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Les programmes d'été sur France Culture : des trésors enfouis    Page 2 sur 4

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Les programmes d'été sur France Culture : des trésors enfouis - le Mar 11 Mar 2014, 11:04

Rappel du premier message :

Complément de novembre 2016 : le répertoire des fils de discussion associés au thème « Félicitations et critiques » se trouve ci-après.  Le fil où l'on ne dit que du bienLa pilule du bonheur ; Liste des émissions passées ou présentes à préserver et défendre ; Une jeunesse enthousiasmante de France et d'ailleurs ;  Si la playlist de grève vous donne des aigreurs ; Quelle est la vocation de ce forum ? ; Le paradigme idéologique de France Culture ; L'ânerie du jour ; Pourquoi encore écouter France Culture ? ; le sous-forum : Autres radios culturelles

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Des trésors enterrés. Et pas seulement aux archives, mais aussi dans la mémoire des auditeurs. Alors, sujet mémoriel ou sujet de collectionneur ? Les deux.

On oublie ou on néglige cette chose simple : des émissions d'été, que ce soient des émissions spéciales ou bien des séries, je veux dire des idées et des concepts il y en a au moins autant en août que dans l'année courante : il faut remplir la semaine entière, et chaque année ou presque, ça sera avec une forte part d'idées neuves.

Nous n'avons pas les moyens de faire le compte exact, mais mon sentiment est qu'il y en a environ autant en été que dans l'année courante. Et cela bien que l'été soit le moment des rediffusions, bien que certaines des formules estivales soient reconduites d'année en année, mais guère plus que les émissions de la grille de l'année courante, et plutôt moins car cette dernière est plus stable. On y a vu naître certaines émissions dont un ou plusieurs été auront permis l'élaboration : Mauvais Genre, Grain à moudre (sous le titre Contre-expertise), De Bouche à oreille. Cela dit, la plupart resteront ignorées des auditeurs qui partent en vacances sans leur radio. Ainsi en 25 ou 30 années de grilles d'été, les producteurs de France Culture en auront fourni, de ces séries courtes de 25 épisodes pour les quotidiennes, 5 ou 10 numéros pour celles du week-end. Dans les groupes d'auditeurs-collectionneurs, ces séries d'été sont parfois évoquées, et quand elles sont demandées, c'est d'autant plus ardemment que le souvenir en est, de plus en plus avec le temps qui passe, ténu et même très ténu.

Ainsi, combien d'inventaires de cinéma ou de littérature populaire dus à Noël Simsolo ou à François Angelier ? Combien d'entretiens au long cours, étalés sur 25 épisodes ? Combien de séries artistiques signées Jean Daive ? Combien de grandes figures du siècle (Kafka, Canetti, Joyce, Pierre Dac) densément évoquées pendant une semaine ou même un mois puis expédiées aux archives, peut-être pour toujours ? Combien de chantiers ouverts et aussitôt arrêtés, qui d'ailleurs ne méritaient peut-être pas plus, mais ont laissé quelques essais réussis, puis à leur tour oubliés. Oubliés vraiment ? Eh bien pour la majorité d'entre elles oui mais pas toujours, grâce aux rediffusions de la nuit. Et aux cassettes d'auditeurs. Et aux souvenirs des uns et des autres.




Avez-vous des souvenirs ?
Des cassettes dormantes peut-être ?
Des idées de filons pour les prospecteurs ?
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Chronique d'un été - Livraison partielle - le Lun 28 Avr 2014, 16:42

Chronique d'un été - On en a dit quelques mots plus haut dans ce fil. C'est la première série qu'on a voulu présenter ici, juste après l'ouverture du sujet.

Coup de pot pour nous, voici que les Nuits de FC diffusent depuis cette semaine et pour trois lundis une sélection de la série de Jean-Pierre Pagliano. C'est une sélection : trois livraisons de trois épisodes, Pourquoi une sélection ? Pourquoi trois fois une heure ? On ne sait pas. L'ensemble des 25 numéros aurait pu tenir aussi bien en huit livraisons d'une heure (un peu plus long pour la dernière) ce qui n'est pas beaucoup plus difficile à caser : les Nuits nous ont offert au complet des merveilles tout aussi merveilleuses mais aussi volumineuses sinon davantage : séries historiques sur la guerre d'Algérie ou sur Mai 68 ; série feuilletonnesque du Docteur Cornélius. Alors huit fois une heure, ça ne passe pas ? Tous les lundis pendant deux mois c'est trop long ? Oui peut-être mais en ce cas on pouvait adopter une autre solution, par exemple une livraison pour chacune des semaines de ce mois d'août, ce qui donnait cinq livraisons de 100 minutes.

Autre énigme : c'est la voix de Marc Floriot qui introduit cette sélection. Pourquoi ? Comment ? Floriot dont le nom a disparu du générique des nuits, dont il a longtemps été le plus érudit des producteurs, si bon connaisseur de tous ses sujets mais encore et aussi de tous les recoins d'archives puisqu'il avait longtemps oeuvré auprès de Claire Chancel dans la série Radio-Archives. Floriot disparu de la scène radiophonique espérons que c'est par discrétion ou parce qu'il a mieux à faire ou bien touché par l'âge de la retraite ce qui lui permettrait de mettre à profit sa vaste culture  et ses qualités de professionnel, qui ne peuvent que manquer à la chaîne. Et maintenant, combien de ses introductions savamment dosées les Nuits de FC ont-elles encore en réserve ?

Voici le programme des 3 livraisons :

Lundi 28 avril
- Episode 1 : La genèse du projet racontée par Jean Rouch
- Episode 2 : Le point de vue d'Edgar Morin sur la naissance du film
- Episode 4 : Marceline (Loridan). Loridan après cette infiltration dans le milieu du cinéma documentaire, en viendra à rencontrer Joris Ivens. Devenue Marceline Loridan-Ivens, elle oeuvre auprès de lui pendant plus de 30 ans. Sur le tard elle devint une icône vivante du France Culture militant, celui dont nous endurons actuellement les excès de propagande. Cela dit, la présence de Marceline Loridan aux micros de France Culture c'est un excès qu'on ne sera jamais tenté de blâmer.

Lundi 5 mai - De 01h30 à 02h35 :
- Episode 7 : Michel Brault, opérateur sur le tournage. Un grand nom du cinéma documentaire
- Episode 9 : Landry, étudiant ivoirien qu'on retrouvera dans le film suivant de Rouch (La punition)
- Episode 11 : Edgar Morin parle des années 60, un tournant pour la société française.

Lundi 12 mai - De 01h35 à 02h40
- Episode 13 : Angelo, idéal-type de l'ouvrier en voie de libération
- Episode 24 : 30 ans après, Rouch et Morin font leur autocritique
- Episode 25 : En conclusion, une autre chronique de 1991 ?

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Les Nuits Bleues d'Alain Weber en août 1990 - le Sam 10 Mai 2014, 18:12

Nous commencerons par une auto-citation du deuxième degré :
Dans le fil du programme des Nuits de FC, Nessie a écrit:
se fiant au site de France Culture, Nessie a écrit:Samedi 10 mai
06h02 - 06h12 :
Jeu de l'ouïe - Les voix, par le Conservatoire Occitan (13 mai 91) par David Jisse et Luc-Charles Dominique
Au lieu de quoi nous avons eu :
Samedi 10 mai
06h02 - 06h12 :
Nuits Bleues - John Lee Hooker (7 août 1990) par Alain Weber
En conjuguant la brève introduction de Philippe Garbit et la partie survivante de Télérama collectionnée par Monsieur X qui me sauve la mise régulièrement quand je suis à court de souvenirs, on pourra dire ici qu'il s'agit d'une série d'été de 25 évocations de bluesmen : quelques souvenirs lus par le comédien Giaccomo, accompagnés d'enregistrements bien choisis. On ne sait où ont été puisés les témoignages ici traduits, peut-être un livre d'entretiens rassemblé par un voyageur. Peut-être même par le producteur de cette série en tous cas lui saurait répondre à la question : c'est Alain Weber, connu comme le houblon dans le monde des musiques traditionnelles, créateur du festival Les Orientales, et qui vient de se faire remarquer des novices en la matière par un CD faisant interpréter Bob Dylan par des artistes d'Afrique et d'Asie et même des artistes des balcons d'Europe. Il explique ici son projet ou plutôt le résultat qui en résultat. La chose avait en son temps été signalée dans une des bonnes chroniques de Matthieu Conquet (car ce genre de chose existe, je le dirai un jour avec force sur ce forum). Et de cette chronique les auditeurs même les plus novices s'en souviennent encore car c'était le 13 décembre dernier : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2013/12/s50/NET_FC_01ea37a1-6e78-4730-a924-47cbb1ae980f.mp3" debut="00:40" fin="05:58"]

Quant aux oreilles non-novices branchées sur France Culture elles connaissent déjà le nom d'Alain Weber pour l'avoir entendu jadis à Latitudes ou Euphonia et naguère dans quelques numéros d'Equinoxe. Il y a aussi quelques séries du "Rythme et la raison" dont une sur Django Reinhardt qui traine chez les amateurs sur des cassettes dont aimerait pouvoir numériser toute la série au lieu d'en avoir 2 ou 3  vagues morceaux incomplets qui trainent dans une boite que c'est à vous fendre le coeur de pas avoir les 5 numéros en entier car ils contiennent des enregistrements rares avec notamment Banjo au django et à côté on ne sait qui qui joue de la scie musicale, bon sang !

Pas plus complète hélas nous avons donc maintenant sur les bras cette série de l'été 90 dont on possède depuis cette nuit un numéro (non annoncé en programme, bravo !). L'inventaire de la collection de Télérama de Mossieu Ixe montre qu'Alain Weber avait su y rassembler des gloires connues même des non-spécialistes (John Lee Hooker, Robert Price Johnson, Muddy Waters, Gary Davis, Elmore James, Big Joe WIlliams), et faire en faire découvrir d'autres pour les ignorantins de mon acabit dans les cases restantes de cette série finement panachée : Flora Motton, Skip James, Fred Mc Dowell, Blind Willie Mc Tell, Memphis Minnie, Jessie Fuller, Bob Burnside (et encore d'autres mais je n'ai pas pu lire tous les noms car les souris du grenier sont passées avant moi et elles semblent aimer Télérama). Total 25 numéros - On en déduit habilement que la grille d'été en 1990 s'étendit sur 5 semaines pas une de plus pas une de moins.

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Stéphane Deligeorges - Eté 1995 - le Ven 16 Mai 2014, 14:32

Stéphane Deligeorges est un homme de passions. On lui en connait quelques unes comme la physique fondamentale, les bizarreries du monde animal, et pendant le programme estival : la navigation hors-cadre. Hors-cadre ça veut dire en évitant la plaisance, les grandes courses à spectacle, les croisières en paquebot, et le bassin des Tuileries. Le reste ressortit à l'ethnologie du monde moderne : par exemple des archipels lointains et des bouts-de-terre éloignés des grandes routes maritimes, mais aussi bien la mission du CNRS qui va gratouiller la dorsale nord-atlantique ou bien récupérer la broche de la femme du capitaine tombée dans la fosse des Mariannes bref vous voyez d'ici le tableau : des espaces et des missions dont on ne devinait pas l'existence, des univers techniques réservés à des grands initiés, des sociétés marginales fortement structurées et mal connues malgré l'évidence de leur existence : marine marchande, flotte scientifique, marine militaire.

C'est le dernier cas qui sera mis en oeuvre ce soir lors de la rediffusion d'un programme de 1995. Mais il nous faut faire un détour 2 années plus tôt, toujours au mois d'août : en 1993, Stéphane Deligeorges produisait avec Serge Gordey pour la série télé CQFD  (sur France 2) un documentaire de 52 minutes : "A la recherche du silence". Contrairement à ce que laisse espérer le titre, il ne s'agissait pas d'une analyse anticipée  de la réaction des auditeurs excédés par le babillage de Marc Voinchet. C'était plus banalement, en écho -si l'on peut dire- au titre de Jacques-Yves Cousteau en 1957 (Le monde du silence), l'histoire de la conception et de la fabrication du sous-marin silencieux "Le triomphant". La France a toujours été une grande puissance sous-marine. Le Triomphant était un projet pharamineux d'armement au sens à la fois naval et militaire. Le documentaire télé de Deligeorges est impressionnant, et l'investissement en temps ne fut pas vain car en janvier 95, Deligeorges s'embarquait le temps d'un voyage de 5 jours, le temps donc de collecter la matière de ces 3 heures de programme.

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Au coeur des ténèbres : cinq jours de voyage sous marin à bord du Triomphant - le Ven 16 Mai 2014, 15:06

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Alors ce long documentaire sera peut-être votre voyage de l'année. Il mérite d'être écouté d'une traite, devant la cheminée ou à proximité de votre cafetière non pour lutter contre le sommeil, mais pour conjuguer les sensations, pour apporter un contrepoint de bien-être rassurant à ce tableau d'un monde tout de même impressionnant. D'abord c'est le monde sous-marin donc les aquaphobes et les claustrophobes par procuration en auront pour leur argent, ensuite c'est le monde militaire, et en plus c'est le monde de la force nucléaire je veux dire il n'y a pas que le réacteur qui nuclée hein déjà ça en fait flipper certains mais là il y a en plus des tubes lance-missile je sais plus si c'est 8 ou 16. Ce sous-marin, nous disait le documentaire télé qui nous attrapait d'entrée et ne nous lachait pas, ce sous-marin dis-je, était à la fois un grand projet technologique, un prototype et une première en son genre, bref une tête d'industrie. 2 ans plus tard, Deligeorges prolonge son documentaire télé par un documentaire radio.

Donc il embarque en janvier 95 à la base ultra-secrète de l'Ile Longue qui se trouve dans l'archipel de Crozon comme chacun sait. La mission est à la fois militaire et scientifique, ou technologique si on veut puisque c'est un voyage d'essais en mer pour la bécane encore toute neuve ou presque. 5 journées en profondeur maximale (300m). 5 journées à capter les ambiances, à observer et collecter le mode de vie, les habitudes et les usages (stupidement nommés "rituels" depuis 20 ou 30 ans sur FC), et recueillir par des entretiens les récits mais aussi les impressions, les appréhensions, les représentations des 110 membres de l'équipage. 5 jours et nuits à observer aussi le milieu sous-marin, sidérant car à la fois hostile et indifférent.

En 1996 la SCAM a décerné à ce documentaire le Prix Oeuvre de l'année.
L'autre prix radio de cette année-là à la SCAM fut attribué à André Gillois pour l'ensemble de son oeuvre.

Dans ce fil on espère pouvoir bientôt revenir sur les émissions d'été dues à Stéphane Deligeorges : archipels lointains, circumnavigation australe, tournée dans les bases scientifiques du continent Antarctique etc.

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Le roman des enfances lointaines (été 1995) - le Dim 18 Mai 2014, 21:41

Dans la  nuit qui vient, un épisode du Roman des enfances lointaines. En l'occurrence, c'est le numéro du 29 août 1995 : L'enfance lointaine de Claire Denis au Cameroun. Il y aura très probablement une seconde diffusion dans les mois à venir mais ça n'est pas une raison pour louper celle-la.

Le Roman des enfances lointaines était une émission quotidienne de la grille d'été, cette année-là. Elle était servie en soirée par Francesca Piolot, qui y accueillait des personnalités de notre pays, mais dont l'enfance s'était déroulée hors de France.  25 numéros qui composaient une géographie en partie coloniale ou post-coloniale, quoique ça n'avait rien d'inéluctable : pour grandir loin de France, il suffisait d'avoir des parents occupés aux fonctions diplomatiques, universitaires, ou industrielles.

Les Nuits de France Culture nous ont déjà servi deux numéros de cette série : celui du 8 aout 95 (Bruno Lussato) et celui du 22 août (Philippe Séguin). Tous deux de Tunis d'ailleurs la Tunisie est l'enfance la plus représentée dans la série et rien qu'à Tunis on pouvait remplir tout un mois avec Hagège, Slama, Fellous, Favret-Saada, Pisani, Moati, et encore bien d'autres dont celui que je ne nomme pas mais qu'on surnomme parfois "Notre-Dame de Paris", parfois "Le malin de la Goulette". Francesca n'est pas tombée dans ce piège, toutefois si on y ajoute les autres pays du pourtour sud de la méditerranée avec Le liban, l'Egypte, le Maroc, l'Algérie et Israël, on dépasse la moitié de l'effectif total. La France étant un ancien empire colonial anciennement implanté un peu partout sur le globe, la série nous aura finalement donné assez peu d'enfances dans les pays modernes ou occidentaux (un numéro à Berlin, un autre à New-York). Or cela n'eut pas manqué : le choix est donc délibéré et on veut bien croire qu'il est pertinent. On peut regretter de ne pas y trouver Pondichéry. On ne regrette pas l'absence de Laure Clauzet (enfance à Abidjan longtemps avant les fameux dégâts occasionnés à Paris - Maison de la radio) .  

Autre qualité de cette émission : elle ne tapait pas dans le haut du panier de la notoriété médiatisée. Très peu des personnes invitées étaient des stars dans leur catégorie ou des stars tout court : Amélie Nothomb (Japon), Philippe Séguin, Arielle Dombasle (Mexique). Au contraire, la plupart étaient honnêtement placés dans le milieu du tableau : Coatalem (Tahiti), Moses (Israel), Marcel Bénabou (Maroc), Martial Solal (Alger - lui c'est un très grand, mais sa gloire n'est sûre que chez les initiés), et donc ce soir Claire Denis. Et aussi, pour les auditeurs qui appréciaient la vie comme elle allait, signalons qu'il y eut même un épisode avec Etienne Gruillot (Cameroun, lui aussi).

Le plaisir garanti, c'est de retrouver Francesca Piolot et son style d'interview qui tient aisément les deux tons simultanément, de la délicatesse et de l'ironie complice. Francesca Piolot, c'est le charme radiophonique. Cette émission aurait pu être reconduite encore un été ou deux, sinon passer dans la grille de l'année.





Le roman des enfances lointaines - Eté 1995, 25 numéros du au 31 juillet au 1er septembre.

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Re: Les programmes d'été sur France Culture : des trésors enfouis - le Mer 21 Mai 2014, 11:02

@Nessie a écrit:[...] Les Nuits de France Culture nous ont déjà servi deux numéros de cette série : celui du 8 aout 95 (Bruno Lussato) et celui du 22 août (Philippe Séguin).
[...]
Autre qualité de cette émission : elle ne tapait pas dans le haut du panier de la notoriété médiatisée. Très peu des personnes invitées étaient des stars dans leur catégorie ou des stars tout court : Amélie Nothomb (Japon), Philippe Séguin, Arielle Dombasle (Mexique). Au contraire, la plupart étaient honnêtement placés dans le milieu du tableau : Coatalem (Tahiti), Moses (Israel), Marcel Bénabou (Maroc), Martial Solal (Alger - lui c'est un très grand, mais sa gloire n'est sûre que chez les initiés), et donc ce soir Claire Denis. Et aussi, pour les auditeurs qui appréciaient la vie comme elle allait, signalons qu'il y eut même un épisode avec Etienne Gruillot (Cameroun, lui aussi).

Eh bien nous aurons bientôt un 4e numéro de la série : Arielle Dombasle racontera son enfance au Mexique et au micro de la Francesca.

Ce sera dans la nuit du 25 au 26 mai soit dans moins d'une semaine. On peut espérer continuer à en recevoir régulièrement un épisode dans les Nuits...

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Pastorales - Michel Bichebois (été 1975) - le Jeu 05 Juin 2014, 11:53

Pendant l'été 1975, Michel Bichebois produisait une quotidienne de 15 minutes, insérée dans les Après-midis de France Culture sous le titre de "Pastorales". ll faut remercier Tewfik Hakem qui en exhumait un numéro, dans "Un autre jour est possible", le 12 septembre dernier. Ecoutons : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2013/09/s37/RF_F123CEDE-CC6D-4F83-A756-022350AD7AD6_GENE.MP3" debut="01:20" fin="19:02"]

La série fut courte, mais elle connut plusieurs postérités : elle revint à l'occasion de quelques périodes de vacances, en fin de cette même année 1975, puis pendant 2 semaines en février 76. Elle connut bien d'autres postérités, qui mériteraient un exercice d'analyse comparée :
- Jean-Claude Bringuier dans "Nous tous chacun", de 1979 à 1985 , tendait le micro à des personnes dont il ne donnait que le prénom. C'était, comme "Pastorales", une émission de témoignage sur le quotidien. A la fois captivante et sans pathos.
- Sonia Kronlund en 1999 créait 'Les pieds sur terre' avec l'objectif affiché de donner la parole à ceux qui en sont privés. Or les premiers numéros de "Pastorales" étaient présentés avec le sous-titre "Des français qu'on n'a pas l'habitude d'entendre". Cela dit, en 1975 le générique plaçait l'émission sous le sceau du vécu, et non dans le créneau de la revendication sauciale, comme le fait la première minute des Pieds sur terre avec extrait de Godard et sons de manife.

De fait, la série de 1975 donnait à entendre la parole de gens du cru, souvent des gens qui n'étaient même pas humbles car le mot n'aurait guère eu de sens pour eux : c'étaient des gens à la fois ordinaires et vrais, et surtout ils il étaient à la fois profonds et simples. En 1975 le calcul idéologique n'était pas encore de mise, et France Culture était loin de récupérer leur parole au service d'un combat politique. La radio de Michel Bichebois en 1975 (ainsi que celle de Bringuier dans 'Nous tous chacun') est tout simplement pétrie d'humanité.

Pour le dire autrement : avec Pastorales et Nous tous chacun, on était plutôt chez "Terre humaine", alors qu'avec LPST on est chez Maspero.

Comme toujours, on se dit que la bonne vigie se doit de surveiller le programme des Nuits de FC. En 2004-2005  les nuits de FC nous avaient donné quelques numéros de "Nous tous, chacun". Le "Pastorales" de Tewfik Hakem ayant été exhumé à l'occasion de l'opération spéciale du céquantenaire (comme il dit) de France Culture, ça veut dire que le paquet d'archives est remonté à la surface est qu'à force de dériver il pourrait rencontrer la gaffe d'un des Garbit 's boys or girl.

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La peinture les yeux fermés - le Ven 04 Juil 2014, 00:59

A la demande de Fred Kassak, les nuits de FC nous proposeront ce week-end un numéro d'une série insolite qui vécut pendant la dernière semaine du programme d'été 1989. Le titre en était : "La peinture, les yeux fermés".

Le dispositif est le suivant : un spécialiste d'art -un critique, un conservateur- accompagne au musée l'intervieweur pour lui décrire un tableau que lui seul peut voir, mais l'intervieweur non. Car cet homme qui a produit l'émission avec Marie-Dominique Arrighi, c'est Evgen Bavcar, peintre et photographe, aveugle depuis l'âge de 12 ans. La tâche du spécialiste est de décrire le tableau, et parfois même sans en donner le titre, ni dévoiler le nom de l'artiste. Bavcar confronté à cette vision et s'efforçant de lui ouvrir un chemin vers sa galerie intérieure, est l'âme du questionnement : tout aveugle qu'il soit, il veut en savoir plus sur les couleurs, sur la lumière, sur la matière , sur les détails de l'image, sur la composition. A son tour le guide ne peut manquer d'interroger le regard, puis l'acte même de la description, puis les limites même de la parole. C'est ce que sauront faire notamment René Passeron, et Jean Clair qui dans le premier numéro, déplore que les descriptions de tableau ne soient souvent que des descriptions d'image.

Au fil des émissions, le dispositif mute : le titre du tableau et le nom de l'artiste ne sont pas toujours cachés, parfois seul l'auditeur en sera privé ; parfois ce sont deux médiateurs différents qui décrivent plusieurs tableaux, du même artiste ou non. Dans le 4e numéro, le dialogue se fait autour de sculptures. Dans certaines des émissions, Marie-Dominique Arrighi complète après-coup le dispositif, interrogeant à son tour Evgen Bavcar. Le montage final nous propose en parallèle le dialogue devant le tableau, et le débriefing en contrepoint. Dans le 3e épisode, celui que les Nuits de FC ont programmé pour Fred kassak, l'un des deux regardeurs est âgé de 12 ans, à la demande d'Evgen Bavcar qui s'en explique et sa justification mérite d'être entendue.

Voila une expérimentation radiophonique, à n'en pas douter. Le risque n'était pas nul, de n'offrir à l'écoute qu'un gadget de plus, finalement stérile. Car là est bien le danger du gadget, danger dont le programme de France Culture en ce vendredi 4 juillet pourrait bien nous fournir un exemple supplémentaire. En l'occurrence, le trick exploité par Bavcar & Arrighi n'est pas inédit : des procédés voisins avaient été exploités à la télévision, pour le meilleur par Pierre Dumayet avec "Questions sans visage", pour le pire par Gérard Miller avec "Le goût du noir". Ici, le pari est gagné, peut-être parce que très vite le gadget et l'anecdote sont dépassés, quand la parole est mise en cause, au moins autant que la vision. Et pour l'auditeur, ce dialogue devient une leçon, un apprentissage du regard.

Est-il permis d'espérer une rediffusion complète ? Après tout il n'y a que 5 numéros. 5 fois 30 minutes dans les nuits, ça devrait pouvoir se trouver : la rediffusion serait aussi encombrante qu'un A voix nue. Mais elle apporterait un à la fois un contrepoint et un démenti sérieux à l'exercice proposé chaque samedi par Jean de Loisy dans Les regardeurs.

Les 5 visites d'Evgen Bavcar : diffusées du 28 août au 1er septembre 1989
1 - Balthus, avec Jean Clair
2 - Max Ernst, avec René Passeron (et la voix d'Olivier Messiaen)
3 - Georges de la Tour, 2 tableaux décrits séparément par Pierre Rosenberg et Mathieu Gibson (12 ans)
4 - Sculpture, avec Michael Gibson et Alain Kirili
5 - Kandinsky avec Georges Boudaille ; Jackson Pollock, avec Pier Paolo Piccinato

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Le tour de la France par deux enfants (été 1976) - le Ven 25 Juil 2014, 07:53

Ce titre, les auditeurs de France Culture le connaissent bien même s'ils ont moins de 98 ans : dû à Augustine Fouillée qui l'avait signée du pseudonyme G. Bruno c'était le manuel de lecture des petites classes dans l'école française.

Il a fait l'objet d'un documentaire dans la série "Lieux de mémoire", en 2 parties les 16 et 23 novembre 1995, soit  quasi au démarrage de la série. Documentaires de 58 minutes avec Mona Ozouf, signés Philippe Garbit

20 ans plus tôt, le Tour de France avait donné lieu à un feuilleton d'été, en 24 épisodes quotidiens, du 2 au 28 août 1976 soient 5 semaines moins la journée du 15. Avec Michel Bouquet et Nathalie Nerval. L'adaptation était de Sylvie Albert, la réalisation de Guy Delaunay.

Le programme d'été de France Culture nous en offre deux épisodes (Reims & Paris), datés du 25 et du 26 aout 1976. Ils seront diffusés dans la tranche d'après-midi "Grands écrivains" vendredi prochain, et rediffusés dans la nuit suivante (du 1 au 2 août) à 00h06.

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Le roman populaire français (été 1978) - le Sam 18 Oct 2014, 14:52

Dans la semaine à venir, rediffusion d'une excellente série de l'été 1978, consacrée au roman populaire français.

Lors de la précédente diffusion, on en avait livré une présentation dans ce post.

Grace à la fourniture des nuits en podcast, les collectionneurs pourront archiver cette série dans leur radiothèque.

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Rediffusions de la semaine - le Ven 12 Déc 2014, 12:43

Dans la semaine à venir, les Nuits de FC rediffusent et probablement pour la dernière fois quelques épisodes de séries d'été âgées de 20 ans et même plus que ça : L'été avec Pagnol, et Chronique d'un été 1991.

Les deux ont été présentées dans ce même fil, à la page précédente.

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