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Edwy Plenel en ses œuvres    Page 1 sur 8

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Edwy Plenel en ses œuvres - le Mer 16 Oct 2013, 07:56

Mes biens chers frères, mes bien chers sœurs, sonnez hautbois et résonnez musettes. Avez-vous entendu le dernier sermon d'Edwy Plenel S.J. ce matin? Fini le trotskysme à petit feu, la vindicte anti-bourgeoise de l'affaire Baudis, voici enfin le sermon sur le respect de l'autre que nous attendions. Rien n'y manquait même pas l'anecdote larmoyante sur une jeune Kosovar, même pas une citation du pape François. Après la morale politique illustrée (Trotsky, le Che, Chavez) voici venir l'heure de la morale individuelle . Il nous prépare sans doute une conversion à la Benny Levy et il fallait bien que FC lui confie une tribune.

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Re: Edwy Plenel en ses œuvres - le Mer 16 Oct 2013, 09:45

Vous n'avez pas pleuré ? Sans coeur, va ! Les trémolos dans la voix, l'indignation dans le crescendo et l'hommage aux "éducateurs" pour dire les professeurs, tout y était, n'est-ce pas ?
Consolons-nous en revenant aux faits : 2% des auditeurs de radio écoutent France Culture, à l'heure oùPlenel sermonnait, 1% était sous la douche et avait les oreilles pleines de savon, 0,3 % engueulait son gosse qui ne voulait pas finir sa tartine, 0,1 % dormait du sommeil du juste et les autres ? Ben, les autres rigolaient, tiens !

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Sortie de messe - le Mer 23 Oct 2013, 09:50

De grand matin, jour de la sainte Ursule, Monseigneur Plenel nous a offert un autre de ces précieux sermons (que les éditions de la procure de Médiapart devraient prochainement publier, du moins on l’espère). Dès les premiers mots, l’orateur s’impose. Il attend que le calme revienne dans le studio. Le silence tombe. L’aigle de Saint-Germain relève sa moustache et sa voix s’élève enfin, si douce et si forte à la fois. Il faut dire que Jean-François Copé, son compère habituel, vient de lui tendre une perche en or : le droit du sol ! Monseigneur n’allait pas laisser passer un si bel appât. Il y a là de quoi remplir au moins deux semaines de controverses, de tirs à boulets rouges, de passages chez de Caunes voire chez Hanouna. Ça ne se refuse pas. Nous avons donc eu droit à la grande vision historique de la France révolutionnaire et généreuse culminant en une longue citation de notre père à tous, Jean Jaurès. Le prélat connaît par cœur l’œuvre de Jean Jaurès, son Moïse, qui ne quitte jamais son chevet et a remplacé depuis vingt ans les œuvres complètes du père Karl et celle du père Léon. Il cite en particulier le discours d’Albi qu’il a découpé en menues parcelles bien choisies dont il ne manque jamais de parsemer ses homélies, articles, tracts, opuscules, mémoires, autobiographies, interventions télédiffusées et œuvres diverses. Mais le grand moment a été celui de sa péroraison — et là on touche au sublime en politique — qui appelait les jeunes à descendre manifester dans la rue, sur la lancée de l’affaire Leonarda (pendant que vous y êtes…). Soigneusement, il a quand même évité de citer cette jeune victime, le coup ayant apparemment échoué et la collégienne n’est quand même ni Calas ni le chevalier de la Barre. Ce final grandiose a sans doute ému le studio au point ou Marc Voinchet se dispensait de toute fausse question enjouée du genre « Mais alors Caroline, vous ne pensez pas que etc.… » et tentait certainement d’essuyer les larmes que ce niagara de vertu républicaine ne devait manquer de provoquer en lui. Puis chacun médita en silence. Hors homélie, le prélat reprit quand même le micro (un procédé habile et bienvenu chez ce prélat : quand on croit qu’il a fini, il reprend toujours la parole, y compris au Grand Journal, autre de ses chapelles préférées. C’est une vieille technique apprise au séminaire saint Léon Trotsky pour avoir le dernier mot en prenant de court l’animateur du débat et les adversaires éventuels qui ne peuvent plus répondre.) Il rendit alors un nouvel hommage au bienheureux Stéphane Hessel (on ne s’en lasse jamais) et lança un « appel à la jeunesse de France », belle formule également utilisée en son temps par Monsieur Charles Maurras et le Maréchal Pétain, à s’indigner et se rebeller. On n’applaudit pas un sermon, mais là, les mains m’en démangent encore.

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Re: Edwy Plenel en ses œuvres - le Mer 23 Oct 2013, 09:52

Correction, et j'en demande pardon à Monseigneur Plenel, nous fêtons en ce jour la saint Jean.

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Re: Edwy Plenel en ses œuvres - le Mer 23 Oct 2013, 10:13

@munstead a écrit:(...) L’aigle de Saint-Germain relève sa moustache et sa voix s’élève enfin, si douce et si forte à la fois. (...)
Un régal, votre billet.

Un nouvel aigle de mots, à France Culture, ce n'est pas pour demain (et ce n'est pas Adler* qui l'incarnera...).


* Aigle en allemand

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Re: Edwy Plenel en ses œuvres - le Mer 23 Oct 2013, 11:48

@Philaunet a écrit:
@munstead a écrit:(...) L’aigle de Saint-Germain relève sa moustache et sa voix s’élève enfin, si douce et si forte à la fois. (...)
Un régal, votre billet.

Un nouvel aigle de mots, à France Culture, ce n'est pas pour demain (et ce n'est pas Adler* qui l'incarnera...).


* Aigle en allemand
Je plussoie.
J'hésitais à raccorder le précédent Plenel by Munstead au fil de la Chronique des chronique.
Mais si Munstead tient le rythme, je me dis que Plenel mérite son fil esspéical.

N.

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Edwy Plenel en ses œuvres - le Mer 30 Oct 2013, 09:39

Lorsque Monseigneur de Saint-Germain, pénètre dans le studio, le silence se fait, l’air s’allège, le souffle de l’esprit se glisse sous les casques, dans le micro et se répand sur la terre. En ce jour de la sainte Bienvenue, le prélat était en tournée de promo pour un film belge La Marche. Habilement il débuta son prêche par une petite chansonnette, grossièrement coupée par le sire Voinchet qu’un regard fulminant plaqua au sol. Malgré ce début un peu manqué, Monseigneur reprit rapidement le contrôle des esprits et développa ce raisonnement implacable que nous avons déjà entendu tant de fois entre les lèvres de l’Aigle de mots (hommage à Monsieur Philhaunet), mais qui touche toujours le pêcheur au plus profond des noirceurs du cœur vil et lâche de celui qui a voté pour le président Hollande: la démocratie, l’horrible constitution qui bride nos vies et nos élans, la crise de régime, l’hommage à la marche des Beurs (là on se rapproche du sujet principal). Le message, scandé par des « Marcher, « continuer à marcher », « il faut marcher », « se remettre à marcher » fort bien venus— et même un bout rimé (comprendre/entendre) — gomme toute misérable petite volonté critique. Puis le sage se tait. Voinchet croit que c’est terminé, pauvre âme ! Il aurait dû lire mon commentaire de la semaine passée. Monseigneur lui adresse un sourire aimable, celui qu’il réserve habituellement à ses chaisières, et entame sa péroraison sur la vente de ce film belge, La Marche, qu’il a eu l’honneur de découvrir avant tout le monde (une avant-première de presse quoi) et reprend l’antienne envoûtante du « Remettez-vous à marcher ». Ma compagne, qui manque un peu de respect envers les institutions établies en général et en ce moment en particulier me glisse que l’on dirait le film publicitaire vue et revu sur les étranges lucarnes à la gloire de la mâche. http://www.youtube.com/watch?v=DDyHMhJDv90. « La mâche, ça mâche ! », Avec Monseigneur, ça mâ(r)che toujours.


Bonne nouvelle, on a changé les piles de Thomas Cluzel. Sans doute l’explication de sa récente absence. Il fait maintenant comme Voinchet: il lit son texte à toute vitesse. Étonnante sa capacité hors de l’ordinaire à traiter pendant deux minutes trente le problème syrien sans rien dire que nous n’ayons entendu mille fois.
Novation voinchienne : présenter un débat sur le déclin français par de longs extraits de Gravity et un autre d’Astérix. J’aurais aimé voir la tête de Jean-Pierre Le Goff et de Dominique Rousseau et on leur énervement devant cette stupidité est palpable. Démarrage confus du débat autour de la potion magique. En sommes-nous là ? Cela n’a pas empêché Voinchet de lancer un peu plus tard une autre citation d’Astérix pour plomber les échanges. Il nous annonce que Ph Meyer se repose jusqu’à vendredi, comme hier. Quelle délicate attention, mais nous attendions au moins un communiqué de la Faculté. Et Couturier, mouché à juste raison par Rousseau, cite Charlie Brown. Bientôt ce sera le tour de ces grands penseurs que furent les Pieds Nickelés.

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La Marche, film et histoire française - le Mer 30 Oct 2013, 10:16

Bonjour, les opinions sont libres mais les faits sont sacrés. Donc ce nécessaire rectificatif à votre raccourci erroné: "La Marche" est un film français dont le réalisateur, Nabil Benyadir, est de nationalité belge. Et la marche de 1983 qui l'a inspiré ne s'est jamais appelée "Marche des Beurs" mais "Marche pour l'égalité et contre le racisme". Enfin, j'ai découvert ce film au Forum des Halles, poumon populaire de la capitale qui n'a rien de germanopratin. Et, ne vous en déplaise, je ne vais cesser de le recommander jusqu'à sa sortie en salle, le 27 novembre, tant il rend hommage à ces anonymes des quartiers populaires qui, contre les crispations identitaires d'élites apeurées, inventent la France telle qu'elle est et telle qu'elle vit. Sur ce, bonne journée, en cordial désaccord ;-).

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Re: Edwy Plenel en ses œuvres - le Mer 30 Oct 2013, 10:30

Je suis horriblement confus. Le film est français, le réalisateur belge. Mon petit billet perd tout sons sens. Je ferai pénitence, à Saint-Nicolas du-Chardonneret bien sûr. Sur la fameuse marche, pourriez-vous avoir la curiosité de demander à votre moteur de recherche s'il trouve quelque part la "Marche des beurs"? Ils étaient, à juste raison, les premiers intéressés et c'est le nom populaire — cela devrait vous parler — de cette manifestation. Au passage, je n'ai pas émis la moindre critique sur ce film que je n'ai pas encore vu.

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Frère Edouard Plenel - le Mer 13 Nov 2013, 10:19

Vertuchou, c'est trop savoureux donc je reporte ici l'hebdomadaire chronique de Munstead qui l'a esseptionnellement déposée dans le fil des matins. Comme ça elle bénéficiera d'une double édition. C'est l'Edouard qui sera content de toute cette gentille publicité qu'on lui fait.

@munstead a écrit:[...]Voinchet borborygmait sur son invitée et on ne comprenait plus rien. Puis il y a eu le prêche de Plenel. La courverture de Minute c'est pour lui, le rayon miel bio pour un ours échappé d'un cirque. Et que je te cite la Déclaration des droits de l'homme, et le préambule de la constitution pour la millième fois, comme si cela pouvait être un argument pour les racistes qui relèvent la tête en ce moment. Explications? Pas grand chose : certains intellectuels, et, au passage, Valls qui a osé ne pas être d'accord sur un projet de loi avec la ministre (ce qui ouvre des perspectives intéressantes aux antiractistes, vous n'êtes pas d'accord avec une personne de couleur sur un point technique donc il y a de fortes chances que vous soyez raciste), bref, constats oui, explications nenni. Puis il termine, comme les chœurs du Faust de Gounod "Marchons, marchons" pour nous rappeler à notre devoir du 3 décembre, participer à la Marche qui va tout changer, encore un petit coup de Fanon et à la semaine prochaine.

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