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Comment l'écoutez-vous ?    Page 1 sur 3

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Comment l'écoutez-vous ? - le Dim 17 Mar 2013, 22:09

Nota Bene : voir aussi le fil connexe Pourquoi j'écoute la radio

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Un fil dont le titre est un rappel de la rubrique "Comment le goûtez-vous ?" de feu l'émission "De bouche à oreille" que Renée Elkaïm-Bollinger anima de longues années avec grand talent.

Comment l'écoutez-vous, donc.

Vu les nouveaux moyens d'écoute de la radio depuis quelques années et les conséquences que cela entraîne sur l'auditeur, mais aussi sur les émissions et la parole des intervenants, il semble juste de ranger expériences et réflexions dans un fil "dédié", si les contributeurs sont d'accord (et si quelque part ne se cache pas déjà un fil comparable). Cela faisait un moment que j'avais envie de partager quelques observations à ce sujet. Antonia et Alain Machefert, votre échange dans le fil TTL ouvre des pistes intéressantes.

Dunque, dans le fil TTL
@antonia a écrit:Alain, je vois bien que pour beaucoup, cela est égal d'entendre une émission à n'importe quelle heure. Mais pour beaucoup d'autres aussi, dont je suis, entendre l'émission en direct a beaucoup plus de charme.Lorsqu'il s'agit d'une émission qu'on aime , on s'y prépare à l'avance mentalement et c'est un grand plaisir. C'est un rite et comme tous les rites, c'est rassurant.Et c'est la vie qui est là, on perçoit toutes les intonations, les soupirs, les bafouillages quand ils sont là et c'est émouvant.
Bien sûr, le téléchargement est intéressant puisque, justement, cela permet de ne retenir que les émissions passionnantes.Cela permet de les étudier à fond , si besoin est. Enfin, bref, je ne dénie pas les avantages de cette diffusion retardée dans le temps. D'ailleurs, avant on enregistrait sur les cassettes.
(au fait, merci Masterkey pour cette possibilité de téléchargement direct sur le forum. C'est étonnant)
Antonia, je vous suis à 100%. Entre autres expériences mémorables d'un rite quotidien : l'écoute le midi du Panorama de France Culture (dont Nessie a fourni récemment l'indicatif à tous les nostalgiques) et dîner en écoutant Agora à 19h30 ou, plus tard en soirée, écouter les Nuits magnétiques avant de dormir. On allumait le poste et l'on savait qu'on retrouvait des "amis" et des indicatifs à heure fixe qui sont désormais comme des bornes jalonnant la mémoire.  "Rassurant" est le bon mot. Tout à fait d'accord, donc, avec vous et Masterkey, le magicien du téléchargement, qui exprimait dans un fil son plaisir d'écouter une émission lors de l'unique passage de celle-ci sur les ondes.

Le téléchargement, oui, mais qui ne se retrouve pas débordé par l'offre pléthorique et qui , ayant les yeux plus grands que le ventre, ne sait plus où donner de l'oreille ? Je vois des mains qui voudraient se lever...

L'émission radio est désormais comme un livre (gratuit) que vous posez sur une étagère et qui se retrouve bientôt sous des centaines d'autres. Il faut développer des qualités d'archiviste pour ne pas se perdre dans ses dossiers Itunes ou dans ses disques durs pour ceux qui ont une passion d'archiviste-conservateur, suivez mon regard...

Il est vrai qu'on avait des cassettes, mais l'enregistrement requérait des efforts d'organisation assez conséquents (j'en sais quelques chose, j'en ai 800) et de la place pour les stocker. On écoutait donc moins en différé. Néanmoins, ces enregistrements sur bande magnétique permettent à ceux qui les ont faits de disposer d'archives bien utiles pour comparer "l'avant" et "le maintenant". Et grâce à vous, antonia, je viens de numériser une cassette contenant une perle d'émission qui fera l'objet d'un commentaire dans le fil d'où j'ai sorti votre commentaire, j'espère que vous ne me tenez pas rigueur de ce déménagement !

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Re: Comment l'écoutez-vous ? - le Lun 18 Mar 2013, 00:46

Dans le fil TTL,
@Alain Machefert a écrit:
@antonia a écrit:Alain, je vois bien que pour beaucoup, cela est égal d'entendre une émission à n'importe quelle heure.
Non seulement à n'importe quelle heure mais aussi n'importe où. Etant un grand solitaire, j'emmène mon Ipod partout. Ce qui fait que j'écoute mes émissions préférrées dans des lieux souvent insolites (Pistes de ski, randonnées en montagne, longs trajets en voiture dans les déserts du Sud-Ouest américain).
Souvent un grand régal quand l'émission est en phase avec le lieu.
En somme, une grande liberté, de temps et de lieu. Pour moi, il n'y a aucune limite à l'écoute en podcast.
Je vous suis à 100%, Alain Macherfert. Rentrant d'une marche nocturne dans les rues désertes de ma ville (voir The Pedestrian de Bradbury pour l'atmosphère, mais pas pour le cadre, ni pour la fin...) tout en écoutant un Tire ta langue du XXe siècle et surtout ceci "L’œuvre d’art, une notion obsolète ?" ici : http://www.canalacademie.com/ida9990-Une-Journee-a-l-Academie-des-Beaux-arts-avec-Francois-Bernard-Mache.html?var_recherche=M%E2che (intervention orale sous forme de texte imprimé dans son intégralité sur le site, bravo !), je ne peux que partager votre enthousiasme pour l'écoute mobile d'émissions téléchargées.

"Grand régal" très certainement que de pouvoir écouter et réécouter une immense variété de conférences, entretiens, fictions, etc, à tous moments et en tous lieux.

Maintenant, les auditeurs de radio et non de fichiers son diront peut-être que certaines émissions sont créées pour être écoutées à l'heure où elles sont diffusées (écouter Allô Macha à midi n'irait pas... oui, cas extrême et théorique, prenons alors Veinstein pour le même créneau horaire), que cette mise à disposition d'émissions sans l'effort d'honorer un RDV dilue l'excitation de la rencontre à ne pas pas manquer (une de mes amies a refusé que je mette à sa disposition des podcasts du "Masque et la plume", son émission fétiche sur France Inter, en arguant qu'écouter cette conversation entre critiques à une autre heure que le dimanche soir perdrait tout son intérêt).

Il reste donc des auditeurs pour qui la régularité et les fidèles rendez-vous ont une valeur de rite (cf plus haut) qui apporte une valeur ajoutée à l'émission et crée de la mémoire.

Reste que l'écoute mobile concentrée, au casque, est une nouvelle manière d'écouter, plus attentive, qui rend hommage au travail (supposé) des producteurs, mais qui les oblige en retour, contrairement aux années d'avant podcast, à être préparés et impeccablement professionnels. Les paroles ne s'envolant plus, la rigueur est d'autant plus indiquée dans la production d'une émission. Ceux qui ont commencé à parler dans un micro avant cette ère et qui ne l'ont pas compris (et les autres qui parlent au micro comme en privé entre copains) devraient penser à la manière dont leur production est écoutée et reçue, et à la place flatteuse ou pas qu'elle prendra dans les archives de milliers de particuliers.

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Re: Comment l'écoutez-vous ? - le Lun 18 Mar 2013, 01:10

Ce qui est rend notre époque fascinante est que nous avons maintenant le choix: en direct sur notre radio(ou ordinateur) ou en podcast plus tard. Ces deux propositions sont donc complémentaires et donc non-exclusives.

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Re: Comment l'écoutez-vous ? - le Lun 18 Mar 2013, 23:24

"Comment l'écoutez-vous ?", en lisant peut-être ? Lire le texte d'une chronique, d'une conférence, d'un entretien, d'une émission de savoir, peut s'avérer intéressant, si l'on n'a pu les écouter et que l'on veut en parcourir le contenu avant de les télécharger. Qu'y a-t-il de semblable à France Culture ? Où sont les transcriptions intégrales d'émissions téléchargeables en PDF ? En une époque reculée, la chronique de Cécile de Kalachnikov-Kervasdoué était disponible en lecture (comme l'étaient certaines de France Info). C'était d'ailleurs une bonne idée, car même des personnes étrangères de haut niveau de langue ne comprenaient pas son français du fait de sa vitesse et de son intonation...

Les radios culturelles allemandes font un énorme travail dans ce sens en rendant disponibles quotidiennement les transcriptions intégrales de plusieurs émission de savoir et de réflexion. Le plus époustouflant : des émissions montées dans lesquelles on trouve des interviews en son naturel dans la rue ou ailleurs, parfois en langue étrangère avec traduction en surimpression, bref de la parole qui n'est pas un discours écrit puis dit. Pour une petite idée, voir ici, à droite "Manuskript":
Wie misst man Lernerfolg?

Un autre exemple ? Sur BBC Radio 4 avec l'émission "Analysis", exemple ici, voir à droite : "Political Prejudice: Read the programme transcript".

En revanche, je n'ai pas trouvé de vidéos de radio filmée, comme France Culture le fait le matin.

Voix + contenu des paroles à l'écrit, d'un côté ; voix + image des attitudes des locuteurs, de l'autre. Qu'est-ce qui demande le plus de travail et est l'offre de culture la plus utile ?

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Re: Comment l'écoutez-vous ? - le Jeu 21 Mar 2013, 10:15

@Philaunet a écrit:"Comment l'écoutez-vous ?", en lisant peut-être ? (...) Qu'y a-t-il de semblable à France Culture ? Où sont les transcriptions intégrales d'émissions téléchargeables en PDF ?

Il y a eu, au temps où de nombreuses stagiaires se pliaient en quatre aux Nouveaux Chemins de la Connaissance et étaient récompensées par la mention de leur nom à l'antenne par Raphaël Enthoven, une transcription intégrale, apurée de certaines scories de la langue spontanée, des entretiens ayant eu "Proust" et "La folie" pour thèmes lors de deux séries des NCC. C'est chez Fayard. C'est illisible. En tous les cas, le "Proust" que j'ai eu en main.

Ce que cela révèle à mon avis : que l'oral peut faire illusion sur le fond du sujet en raison de l'art de conter des interlocuteurs. Je pense aux entretiens (les premiers) entre Enthoven et Nicolas Grimaldi (ou Veinstein et Grimaldi). Au bout du compte il n'y a pas grand-chose à se mettre sous la dent, mais on a passé un bon moment, comme si l'on était soi-même devenu aussi intelligent que les protagonistes (c'était souvent le commentaire fait par les auditeurs admiratifs sur le site des NCC pré-Van Reeth). Par curiosité, j'ai regardé les livres de Grimaldi,. Ils me tombent des mains comme ceux d'Enthoven. Et pourtant je considère encore certains des entretiens entre les deux hommes comme des sommets (de l'art de l'entretien radiophonique).

Il y a l'oral et il y a l'écrit. Dans le premier, beaucoup de choses peuvent nous distraire du contenu du message : les voix, l'ambiance et les circonstances de réception de l'auditeur. Dans le second, la magie de la forme opère peu : le fond est là, sans fard et sans distraction (on lit rarement en conduisant ou en épluchant ses patates). Du coup, l'écrit est un révélateur de la valeur réelle du discours tenu quand il est transcrit. Que donneraient bien des conversations tenues à France Culture si elles étaient reproduites à l'écrit ? Le sont-elles d'ailleurs dans France Culture Papiers (que j'ai seulement feuilleté) ?

Cette observation fait suite à l'expérience de la lecture ce matin d'une transcription d'entretien AVANT de l'écouter (durée 6'03", c'est en allemand) : Wie man die richtigen Entscheidungen trifft. Il se trouve que j'aime beaucoup la voix et l'élocution de la journaliste et productrice, une des pointures de cette station et que j'ai un grand respect pour le travail de Gerd Gigerenzer (Psychologe und Direktor des Max-Planck-Instituts für Bildungsforschung). Alors que j'ai trouvé le texte intéressant mais sans plus, j'ai eu grand plaisir à entendre l'échange oral (rythme de l'entretien, prosodie des voix, ton amical entre les deux personnes, langue claire, etc). Une sorte de plaisir esthétique et celui d'être un témoin d'une belle relation. J'ai peut-être été floué sur le fond (ce que la lecture de l'entretien peut éventuellement démontrer, mais en l'occurrence ce n'est pas le cas), en tous les cas j'ai bien profité de l'écoute sur le moment.

À un autre niveau (bien plus bas et avec d'autres critères de satisfaction de l'auditeur), c'est ce qu'essaient de faire beaucoup d'émissions de France Culture : distraire agréablement sur le moment, mais le fond passant le plus souvent à la trappe. Pourtant c'est ce dernier qui restera comme valeur d'archive pour les futures générations d'auditeurs.

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Re: Comment l'écoutez-vous ? - le Jeu 21 Mar 2013, 15:54

@Philaunet a écrit:
Ce que cela révèle à mon avis : que l'oral peut faire illusion sur le fond du sujet en raison de l'art de conter des interlocuteurs.
Vous avez tout a fait raison. Il est dit des acteurs talentueux qu'ils pourraient apporter du plaisir rien qu'en lisant le bottin !

Mais alors, je me demande si cela n'est pas en contradiction avec les propos d'un forumeur bien connu (et souvent apprécié):

@Philaunet a écrit:Brièvement. Je proposais plus tôt une réflexion sur les avantages et inconvénients de certaines pratiques de la transmission de sens via le son, avec des références à des producteurs et des émissions. La forme détermine le fond.

« Toutes les beautés intellectuelles qui se trouvent dans un beau style, tous les rapports dont il est composé, sont autant de vérités aussi utiles et peut-être plus précieuses pour l'esprit public que celles qui peuvent faire le fond du sujet. » Buffon.


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Re: Comment l'écoutez-vous ? - le Dim 24 Mar 2013, 12:58

Merci pour ces observations. La seconde citation que vous faites se trouve dans le fil "Les racines du ciel" sous le titre  "La messe n'est pas dite - le Jeu 28 Fév 2013, 00:24". J'y faisais une comparaison entre le genre du monologue (type conférence, comme à Canal Académie) et celui de l'entretien, qui a ma préférence. Vous aviez répondu plus tard que le sujet, c'est-à-dire le fond de l'intervention, vous importait au-delà des autres considérations sur la manière de transmettre.

Encore faudrait-il préciser plusieurs choses qui nécessitent trop de temps à mettre noir sur blanc. Par exemple qu'un monologue conçu d'abord pour passer devant un public dans une salle, et dont le son est ensuite retransmis, est bien différent du monologue élaboré pour être spécifiquement dit au micro d'une radio.

Idem pour l'entretien enregistré devant une salle et celui fait en studio.

La forme détermine non seulement le fond, mais aussi la réception de l'auditeur. Quand Lebrun était en compagnie d'un invité à Culture Matin il faisait un (très) bon travail de journaliste. Quand il était à El Sur où à La Victoire à Strasbourg où je l'ai vu plusieurs fois, il était en représentation et faisait d'abord le pitre. Pour l'auditeur derrière son poste (ceci fait très archaïque !) ou dans sa voiture sur les routes du Grand Ouest américain, la différence est sensible.

Pour résumer ce que je voulais dire précédemment : un entretien entre deux  belles voix (ou plus), deux personnes parlant une belle langue, deux personnalités respectant la parole de l'autre, peut s'écouter avec plaisir pour ces caractéristiques mêmes, à condition que le fond du sujet soit traité avec un minimum d'intelligence, même si le contenu n'est pas original. Savoir que l'on est séduit sans rien apprendre de particulier peut avoir du sens pour l'auditeur qui cherche à être conscient de sa pratique (et de l'usage de son temps).

À suivre, parce que la question de l'interaction entre la forme (qui s'est beaucoup diversifiée ces quinze dernières années à France Culture) et le fond mérite de l'attention (déjà apportée par ailleurs dans d'autres fils de discussion).

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Comment l'écoutez-vous ? Attentivement. - le Mar 11 Mar 2014, 10:32

Dans un numéro de Du côté de chez soi (nom de l'émission illustrant bien l'esprit contemporain) animé par Ali Rebeihi, il était question d'un sujet qui interpelle évidemment tout auditeur un peu passionné, pour ne pas dire compulsif : Comment la radio peut-elle changer nos vies ?

On sait qu'il ne faut pas attendre grand-chose de ces tables rondes en direct (et en public), de plus en plus fréquentes à l'antenne (ne coûtent pas cher) et où Ali Rebeihi, passé maître dans l'art de distribuer la parole, est très à son aise.  

On sait aussi par maints exemples (tables rondes en direct du salon du livre ou de telle ou telle manifestation) qu'il n'est pas facile pour un orateur de se concentrer et de parler face à une salle, quand l'attention au sujet est perturbée par tout ce qui se passe autour de soi (ce qui arrive de plus en plus en studio, à voir les photos des tables-rondes affairées dans les studios de France Culture).  Aussi n'a-t-on pas été surpris par le peu de densité des interventions sur un sujet qui méritait meilleur traitement. Soit dit en passant, la BBC avait produit une émission de peu d'intérêt sur ce sujet le 22 juin 2013 : Writers and Radio* qui n'était pourtant pas en direct.

Reste que si l'on doit retenir quelque chose de cette émission ce sera le phénomène induit par l'écoute régulière et concentrée des voix à la radio, évoqué par l'intervenant Fanch Langoët citant Pierre Lescure, à savoir la « sur-écoute » dans la vie sociale avec toutes les conséquences que cela peut avoir.

Suit une intervention de la coordinatrice du Festival qui travaille à France Culture chez Emmanuel Laurentin. On espère que son élocution du jour était une exception due à la fatigue, à la tempête sur Brest, à l'émotion d'être devant un public, etc. Parce que sinon...

[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/02/s07/NET_FC_437ca04f-f422-46cc-94f8-4f81713ff5c1.mp3" debut="20:55" fin="23:10"]


* This is the last era of radio-age writers. Authors born in the Forties and the early Fifties grew up with radio not TV; the BBC for them was a thing of sounds and voices, rather than of pictures. Susannah Clapp, of that generation, asks them what they heard and presents an archive essay talking to writers and listening, via the archive, to what they listened to and exploring the effect it had on their work.

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Composition, montage et studio vs micro enregistreur paresseux - le Ven 25 Avr 2014, 22:56

Comment écoutez-vous Julien Hervier ? Dans un entretien élaboré dans les règles de l'art radiophonique ou enregistré en train de monologuer dans une salle de conférence ?

Martin Duguiers a une préférence qu'il exprimait dans le fil Répliques le mer 23 avril 2014
@Martin Duguiers a écrit:(...) Dans mon souvenir, M.Machefer disait qu'il pouvait écouter un "programme" quel que soit l'endroit d'où il était produit et si je me souviens bien, témoigner son goût pour toutes émissions historiques. Je pensais que moi aussi, cela signifiait que je n'étais pas très chagriné par la perte de France Culture, d'une station de radio culturelle. Je dois réviser mon idée à l'écoute de la conférence de Julien Hervier, celle-ci étant bien moins enrichissante de mon point de vue que les deux programmes mentionnés.

Voilà pourquoi, M. Duguiers, ce Forum existe : pour défendre l'art radiophonique de qualité qui n'est pas
- la diffusion d'une conférence, d'une lecture ou d'une pièce en public
- la diffusion d'une table ronde dans une foire aux livres
- la diffusion d'une discussion improvisée entre copains sur un disque ou un film

Et même si la discussion sur Jünger avec Julien Hervier a été intéressante, on peut s'interroger sur la pertinence du format systématique de l'interview à France Culture. Ce format présente diverses variantes dont la plus intéressante est celle qui inclut des archives originales (et d'une longueur correcte) ou d'autres points de vue enregistrés permettant à l'intervenant d'approfondir le propos, voir Hors-Champs ou Concordance des Temps.  Les plus pauvres sont du type dialogues ronronnants ou tables rondes à quatre, genre Ça rime à quoi ou Pas la peine de crier pour le premier ou Du côté de chez soi pour le second (liste non exhaustive).

Pour en revenir à votre propos, on ne peut que partager votre constat implicite qu'une station culturelle n'est pas un luxe, car ce qu'elle  produit n'est pas remplaçable par des enregistrements de conférences données au Collège de France, dans des universités ou des Académies (cf. Canal Académie, très soporifique).

Il existe un art cinématographique, qui en doute ? Il existe un art radiophonique n'ayant pas comme composants premiers le direct et le public. La direction de France Culture pourrait-elle s'en rendre compte, elle qui favorise les « événements » et le bavardage ?

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Re: Comment l'écoutez-vous ? - le Ven 23 Mai 2014, 11:58

@Philaunet a écrit:Pour en revenir à votre propos, on ne peut que partager votre constat implicite qu'une station culturelle n'est pas un luxe, car ce qu'elle produit n'est pas remplaçable par des enregistrements de conférences données au Collège de France, dans des universités ou des Académies (cf. Canal Académie, très soporifique).

J'aime beaucoup (j'ai beaucoup aimé) Canal Académie. Lorsqu'il était mal en point financièrement, ses responsables ont fait une sorte de souscription sous forme de droit d'accès. J'ai souscris volontiers eu égard à la quantité de documents que j'avais en bibliothèque. Un jour dans l'histoire, les conseils de lecture de Michel Pebereau, Henriette Walter, j'en oublie... sont de nombreuses émissions qui me manquent. A ce propos, je voudrais dire ici que ne suis pas opposé au paiement des archives téléchargeables. En l'état sur France Culture,  peu de programmes justifie de bourse délier. Les nouveaux managers se rendraient compte de la "valeur ajoutée" de leur programmation.

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