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Les perles et les navets de l'été 2009    Page 1 sur 1

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Les perles et les navets de l'été 2009 - le Jeu 27 Aoû 2009, 08:15

La grille d'été bientôt connaître sa fin, celle de la rentrée vient de paraître, on peut donc déposer un premier bilan de l'été qui s'achève.

D'habitude, l'été, on a droit a un redressement du culturel, et a un traitement en longueur qu'on aimerait voir pratiquer l'année. Cette fois, ça a été particulièrement léger.

Première émission qui, chose baroque, fait partie des deux catégories - perle et navet - à la fois, les matins d'été :

* Les invités de première partie parlent de sujets variés et intéressants, ils semblent eux-même particulièrement calés.

* Florian Delorme mène un rythme dans ses entretiens très profitable à la discussion, il ne s'excite pas, et n'hésite pas à laisser son interlocuteurs développer son propos. Ses questions rentre assez vite dans le dur et l'interessant des sujets, il évite de se complaire à leur superficie, comme on l'a trop souvent entendu chez Ali Baddou.

Malheureusement :

* Les chroniques sont horribles :face: ! Les téléchroniques de Mauriac, avec les 40 génériques musicaux mixés qui les commencent, les découpent et les terminent sont insupportables. La voix de l'animatrice, le ton des musiquette, rappellent à peu près "les enfants de la télé", pire du pire!

La chronique d'actualité culturelle est aussi difficile à avaler : Raphaëllle Le Pen a une lecture de collégienne, elle a parfois l'air de manier des mots trop gros pour elle.

Un objet singulièrement baroque, ces matins. Je crains que ceux à venir ne présentent qu'une seule face en revanche... On verra.


:face: :face:

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Re: Les perles et les navets de l'été 2009 - le Jeu 27 Aoû 2009, 12:53

Bonjour,

oui, la manière de mener les interview et le choix des invités de première partie sont vraiment à l'honneur de Delorme. J'espère qu'il continuera à manifester ces qualités dans son émission "post-frontière". ( j'en profite pour passer du côté des perspectives : il me semble que dans la nouvelle génération de producteurs, Delorme et Enthoven se distinguent en bien alors qu'ils ont des profils presque opposés. Je pense qu'ils ont tous les deux vocation à progresser encore dans les années qui viennent, sur la base d'un incontestable potentiel)

Les années jungle : au début je l'écoutais comme une émission historique avec un habillage musical, je l'ai plus apprécié à partir du moment où je l'ai prise comme une émission musicale avec une mise en contexte historique.

La "boîte à chanson" et "sur le banc" : on dirait que dans un pieds de nez FC a essayé d'aller le plus loin possible dans la caricature de ce qu'on lui reproche.

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Du côté du navet d'été 2009 - le Jeu 27 Aoû 2009, 15:45

Oui, j'ai écouté deux-trois fois "Sur le banc", sorti du matraquage de Minuit Dix, je ne crois pas avoir déjà entendu pire sur FC, les deux radio-amateurs qui interrogent les vrais gens ont l'air encore plus étrangers au métier que ceux avec qui ils s'entretiennent.

Côté navets, la sauce Onfray a pu continuer de nous gonfler tous les soirs. Et de se gonfler lui-même un peu plus l'ego, toujours dans son style qui consiste à retenir essentiellement la moindre anecdote des auteurs qu'il feuillette devant nous, à choquer l'auditoire par des remarques parfois à la limite du graveleux, et à présenter les platitudes les plus éculées comme les "concepts" essentiels d'une époque, desquels il ne pénètre jamais plus que la première couche de l'épiderme. J'ai essayé de le réécouter à quelque reprises cette année encore, dé-saturé par une année entière de pause, mais finalement, un ou deux épisodes suffisent à s'en dégoûter de nouveau. C'est un peu comme un dessert surgras, écoeurant dès la deuxième bouchée, les leçons onfrayennes.

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Onfray et les Matins - le Dim 30 Aoû 2009, 03:13

J'étais parti pour vouer Onfray aux gémonies, mais en écoutant les 10 dernières minutes de la dernière conf', je me suis surpris à changer d'avis, non sur la qualité d'ensemble, mais sur l'intérêt. Je crains qu'il y ait dans tout cela que de la piètre philosophie, mais je sens aussi, sous la couche de l'histrion, une certaine originalité d'idées. J'accepte les tomates, les gars, mais je maintiens mon avis ;-)

Du côté "Pan sur le bec", il faut signaler l'atroce faute de goût des chroniques dans "Les matins d'été". Toujours en interruption du propos de l'invité, et charge à Florian Delorme de recoudre tout ça en direct. Si le feuilleton Mauriac de Merryl Moneghetti pouvait faire éventuellement un très bon intermède, placé par exemple en milieu d'après- midi, en revanche le ton de Raphaelle Le Pen et surtout les Chansons de Martin Penet, tombaient à chaque fois comme des cheveux sur la soupe. Signalons un gag entre tous : Michel Serres, un invité des premiers jours, a demandé à Delorme : "quand vous invitez des musiciens et des chanteurs, est-ce que vous les interrompez pour leur passer 3 minutes de Michel Serres ?". Et après la chronique, il a souligné "c'était de très mauvais gout", avant de reprendre exactement là où il en était resté au moment de l'interruption.

Malgré ces lourdeurs, ces Matins ont été, de mon point de vue, somme toute assez intéressants, car plus culturels qu'actu : les invités de la première partie avaient bien plus de temps pour s'exprimer. Le cocktail Actu/Culture/Chroniques mériterait d'être amélioré, et ça donnerait au bout du compte, une formule bien plus conforme à l'esprit de FC, que ne le sont les Matinales depuis la rentrée 2003.

Nessie

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Re: Les perles et les navets de l'été 2009 - le Mar 01 Sep 2009, 15:15

Moi il m'a vraiment fait l'effet inverse.
La première année, lorsque sa conférence était centrée sur les présocratiques, je l'ai trouvé très intéressant. Plusieurs raisons à cela : j'étais un peu plus jeune et impressionnable, un peu de gouaille décorée de culture classique suffisait à me faire abandonner toute écoute critique. La période se prêtait aussi plus à la découverte et l'évocation de noms exotiques, lointains, et pour tout dire, qui faisaient rêver. Je ne savais pas vraiment d'où parlait Michel Onfray, que je ne connaissais absolument pas, et prenait ses leçons pour une docte propédeutique en matière philosophique. Je soupçonne en plus le bonhomme d'avoir été, à cette époque, un poil plus humble devant un parterre moins acquis, et de moins user de ses trucs et astuces de pseudo-savant omniscient.
J'avais quand même commencé à avoir des doutes quand il évoquait les gymnosophistes indiens, dont il ne pouvait rien nous dire hormis qu'ils philosophaient nus, mais dont il ne répétait à l'envi l'inspiration probablement déterminante sur les pythagoricien. Comme si "Gymnosophiste", ça faisait classe dans son cours, ça ornait joliment le propos, alors même à rien n'y connaître, c'était bon à placer.

Puis, avec les années, ce sont ses outrances qui ont sapé grandement ce que je pensais du personnage. Ca a commencé avec Platon, qu'il ne ratait pas une occasion d'écorner, de maltraiter, de caricaturer plutôt honteusement. Il n'était pas le premier sur le filon, Karl Popper avait déjà pratiqué ce sport-là (mais dans une veine bien plus rigoureuse et étayée). Puis le christianisme, la scolastique, Voltaire, Hegel... (toujours en accords avec Popper), sont passés par la lecture et la caricature simplette, trop simplette et de plus en plus superficielle, de Michel Onfray. Le tout avec une façon d'imposer dans ses lectures sa morale propre, anarchiste libertaire de gauche, matérialiste, athée, limite solipsiste, tout cela on l'a bien compris tant il l'a asséné, mais surtout naïve et débarassée de toute subtilité (car toutes ces positions sont défendables pour peu qu'on ait ne réduise pas les autres à des caricatures indignes), qui n'ont pas honoré son propos.

Ce qui m'a amené a ne presque plus l'écouter ces deux dernières années.

J'ai fait l'effort, suite à ton message, d'écouter les dix dernières minutes, en comprenant qu'il aurait tout de même fallu que je suive une partie du reste pour avoir le fil conducteur. Tout n'est évidemment pas mauvais, et il y a du bon à écouter et à apprendre chez lui - l'ensemble de ses lectures n'est pas profond mais il plutôt vaste - mais à un prix trop élevé pour moi. J'ai peur que l'année prochaine, les mêmes caricatures ne reviennent, sur Freud, sur Levi-Strauss (je ne suis pas sûr qu'il ait le niveau pour comprendre qu'il y a de la théorie des groupes dans les structures de Levi-Strauss).

Bonne journée.

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Delorme vs Entho - le Mer 02 Sep 2009, 16:38

@Cancoillotte a écrit:Bonjour,
il me semble que dans la nouvelle génération de producteurs, Delorme et Enthoven se distinguent en bien alors qu'ils ont des profils presque opposés. Je pense qu'ils ont tous les deux vocation à progresser encore dans les années qui viennent, sur la base d'un incontestable potentiel)

D'accord avec vous pour distinguer ces deux personnalités assez brillantes du reste de la new generation. Et visiblement avec un background différent, scientifique pour le premier, littéraire pour le second.

Mais pour l'instant, un trait largement audible à la radio les distinguent clairement : leur niveau de narcissisme n'est pas exactement équivalent, du point de vue perceptif en tout cas.

Jusqu'ici, Delorme a plutôt cultivé la discrétion (presque trop), tout en retenue, musicalement, je l'entend un peu "cool jazz"; tandis qu'Enthoven claironne sa superbe à longueur d'émission, nous surjoue ses effets vocaux, et se complaît à passer de Chet Baker à la "Chevauchée des Walkyries" en moins de deux secondes.

Les deux ont un sens de la transmission et de l'explication louable, mais Entho trouve toujours le moyen d'être le point central de son émission. Son invité doit systématiquement commenter les reformulations, les résumés, les relectures (parfois gravement erronées, cf. ses émissions sur Bergson) qu'il fait du sujet ou de l'auteur dont il est question. D'un autre côté, il a aussi jusqu'ici été beaucoup plus présent à l'antenne, ce qui rend peut-être ses défauts beaucoup plus familiers et mieux repérés.

Comme vous, je serais heureux qu'ils cultivent tous deux leur talent dans le sens le meilleur pour l'auditeur, mais je trouvais Enthoven plutôt meilleur et plus écoutable à ses débuts qu'aujourd'hui. Espérons qu'il soit dans le creux de la vague, on se plairait à ce qu'il gagne en sagesse, en recul, à ce qu'il perde en moi-moi-moi et qu'il gagne en sérieux ce qu'il laisserait au vestiaire de théâtralité.

La part de ce que j'ai pu capter de lundi sur la philosophie indienne était d'ailleurs bonne, je le trouve plus audible quand il se sent vraiment largué.

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L'été fini... - le Mar 08 Sep 2009, 14:30

Comme beaucoup ici, j'ai goûté le travail de F Delorme et regretté la présence des chansons mais elles se multiplient sur notre radio depuis quelques temps. Que faire ?
Le feuilleton Mauriac, j'ai adoré. Pas autant que les redifs de Guitry l'an passé mais tout de même, c'était bien. J'aurais pris sans l'option dynaste républicain si j'avais eu le choix.
Aucun d'entre vous n'a suivi le monde en 24 épisodes ? J'ai appris beaucoup de choses, notamment sur le Brésil. Fin de journées agréables grâce aux deux amateurs de séries TV.
Mais la réussite estivale n'est pas toujours annonciatrice de succés futur. Ainsi, il y a trois ans, V. Lemerre avait très adroitement occupé la tranche de midi. Du coup, j'attendais beaucoup de son émission du dimanche laquelle s'est révélée pénible. Alors espérons que Delorme ne nous réserve que de bonnes surprises.

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