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« Les Regardeurs » devenu « L'Art est la matière » (2017) de Jean de Loisy    Page 3 sur 3

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« Les Regardeurs » devenu « L'Art est la matière » (2017) de Jean de Loisy - le Lun 03 Fév 2014, 22:40

Rappel du premier message :

Dans ce numéro Deux hommes qui luttent, de Francisco Goya du 18 01 2013, un seul nom à retenir (hormis celui de Goya) : Guillaume Kientz, conservateur au département des peintures du musée du Louvre/ spécialiste peinture espagnole et notamment de Goya.  On entend le savant, bien au fait de son sujet, qui ne parle pas pour ne rien dire, au contraire de celui qui mène la discussion.

L'émission, d'ailleurs, a commencé sur un ton que l'on trouve assez couramment à France Culture : la flagornerie.

Ainsi Jean de Loisy, le président du Palais de Tokyo (où s'est déroulée la kermesse des 50 ans) commence-t-il par s'adresser à l'artiste invité avec « Thomas Hirschhorn, bonjour, vous êtes un grand artiste ». (à 1'45")

Autre mauvais départ, un texte d'introduction lu vite et sans conviction, avec un fond sonore fort pénible.

Thomas Hirschhorn, plasticien, lauréat du premier Prix Marcel Duchamp (qu'en dit Fontaine, le Duchampiste ?) était-il en duplex ? Sa logorrhée semble avoir été difficile à interrompre. De manière assez risible, Hirschhorn (nom signifiant en allemand « Corne de cerf ») tutoie le guindé Loisy (qui, lui, trouve bien de parler de « Bonnefoy » tout court).

Jean de Loisy met plusieurs fois en difficulté Guillaume Kientz par des questions vagues et confuses ou personnelles. Que répondre dans ces conditions ? Il faut en effet être un as du micro, un Jean Starobinski ou un Raymond Trousson, pour enchaîner intelligemment sur une question à côté de la plaque.

Une émission qui fait regretter le ton doux et amical, la parole savante et  pédagogique du regretté critique d'art qui a laissé son empreinte à France Culture,  Pierre Descargues.

À noter que les podcasts des émissions des 04 , 11 et 18 janvier portaient le même titre (Goya), alors que les deux premiers avaient un autre sujet.

Last but not least, la mise en valeur assez burlesque du bruitage qui a accompagné (pollué) les lectures et qui a été la matière des transitions. On peut retrouver ce petit texte dans Le coin de l'écoutaille lu partiellement dans l'émission par le présentateur qui semble éberlué de se voir lui-même si avant-gardiste en son miroir.
* * *

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Re: « Les Regardeurs » devenu « L'Art est la matière » (2017) de Jean de Loisy - le Mar 21 Juin 2016, 03:40

Philaunet(http://www.regardfc.com/t629p10-les-regardeurs-chefs-d-oeuvre-de-l-art#26093) a écrit:
France Culture met en haut de page l'émission Les Regardeurs sous le titre "Le déjeuner sur l’herbe", histoire d'une obscène modernité ("obscène", ça attire l'attention...).

Ça tombe bien, j'ai pris l'émission au fil de l'écoute et n'ai pas été déçu (si l'on peut dire).

On appréciera dans ce passage (début 37'45) la "question/intervention" de Jean de Loisy qui dure une minute trente. Je n'y ai pas compris grand'chose, le silence de l'invitée avant de répondre est peut-être significatif ? : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13090-19.06.2016-ITEMA_21013651-0.mp3" debut="37:45" fin="40:32"]
Ceci me rappelle les propos de Yann Sancatorze sur la comparaison que l'on peut faire entre les intervieweurs français qui excellent dans le flou et les phrases creuses et les Anglais de la BBC qui vont droit au but avec précision et clarté (voir In our Time, par exemple).

Jean de Loisy s'embourbe parfois dans ses questions et l'exemple ci-dessus est on ne peut plus probant. Mais le fruit de sa recherche est assez intéressant : du bouvreuil à l'« ouvre-oeil ». Reste à savoir si ce jeu de résonance est valable historiquement (1863) avant de le soumettre à toute interprétation. À mon avis, le silence de l'artiste à la suite de sa question signe moins une réserve qu'un temps de réflexion face à un commentaire qu'il faut s'empresser de re-commenter, au risque de sentir monter l'impatience de son interlocuteur (les conditions sécurisantes et libres de rendement propres à Alain Veinstein n'existent plus sur une seule des émissions de la station).

En revanche, à 48'22'', une autre question alambiquée du producteur a le mérite d'une réponse franche :

Jean de Loisy : Qu'est-ce que vous pensez de cette étrange idée que : on peut être le premier en venant après tout le monde ? (silence) Au fond, c'est ce que dit Baudelaire, quand il dit : vous êtes le premier dans la décrépitude de votre art, votre art est arrivé à un maximum, il ne peut plus que se décrépir parce qu'il va devenir moderne et autre chose, et vous serez le premier. (silence) Vous, vous venez après, vous faites de la vidéo, et du cinéma et vous venez après tout ceux qui ont fait des images fixes, tout ça vous le portez en vous, et vous êtes dans une tradition qui est en train de s'inventer, elle n'a que quinze ans. (silence)

Ariane Michel : Oui, je comprends pas très bien la question.

de Loisy : Bah peut-être que je sais pas très bien la prononcer.

Michel : Ouais mais... Je la perçois très loin...

Philaunet(http://www.regardfc.com/t629p10-les-regardeurs-chefs-d-oeuvre-de-l-art#26093) a écrit:
(...) Pour ce qui est de l'autre invitée, Ariane Michel, on apprend qu'elle "a réalisé des travaux en vidéo qui s’inscrivent le plus souvent dans des dispositifs d’installation ou de performance...", ce qui nous renseigne amplement...  Après la photo on en apprend quand même davantage "...Visibles tantôt en galerie, dans une forêt, au cinéma, dans un couloir de métro ou chez soi, ses œuvres, qui posent la plupart du temps des pierres, des bêtes ou des végétaux au centre du monde, tendent à recomposer le réel pour offrir au visiteur une expérience de déterritorialisation de la perception."

Une "déterritorialisation de la perception" ? Diantre ! (...)

L'écoute du début de l'émission vous aurait renseigné plus précisément sur l'oeuvre de cette artiste. Mais, il n'empêche que les descriptions des oeuvres des artistes contemporains sont trop souvent pompeuses, et qui plus est, interchangeables d'un artiste à l'autre, d'une oeuvre à l'autre. C'est ce qui rend l'approche de l'art contemporain délicate, souvent vérifiée par ce constat : sur le papier (cartel de musée, texte introductif), le visiteur rigole/se moque. Devant la parole de l'artiste/sa médiation, la compréhension s'opère. « Déterritorialiser la perception », soit, de tels mots peuvent justement formuler la démarche de l'artiste. Mais à dire vrai, c'est du placement de produit deleuzien, ni plus, ni moins. Qui fait toujours plaisir à son récipiendaire/galeriste.

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L'art de l'entretien empêtré - le Mar 21 Juin 2016, 07:27

Ci-dessus, à lire en entier, où
Jean-Luuc(http://www.regardfc.com/t629p20-les-regardeurs-chefs-d-oeuvre-de-l-art#26098) a écrit: (...) Jean de Loisy s'embourbe parfois dans ses questions et l'exemple ci-dessus est on ne peut plus probant.  (...)

En revanche, à 48'22'', une autre question alambiquée du producteur a le mérite d'une réponse franche :

Jean de Loisy : Qu'est-ce que vous pensez de cette étrange idée que : on peut être le premier en venant après tout le monde ? (silence) Au fond, c'est ce que dit Baudelaire, quand il dit : vous êtes le premier dans la décrépitude de votre art, votre art est arrivé à un maximum, il ne peut plus que se décrépir parce qu'il va devenir moderne et autre chose, et vous serez le premier. (silence) Vous, vous venez après, vous faites de la vidéo, et du cinéma et vous venez après tout ceux qui ont fait des images fixes, tout ça vous le portez en vous, et vous êtes dans une tradition qui est en train de s'inventer, elle n'a que quinze ans. (silence)

Ariane Michel : Oui, je comprends pas très bien la question.

de Loisy : Bah peut-être que je sais pas très bien la prononcer.

Michel : Ouais mais... Je la perçois très loin... (...).
Tout est dit, dans le langage de l'époque : "Je la perçois très loin". Amusant. L'auditeur aussi "perçoit très loin" la plupart des interventions des producteurs, en général improvisées et à rallonge, qu'il s'agisse de Jean de Loisy, Caroline Broué, Adèle van Reeth, Marie Richeux et de bien d'autres.

Pour en rester au domaine de l'art, vous ne trouviez pas ce charabia chez Jean Daive ou Pierre Descargues quand ils parcouraient une exposition avec un critique ou une artiste. La différence entre avant et maintenant ? Le producteur met en scène sa parole et occupe coûte que coûte l'espace, en qualité de star (auto-consacrée). Le producteur actuel n'en finit pas de s'écouter parler et d'admirer la manière dont il déroule ses phrâââses.
Jean-Luuc(http://www.regardfc.com/t629p20-les-regardeurs-chefs-d-oeuvre-de-l-art#26098) a écrit: L'écoute du début de l'émission vous aurait renseigné plus précisément sur l'oeuvre de cette artiste.
Bien sûr, bien sûr, mais la radio culturelle reste encore une pratique de flux au gré de ses disponibilités et envies et pas toujours "à la moderne", en différé via le podcast. Il a été un temps où à chaque fois ou presque que vous allumiez France Culture, votre curiosité était piquée. Qui maintenant, en prenant une émission déjà commencée, peut dire "Comme c'est passionnant ! Je vais jusqu'au bout" ?

Concernant le concept des Regardeurs, il y a une sorte d'hypocrisie déjà signalée qui montre qu'on ne tient pas l'auditeur en grande estime : placer de l'art contemporain sous la couverture et le prestige d'une oeuvre classique.  C'est le "no borderisme", le "vivre ensemble" forcé.  Mixité, fluidité, transgenrisme, etc, tout ce courant adopté comme un seul homme (plutôt comme une seule femme, à France Culture) qui veut à toute force faire cohabiter des genres, créer du lien (ailleurs c'est le "lien social", la "mixité sociale", etc) entre des moments, des objets, des lieux ou des hommes qui n'en ont pas., mais qui s'en voient artificiellement et idéologiquement imposer un.

Une émission de 30 ou 45 minutes spécialisée dans l'art contemporain ? Vous n'y pensez pas ! Non, mais du Manet psychanalysé auquel est greffé du "dispositif" et de la "performance", oui.

Dernière chose et pas la moindre : la discrimination et l'inégalité de traitement auxquelles France Culture se livre insidieusement dans ce domaine et  beaucoup d'autres. Depuis que Les Regardeurs existe, on sait pertinemment que les jeunes artistes contemporains n'ont pas l'expression déliée pour parler de l’œuvre classique au programme de l'émission et a fortiori pour faire ce qu'on leur demande, trouver un "rapport" (ce fameux "rapport" !) avec ce qu'ils font, eux. En revanche, le critique aguerri invité dans l'émission n'est jamais sommé de faire le grand écart, il disserte sur son domaine avec assurance et en général occupe la plupart du temps de parole avec de Loisy, lequel prend le ton grande personne paternaliste pour s'adresser au jeune créateur qui ne comprend pas ce qu'on veut qu'il dise et qui assure la figuration. Cela rappelle un peu les affreux dialogues entre Enthoven et la naïve Paula servant de faire valoir au désormais chroniqueur d'Europe 1.

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Re: « Les Regardeurs » devenu « L'Art est la matière » (2017) de Jean de Loisy - le Mar 21 Juin 2016, 15:36

Philaunet(http://www.regardfc.com/t629p20-les-regardeurs-par-jean-de-loisy#26099) a écrit:
(...)

Une émission de 30 ou 45 minutes spécialisée dans l'art contemporain ? Vous n'y pensez pas ! Non, mais du Manet psychanalysé auquel est greffé du "dispositif" et de la "performance", oui.

Dernière chose et pas la moindre : la discrimination et l'inégalité de traitement auxquelles France Culture se livre insidieusement dans ce domaine et  beaucoup d'autres. Depuis que Les Regardeurs existe, on sait pertinemment que les jeunes artistes contemporains n'ont pas l'expression déliée pour parler de l’œuvre classique au programme de l'émission et a fortiori pour faire ce qu'on leur demande, trouver un "rapport" (ce fameux "rapport" !) avec ce qu'ils font, eux. En revanche, le critique aguerri invité dans l'émission n'est jamais sommé de faire le grand écart, il disserte sur son domaine avec assurance et en général occupe la plupart du temps de parole avec de Loisy, lequel prend le ton grande personne paternaliste pour s'adresser au jeune créateur qui ne comprend pas ce qu'on veut qu'il dise et qui assure la figuration. Cela rappelle un peu les affreux dialogues entre Enthoven et la naïve Paula servant de faire valoir au désormais chroniqueur d'Europe 1.

Cette analyse est implacable. L'artiste convié n'est souvent invité qu'à livrer du ressenti, voire du commentaire technique/recettes d'atelier quand le commissaire d'exposition/historien de l'art distille entre les questions et réponses un peu de savoir, une perspective élargie. Voir par exemple ces questions de Jean de Loisy à Ariane Michel :

20'30'' : Ariane Michel, est-ce que c'est un tableau qui est difficile à regarder ? Est-ce que vous le trouvez agréable ? Est-ce que vous le trouvez voluptueux ? Est-ce que vous le trouvez sensuel ? Est-ce que vous le trouvez rugueux, difficile ? Comment est-ce que vous l'abordez ?
+
21'27'' : Vous ne trouvez pas que la peinture est dure ? La façon de faire le corps de cette femme, le lointain... Ce n'est pas une peinture séduisante pourtant ? Si ? (...)

Dans le cas présent, et ce n'est pas la première fois que je le constate, l'artiste avoue qu'elle n'a pas vu le tableau « en vrai » depuis longtemps (il est conservé au musée d'Orsay à Paris, Ariane Michel habite dans le Finistère), le genre de remarque qui peut interroger l'auditeur... Figuration ? Promotion du Palais de Tokyo ? (Oui, aucun doute, de Loisy les choisit entre autres pour cette raison) Commerce (expo/livre) ?

La seule émission qui ouvre 2 minutes quotidiennes à la parole de l'artiste contemporain et à son travail sur France Culture est Les carnets de la création, d'Aude Lavigne. Sinon, et de temps en temps, il peut être accueilli dans Ping Pong ou La grande table. Mais leurs producteurs respectifs non spécialistes volètent de clichés en âneries. Feu Le Rendez-vous, de Laurent Goumarre avait le mérite d'avoir des producteurs et chroniqueurs légitimes (dont Manou Farine l'une des plus belles voix actuellement audibles sur la bande FM).

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Fond sonore sur citations - le Mar 13 Sep 2016, 09:30

La remarque d'une auditrice qui vaut pour toutes les émissions (cf. Compagnie des auteurs, Cervantès § 5). Mais pourquoi faut-il que des auditeurs apprennent aux réalisateurs à faire de la radio ?

Fond sonore, les regardeurs
Edeltraut Guénebaut 12/09/2016 9:25 France Culture

Bonjour,
À l'issue de l'émission 'les regardeurs' d'aujourd'hui, 11 septembre, j'aimerais une nouvelle fois vous faire part de quelques réflexions quant au fond sonore des citations. Avec satisfaction, j'ai constaté qu'elles étaient moins invasives qu'auparavant. Puis-je avoir l'impression folle d'avoir été entendue ? Toutefois ce que j'ai éprouvé comme gênant était l'envolée musicale à la fin des citations. Je vous explique pourquoi : ces citations ont un contenu complexe pour l'oreille d'un non spécialiste que je suis, et demandent à être intériorisées, à être comprises. Or, la 'musique' qui suit détourne automatiquement l'attention sur elle et efface instantanément ce qui vient d'être dit. Elle ne laisse même pas une seconde à l'auditeur pour qu'il puisse imprimer les paroles entendues.
Ce que vous dites si bien quant à la rencontre du regardeur et du peintre devant un tableau afin que celui-ci se réalise sans cesse, devrait être aussi bien le cas pour une émission radiophonique. Mais, pitié, créez les conditions pour que ces échanges merveilleuses, enrichissantes, porteuses d'énergie et de savoir puissent pleinement opérer !
Je vous remercie d'avance de me lire et de prendre la peine de me comprendre,
Edeltraut Guénebaut


Médiateur : Voici la réponse de Vincent Lemerre, délégué aux programmes : « Votre message sera transmis à l’équipe de réalisation de l’émission. En vous remerciant pour votre écoute fidèle, bien cordialement »

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Une parole frénétique - le Dim 25 Sep 2016, 14:32

Au fil  de l'écoute... Une émission qui, comme bien d'autres, vaudrait un "tchat" critique en direct (cf. l'idée ici) : Les Regardeurs du 25 09 2016, La Déposition (1528) de Jacopo Pontormo.

Dans le premier quart d'heure (après je ne sais pas, j'ai coupé), il n'est évidemment pas question du sujet. On assiste à un échange entre l'invité et Jean de Loisy. Une intervention sur deux de ce dernier est une interruption suivie d'une parole simultanée avec Philippe Costamagna. Chaque prise de parole de cet invité dure entre dix et vingt secondes, au-delà de quoi Jean de Loisy saute dans un micro-silence pour reprendre la parole.

Voilà.

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Est-ce pinailler ? - le Dim 22 Oct 2017, 15:37

Est-ce pinailler que de trouver peu radiophoniques les adresses du producteur à ses invités par leurs prénoms et inversement dans L'Art est la matière par Jean de Loisy ?

"Qu'est-ce que vous en pensez Nadège ? Julien ?"
"Jean, vous nous avez dit (...)"

Etc, tout au long de l'émission. Si l'on prend celle-ci en route, on sent que l'on a affaire à des gens qui se connaissent. Qu'est l'auditeur (h/f) de radio au milieu de cette connivence ? Un observateur ? L'émission s'adresse-t-elle à lui, l'inconnu, ou est-elle le prétexte d'une discussion privée en petit comité ?

Sous prétexte de faire "décontracté", non guindé, les producteurs font copain-copain avec leurs invités. Qui ne voit que la nature même du média radiophonique ne le permet pas quand ce dernier s'adresse à des adultes sur des sujets culturels ? On n'est pas à NRJ (ou si ?).

La réalité, c'est que l'auditeur est exclu du fait de l'étroite connivence qu'il perçoit entre les gens qu'il entend. Pour qu'une radio s'adresse à l'auditeur (si c'est le but de France Culture), il faut conserver une certaine distance entre les intervenants, distance dans laquelle l'auditeur peut se sentir invité.

Je viens d'entendre Charles Dantzig dire à Éric Neuhoff , "Est-ce que vous pouvez me dire...". Non, c'est "Est-ce que vous pouvez nous dire", car l'invité ne parle pas à Dantzig mais aux millions (faisons plaisir à Treiner) d'auditeurs qui l'écoutent.

Le discours idéologique et moral : "Vous êtes notre richesse" (dixit médiateur à propos des auditeurs), "Nous sommes ouverts et égalitaires".

La réalité : "Vous êtes notre prétexte (pour gagner notre vie et exprimer nos opinions)" et "Nous formons un petit cercle fermé et vous traitons de haut".

Voir aussi La Dispute, pour un fonctionnement identique.

Au fait, évidemment, bien sûr, forcément et nécessairement :  "le troisième sexe" chez (de) Rubens (et l'imbécile flatterie) [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13090-22.10.2017-ITEMA_21471319-0.mp3" debut="52:53" fin="55:38"]

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Re: « Les Regardeurs » devenu « L'Art est la matière » (2017) de Jean de Loisy - le Dim 22 Oct 2017, 19:42

@Philaunet a écrit:Sous prétexte de faire « décontracté », non guindé, les producteurs font copain-copain avec leurs invités. Qui ne voit que la nature même du média radiophonique ne le permet pas quand ce dernier s’adresse à des adultes sur des sujets culturels ? On n’est pas à NRJ (ou si ?).

En effet, et peut-être faut-il y voir aussi cette tendance des directions récentes à essayer de faire de France Culture quelque chose qu'elle n'est pas : une chaîne d'actu sociopolitique, une revue papier, un site d'infos politiques et pour le cas présent, une fondation ou un institut culturel. Lorsqu'on écoute les Regardeurs, on ne peut pas s'empêcher de penser à ces conférences et colloques de musées, menées dans un style malheureusement très français vis à vis du public, où celui-ci est mis entre parenthèses et l'évènement se déroule dans une informalité soporifique et une familiarité qui met à distance l'auditeur. Un simple bonjour rapide est adressé au public et très vite, on se referme sur les intervenants présents, qui ne sont pas présentés (ni par leur nom, ni par leurs parcours). On s'appelle par les prénoms, on peine à préciser sa pensée, on recycle ses propres travaux et on déambule d'un sujet à l'autre, et la chose se termine sans que l'on puisse garder un souvenir précis car l'ensemble était destructuré et un peu débraillé. Rien de précis n'est présenté au public, celui-ci n'est qu'un témoin de l'activité intellectuelle des personnes sur scène. Si c'est intéressant, tant mieux, si vous n'en avez rien retiré, alors tant pis. Les Regardeurs fonctionnent souvent comme cela. C'est une facilité pour la direction : celle-ci ne semble pas savoir développer de projet culturel, et elle a même oublié en quoi consiste un projet culturel radiophonique. Alors elle se rabat sur ce qu'elle connait : les grandes institutions parisiennes. On recrute une personnalité des musées et on lui donne carte blanche. Sans recadrage ni formation au métier de la radio, il fait ce qu'il a toujours fait : des rencontres et des genres de conférences où l'on ne prend pas même le temps d'être poli et bienveillant envers le public, et on déambule, vaguement, en espérant pouvoir remplir tout le temps imparti à l'émission. Quant à transmettre des contenus culturels au public, n'en parlons pas. Ce sont les mêmes personnes qui parlent de démocratisation et d'accessibilité de la culture, soit dit entre parenthèses... Si la direction avait un réel projet radiophonique pour cette tranche dite d'histoire des arts, elle pourrait sans problème faire appel à toutes sortes de chercheurs, doctorants, auteurs etc. pour produire l'émission, structurer les choses de façon sérieuse et thématique. Mais cela nécessite une véritable ambition culturelle, et à l'heure où la station préfère proposer des "idées culture" dans ses chroniques plutôt que de prendre ces champs au sérieux, on se dit que France (in)Culture ne retrouvera jamais un autre Daniel Arasse.

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Re: « Les Regardeurs » devenu « L'Art est la matière » (2017) de Jean de Loisy -

« Les Regardeurs » devenu « L'Art est la matière » (2017) de Jean de Loisy     Page 3 sur 3

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