond comme un vague cri que Diogène aurait pu proférer avant de retourner cuver son hydromel dans son tonneau, ont été obligés de revoir leur copie. Dans leurs mains, l'écologie est devenue une mode new age. Arpenter le bitume à vélib avec une salade de fruits bio dans la musette, en ayant pris soin de se brosser les dents robinet fermé, c'est apporter sa contribution à la sauvegarde de la planète. A de côté de ça, douze ans après le naufrage de l'Erika et deux procès mettant en cause Total, la justice pourrait finalement annuler son jugement. L'Allemagne rouvre ses usines à charbon. Les réunions des Etats signataires du protocole de Kyoto ne semblent pas dépasser le bon gueuleton entre cadres. Sans pour ma part prétendre que l'écologie est religion et qu'elle appliquerait en tant que telle sa croisade armée, on peut supposer dans un futur proche voir les peuples s'en emparer pour exprimer à la pelle sentiments et frustrations de tous ordres, injustice, désir de solidarité, ce que les autres idéologies n'offrent plus. De là, rêvons que les nations seront enfin une et indivisibles. L'ennemi ne sera plus le voisin mais le réfractaire au vivre ensemble. Au début, on trouvera ça un peu aseptisé. Mais très vite on appréciera de mener cette guerre saine dans un corps sain, et pour le coup, l'esprit sain.

Ainsi soit-il.

(pour répondre à Nessie, il s'agit de Robin Guthrie, un musicien également, membre des Cocteau Twins.)

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Re: Futurologie et sciences - le Ven 10 Aoû 2012, 16:25

Beaucoup de choses dans la réponse de Nessie, ce qui incite à picorer dedans plus qu'à la saisir en bloc.

@Nessie a écrit:
b) accroissement des frustrations par un effet bien connu et déjà pressenti chez Tocqueville : un effet conjugué du progrès concret et des réseaux d'information apportera non une satisfaction mais une frustration croissante à deux titres : par l'envie de plus en plus stimulée (ainsi la haine des riches est à la mesure de leur visibilité) et par le résidu incompressible (plus nous aurons, plus le peu que nous n'avons pas nous manquera).

C'est que le bonheur est en partie fonction de la façon dont on perçoit son propre sort.

Et la gamme des sorts possibles est objectivement tellement vaste qu'elle pousse au relativisme : quelle règle prendre pour mesurer son propre sort, après tout, sinon celui de ses voisins ? Cela donne sans doute au niveau de bonheur ressenti une forte composante comparative. D'où, sûrement, que riche entouré de voisins pauvres, on puisse s'estimer heureux et en retirer tous les bénéfices en terme d'équilibre psychique, avec un niveau de vie objectivement plus faible qu'un "pauvre" au regard de ses propres voisins. Et ce relativisme n'est pas illégitime, il est anthropologique.

Il est à parier que cela ne concerne pas la seule échelle du capital ou des actifs personnels, mais que l'intensité de la vie sexuelle, ou même le niveau la santé soient des échelles à l'aune desquelles on pourra estimer sa vie heureuse. Alors je me figure toutefois bien qu'à situation réelle comparable, certains optimistes, ou heureux de naissance, parviennent mieux que d'autres à faire des échelles locales sur lesquelles ils sont les plus élevés, le point de focalisation de leur attention. Et certains courageux entreprendront avec les moyens du bord l'ascension de quelques degrés ou même de tous les niveaux de l'échelle qui excite le plus leur appétit, grand bien leur fasse à ces mieux nés ou mieux grandis.

Mais bref, comme tu le suggères, les moyens de communication et d'information, en rendant nos "voisins" bien plus nombreux, dilatent ces échelles locales à usage comparatif. Mais ce n'est pas leur seul vice : les différences culturelles nous sautent aussi beaucoup plus au visage. Il y avait naguère beaucoup d'intermédiaires entre les cultures, on ne se choquait pas mutuellement en se découvrant - sans explication, sans commentaire aucun - toutes nos différences, en voyant les excités locaux de l'autre brûler nos drapeaux, notre livre sacré, on n'était pas tenté de résumer l'autre à son trait le plus distinctement différent de notre décence commune, par exemple à son excès de vêtement ou son excès de nudité.

Est-ce que tout cela peut s'accentuer encore ?

Il y a peu de chance que ce qui est anthropologique change, et contrairement à Guthrie, je ne vois pas ce qui pourrait dissoudre les identités et apaiser leurs frictions, c'est plutôt à l'inverse leur montée qu'on a l'impression de voir se développer, au fur et à mesure qu'il y a moins d'intermédiaire culturels, c'est-à-dire de joints de dilatation entre elles.

Par contre, sur le confort et le bonheur ressenti, une contre-utopie plus subtile est celle du cadet des Huxley. Pas impossible que la régulation de nos humeurs, ou plutôt de la chimie de leur équilibre ne connaisse des développement intéressants, tant pour la stabilité sociale que pour le plaisir individuel. Et je ne suis pas sûr qu'il ne faille y voir qu'une contre-utopie.


PS : pour la sous-discussion qui pourrait s'amorcer sur l'écologie et ses bienfaits, on peut utiliser le bistrot politique à souhait, si besoin est.

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Re: Futurologie et sciences - le Sam 11 Aoû 2012, 00:02

Bon, bon, la difference entre le présent et le futur,même proche,est la technologie/science, je pense pas qu'un croyant de 40 ans ne le sera plus dans 10 ans !
allez, un peu d'imagination ! Comment la technologie va changer notre futur proche....

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