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L'ânerie du jour    Page 35 sur 40

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L'ânerie du jour - le Mar 17 Déc 2013, 14:45

Rappel du premier message :

On n'a que l'embarras du choix.

Conseil : faire court

Règle du jeu : chaque forumeur ne peut signaler qu'une ânerie par jour dans ce fil.
(Je vais devoir me contrôler sérieux si je veux pas cramer mon ticket chaque jour avant 8h59... )
= = = = =
Additif au règlement ce 6 juin 2014 :
De préférence l'ânerie distinguée doit avoir été émise le même jour que le post.
Par tolérance, on admettra dorénavant que le post peut distinguer une ânerie pour autant qu'elle a moins de 24h d'âge.
* * *

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France Culture relaie les journaux gratuits (et riches en pub) - le Mar 22 Déc 2015, 22:05

@Melkh a écrit:Bonjour,
ce matin, aux "Matins..." (22/12/2015) Nicolas Martin  cite dans sa chronique un article du journal "20 minutes" qui rapporte une étude parue dans le" British Medical Journal" (BMJ), selon laquelle des chercheurs ont mis en évidence  le réseau cérébral de l'esprit de Noël. Le BMJ, qui n' a pas usurpé sa réputation de sérieux et de rigueur scientifique, unanimement reconnue dans la communauté médicale, publie chaque année pour Noël un numéro spécial, dont le sommaire est un festival d'humour (http://www.bmj.com/content/351/8038): des articles écrits dans le style habituel qui ne sont que des pastiches. Celui titré "Evidence of a Christmas spirit network in the brain: functional MRI study", est, comme les autres articles de ce numéro " Christmas", un brillant et hilarant exercice de style. Le pauvre chroniqueur, et avant lui le journaliste de "20 minutes", n'y a vu que du feu.

Donc, dans La Revue de presse de Nicolas Martin avec ces mots : « l’esprit de Noël, c’est un ensemble de sentiments positifs, comme la joie, l’espoir, le bien être… et figurez-vous qu’il a même été analysé par des scientifiques, comme nous l’explique 20 minutes… l’esprit de Noël stimule des zones bien précises de notre cerveau, ce sont des chercheurs danois qui l’ont démontré dans une étude publiée dans le British Medical Journal… et plus particulièrement les zones liées à la spiritualité… mais aussi, plus surprenant, à la reconnaissance des visages et des émotions…»

Ai commencé la lecture de ceci : Plenty of moustaches but not enough women: cross sectional study of medical leaders.  Oui, franchement drôle, tant par la forme que par le contenu * !

Humour très britannique. Définitivement trop fin et trop cultivé pour France Culture. Quant à Nicolas Martin, il ne peut douter de ces informations puisqu'il les trouve dans des journaux sérieux , le gratuit « 20 minutes » et « Le Parisien », entre autres...

Grand merci pour la référence à cette livraison du BMJ.

*Definition of moustache

Figure 2⇓ shows the categories of facial hair. We defined a moustache as the visible presence of hair on the upper cutaneous lip and included both stand alone moustaches (for example, Copstash Standard, Pencil, Handlebar, Dali, Supermario) as well as moustaches in combination with other facial hair (for example, Van Dyke, Balbo, The Zappa). Department leaders with facial hairstyles that did not include hair on the upper lip (for example, Mutton Chops, Chin Curtain) were considered not to have a moustache. We evaluated each leader for the presence of facial hair regardless of sex.

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Déraison d'espérer - le Jeu 31 Déc 2015, 17:26

Le 17 décembre 2013, Nessie inaugurait le fil de l'ânerie du jour  en saluant la belle maîtrise de la langue de M. de La Porte.

Cette chronique, je vous en offre le suc cohobé, histoire d'alimenter vos conversations de réveillon (si vous avez épuisé dans la soirée du 24 décembre le thème du climat bien changeant ces temps-ci...).

Le suc cohobé, car M. de La Porte nous donnait toutes les raisons d'espérer et de croire en France Culture, à l'ère du numérique.

- Parfois, mais pas tout le temps, il arrive que les gens qui font de la radio pensent à leurs auditeurs.

-  C’est étrange, très nouveau, de se dire, quand on fabrique une émission, qu’elle peut être écoutée dans une multiplicité de moments et de circonstances, isolé d’un flux. Ca implique une forme de responsabilité supérieure, celle d’être à la hauteur du choix.
Vous avez bien lu, une forme de responsabilité supérieure, celle d'être à la hauteur du choix.

- Et tout ça implique d’autres changements non négligeables. Par exemple la fin de la volatilité. [...]  Une volatilité pour le meilleur et pour le pire. Pour le meilleur parce quand nous étions nuls, que l’émission était honteuse, on pouvait compter sur le fait que personne ne l’ait entendue, que les rares auditeurs l’aient tout de suite oubliée, qu’elle disparaisse à jamais. Pour le pire quand vous étiez content de vous, vous trouviez votre émission géniale, importante et que personne ne vous en disait rien, même votre mère. Aujourd’hui les émissions ne sont plus volatiles, pour le meilleur et pour le pire. La honte est pérenne et le contentement de soi dure un peu plus longtemps.
La honte est pérenne, je confirme, et le contentement de soi est désormais la première compétence exigée des journalistes.

Pas de quoi se faire du mouron!  Gaudete!

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Re: L'ânerie du jour - le Mer 10 Fév 2016, 08:06

Matinale du mercredi 10 : comme presque chaque jour que Dieu fait, Guillaume Erner pose une question qui montre qu'il ne connait rien, non seulement à ce dont il parle, mais encore au langage qu'il emploie en cette occasion.

Application à 7h48 : "je n'entrerai pas dans le débat miné de savoir si le jeu de go et plus complexe que le jeu d'échec, mais..."

Commentaire : ce débat n'a rien de miné et n'est d'ailleurs pas un débat. Entre les deux jeux, et cela tous ceux qui ont tâté de chacun seulement une heure ou deux le savent, c'est bien le jeu de go qui est le plus simple dans ses règles, et celui qui donne lieu au développement combinatoire le plus difficile à maîtriser. Les échecs sont un jeu globalement convergent, le go est un jeu fondamentalement divergent. L'objectif n'est pas le même. L'éventail de coups possible à chaque pas de la partie est non seulement plus élevé dès l'ouverture, mais en plus il croît plus vite.  Une discussion de quelques minutes avec un spécialiste lui aurait évité de dire n'importe quoi, car il n'y a là rien qui soit inaccessible même à quelqu'un de nul en mathématiques (chose hélas fréquente même parmi les diplômés en sociologie qui n'ont même pas l'intuition nécessaire aux statistiques descriptives, alors aux probabilités pensez donc.... ).

Bref Guillaume Erner a encore raté une occasion de masquer, mais de masquer quoi, au fait ? Qu'il est complètement idiot ? Certes non il ne l'est pas plus que François Hollande, selon le théorème de bon sens qui veut qu'on ne parvienne pas à certaines positions sans disposer d'un assez bon niveau de jugeote. Alors, incompétent par ignorance ? Bah, quand il faut maitriser 250 sujets différents dans l'année, qui ne le serait ? Plus probablement : paresseux ou dépassé par sa tâche ou plus intéressé par la rédaction de son chef-d'oeuvre quotidien qu'est le billet de 7h30. Initialement c'était une idée séduisante, mais le déséquilibre de préparation entre cette friandise narcissique de 90'' et celle des 2 fois 15 minutes d'entretien, montre que la vraie place de Guillaume Erner est dans le box de chroniqueurs, éventuellement celui des éditorialistes.

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Re: L'ânerie du jour - le Jeu 11 Fév 2016, 16:29

Ce matin Erner nous a gâtés. Il y avait par exemple cette ânerie bénigne mais révélatrice sinon de son inculture du moins de son manque de rigueur : Guillaume Erner s'obstine à déformer le nom de l'auteur de SF Philip K. Dick, qu'il nomme à plusieurs reprises "Kadick". C'est d'ailleurs une erreur courante chez les non-amateurs (de SF) ce qui ne la rend pas plus pardonnable chez un professionnel (de la hum-culture). Et Erner s'acharne dans l'erreur quand bien même l'invité Emmanuel Carrère dans sa réponse, donne le nom correct : "Dick". Rien n'y fait, et Erner poursuit avec ses 'Kadick'. En répétant son erreur, le producteur confirme soit sa myopie -aussi bien visuelle qu'auditive- , soit sa légèreté dans le déchiffrage des couvertures, soit enfin une faible tendance à l'autocorrection. Ce dernier point n'aura rien pour étonner, étant donné l'ambiance d'euphorique autosatisfaction qui règne dans cette maison en général et dans la matinale en particulier.

Révélatrice aussi du manque de préparation est la bourde de 8h32 quand devant Emmanuel Carrère, notre Erner fait référence à sa "biographie romancée" de Dick (ou plutôt de 'kadick'). Anerie que rectifie immédiatement l'écrivain français : c'est une biographie absolument pas romancée. Mais Guillaume Erner ne sait peut-être pas quelle différence il peut y avoir entre romancer une vie et la mettre en récit.

Ce matin en traitant de science-fiction -si tant est qu'on veuille absolument limiter à la SF l'oeuvre de Dick- Guillaume Erner ne fait pas tant la preuve de son inculture dans un domaine donné, que de son manque de préparation sur le sujet et de son incapacité à corriger le tir dans le feu de l'action. Justement, un bon producteur de matinale ne se laisserait pas piéger chaque fois qu'il s'aventure hors de son domaine de compétence. Ou pour le dire autrement : le domaine de compétence d'un producteur de matinale gagne à excéder largement celui de son savoir initial.

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Un rhétoricien en peau de lapin - le Ven 12 Fév 2016, 10:16

Le billet quotidien de M. Erner ne regarde en rien la culture (à moins de tenir (comme France Inculture) que tout* relève de la culture). M. Erner saisit toujours l'occasion qu'il s'offre à lui-même (motu proprio) pour exprimer son avis (le plus souvent d'ordre éthico-politique). Le billet prononcé ce matin apparaît à cet égard exemplaire. Des propos tenus hier soir par le président de la République française, M. Erner ne relève et n'examine que ceux qui se rapportent au projet relatif à la « déchéance de la nationalité ». Pour manifester une fois encore son hostilité à icelui, M. Erner croit avoir identifié dans le discours présidentiel une « figure de rhétorique » (qu'il fustige) : « C'est cela le mimétisme politique après quatre ans de pouvoir tous les présidents de la République parlent de la même façon, recourent aux mêmes figures de rhétorique c'était particulièrement audible hier dans l'interview télévisée de François Hollande notamment dans cette utilisation de l'antithèse (…) vous avez entendu cette façon de prévenir les critiques en les convoquant [sic] de manière artificielle de manière rhétorique (…) » (56'43-57'24). La figure que définit M. Erner (et qui « consiste à prévenir ou à répéter d'avance une objection que l'on pourrait essuyer » (Pierre Fontanier)) s'appelle non pas antithèse mais prolepse (ou (pré)occupation)). Avant de juger (de dénigrer) la « rhétorique », M. Erner doit étudier cette discipline qui ne se réduit aucunement à la « figuratique » que M. Erner ne maîtrise même pas. Mais ce matin, comme à l'accoutumée, M. Erner se proposait de jeter de la poudre aux oreilles et, de manière détournée (« artificielle », dirait M. Erner), de prêcher la bonne parole (entendez bien sûr son opinion personnelle - dont l'auditeur « se soucie comme un poisson d'une pomme »).    

*Ce pronom « inclusif » est alors employé en tant que synecdoque ascendante : sous ce « tout » se dissimule (mal) la seule actualité (« l'actu ») et plus précisément encore la politique, la militantisme et la propagande.
http://www.franceculture.fr/emissions/les-matins/que-peut-encore-lhumanitaire

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35 heures - le Jeu 18 Fév 2016, 08:03

Pour Erner, les 35 heures ne sont plus que symboliques dit-il dans son billet d'humeur pathétique. Il n'a pas encore compris que au-delà de 35 heures, durée légale, les heures ouvrées sont payées en heures supplémentaires, d'où l'importance de ce seuil dans le débat, dans les négociations.

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Re: L'ânerie du jour - le Jeu 18 Fév 2016, 12:56

munstead(http://www.regardfc.com/t609p340-l-anerie-du-jour#24476) a écrit:Pour Erner, les 35 heures ne sont plus que symboliques dit-il dans son billet d'humeur pathétique. Il n'a pas encore compris que au-delà de 35 heures, durée légale, les heures ouvrées sont payées en heures supplémentaires, d'où l'importance de ce seuil dans le débat, dans les négociations.
C'était, comme il l'a indiqué, le second temps de sa charge contre les symboles, après celle prononcée à l'occasion de la déchéance de nationalité.

Les symboles sont une "séquelle de notre cerveau religieux", voilà à quoi se résume le propos, affligeant de bout en bout : l'imagination symbolique est une tare primitive dont il nous faudrait nous débarrasser pour que la politique soit enfin coupée au carrée. Je ne sais trop ce qui s'agrège dans l'esprit d'Erner pour enfanter cela, un reste de comtisme mal digéré, les vapeurs de sa réaction générationnelle anti-structuraliste...

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Dans la cambuse de Terra Nova - le Dim 21 Fév 2016, 18:09

Szut(http://www.regardfc.com/t609p340-l-anerie-du-jour#24478) a écrit:
munstead(http://www.regardfc.com/t609p340-l-anerie-du-jour#24476) a écrit:Pour Erner, les 35 heures ne sont plus que symboliques dit-il dans son billet d'humeur pathétique. Il n'a pas encore compris que au-delà de 35 heures, durée légale, les heures ouvrées sont payées en heures supplémentaires, d'où l'importance de ce seuil dans le débat, dans les négociations.
C'était, comme il l'a indiqué, le second temps de sa charge contre les symboles, après celle prononcée à l'occasion de la déchéance de nationalité.

Les symboles sont une "séquelle de notre cerveau religieux", voilà à quoi se résume le propos, affligeant de bout en bout : l'imagination symbolique est une tare primitive dont il nous faudrait nous débarrasser pour que la politique soit enfin coupée au carrée. Je ne sais trop ce qui s'agrège dans l'esprit d'Erner pour enfanter cela, un reste de comtisme mal digéré, les vapeurs de sa réaction générationnelle anti-structuraliste...

Eh oui, on trouve de telles perles dans divers lieux de discussion, émises par les tenants d'une sorte de dés-aliénation de l'homme. Un petit chef d'oeuvre récemment recueilli par mes soins est le suivant : la famille est une fiction inventée par les religions. Voila qui est tout de même fortiche comme acrobatie anthropo-historique, que d'ailleurs on peut s'amuser à réfuter, d'abord en moins de 10 lignes puis après cet échauffement : en moins de cinq (mais on a droit à la ponctuation).

Non sans se demander en fin de compte si ça ne mérite pas plutôt un coup de chapeau, sinon carrément les 3 étoiles du guide Terra Nova de la cuisine idéologique un tel salmis-gondis intellectuel qui brasse tout à la fois rationalisme étroit, laïcité mal comprise, dés-aliénation de l'homme, déstabilisation de l'ordre bourgeois et dévolution de l'enfant à l'Etat, car on trouve un peut tout ça dans les think tanks du progressisme.

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Re: L'ânerie du jour - le Jeu 25 Fév 2016, 08:11

Plusieurs gros clins d'œil d'Erner télétransporté à Varsovie: il voit dans la situation politique actuelle une préfiguration de ce qui pourrait se passer en France. "Il n'y a plus de gauche, il n'y a que des partis de droite". Le rôle de l'église catholique, du fondamentalisme catholique, la xénophobie, l'antisémitisme, le passif communiste, la situation économique incertaine, la proximité de l'ennemi historique (La Russie, Rowan), le discrédit de la génération politique de Solidarnoscz, etc, tout cela ne compte pas vraiment à ses yeux. Nous sommes tous des Polonais. Il est sût qu'en arrivant un soir à Varsovie pour repartir le lendemain, le temps de s'installer dans son bon hôtel, d'aller dîner dans un bon restaurant, on ne peut tout découvrir sur un pays.

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Joelle Gaillot qui ne sait pas de quoi elle parle - le Lun 29 Fév 2016, 19:40

Par une incroyable extraordinaire distorsion de l'espace temps c'est en quasi-direct que j'ai écouté hier soir l'hebdomadaire "Saison au théâtre"  de Joelle Gaillot, contrairement à cette habitude qui me fait traîner les pieds et retarder chaque fois l'écoute de cette corvée d'une dizaine ou d'une quinzaine de jours. Enfin quand je dis "l'écoute" j'exagère un peu car il est rare que je dépasse la 5eme minute avant de me débarrasser du boulet. C'est qu'il en faut à peine autant pour savoir quelle direction va prendre le dialogue avec l'invité : construction de la révolution par le théâtre, éloge ému des projections de pisse ou de merde sur le public, ou encore invention du "théâtre documentaire". Car Joelle Gaillot croit que 'documentaire' est synonyme d'engagé. Il n'y a pas si longtemps, vous aviez sur France (qui était encore)Culture un Alain Gerber qui faisait de la radio autour du Jazz (et non du Jazz à la radio), ou Renée Elkaïm-Bollinger qui faisait de la radio autour de la cuisine (et non des émissions de pipolo-tambouille comme suivez mon regard). Eh bien de même Joelle Gaillot a deux amours : le théâtre et l'engagement politique, mais elle ne fait pas du théâtre d'engagement politique, elle fait de l'engagement politique son théâtre favori et son petit théâtre tout court (très court d'ailleurs).

Est-ce une raison pour placer ici un coup de gueule, plutôt que dans le fil "Paradigme de France Culture" ? En fait non je le reconnais mais ayant relu le règlement intérieur qui prescrit de de point déborder du délai de 24h, je saisis l'occasion fraîche pour réactiver ce fil que je chéris.

Ca s'est donc passé hier soir, au micro de Jojo qui accueillait François Marthouret dont on a pu constater qu'il était tout à  la fois bien inscrit dans le paradigme éconophobe de la baraque, mais aussi un peu moins ignorant que la productrice. Joelle Gaillot, ignorante ? Oh non Nessie vous galégez ? Eh bien qu'on en juge : pour vanter "Les affaires sont les affaires" où Marthouret tient le rôle d'Isidore Lechat, Joelle fine mouche et économiste chevronnée soucieuse d'introduire ce portrait d'un homme d'affaire assez dur,  le présente comme "capitaliste bien avant l'heure puisque la pièce date du début du 20e". Ouais ouais. C'est bien connu que le capitalisme date euh date de quand, au fait ? Et puis, le capitaliste type pour elle c'est... Bernard Tapie. Eh oui voila ce qui se passe quand on se cultive en lisant le Nouvel Obs : on parle on parle, on commente, on dégoise, mais on ne sait rien, on ne connait rien, on ne comprend rien.
Et moi je n'invente rien : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/12002-28.02.2016-ITEMA_20924102-0.mp3" debut="10:35" fin="10:55"]
C'est quand même fortiche, ça. Mais je ne pense pas que soit totalement une bourde par ignorance : le capitalisme c'est ce que nous endurons en ces temps de Ve République. Le capitalisme c'est forcément le néo-libéralisme (elle ne sait pas plus ce que c'est mais peu importe). Bref c'est une question de Sémantique Générale : le capitalisse c'est l'économie dont nous souffrons. Et avant ? Ben (euh, euh....) avant ça comptait pour du beurre, nan ? D'ailleurs Zola n'est jamais venu au micro de Joelle Gaillot, ni Max Weber, ni Karl Marx mais lui c'est pas faute d'avoir été invité hein. En écho çà cette connerie éléphantesque, François Marthouret montre que lui connait sinon l'histoire économique, du moins l'histoire littéraire : il a en tête une certaine "famille du second empire" donc il peut situer le capitalisme disons une quarantaine d'années avant la pièce de Mirbeau. Le progrès est léger mais il est réel. Et surtout, Marthouret semble moins s'attarder sur l'affairiste antipathique (et on peut dire que Mirbeau ne la pas loupé) et il semble préférer y voir un bâtisseur. Non je vous jure c'est vraiment le monde à l'envers.  
[son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/12002-28.02.2016-ITEMA_20924102-0.mp3" debut="10:50" fin="12:20"]

Marthouret a dû sentir le poids de sa gaffe (il a peut-être reçu un touitte) , car dix minutes plus tard il aura à coeur de redresser le tir en fustigeant à son tour les "prédateurs", vers la 17e minute. mais désireuse de reprendre l'avantage, Joelle Gaillot ne va pas tarder à lacher sa deuxième énorme de l'émission : François Marthouret vous avez dérivé vers le théâtre contemporain, par exemple vous avez joué Ibsen qui certes est du début du XXe siècle donc presque contemporain enfin du registre contemporain. On se demande pourquoi elle ne cite pas Mirbeau, d'ailleurs. Cette buse croit donc que le théâtre contemporain c'est, c'est .... le théâtre de notre temps, qui commence il y a  120 ans. Si elle écoutait La grande table , elle saurait que ni l'Art Contemporain ni le théâtre Contemporain ne se définissent par le point de l'histoire où sont produites les oeuvres, mais par le style même de la démarche dans laquelle s'inscrit l'artiste. Ibsen est-il un auteur de théâtre contemporain ? Plus que Feydeau ? Moins que Marcel Achard ? Je ne sais pas mais j'en sais assez pour savoir que cette fille ne sait rien.

Faut dire qu'avec la Gaillot c'est toujours comme ça. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'en écoute rarement plus de quelques minutes. Hier j'ai tenu le coup en souvenir des bons moments que m'a fait naguère passer la voix de Marthouret, excellent lecteur de documentaires télé, mais aussi à l'occasion acteur chez Deville ou Tanner. Il se rattrape, donc, quand il parle (un peu) de son métier ; quand il lit le poème d'un auteur haïtien, quand il commente la courte lecture de Beckett par Roger Blin. Il y a presque 5 minutes dans cette émission -d'ailleurs plutôt sur la fin- qui ne donnent pas envie de faire pression sur Laure Adler (une fois ministre de la Culture) pour exiger qu'on liquide Joelle Gaillot comme elle même Adler a liquidé sans prendre de gants tant de producteurs de France Culture.

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Bouscarel est décidément de retour - le Mar 01 Mar 2016, 07:45

Ce matin Bouscarel , dans sa chronique de politicaillerie, nous apprend que Hollande ne se séparera pas de Valls "un premier ministre plus populaire que lui et plus respecté aussi, quand on voit ce qui s'est passé au Salon de l'agriculture." Un éditorialiste politique "chevronné" sur une radio de service public peut donc proférer en toute liberté ce genre d'ânerie. Hollande s'est fait accueillir par des agriculteurs remontés (comme on remonte une pendule) qui l'ont insulté, conspué, un crétin (des Alpes?) ayant même lancé une bouse de vache contre lui. L'opération a pleinement réussi et les images de ces incidents regrettables qui n'honorent personne (mais ont montré que Hollande sait rester calme et digne), ont rempli les premières pages et les écrans, en boucle. Le lendemain, Valls est allé lui aussi au Salon et sa visite a été moins tendue (pas de bouse, pas d'insultes jetées dans les micros) parce que les manifestants ont été sans doute chapitrés par leurs syndicats (je ne parle pas que de la FNSEA) qui leur ont expliqué que les Français n'apprécient pas vraiment que le Président de la république soit traité de cette façon. Que la corporation la plus gavée de subventions et d'avantages, la plus mal représentée par les syndicats qu'elle s'est choisie manifeste sa colère est une chose, qu'elle s'en prenne de cette façon au chef de l'État en est une autre. Et la conclusion de Bouscarel — Vals est plus respecté — est une ânerie qu'un analyste de la vie politique ne devrait pas commettre.

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