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On ne parle pas la bouche pleine !    Page 1 sur 2

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On ne parle pas la bouche pleine ! - le Dim 21 Avr 2013, 14:19

aujourd'hui, c'était la bouche pleine. Quelle confusion!
Pourtant ces sujets portant sur l'agriculture sont souvent bien traités par des gens compétents mais c'est forcément beaucoup trop court,vingt minutes, pour qu'on comprenne les enjeux.
Là, on nous parle de plantes comestibles, notamment de la Berce.Mais on ne peut se permettre d'être approximatif dans ces cas-là: il faut donner le nom précis d'espèce, les endroits où on trouve la plante,la partie consommée, à quelle dose, comment on la cuit ou si on la consomme crue, etc  
Pourtant, Gérard Ducerf doit être un bon botaniste, Georges Oxley aussi mais quelle bouillie!
La dame de San Sebastien, Diana Ubarrechena, ne sait pas que la Berce la plus commune (Heracleum spondyllium) pousse bien au delà de la Loire…
On fait dans le sujet à la mode, sans se donner le mal de la précision. Bref, ça sert à rien.
Pour couronner cette bouillie, Bruno Verjus (épinglé récemment dans le forum, quelque part) donne une recette avec de la "poire de terre". Oui, ça existe! mais bon, c'est n'importe quoi de la citer au détour d'une recette!on va la trouver dans une épicerie superluxe ou alors il faut la cultiver soi-même l'année prochaine (bien conserver la recette B. Verjus!)

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Re: On ne parle pas la bouche pleine ! - le Dim 02 Juin 2013, 19:27

Kokopelli, association invitée aujourd'hui.
Kokopelli est une association qui fait un excellent travail bénévole pour collectionner les variétés anciennes de graines surtout potagères.Elle a d'ailleurs un superbe catalogue.Des bénévoles assurent la reproduction des variétés et elles sont données gratuitement contre cotisation à qui désire les cultiver.Elle est victime d'accusations injustes(elle ferait concurrence aux grands semenciers sans se conformer aux règles de la profession).
Ceci dit, il est très agaçant d'entendre l'invité, un agriculteur, refaire l'histoire comme c'est si souvent le cas chez les militants.Non, au départ, dans les années 50, 60, les semenciers n'étaient pas des salauds désireux d'appauvrir les agriculteurs en les obligeant à acheter chaque année leurs semences.Il y avait, à cette époque un enthousiasme naïf, c'est vrai, pour l'amélioration des variétés , afin d'avoir de meilleurs rendements dans des situations différentes. Cet enthousiasme, tout le monde le partageait: les agriculteurs, la recherche agronomique,les enseignants, les techniciens conseillant les agriculteurs.
C'est à partir de 1970 que ça a commencé à dérailler , que l'agriculture est devenue industrielle, au grand dam des sols et de la biodiversité.Mais ce désir d'une productivité maximum s'est fait sentir dans tous les domaines. Pas qu'en agriculture.
Facile de dire que les semenciers sont des salopards, que la recherche se prostitue. Tout ça, c'est la conséquence de politiques et de l'évolution d'une société qui ne veut pas dépenser grand chose pour se nourrir.



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Re: On ne parle pas la bouche pleine ! - le Dim 02 Juin 2013, 20:49

@antonia a écrit:
C'est à partir de 1970 que ça a commencé à dérailler , que l'agriculture est devenue industrielle, au grand dam des sols et de la biodiversité.Mais ce désir d'une productivité maximum s'est fait sentir dans tous les domaines. Pas qu'en agriculture.
Facile de dire que les semenciers sont des salopards, que la recherche se prostitue. Tout ça, c'est la conséquence de politiques et de l'évolution d'une société qui ne veut pas dépenser grand chose pour se nourrir.
Vos commentaires m'ont rappelé la citation, probablement apocryphe, attribuée à Lénine: "Les capitalistes nous vendront la corde pour les pendre."
Cette phrase, apparemment idiote au vue de l'effondrement du communisme, m'a néanmoins toujours intrigué. La poursuite du profit, somme toute le béaba du capitalisme, va nécessairement être confrontée à des problèmes de gestion de ressources rares, notamment les terres cultivables ou les ressources énergétiques.
En fait, il semblerait que la véritable phrase écrite par Lénine était:
"Ils [les capitalistes] travailleront avec peine à leur propre suicide ».
Et là, je crois que Lénine s'est simplement trompé de sujet. Ce ne sont pas les capitalistes, mais bien le genre humain dans son ensemble qui travaille à son propre suicide. Les politiques très productivistes du communisme soviétique n'étaient pas moins facteurs d'épuisement des ressources rares que celles des pays capitalistes.
Le besoin de croissance économique pour faire tourner la machine à produire, l'augmentation de la population mondiale (encouragée implicitement par les religions) sont des contraintes qui me semblent difficiles à contourner. Je n'ai vraiment pas de réponses tant l'équation me parait, à la fois simple dans son énoncé (Choc croissance - limitation des ressources) et quasiment inextricable dans ses solutions.

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Re: On ne parle pas la bouche pleine ! - le Lun 03 Juin 2013, 00:50

@antonia a écrit:Facile de dire que les semenciers sont des salopards, que la recherche se prostitue. Tout ça, c'est la conséquence de politiques et de l'évolution d'une société qui ne veut pas dépenser grand chose pour se nourrir.

D'accord avec vous, et on peut voir ça dans d'autres domaines : on est dans une société qui ne veut pas se passer de pétrole mais qui adore détester ceux qui font profession d'en vendre.
Il me semble que la recherche de coupables permet de jeter un voile pudique sur nos choix collectifs et de nous exonérer de nos responsabilités.

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Re: On ne parle pas la bouche pleine ! - le Mar 04 Juin 2013, 05:08

Entendue dans la Marche de l'Histoire de Jean Lebrun cette phrase de Condorcet s'interrogeant sur l'abolition de l'esclavage: suis-je prêt à me passer de sucre?
Cela va dans le sens de cette discussion.
Ils avaient un sacré niveau, ces penseurs du XVIIIième siècle.

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Re: On ne parle pas la bouche pleine ! - le Dim 09 Fév 2014, 13:47

Plus de recettes invraisemblables depuis septembre, en fin d'émissions.
Parfois, des invités très intéressants, comme aujourd'hui: Marcel Boucher, ancien directeur de recherches à l'INRA.Il a étudié, depuis le début de sa carrière et en dépit des rigolades de certains, les vers de terre.C'est quelqu'un qui n'avait pas peur de toucher la terre.Il déplore encore le manque d'intérêt accordé au sol.Des auditeurs seront dégoutés de l'entendre parler aussi des vers de terre comme possible nourriture: ils étaient encore consommés, il y a 50 ans,par certains peuples. Ils ont une composition très riche en certains nutriments essentiels.
On ne trouvera pas trace d'idéologie dans tout son discours.

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Re: On ne parle pas la bouche pleine ! - le Lun 19 Mai 2014, 23:01

Chez Kruger, on sait comment saloper une noble cause.
Aujourd’hui, ça causait de vins naturels. Ceux qui savent de quoi il retourne savent l’engagement des vignerons concernés.
Pas un engagement de salon, ça non, un engagement à douze heures par jours les jours tranquilles et des paris risqués plein
les cuves sur des mois de travail. Mais Kruger préfère la militance qui se tire une balle dans le pied à l’engagement. Mais Kruger
ne fait pas de la radio, il tient salon, donc vous n’êtes pas concernés. Si cependant vous persistez, vous apprendrez de Jonathan Nossiter,
par ailleurs cinéaste méritant, que les racines d’une vigne naturelle « pénètrent jusqu’à 60 mètres, avec des ramifications couvrant
jusqu’à 50 kilomètres ». C’est plus un cépage, c’est la ligne Maginot. Enterrées (si j’ose dire) les performances racinaires de l’acacia africain.
Mais Kruger est juste bon à avironner sur les unités de mesure (les mètres ou les kilomètres qu’importe pourvu qu’on ait l’ivresse),
incapable en son salon de calmer les enthousiasmes de son invité qui embraie sur Stefano Belotti, vieux routard biodynamique, qui,
en direct dans une émission de télévision, a mangé une poignée de sa terre en invitant son contradicteur « chimique » à boire un flacon
de round up. Eh ben. En argument boomerang, je préférerais bouffer de l’humus mort de la Beauce que de boire une flasque de
purin d’ortie. Vous étiez bien sur France Culture, prodigieuse radio qui préfère la militance salonarde aux vérités du goulot, car le vin
naturel vaut largement mieux que cette piquette radiophonique.

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Re: On ne parle pas la bouche pleine ! - le Mar 20 Mai 2014, 08:14

J'ai également trouvé aberrantes les affirmations du cinéaste, un manque d'échelle flagrant."Comment saloper les meilleures causes": eh oui!

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Ciboire m'était conté. - le Dim 24 Mai 2015, 19:49

Si l'onctueux maniérisme d'Alain Kruger ne vous rebute pas trop,
et si comme moi vous n'êtes point trop coutumier de la chose liturgique,
vous pouvez aller tendre l'oreille vers la dernière livraison en grignotant des hosties.
Un Kruger moins copinard que d'habitude, et surtout un invité atypique, le Frère Jean-Pierre Brice Olivier,
dominicain et ancien galeriste qui vous racontera de l'eucharistie ce que le format de l'émission permet :
ici on fait vite en général, mais là en particulier on fait au mieux (me semble-t-il).
Il y a de ces anecdotes que gourmande Kruger (ah la soupe aux chutes d'emboutissage d'hosties) quand il se prend
pour le François Angelier de la cuistance, mais cette fois on veut bien apprécier avec lui.
Bémol : sur la fin, on reste sur sa faim (uhuh). Car en complément de la réflexion théologique sur l'incarnation,
le regard des sciences humaines aurait peut-être apporté un autre éclairage sur une des dernières anthropophagies
rituelles qui consiste à bouffer le corps du Christ (amen).
Car chez Kruger, c'est fromage OU dessert. C'est chiant quand on a les crocs crocs.

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Tout savoir sur l'hostie - le Mar 26 Mai 2015, 21:55

F. a écrit:Si l'onctueux maniérisme d'Alain Kruger ne vous rebute pas trop,
et si comme moi vous n'êtes point trop coutumier de la chose liturgique,
vous pouvez aller tendre l'oreille vers la dernière livraison en grignotant des hosties.
Un Kruger moins copinard que d'habitude, et surtout un invité atypique, le Frère Jean-Pierre Brice Olivier,
dominicain et ancien galeriste qui vous racontera de l'eucharistie ce que le format de l'émission permet :
ici on fait vite en général, mais là en particulier on fait au mieux (me semble-t-il).
Il y a de ces anecdotes que gourmande Kruger (ah la soupe aux chutes d'emboutissage d'hosties) quand il se prend
pour le François Angelier de la cuistance, mais cette fois on veut bien apprécier avec lui.
Bémol : sur la fin, on reste sur sa faim (uhuh). Car en complément de la réflexion théologique sur l'incarnation,
le regard des sciences humaines aurait peut-être apporté un autre éclairage sur une des dernières anthropophagies
rituelles qui consiste à bouffer le corps du Christ (amen).
Car chez Kruger, c'est fromage OU dessert. C'est chiant quand on a les crocs crocs.

Un début d'émission sur ce ton, c'est plutôt rare : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/05/s21/WL-ITE_00073661_RSCE-10.mp3" debut="00:27" fin="02:11"]

C'est un peu le ton que donnait Alain Veinstein à ses émissions et qui leur conférait leur charme : le ton apaisé et une qualité d'écoute en studio qui donne à l'auditeur le sentiment que c'est à lui qu'on parle.

On avait aussi autrefois Olivier Germain-Thomas qui permettait à l'invité de déployer sa parole sans interruption. Me revient, coïncidence, un bel entretien à For Intérieur le 30 octobre 2009 avec le frère Philippe Marckiewicz, moine bénédictin.

Ici c'est le frère dominicain, Jean-Pierre Brice Olivier ("tous ces prénoms réunis dans la même personne" dit Kruger qui commence  par montrer ses limites) qui fait acte d'éclaireur sur l'hostie. J'ai apprécié tous les moments de cette émission (sauf le générique de fin, d'une bêtise !), notamment les passages sur le vin (rouge ou blanc ?), les miettes (ne pas en faire pour ne pas pas balayer le Christ...) la peinture de Malévitch (JPBO a été galeriste) et l'enfermement de Dieu à quadruple tour dans divers meubles (me rappelle le génie dans son urne, dans L'histoire du pêcheur, conte des Mille et une nuits).

De la grande qualité radiophonique. Mais d'Alain Kruger, vous ne pouviez pas attendre la connaissance théologique d'un Olivier Germain-Thomas qui aurait permis de creuser le sujet. De toute façon on était ici dans le cadre d'une émission sur la nourriture, qui a largement débordé le sujet, d'ailleurs. Et comme Alain Kruger est un animateur et non un passeur ou un accoucheur de savoir, on ne pouvait aller plus loin. C'est pourquoi je suggérais que ce sujet soit traité plus largement dans un autre cadre, celui des émissions religieuses. D'ailleurs dans le fil du Forum consacré à ces émissions
F. a écrit: (...) Donc pourquoi pas, comme une émission dédiée au kascher, ou au hallal, ou les différentes façons de manger les abats de l'Aïd el Kebir,
ou les bombances de Mardi Gras.
Ces derniers temps on nous casse beaucoup les pieds avec les monothéismes, mais ce n'est pas une raison de se priver de ce qu'ils font en cuisine.

Pour ce qui est de l'hostie, vu qu'il s'agit de ne quasiment rien absorber et que la préparation selon le frère Jean-Pierre Brice Olivier est des plus simples, on ne pouvait que rester sur sa faim sur la cuisine.

Pour de plus amples agapes rendez-vous dans un mois et demi au moment de la fin du ramadan, Alain Kruger, après avoir interrogé le dominicain sur le cannibalisme, questionnera sans doute un imam sur l'égorgement des moutons.

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