Forum des auditeurs passionnés et critiques de France Culture

france culturelongpont demainGoogle

Le forum des auditeurs critiques de France Culture

 


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant

Accueil / France Culture

Répondre au sujet

Les Pieds sur terre    Page 6 sur 10

Bas de page ?   

1
Répondre en citant  
Les Pieds sur terre - le Lun 14 Sep 2009, 18:24

Rappel du premier message :

france info, ayant tendance a devenir un peu lourdingue, bon vas y pour france culture, pas vraiment de gaité de coeur a cette heure, on entre chez René et ses cochons
bla bla bla; presentation que j'ecoute a moitié, toc, toc, toc, on entre chez l'habitant, merde la je monte........ le son,........... ces voix?........., je les connais ce sont celles du terroir,.......... c'est du vrai

je ne vais pas continuer a énumerer les sensations, mais cette émission etait hors du commun, tout y est vrai, j'ai connu ce type de vie, félicitation a l'équipe qui n'est pas tombée dans la moraline, et qui a su retranscrire ce qui est sans le moindre commentaire déplacé, on en pense ce que l'on veut, c'est brut de cueille, sans detour ni complication de pensée abstraite, tres beau documentaire.
* * *

51
Répondre en citant  
Gros, très gros malaise aux Pieds sur terre - le Ven 12 Sep 2014, 22:22

Il suffit de lire la majorité des 32 commentaires de l'émission Le mystérieux téléphone

Puant.  Avec l'assentiment de Poivre d'Arvor évidemment (il faudrait lui faire la même chose). Tout ça pour faire chauffer le compteur de clics de l'émission ! Mais la majorité des auditeurs n'est pas dupe. Un nouveau faux-pas de France Culture (on ne les compte plus).

52
Répondre en citant  
Re: Les Pieds sur terre - le Sam 13 Sep 2014, 00:28

Les Pieds sur Terre se veulent être un genre de "This American Life" à la française (cf. la page d'accueil de l'émission : "Inspirés par la célébrissime émission de radio américaine This American Life, « Les Pieds sur Terre » s’organisent désormais autour de récits, d’histoires vraies, une, deux ou trois par émission, qui tournent autour d’un même thème.")
Dans vos rêves les plus fous, bande d'amateurs... Le jour où Sonia Kronlund et OPA seront équipés pour égaler ce genre de production... Nous ne pouvons pas avoir de "This American Life" à France Culture, c'est impossible, car pour cela il faudrait accepter de ne jamais faire la morale, de ne jamais militer, de ne jamais inciter à voter pour tel ou tel candidat lors d'un scrutin, de prendre l'auditeur pour un être sensible et intelligent, de résister à la tentation de l'incantation politicarde, d'oublier le voyeurisme chic, le salace social, le scabreux intello. Il est facile de se proclamer unique au monde et de se comparer à de bonnes productions quand on ne connait pas ces dernières et qu'on a aucun regard critique sur ses propres productions...
This American Life fait partie de mes podcasts de remplacement (pour combler les vides de notre défaillante station culturelle). C'est du "easy listening", bien sûr, mais avec beaucoup de justesse de ton, de sincérité. Pas question ici de bidonner des reportages, d'asséner de lourdes opinions, de choisir des cibles et de les dégommer sempiternellement, bref de planter ses gros sabots sur terre...
http://www.thisamericanlife.org/

53
Répondre en citant  
Les ripatons dans la gadoue - 1 - le Sam 13 Sep 2014, 13:33

A lire les 32 commentaires sur le site de FC, on a l'impression que c'est une fiction, non ?

Une fiction où l'équipe Kronlund aurait fait un pas de plus dans le sensationnel. Après l'interminable revue des drames humains et des damnés de la terre, handicapés, taulards, gardiens de prison, médecins de gardiens de prison, hospitalisés sortant de réanimation, laryngotomisés, malades condamnés, ouvriers spécialisés, retraités qui s'emmerdent, chômeurs confirmés, futurs chômeurs, instituteurs désespérés, écoliers illettrés, clochards de tous types, sdf propres sur eux, sdf à peine sortis du dégrisement, suicidés ratés, brulés au 3e degré, transexuels heureux, transexuels ratés, sadomasos, putes, fils de putes, clients de putes, fils et femmes de clients de putes, canaris chats et chiens de femmes de clients de putes, oeuf de canari de femme de client de pute et encore combien d'autres freaks : polygames, accidentés du travail, amputés d'un membre ou des 4, enfoncés de la boîte crânienne.... L'inventaire de Sonia Kronlund est sans fin.

Finalement les seuls malheureux qu'on n'aura jamais entendus dans l'émission ce sont bien les auditeurs de cette radio massacrée où l'on cherche en vain de la culture notamment dans le créneau Kronlund.

./...

54
Répondre en citant  
Le cul par terre - 2 - le Sam 13 Sep 2014, 13:45

./...

De fait, à écouter c'est particulièrement nul. Une fiction oui on dirait bien. Largement aussi mal jouée que les mini-fictions de 11h50 sous le titre "La vie moderne". Et quasi aussi bien scénarisé, c'est à dire niveau débutant, quoi.

La narration est le fait d'une jeune nana à la voix immature. Au début on a un peu l'impression de lire un de ses blogs narcissiques où les gens les plus ternes racontent leur vie des plus banales. En l'occurrence avec le niveau d'une adolescente de 25 à 30 ans. C'est bien une fiction. Mal jouée, mal lue, mal inventée, mal présentée par Kronlund. L'argument est à la fois faible, facile et usé : on a trouvé un iPhone dans un taxi, et après avoir fouillassé dans l'agenda on entreprend de recontacter les proches de la propriétaire, histoire de lui rendre son appareil.

Le plus invraisemblable étant que des personnes aussi niaises aient pu avoir la présence d'esprit de saisir au vol l'occasion d'un reportage in situ. Anyway, au fil des minutes et de l'enquête, seule la nunuche qui joue le rôle principal ou plutôt seul le personnage de la nunuche joué par on ne sait qui, feint de ne pas comprendre de quoi il s'agit :  la sortie du suspense a lieu peu après le rappel sonore "7 notes + France culture" où cette fois le doute n'est plus permis. Le téléphone trouvé est celui d'une escort-girl venue des pays de l'Est faire son business en France.

Sous forme d'une enquête d'amateurs, c'est donc une fiction à destination documentaire sur la prostitution de luxe. Mais rassurez-vous on n'entrera pas dans le vif du sujet : il s'agit seulement de boucler un 28' un peu "fun" sur une question sauciale contemporaine. Les mecs appelés, supposés clients de la fille, réagissent diversement. Eux seuls semblent jouer à-peu-près correctement la comédie. Si ce ne sont pas des comédiens, leur voix et leur numéro ont pu être obtenus par un montage équivalent : il suffisait de s'introduire sur un site spécialisé dans l'escorting (demandez à Xavier Delaporte comment ça marche) et  de glaner quelques numéros de mecs en rut, soit en y créant quelques faux profil, soit en profitant d'une faille.

La fiction s'achève, toujours aussi mal jouée : les deux greluches ont rapporté le phone à la Natacha. Elles ont refusé le biffeton de récompense. Elles redoutent vaguement d'avoir dérangé la professionnelle dans son travail.

Il reste un seul point à éclaircir : la responsabilité de Sonia Kronlund dans cette merde radiophonique...

./...

55
Répondre en citant  
Les pieds sous la table - 3 - le Sam 13 Sep 2014, 13:58

./....

En écoutant la désannonce, on remarque que Sonia n'a pas trop la patate et on se souvient que c'était déjà manifestement le cas lors du pré-générique. Serait-elle attristée d'avoir finalement dû diffuser une telle merde ? Alons allons elle vous en a vendu bien d'autres.... Est-celle chagrinée, encore sous le coup de l'éviction qui a frappé Mermet, le grand frère en radio-comme-dans-la-vie-dis-! , pourtant 50 fois plus vulgaire qu'elle ne le sera jamais ? Est-celle tout simplement déçue d'avoir dû changer son fusil d'épaule, et d'abandonner la forme de reportage où elle avait tranquillement installé son équipe : ça fait des années qu'on n'apprend rien de plus en écoutant l'émission quand on cède à la curiosité, allez encore un coup juste pour voir : on tombe généralement sur un nième numéro de manipulation par le montage. Mais sur la réalité de notre monde on n'est guère plus avancé après tant d'années passées à exploiter la misère sauciale : une ponction au hasard d'une trentaine d'émissions sur le stock existant permet d'atteindre le point au-delà duquel il n'y a plus rien à apprendre.

On comprend donc qu'il aye fallu se renouveler. Mais alors, quelle façon de se renouveler, là, chapeau vraiment ! Car voyons la fantastique innovation qui a donné lieu à ce numéro des Pieds sur terre : comme elle l'a explicitement raconté en début d'émission, il n'y a pas vraiment de nouveauté dans ce coup radiophonique, puisque le trick est imité d'un exploit de Sophie Calle, paru dans Libé au début des années 80. Il y a seulement 30 ans : une paille...

Dernière explication : le piston.
Sonia n'a pas pu refuser une "proposition" (au sens de la création artistique) parvenue à son bureau avec un post-it rouge indiquant que la proposition doit absolument être acceptée puisqu'elle vient de (just guess) avec la bénédiction de (qui vous savez).

56
Répondre en citant  
Sonia au bout du rouleau - le Mar 16 Sep 2014, 20:49

@Nessie a écrit:./....

En écoutant la désannonce, on remarque que Sonia n'a pas trop la patate et on se souvient que c'était déjà manifestement le cas lors du pré-générique. (...)

C'est le moins qu'on puisse dire. Sans doute a-t-elle dû écouter à la suite les premières émissions de la nouvelle formule (on y reviendra) et a eu un coup de déprime à l'écoute de cette médiocrité abyssale : Le retour d’Olga. Enfin, les commentateurs sur le site sont eux pâmés d'admiration. Ils n'ont jamais dû entendre d'émissions radiophoniques de qualité pour faire des comparaisons. Je note également que, comme d'habitude, c'est surtout la chanson anglophone sirupeuse et très dans le vent en conclusion qui attire le plus de demandes d'information. D'ailleurs, les "reportages" (entre guillemets, car ce sont maintenant en partie des fictions) sont de plus en plus courts et la chanson de fin de plus en plus longue. Cette émission n'aurait pas juré il y a quelques années sur France Inter à 10h le matin, avec interviews et réactions d'auditeurs au téléphone. Sonia, faut réagir !

57
Répondre en citant  
Adieu veau, vache, cochon, couvée - le Lun 27 Oct 2014, 14:26

Une hypothèse sur le ton dépressif et la voix usée de Sonia Kronlund lors de la présentation du sujet, notamment ici : entendre la cruche qui fait l'intervieweuse dans Le Madoff berrichon de ce 27 10 2014 : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/10/s43/NET_FC_b5dcdedb-78f1-4620-9bcc-8553ea1c017e.mp3" debut="17:12" fin="17:30"]

On ne s'étonne plus après du ton las et indifférent de la responsable de l'émission... [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/10/s43/NET_FC_b5dcdedb-78f1-4620-9bcc-8553ea1c017e.mp3" debut="00:12" fin="02:15"]

58
Répondre en citant  
Air du temps - le Mer 26 Nov 2014, 14:21

Par quel bout prendre ce numéro ? Ironiser ? Dire que si vous n'avez pas lu récemment les pages couples de Cosmo, Elle ou FigMadame chez votre coiffeur (ou chez le dentiste si vous ressemblez à OPDA), vous pouvez vous rattraper avec La comédie du remariage ?  Surtout durant les 20 premières minutes (Témoignage 1). Ou bien dire que France Culture a finalement changé de mission et est, elle aussi, devenue une agence de conseil en développement personnel (en plus de comment penser, comment vivre) bien en phase avec l'époque.

Le témoignage n°2 après 20 minutes (le divorce et le rabibochage vus par un enfant du couple) est plus factuel. Dans une autre culture radiophonique (anglaise, allemande, pour ce que l'on sait), ces propos seraient insérés dans un documentaire où un essayiste radiophonique construirait une réflexion en mettant en parallèle d'autres discours et en resituant le sujet  pour « élever » le débat.  Rien n'est inintéressant, tout dépend du traitement. Et à France Culture, le débat est souvent un dialogue sans contradicteur ou bien l'exposition de paroles sans mise en perspective.

59
Répondre en citant  
C'est du chiqué et ça me choque - le Jeu 27 Nov 2014, 00:19

Je n'écoute plus que très occasionnellement Les pieds sur terre, pour diverses raisons. La première, c'est cette sensation confirmée à l'écoute de "La comédie du remariage" partie 2 (2e témoignage) : je ne sais pas à quel support j'ai affaire. Témoignage débité à froid longtemps après les événements ? Texte composé par un écrivain et lu/joué par une actrice ? Par la jeune fille en personne ? Je ne parviens pas à "entrer" dans l'histoire racontée par cette jeune femme ou jeune fille. Je ne veux pas dire qu'il faille de l'émotion à tout va, mais enfin, que veut dire ce format d'émission ? Quel est l'intérêt de retracer ce type d'événements d'une seule traite, sans éclairage apporté par un commentaire du journaliste ? Par l'autre soeur ? Par les parents ? Le sentiment que j'ai, c'est que c'est une parole qui n'est pas vraie, pas juste, truquée. Et ça me dérange à la radio. Et ça s'entend à pleines esgourdes à la radio. Certains détails donnés sans ménagements, sans pudeur (sans fard, diraient les voyeurs amateurs), sans le moindre soupçon d'intensité, ou alors mal joué. Ils nous prennent pour des imbéciles ou croient-ils vraiment que ces témoignages qui n'en sont pas puissent retenir notre attention plus de trois minutes (et je suis généreuse) ?

Je ne sais pas encore expliquer ce qui me dérange profondément, en tout cas pas bien l'expliquer. Mais il y a là un rapport à la vérité d'une situation, d'une personne, qui va à l'encontre de mon éthique personnelle. Comme si toutes les paroles sur tous les sujets se valaient. Comme si l'art radiophonique n'existait pas. Comme si raconter le divorce et le remariage de ses parents comme si c'était du mauvais théâtre, comme si raconter l'histoire d'un portable retrouvé dans un taxi parisien était diablement passionnant. Je ne suis pas entièrement d'accord avec vous, Philaunet : tout n'est pas intéressant (vous l'avez formulé à l'opposé : "Rien n'est inintéressant", ce qui me paraît plus vrai). Surtout pas n'importe comment, et là je vous rejoins complètement. Avons-nous du temps à perdre pour du chiqué qui ne nous apprend rien ?

Je ne connais peut-être pas les tenants et les aboutissants de cette nouvelle formule des Pieds sur terre. Et pourquoi pas ? Si je suis une auditrice occasionnelle de France Culture, voire si j'entends un peu par hasard cette émission, va-t-elle me donner envie d'en écouter d'autres ? L'auditeur, avant d'être fidèle, doit être fidélisé. En ce qui me concerne, c'est raté. Dommage, parce que j'aimais bien le format, le propos et les sujets. Mais cette parole... qui ne reste pas... qui ne dit rien... cela me heurte.

60
Répondre en citant  
La chute d'un transistor sur le sol carrelé de la boucherie radiophonique - le Lun 05 Jan 2015, 15:46

@L'aimable a écrit:Je n'écoute plus que très occasionnellement Les pieds sur terre, pour diverses raisons. La première, c'est cette sensation confirmée à l'écoute de "La comédie du remariage" partie 2 (2e témoignage) : je ne sais pas à quel support j'ai affaire. Témoignage débité à froid longtemps après les événements ? Texte composé par un écrivain et lu/joué par une actrice ? Par la jeune fille en personne ? Je ne parviens pas à "entrer" dans l'histoire racontée par cette jeune femme ou jeune fille. Je ne veux pas dire qu'il faille de l'émotion à tout va, mais enfin, que veut dire ce format d'émission ? Quel est l'intérêt de retracer ce type d'événements d'une seule traite, sans éclairage apporté par un commentaire du journaliste ? Par l'autre soeur ? Par les parents ? Le sentiment que j'ai, c'est que c'est une parole qui n'est pas vraie, pas juste, truquée. Et ça me dérange à la radio. Et ça s'entend à pleines esgourdes à la radio. Certains détails donnés sans ménagements, sans pudeur (sans fard, diraient les voyeurs amateurs), sans le moindre soupçon d'intensité, ou alors mal joué. Ils nous prennent pour des imbéciles ou croient-ils vraiment que ces témoignages qui n'en sont pas puissent retenir notre attention plus de trois minutes (et je suis généreuse) ?

Je ne sais pas encore expliquer ce qui me dérange profondément, en tout cas pas bien l'expliquer. Mais il y a là un rapport à la vérité d'une situation, d'une personne, qui va à l'encontre de mon éthique personnelle. Comme si toutes les paroles sur tous les sujets se valaient. Comme si l'art radiophonique n'existait pas. Comme si raconter le divorce et le remariage de ses parents comme si c'était du mauvais théâtre, comme si raconter l'histoire d'un portable retrouvé dans un taxi parisien était diablement passionnant. Je ne suis pas entièrement d'accord avec vous, Philaunet : tout n'est pas intéressant (vous l'avez formulé à l'opposé : "Rien n'est inintéressant", ce qui me paraît plus vrai). Surtout pas n'importe comment, et là je vous rejoins complètement. Avons-nous du temps à perdre pour du chiqué qui ne nous apprend rien ?

Je ne connais peut-être pas les tenants et les aboutissants de cette nouvelle formule des Pieds sur terre. Et pourquoi pas ? Si je suis une auditrice occasionnelle de France Culture, voire si j'entends un peu par hasard cette émission, va-t-elle me donner envie d'en écouter d'autres ? L'auditeur, avant d'être fidèle, doit être fidélisé. En ce qui me concerne, c'est raté. Dommage, parce que j'aimais bien le format, le propos et les sujets. Mais cette parole... qui ne reste pas... qui ne dit rien... cela me heurte.

L'émission est habituellement consacrée à des reportages faussement honnêtes, sous orientation idéologique assumée. Faussement honnêtes parce qu'une fois passé l'introduction, les gens de radio s'effacent, jusqu'à la conclusion pour laisser le champ entier au "terrain". Parodie d'honnêteté, puisqu'entre le choix des sujets, celui des sons retenus, et le montage lui-même, il faudrait être bien naïf pour penser que c'est la vie sociale qui s'exprime. Ce qui s'exprime c'est avant tout le créateur du documentaire, avec sa subjectivité, avec ses partis-pris moraux. Depuis l'éjection de Mermet hors de France Inter, c'est avec un métier certain que Sonia Kronlund occupe la place centrale du misérabilisme radiophonique.

En tous cas aujourd'hui dans sa désannonce Sonia Kronlund emploie le mot reportage : "un reportage d'Alain Lewkowicz", dit-elle. Sauf que non ça n'était pas un reportage. C'était un montage d'ailleurs précisément fignolé car Lewkowicz est un des très bons artisans de la maison. Et montage de quoi ? De trois témoignages autour d'un thème unique : la chute. Un parapentiste visiblement très fier de s'être ramassé en morceaux à plusieurs reprises - Un homme qui raconte sa chute sauciale (la séquence terrain-terrain) - Le photographe Denis Darzacq quasi sosie sonore d'Eric Aeschimann et comme lui reconnaissable à sa musique vocale qui le classe dans les émules de saint-Bourdieu, l'idole maison. Pour ceux qui voudraient le retrouver, signalons qu'il était passé il y a un an dans Hors-champs.

C'était une émission de création radiophonique, qu'on oserait tout juste qualifier de documentaire, si l'on avait encore en mémoire l'ambiance des Nuits magnétiques ou de Surpris par la nuit. Mais dans le concept des Pieds sur terre, une fois passé l'introduction il n'y a plus de commentaires. Introduction qui ce jour n'a d'ailleurs qu'un vague rapport avec les 25 minutes qui suivent. Puis Sonia s'efface en annonçant "un récit d'Alain Lewkowicz" Faut-il chipoter ? En l'occurrence pas plus récit que reportage car pour ce qui est du plan ou du développement, on cherchera en vain un fil narratif. L'émission est bien composée, mais elle a son propre story-telling qui n'est pas celle d'une fiction : il y a 3 séquences indépendantes, séparées par des transitions bien posées. 3 témoins, et des paroles fortes puisqu'on voit de près la mort, le drame moral, et l'altérité sauciale ou mieux : la chute de notre société slurpe ch'est bon cha. Et si l'on n'est pas trop rebuté par la mise en scène de soi, si l'on sait résister à la façon dont Darzacq sabote son propre travail photographique avec ses exposés prétentieux, alors le document mérite d'être écouté. Ensuite, si on se limite à une écoute unique, il pourrait laisser une bonne impression. Mais je ne suis pas certain qu'il résiste à la réécoute. Seule la sincérité du sujet central pourra émouvoir l'auditeur qui apprécie l'épaisseur des drames humains. Les deux autres témoins sont essentiellement de gros vaniteux.

61
Répondre en citant  
Re: Les Pieds sur terre - le Lun 05 Jan 2015, 20:36

Les PST semblent vouloir se calquer de plus en plus sur This American Life ( http://www.thisamericanlife.org ) :
un thème, plusieurs "actes" illustrant ce thème sous forme d'histoires majoritairement vraies, dans un format d'une heure. On y trouve de tout bien sûr, du très bon jusqu'au pas terrible, du social, de l'investigation, mais surtout des histoires personnelles. Occasionnellement, un comédien viendra lire une nouvelle lorsque le thème hebdomadaire s'y prête.
Mais le fossé qui sépare ces productions est immense: pas de "message" systématique, pas de thèmes politico-sociaux récurrents sentant l'auto-sanctification, une forte retenue pour ne pas rentrer dans le terrain politique, pas de sarcasmes, pas de certitudes martelées, et un redoutable savoir-faire du montage, absolument impeccable. Il n'y a jamais de flottements ou d'incertitudes sur ce que l'on écoute, le but n'est pas de jouer avec la forme pour berner qui que ce soit, mais de laisser une histoire créer un impact durable sur l'auditeur. On semble souvent découvrir en même temps que le producteur les détours de l'histoire racontée. Celui-ci "conduit" son récit mais l'alimente avec les dialogues des protagonistes, des témoins etc.
Cela peut être inégal, mais on a le sentiment d'avoir affaire à des producteurs honnêtes, modestes, qui ne vous considèrent pas comme de la pâte à modeler politique, et ne veulent "que" faire de la bonne radio.

Les Pieds sur terre     Page 6 sur 10

Haut de page ?   

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant

Accueil / France Culture

Répondre au sujet

Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum