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Des voix et des ondes    Page 1 sur 24

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Des voix et des ondes - le Mar 23 Oct 2012, 00:41

"Et l'on a été blessé par la voix de Carole Desbarats (j'achète votre système de gommage de la voix de l'intervieweur...). De deux choses l'une : soit l'on engage un phoniatre ou un orthophoniste à France Culture et l'on y envoie cette Desbarats avec Antoine Perraud, et Tewfik Hakem pour rendre leur voix moins éraillée, moins "à bout de souffle" permanent (c'est chic le "à bout de souffle", chanteurs et chanteuses françaises s'y essaient avec succès), soit on se sépare de ces gens et l'on en emploie d'autres qui ont des voix bien posées et qui font du bien à entendre." Dixit Philaunet ailleurs.
L'occasion d'ouvrir un espace de discussion sur la "qualité" des voix.
Et par exemple l'occasion de s'interroger sur la présence à l'antenne de Nadine Epstain dont j'apprécie toujours la justesse journalistique tout en déplorant le désastre radiophonique. Qu'en pensez-vous ?

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Nadine Epstain - le Mar 23 Oct 2012, 23:12

Que penser de Nadine Epstain ? Rien, pour ma part je ne l'écoute plus. Mais il y a plusieurs années une amie nonagénaire l'a  surnommée Cassandre pour son ton de fin du monde dès qu'elle ouvre la bouche au micro. Je ne me souviens pas que la qualité de sa voix ait été en cause, ni la clarté de son élocution. Mais son ton oui.

Sinon, toujours sur les voix, je n'ajouterais pas Stéphane Deligeorges au trio Hakem, Desbarats, Perraud à qui l'on conseille de consulter un phoniatre. Sa voix basse et caverneuse,  audiblement affectée par la fumée, pourtant (je me souviens d'une époque où l'on entendait son briquet cliquer une ou deux fois par heure d'émission), reste homogène et maîtrisée.
À propos, son émission Continent Sciences du 22 10 12  "Les vers de terre, acteurs majeurs de la vie"  était un régal. L'invité Patrick Lavelle, biologiste, mérite une écoute, et sa photo sur le site de l'émission devrait être punaisée devant Nadine Epstain quand elle annonce les nouvelles. Cela rendrait peut-être son ton et sa tournure d'esprit moins apocalyptiques...

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Re: Des voix et des ondes - le Mer 24 Oct 2012, 12:42

Certaines "belles" voix me sont insupportables: au premier rang, l'onctueux Enthoven, qui m'a éloigné plusieurs années des "nouveau chemins". Non pas parce que les sujets ou les propos étaient inintéressants, mais parce que sa voix enrobait la moindre proposition dans tant de velours qu'elle lui faisait immanquablement perdre toute sa puissance. Enthoven (et peut-être que la voix n'est pas seule en cause), c'est celui qui rend la philosophie innoffensive, comme une sorte de beau jeu de langage dans lequel, à la fin, on retomberait toujours sur ses pattes.

Grandes voix (souvent regrettées): Chaslin, Bydlowski et l'équipe des panoramas des années 90 (même quand elles étaient horripilantes): Koster, Dadoun, Richard, Salgasse... Lebrun de Culture matin, avant qu'il ne s'endorme le soir au coin du bar. Il reste ce sacré Finkielkraut, malgré ses obsessions douteuses, Angelier, Veinstein.
- Grandes voix en devenir? Baumgartner...??

Voix qui font leur boulot:
- Version "vieux": Deligeorges, Garapon, Lyon-Caen
- Version "jeunes" : Delorme, Kahn et Charpentier

Voix de jeunes énervantes:
- Version geek : Xavier de la Porte
- Version midinette: Marie Richeux
- Version vernissage: Goumarre

Voix des vieux piliers de la station, vaguement libidineux (hep poupée...), ou vaguement cultureux, qui n'ont plus grand chose à dire: Laporte, Voinchet

La passionaria du Faubourg Saint-Germain: Laure Adler, quand elle crie certains matin son horreur des horreurs du monde.

Voix transparentes, aussi transparentes et oubliables que leurs émissions (voix de débats sur une chaine d'info continue): Quénehen, Chauveau, Rousset

Voix de courtisan suave et creux: Martel, Colombani

Voix d'une autre planète: Le Goff dans les Lundis de l'histoire

Question: peut-on vraiment séparer la forme du fond, en l'occurrence?

A suivre

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Re: Des voix et des ondes - le Mer 24 Oct 2012, 19:39

Séparer la forme du fond? Pour ma part : impossible. J'ai la sensation que beaucoup des voix nouvelles de FC sautent l'étape de la formation vocale, et qu'il suffit d'avoir une attitude (qu'elle soit ricanante ou banalement solennelle car c'est maintenant le ton officiel qu'il faut prendre pour faire culturel) pour être aussitôt irrésistible.

Cet été, à la BBC, on pouvait entendre une émission sur les différentes voix de Dieu, selon le format court (trop court) qu'ils doivent utiliser, mais qui donne l'occasion d'entendre l'archevêque de Cantorbéry, le Dr Rowan Williams, qui est doté de la voix absolue, définitive, grave, remplie d'autorité et de bienveillance :

http://www.bbc.co.uk/programmes/b01k9qbv

Richard Coles is a priest, a broadcaster and was a pop star. Who better to explore the different ways that the way God speaks is depicted within literature, theatre, music and film, and within sacred texts?

In the 'Book of Kings' the prophet Elijah is wrung by earthquake, wind, fire and thunder, but God is in not in any of these. It is in the silence following that Elijah hears God in a 'still, small voice'. In Britain Quakers have been listening for God in silence since the 1650s. This hasn't been how artists usually imagine the Almighty communicating. In the theatre and cinema God tends more to the Brian Blessed - or Brian Glover, pronouncing from on high, in the earthy demotic of Yorkshire, atop a fork-lift truck in a famous production of 'The Mysteries' at the National Theatre. In the great religious choral works God speaks through the chorus, in Haydn's 'Creation'; a gentle tenor in 'Messiah'; and in Bach's 'Passion' not at all. But Is God's voice ever manifest in a woman?

As well as considering the different voices of God in the art of the past, Richard Coles seeks the experience of other faiths. Muslims believe Allah spoke to Mohammed in Arabic via the angel Gabriel. One of his earliest followers was convinced of the truth of Islam by the language - it was so beautiful it had to be true. At Pentecost the Holy Spirit spoke through the Christian disciples, yet every listener heard their own language. Jahweh spoke to certain Jews, but they could never utter his name.

Richard speaks to people of different beliefs, and to contemporary artists including comedy writers, for whom there are rich pickings in putting the words of God in the mouths of mere mortals - about their approach, how they recreate the voice of the creator.


Il serait intéressant de faire un petit comparatif avec préférences personnelles pour les voix de la BBC, en comparaison avec celles de FC. Une de mes préférées reste celle d'Andrew Marr, qui présente Start The Week : adulte, mélodieuse et (surtout surtout) jamais hésitante. Ici, on ne souffre pas de la plaie de la fausse hésitation intello, qui dans le monde anglo-saxon passe pour l'expression d'un esprit confus et vague qui n'a pas de raisonnement ferme à proposer. On peut entendre un échantillon d'Andrew Marr ici :

http://www.bbc.co.uk/programmes/b01ng2qq

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Re: Des voix et des ondes - le Jeu 25 Oct 2012, 06:56

Il y a des voix agréables à entendre chez les papous, tout particulièrement celle de Jacques Vallet.

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Re: Des voix et des ondes - le Ven 26 Oct 2012, 22:52

@Yann Sancatorze a écrit: Cet été, à la BBC, on pouvait entendre une émission sur les différentes voix de Dieu, selon le format court (trop court) qu'ils doivent utiliser, mais qui donne l'occasion d'entendre l'archevêque de Cantorbéry, le Dr Rowan Williams, qui est doté de la voix absolue, définitive, grave, remplie d'autorité et de bienveillance :
http://www.bbc.co.uk/programmes/b01k9qbv
Tout à fait d'accord avec vous, Yann, et merci d'avoir signalé cette émission originale et stimulante.
Le Dr Williams possède cette voix grave, large et sonore qui fait du bien, vous avez raison, et dont il dit qu'elle lui a valu d'être choisi pour interpréter Dieu dans des scènes médiévales autrefois. Mais également que cette voix grave, typique de la voix de Dieu au cinéma, n'est plus possible de nos jours dans cet emploi, car elle a été détournée ironiquement pour vendre de la bière ou autre chose dans des spots publicitaires radiophoniques. Une belle voix, oui, mais si elle devient une caricature ou un tic, non (n'est-ce pas Raphaël Enthoven...)

@Yann Sancatorze a écrit:Séparer la forme du fond? Pour ma part : impossible.
"Sometimes the way God addresses you is a message in itself " for example Lord Sacks believes the medium is at one with the message" (à 10'25" de l'émission "The voice of God).

Eh bien, Yann, vous partagez donc le point de vue de Jonathan Henry Sacks, Baron Sacks, Chief Rabbi of the United Hebrew Congregations of the Commonwealth, interrogé dans cette très intéressante émission. Car si l'habit ne fait pas toujours le moine (ou l'archevêque), la voix et la façon de maîtriser la parole en disent beaucoup sur la manière d'aborder un sujet (à France Culture ou ailleurs)

Le rabbin possède lui aussi une parole très claire, c'est d'ailleurs le propre des hommes d'Église et des théologiens d'avoir une langue claire, articulée, posée, car la transmission du Verbe est leur fonction principale. Du coup, sans vouloir envoyer tous les animateurs ricanants de France Culture au Séminaire, on pourrait peut-être leur mettre quelques discours de théologiens dans le lecteur MP3 qu'ils écoutent dans le métro parisien avant d'arriver à la station, au lieu de la play-list de Libé...).

Le rabbin invité poursuit : "(...) and then God speaks in Hebrew "qôl..." sometines translated as "a still small voice". It literally means "the voice of a very slender silence" and I define that as : "In a voice you can only hear if you're listening"
Eh bien c'est là qu'on voit que France Culture est bien loin du Divin (et du divin également) car la politique de la maison est aux antipodes de la voix qu'on ne peut entendre que si on l'écoute. La politique radiophonique actuelle de la chaîne, c'est au contraire de donner à entendre les voix sans qu'on ait besoin de les écouter.
Remarquez, c'est peut-être parce qu'il ne vaut mieux pas les écouter attentivement...

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Re: Des voix et des ondes - le Sam 27 Oct 2012, 13:44

@Gomez a écrit:Certaines "belles" voix me sont insupportables: au premier rang, l'onctueux Enthoven, qui m'a éloigné plusieurs années des "nouveau chemins". Non pas parce que les sujets ou les propos étaient inintéressants, mais parce que sa voix enrobait la moindre proposition dans tant de velours qu'elle lui faisait immanquablement perdre toute sa puissance.
Très juste dans la majorité des cas, mais pas toujours.

Souvenir des "Nouveaux Chemins" : une voix abîmée, rauque, véhiculant le savoir impeccable d'un grand savant (spécialiste de Diderot et de Rousseau) : Raymond Trousson. Là, le fond emporte le moyen (on peut jouir d'un beau paysage assis au volant d'une vieille guimbarde...)

@Gomez a écrit:Grandes voix (souvent regrettées): Chaslin, Bydlowski et l'équipe des panoramas des années 90 (même quand elles étaient horripilantes): Koster, Dadoun, Richard, Salgasse...
Oui, oui, et oui. La voix de Michel Bydlowski résonnera toujours en notre mémoire. Les autres que vous mentionnez : des passionnés de leur sujet. Mais je ne qualifierais pas Roger Dadoun comme porteur d'une "grande voix"

Votre typologie des voix est vraiment intéressante. On a envie de tout approuver, surtout cela : "Voix de courtisan suave et creux: Martel, Colombani"

@Gomez a écrit:Question: peut-on vraiment séparer la forme du fond, en l'occurrence?
Difficile de changer le timbre naturel d'une voix ou de réparer des cordes vocales cassées, mais là n'est peut-être pas la question que vous posez. Voir Trousson plus haut ou Abraham Moles dont il a été question récemment dans un autre fil. Moles a une voix impossible, mais on a envie de le suivre durant des heures. Une voix à la Claude Piéplu qui traite des sujets les plus sérieux, ce peut être un contraste qui retient l'attention et donne du plaisir comme une musique dissonante.

Ce qui est insupportable, c'est la mignardise à la Richeux ou la bouffissure vocale à la Colombani, pour ne citer que ces deux-là.

Au bout du compte, ce n'est pas la nature de la voix qui doit être jugée pertinente pour sa diffusion, mais la manière "m'as-tu-vu" ou non avec laquelle elle est utilisée. Vient ensuite la parole : clarté de la syntaxe, non hésitation (vraie ou fausse, la dernière pour faire naïvement croire qu'on fait de l'oral spontané alors qu'on lit un texte, cf les chroniques), non arrêt en milieu de phrase, non bégaiement, non ricanement niais en ponctuation de son propre discours, débit adapté, etc. Il est rare que le fond d'un propos soit solide sans ces caractéristiques essentielles

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Re: Des voix et des ondes - le Sam 27 Oct 2012, 14:48

@ Philaunet :
"clarté de la syntaxe, non hésitation [...], non arrêt en milieu de phrase, non bégaiement".
Amendons la belle typologie de Gomez avec le charme des "vieilles guimbardes" - pour vous citer - , comme celle de Marc Kravetz qui malgré tous les torts pré-cités, et bien que sérieusement cabossée, vous avait autrement de la gueule radiophonique que les voitures à pédales pilotées par Richeux et de la Porte.

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Re: Des voix et des ondes - le Dim 28 Oct 2012, 22:04

Baptiste a écrit: [la voix] de Marc Kravetz (...) vous avait (...) de la gueule radiophonique
Tout à fait. Une voix masculine ayant une belle basse (un peu grenue) quand il sait de quoi il parle, mais qui part parfois dans de déplaisants aigus quand il emploie des formules toutes faites ou des opinions communes (c'était courant, non ? Et aussi sentencieux - impression due peut-être à la voix... "de Dieu" ?).

À propos de sentencieux, on a entendu une voix immédiatement reconnaissable débiter une chronique politique violente. Je ne savais pas que France Culture faisait dans ce genre en donnant la parole à Edwy Plenel.

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Re: Des voix et des ondes - le Dim 28 Oct 2012, 22:42

@Yann Sancatorze a écrit: (...) l'archevêque de Cantorbéry, le Dr Rowan Williams, qui est doté de la voix absolue, définitive, grave, remplie d'autorité et de bienveillance
Dans le même genre de voix que celle que vous mentionnez (mais registre intellectuel et moral différent...) et surtout dans le genre de celles mentionnées au début de l'émission de BBC Radio 4 qui "incarnent Dieu" dans les classiques du cinéma américain, se rappeler la voix de Barry White parlant au début et à la fin de chansons comme Can't Get Enough Of Your Love Baby ou My First My Last My Everything.

Il se trouve que plusieurs radio publiques allemandes emploient ce genre de voix pour présenter les informations. Ça donne un ton, une couleur particulière à ce qui est dit. La voix grave prête à son détenteur une autorité naturelle, comme c'est le cas pour l'archevêque de Cantorbéry ou encore pour les présidents de la République française, la voix du précédent, par exemple, ayant visiblement évolué vers le bas pour lui donner de la hauteur.

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