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Les Racines du ciel - le Mer 09 Sep 2009, 00:39

Rappel du premier message :

Bonsoir,

j'ai écouté l'émission de Lenoir et je l'ai trouvée globalement mauvaise. Le thème était le silence. Il y a eu beaucoup trop de banalités sur le silence qui permet d'écouter l'autre, la différence entre le bruit et le son, les bruits de la nature qui sont plus agréables que les bruits de marteau-piqueurs etc etc. C'est dommage, l'invitée a fait allusion à beaucoup d'auteurs, des pères de l'Eglise, des maître de sagesse de l'orient, mais rien n'était approfondi.
* * *

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Re: Les Racines du ciel - le Jeu 28 Fév 2013, 02:45

Philaunet,
Ici aux USA, les agents immobiliers utilisent cette expression pour souligner le facteur le plus important pour un achat de maison: "Location, location, location."
Et bien pour moi, en ce qui concerne mes goûts pour les émissions de radio ou autres sources via Internet, ma formule est'"Sujet, sujet, sujet." La forme m'importe beaucoup moins. Donc, je choisis mes podcasts ou autres uniquement sur ce critère. Il m'arrive même d'écouter des émissions de producteurs que je n'aime vraiment pas (Enthoven, Voinchet, Lenoir, Adler, ec..), si le sujet traité me passionne.
Je passe outre leurs "défauts". Même chose pour le Collège de France.

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Art radiophonique - le Jeu 28 Fév 2013, 09:26

Brièvement. Je proposais plus tôt une réflexion sur les avantages et inconvénients de certaines pratiques de la transmission de sens via le son, avec des références à des producteurs et des émissions. La forme détermine le fond.

« Toutes les beautés intellectuelles qui se trouvent dans un beau style, tous les rapports dont il est composé, sont autant de vérités aussi utiles et peut-être plus précieuses pour l'esprit public que celles qui peuvent faire le fond du sujet. » Buffon.

Cité par Proust à propos de Saint-Saens et rappelé par Yves Gérard dans la première émission constituant le triptyque "La musique et les hommes - Proust" du 21 janvier 81 par Rémi Stricker, réécoutable le vendredi 1er mars de 02h31 à 05h02 sur FC dans les Nuits. Emplacement de la citation sur demande.

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Re: Les Racines du ciel - le Sam 02 Mar 2013, 20:50

@Philaunet a écrit:La forme détermine le fond.
Je n'ai pas, encore, réussi à assimiler cette formule. Je ne peux concéder, à ce stade, que sa variante plus limitatitve, de "la forme peut déterminer le fond."
Un exemple remarquable, pour moi, est le Barry Lyndon de Stanley Kubrik. La beauté plastique du film, associée à la musique, en fait un de mes films préférés. Dans ce cas, effectivemment, la beauté formelle devient le fond. Mais ce n'est pas si courant.

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Jacqueline Kelen, la soif d'absolu et la liberté de l'esprit - le Dim 24 Mar 2013, 10:47

@Philaunet a écrit:[...]Tiens, Jacqueline Kelen ! Celle qui animait les Chemins de la Connaissance dans les années 1980 ? Celle qui avait coordonné une "Matinée des autres" en 1980 sur les calendriers, rediffusée la nuit du 25 mai 2012, une émission qui s'écoute bien d'ailleurs.

Alors, par curiosité, allons-voir ce qu'elle est devenue. Ouh là ! Ça a commencé fort, avec des affirmations apocalyptiques de l'invitée sur ce monde de perdition où la vision des réalités divines (lesquelles, on n'en saura rien), les miracles et les apparitions angéliques, bref les véritables preuves d'un accès à la transcendance, sont niées, moquées et quasiment interdites de cité.  

Ce à quoi Lenoir et Anvar (surtout le premier) répondirent qu'elle avait une vision extrémiste et réductrice de la transcendance. Comment ? Simplement en disant que les livres de Lenoir (sur "les spiritualités") se vendent très bien et que ses apparitions à lui (non divines, quoique... qui sait !) se font devant une foule nourrie.
[...]
J'écoute tardivement ce numéro, un dimanche de nettoyage : 5 numéros d'un coup, ça prend bien 2 ou 3 heures. Nettoyage de printemps ? Du tout, mais quand on s'est fié aux titres erronés qu'annonce régulièrement la livraison Podcast des Racines du ciel, on ne sait plus très bien où on en est. Damn, et si on avait loupé quelque chose (angoisse...). Quant au site de France Culture, c'est chaque semaine ou presque le même merdier : à la date du jour on trouve deux sujets différents. Bref on ne peut pas compter sur le programme affiché pour savoir à quoi s'en tenir. Il faut écouter. Comment expliquer cette incurie ? Peut-être par l'amateurisme qui fleurit à France Culture où l'on méprise l'esthétique et la vérité (valeur bourgeoises) au moins autant que la qualité (valeur industrielle) et à peine moins que la rationalité et l'efficacité (valeurs des néo-cons donc à bannir toutes deux). Voila qui serait en phase avec le paradigme idéologique de la chaine. A moins qu'il n'y ait là un choix délibéré de démotiver tous ceux qui ne sont pas assez passionnés par la pensée de Lenoir pour l'écouter quoi qu'il arrive et sans passer par la case programme. Il y a vraiment des fessées au ceinturon qui se perdent.

Mais saperlotte, pourquoi un tel retard ? Eh bien après une série d'émissions rase-mottes où le dialogue dépassait rarement -le temps d'un hoquet de conscience- le niveau idéologique des adolescents éconophobes, j'avais renoncé à suivre au numéro près les leçons de morale neu-neu de Frédéric Lenoir. Comme dernier signe de sophistique simplette, j'avais noté pensivement une condamnation unilatérale et vigoureuse de la pensée binaire cartésienne. Enormité courante : au nom du dualisme, condamner toute pensée non duale. Après l'amateurisme numérique, voici l'amateurisme philosophique. Cet amusant paradoxe est d'ailleurs courant chez les charlatans de la spiritualité. Il n'est pas le seul, par exemple tout aussi couramment on les entend fustiger ce qu'ils appellent l'égo, en le qualifiant d'ailleurs -et Lenoir ne s'en fait pas faute-  de 'petit ego'. C'est généralement envoyé du haut d'un escabeau de vanité qui ne manifeste, finalement, qu'une soif de dominer l'interlocuteur. Et précisément Lenoir en est là, au contraire de l'invitée de ce jour-là qui, à la 7eme minute, montre qu'elle ne s'enlise pas dans le marécage de la spiritualité de bistrot.

Alors, ce dialogue entre Kelen et Lenoir ? Eh bien j'entends surtout un dialogue de sourds. Kelen dit sa lassitude devant l'intolérance anti-spirituelle qu'elle ressent en société. Probablement la pauvre, elle ne fréquente majoritairement que les classes cultivées, intoxiquées par les marottes que vend de l'intelligentsia française. Elle dénonce même un 'Big Brother à l'oeuvre', une laïcité transformée en laïcisme obligé jusque dans les consciences : elle redoute un endormissement des consciences. Lenoir lui répond que cette intolérance est imaginaire, puisque lui n'a pas à s'en plaindre. Donc elle a tort, point final. Bravo pour l'écoute, et bravo pour ce style radiophonique tellement soucieux de donner la parole à des invités, de les aider à diffuser leur pensée ! Il est difficile de ne pas donner raison aux deux : actuellement se côtoient dans les classes cultivées une radicalisation laïciste qui verse dans l'anti-religieux, et une vulgate bouddhiste qui endort les consciences paresseuses en feignant de les éveiller. Au bout de 20 minutes de cette bouillie circulaire, la productrice qui a passé tant d'heures dans les studios de France Culture et d'Espace 2 doit avoir bien du mal à reconnaitre la radio culturelle. Ce matin là elle était tout simplement assise face à un homme qui, tout charmant qu'il soit, lui renvoie en guise de réponses un bavardage vaniteux et ignorant. Dialogue de sourds : ils ne sont pas d'accord sur les définitions de base : religieux, spirituel. Il leur faudra 20 minutes pour en prendre conscience.

Malheureusement, ça ne sera pas suffisant pour sauver l'émission. Alors que Kelen continue à se plaindre de l'ambiance générale, qui réduit la liberté de l'esprit. Anvar lui renvoie que le phénomène n'est pas neuf, que Socrate et les humanistes ont toujours été des exceptions, et que le souci confort domine l'esprit en écrasant le souci spirituel. A l'entendre, la spiritualité, la quête de l'absolu, sont battues en brèche non par l'intellectualisme mais par, mais par... ici comme au catch à 4 Anvar passe la main à Frédéric Lenoir qui peut placer sa double-nelson : l'ennemi c'est le matérialisme. Ouais rien que ça. Bravo Lenoir, voila pour l'ennemi et quant à votre allié principal on dirait bien que c'est la vanité mais surement pas la tolérance ni la bienveillance. Le maître parle, et c'est en tant qu'esprit supérieur, éclairé, qu'il prononce son anathème soft. Il faut cesser de consommer, et aussi n'oublions pas : il faut détruire l'ego. Hum hum, voila justement un exemple typique de ce qui a été signalé plus haut : le précepte nous arrive d'un "sage" suintant de la certitude de disposer d'une conscience supérieure.

A l'issue de ces 50 minutes décevantes, on peut se demander si par hasard les Racines du ciel ne seraient pas arrivées au bout de leur potentiel. Après un démarrage lourdaud digne du goéland, puis quelques émissions réussies une fois atteinte la vitesse de croisière, on est en droit de redouter l'épuisement de Frédéric Lenoir : il n'a plus rien à dire. Trois années ont passé et la quatrième s'achève, les racines du ciel ont dépassé la couche superficielle d'une honnête culture et atteignent maintenant le fond de la motivation du producteur : sa pomme, son savoir, sa conscience supérieure à celle des mortels. Remarquez, dans cette gravière qu'est la spiritualité à France Culture, on pouvait reprocher ces mêmes défauts à Olivier Germain Thomas, sauf que la couche de culture et de sérieux professionnel, elle était autrement épaisse à  traverser.

./...

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Re: Les Racines du ciel - le Dim 24 Mar 2013, 12:23

./...

Et depuis ce dimanche-là, 24 février, que s'est-il passé ? Eh bien en premier lieu on peut pousser un soupir rassuré : entre deux anathèmes anti-consuméristes, Frédéric Lenoir est encore capable de traiter un sujet. Simplement, le mieux serait que ça ne recoupe aucunement, ni de près ni de loin, aucune de ses marottes.

Ca sera le cas avec les 4 suivantes
- 3 mars : Les racines spirituelles du Jazz
- 10 mars : Religion et sexualité. Plus bas dans le post je donnerai deux raisons de signaler plus particulièrement ce numéro.
- 17 mars : Saül
- 24 mars : David

Les deux premières m'ont paru d'assez honnêtes émissions culturelles, quoique l'invité de la première m'a semblé assez imprécis. Les deux autres semblent d'honnêtes émissions historico-bibliques. Elles font suite à une émission généraliste et transverse (le 10). En jetant un coup d'oeil sur le tableau au fil des mois et des semaines passées, on pourrait s'amuser à discerner quelques autres grandes familles d'émission : orientalisme vulgarisé ; psychologies et développement personnel ; sagesses des peupleupreumiers atassion aux plates-bandes de Marie-Hélène Fraïssé.

Alors, outre son intérêt per se, pourquoi signaler particulièrement celle du 10 ?

- En premier lieu parce qu'elle n'apparait pas en tant que telle dans les livraisons podcast et pas non plus dans votre explorateur de disque dur, où elle est étiquetée "Saint Paul", soit le titre de l'émission suivante, laquelle portera comme étiquette "Le roi David". Le roi David c'est l'émission de ce jour soit encore une semaine plus tard. Ainsi depuis un bon mois les titres sont décalés d'un cran et personne ne semble s'en rendre compte, ni se soucier d'y porter remède. France Culture ou le grand bordel des titres. Seul avantage : comme ça on a déjà le titre de la prochaine 'Einstein et Dieu', émission de type Théosophico-Syncrétique, voila un type supplémentaire à ajouter aux quelques familles repérées dans le paragraphe qui précède.

- La deuxième raison : on y entend un extrait du Cantique des cantiques mis en lecture par un rockeur récemment disparu (on reconnait la voix de sa dernière compagne). Or cet extrait enfonce la pâle tentative faite par l'équipe de l'émission, 10 minutes plus tard. Non que la lecture de Leili Anvar soit mauvaise, mais on voit là une différence entre le potentiel artistique des uns et la bonne volonté des autres. Une bonne volonté toute radiophonique mais qui, privée de moyens, ou d'exigence (ou d'imagination?) ne mène pas bien loin. Par chance dans la version Anvar on échappe à la musique locale, orientaliste ou pseudo-antique. Et on y échappe encore plus dans l'extrait rock avec le fond musical moderne de Chloé Mons. Cet extrait nous montre ce qu'on peut faire quand on s'affranchit de deux manies endémiques dans le France Culture de 2013 : le cliché historique et la diction hystérique.

On peut penser que j'abuse, en ce cas je conseille l'écoute : [son mp3="http://download.od.tv-radio.com/france_culture_ondemand/sites/default/files/sons/2013/03/s10/RF_D852CBB2-9A44-4CE7-923C-738F879748E0_GENE.MP3" 2013-03-10debut="17:31" fin="20:33"]
(volontairement je ne dis pas qui est ce rocker mais Lenoir nous donne son nom dans les secondes qui suivent - ceux qui n'ont pas trouvé et qui veulent savoir se reporteront à la page de l'émission)

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Re: Les Racines du ciel - le Lun 23 Déc 2013, 13:49

C'est nouveau: ce 22 décembre, en fin d'émission, publicité avec adresse et n° de téléphone pour des produits à base de plantes médicinales ou alimentaires des "Jardins de Hildegarde" et pour des stages d'Henri Gougaud , le conteur.Ce conteur, fort estimable, a appris à compter en plus de conter, depuis son émission de France Inter, me suis-je laissée dire.
http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4758438  42 ème mn
On retrouve cette publicité sur le site.Elle a été "habilement"(je dirais plutôt: "grossièrement") amenée par Frédéric Lenoir dans la minute précédente, en attirant l'attention sur la pratique des recettes médicinales de Hildegarde
On rêve!

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secte Midal - le Mar 24 Déc 2013, 00:58

Midal se fait passer pour ce qu il nest pas depuis longtemps...un malade qui se pretend pour docteur...manipulateur ,gourou et tout ce qui va avec....qui deblaterent des non senses,en questionnant a revers pour paraitre avoir une specificite des idees...ne se suffit pas du boudhisme.il le desarticule,l inverse pour en faire profit,son maitre  un abuseur manipulateur pedophile alcolique. Il se fait passer tantot pour un Boudhiste un AT philossophe un penseur juif,un messager chretien pour avoir porte ouvertes dans toutes les spheres...ne pensez pas...la medidation n est pas ce que vous pensez...vous ne savez rien....dangeureux!

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Le bonheur selon Spinoza - le Mer 15 Jan 2014, 14:12

Alors que cette émission s'enfonce dans une médiocrité auto-satisfaite, farcie de parler-creux sur un ton béat, s'acharnant à réinventer le fil à couper le beurre de la pensée positive et de l'angélisme optimiste, elle continue à nous réserver de temps à autre une bonne surprise.

Je conseille le numéro de dimanche dernier, car ce jour-là c'était le cas : l'invité est Bruno Giuliani, un spécialiste de Spinoza, pour une fois à la parole claire et non un brumisateur d'abstraction comme le sont les 2/3 des invités d'Adèle Van Reeth et d'ailleurs Adèle aussi elle-même.

Pour une fois, une chance sportive d'entrer dans la pensée de Spinoza : http://www.franceculture.fr/emission-les-racines-du-ciel-le-bonheur-selon-spinoza-2014-01-12

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Re: Les Racines du ciel - le Dim 18 Mai 2014, 11:45

Ce matin ou cette semaine dans les Racines du ciel, un hallucinant numéro de moraline fraternitaire, qui achèvera de vous persuader de la justesse avec lequel (pour le dire comme lui) Frédéric Lenoir a été placé à cette case dans la grille du programme. Pour parachever la cohérence de cette tranche du dimanche religieux, il ne manquerait plus que d'y déporter le sermon d'Edwy Plenel : lui je le verrais bien entre la libre-pensée et la messe, et on aurait rassemblé là les donneurs de leçon. Le dommage, c'est que les deux émissions plutôt sérieuses et rigoureuses, souvent instructives que sont Orthodoxies le Service protestant, s'en trouveraient peut-être infectées. Faudra-t-il les déplacer en semaine ?

En tous cas, ce matin chez Lenoir c'était sermon-sermon. Enfoncés les causeries d'ecclésiastiques balancées vers 10h30 aux fidèles dans des bâtisses aux murailles résonantes, sur un ton lourdement grandiloquent et entre deux chants démodés. C'est au contraire sur un ton compassé, pénétré, que l'invité Jean-Louis Sanchez a aligné des injonctions de solidarité sauciale et de fraternité, le dernier mot étant à prendre en un sens non-maçonnique ça c'est pour 9h45.

On regrette à chaque phrase qu'un tel homme ne soit pas élu aux plus hautes fonctions de l'Etat pour émettre ordonnance sur ordonnance, pour pousser le tas de feignants qui se gobergent au Parlement, pour les pousser au cul loi après loi et décret après décret, afin de rétablir la solidarité dans notre pays car, dit-il, nous avons le meilleur modèle social et il faut le préserver dans le danger de décadence qui nous guette. Décadence de la solidarité évidemment, le reste il s'en fout un peu. Et même, la solidarité qui l'intéresse, c'est l'assistance aux personnes âgées. A ce moment de l'émission on comprend bien de quelles racines et de quel ciel il est venu nous causer, mais il y manque le "du".

En tous cas, ce mélange de sociologie intuitive et de moraline en gros cachets il laisse rêveur. Alors peut-on conseiller l'écoute d'un tel cataplasme ? Eh bien oui, parce que hormis les désormais fameux et obligatoires "vot'liv'" (pour votre livre) et la collection de "lequel" dont Frédéric Lenoir continue à nous sortir quelques joyaux, on entend çà et là, on entend entre deux affirmations sidérantes l'une ou l'autre réflexion qui fait mouche :
- le principe de précaution fonctionne comme un étouffoir de la vie collective
- les maisons pour gens âgés sont devenus des lieux d'enfermement (détails fonctionnels à l'appui)
- en France le service public oeuvre davantage à la satisfaction de ses propres agents qu'aux besoins des intéressés : là ça fait lever le sourcil, d'entendre une chose pareille sur l'antenne de France Culture qui en est ma foi un bel exemple.

Je suppose que d'autres auditeurs entendront et apprécieront l'émission avec un jugement exactement inverse : la solidarité leur plaira mais la précaution leur semblera insuffisante et le service public pas assez présent dans notre pays. Donc comme souvent, l'émission mérite l'écoute, d'une certaine façon. Le hic c'est que dans le numéro de cette semaine, on ne trouvera guère de culture, contrairement aux semaines où un spécialiste musclé vient nous servir une exégèse, ou commenter une traduction neuve, ou raconter son séjour chez les moines.

Et pour en revenir à la solidarité, il faut signaler que Frédéric Lenoir est par ailleurs un des intervenants du secteur, or il ne s'en vante guère et c'est tout à son honneur. On en trouvera un exemple sur cette page et c'est à cause de ce genre de choses que même quand on brocarde en rigolant son niouvègisme un peu niais, même quand on coupe en cours d'émission sous le coup de l'exaspération parce que la leçon de morale à force vous comprenez c'est trop, surtout quand c'est un ego sur-enflé qui nous inflige des injonctions anti-egotistes, eh bien malgré tout ça on garde un oeil sur ce programme car un type qui se rend utile socialement sans le beugler chaque semaine du haut de sa tribune perso, il restera toujours un peu sympathique.

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Paul Diel - le Mer 06 Aoû 2014, 14:57

Ca vaut le coup d'ouvrir soit sa boite à podcast au rayon "Les racines du ciel", soit la page correspondante sur le site de FC.

Et pourquoi donc ? Tout d'abord,parce que les deux derniers numéros de l'année courante étaient consacrés à Paul Diel. Penseur important mais qui hélas n'est pas de lecture facile, cet homme est un des rares à avoir établi de façon rigoureuse en psychologie la notion de force empruntée à la physique. Je dis "un des rares" parce que nombreux sont ceux qui n'ont pas su soigner correctement la métaphore, et n'ont pu édifier là-dessus qu'une psychologie plus portée au délire interprétatif. Diel avait reçu les encouragements d'Albert Einstein, lui disant à-peu-près qu'une science psychologique parvenue à la maturité donnerait à la méthode introspective la place qui lui revient, sur un modèle proche du sien. La lettre d'Einstein va plus loin puisqu'elle parle aussi de l'importance philosophique, éthique, morale, du travail de Paul Diel.

Disparu en 1972, cet homme a laissé une oeuvre rarement saluée sur France Culture, sinon jadis dans quelque semaine des Chemins de la connaissance. Presque tout ce qui est ou a été disponible nous est parvenu par l'éditeur Payot : un volume sur la motivation, un autre sur la peur et l'angoisse, et pour le reste, une lecture symbolique des mythes y compris du mythe chrétien.

Frédéric Lenoir nous donne deux émissions pour faire connaissance avec cette pensée :
- le 29 juin une introduction générale
- le 6 juillet une présentation de la lecture des mythes , par Jeanine Solotareff qui fut sa dernière collaboratrice.

Et ensuite ? Eh bien on remarquera que les rediffusions d'été ne se bornent pas à sélectionner quelques numéros de l'année courante, mais exhument des émissions bien plus anciennes (jusqu'à 2010). C'est donc l'occasion de compléter éventuellement des archives personnelles, de retrouver un numéro qu'on avait loupé, qu'on n'avait pas vu passer :
- Socrate chaman (mars 2010)
- La sacralisation du quotidien (décembre 2009)
- Lou-Andrea Salomé (septembre 2011)
- Education et spiritualité (juillet 2012)
- Saint François d'Assise (juin 2013)
- La spiritualité de Patrick Viveret en pleine crise (janvier 2012
- Le féminin et la pudeur (mai 2013)

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Re: Les Racines du ciel - le Mer 10 Sep 2014, 10:38

Sortie des cercles de la maison ronde, l'émission des racines du ciel du 07/09/2014 avec Christian Bobin nous transporte de la maison familiale, du bureau à la bibliothèque. Des portes s'ouvrent et se referment. Nous y croisons des mystiques, des poètes, on aperçoit un philosophe. Puis nous traversons une allée de graviers,  on entend des arbres, une fleur d'églantier disparue, les racines viennent à nous et c'est un ciel qui s'est ouvert pour nous. Voyez vous ce que vous avez entendu ? Les derniers mots seront aux oiseaux !
Bonne journée

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