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Les programmes d'été sur France Culture : des trésors enfouis    Page 3 sur 4

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Les programmes d'été sur France Culture : des trésors enfouis - le Mar 11 Mar 2014, 11:04

Rappel du premier message :

Complément de novembre 2016 : le répertoire des fils de discussion associés au thème « Félicitations et critiques » se trouve ci-après.  Le fil où l'on ne dit que du bienLa pilule du bonheur ; Liste des émissions passées ou présentes à préserver et défendre ; Une jeunesse enthousiasmante de France et d'ailleurs ;  Si la playlist de grève vous donne des aigreurs ; Quelle est la vocation de ce forum ? ; Le paradigme idéologique de France Culture ; L'ânerie du jour ; Pourquoi encore écouter France Culture ? ; le sous-forum : Autres radios culturelles

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Des trésors enterrés. Et pas seulement aux archives, mais aussi dans la mémoire des auditeurs. Alors, sujet mémoriel ou sujet de collectionneur ? Les deux.

On oublie ou on néglige cette chose simple : des émissions d'été, que ce soient des émissions spéciales ou bien des séries, je veux dire des idées et des concepts il y en a au moins autant en août que dans l'année courante : il faut remplir la semaine entière, et chaque année ou presque, ça sera avec une forte part d'idées neuves.

Nous n'avons pas les moyens de faire le compte exact, mais mon sentiment est qu'il y en a environ autant en été que dans l'année courante. Et cela bien que l'été soit le moment des rediffusions, bien que certaines des formules estivales soient reconduites d'année en année, mais guère plus que les émissions de la grille de l'année courante, et plutôt moins car cette dernière est plus stable. On y a vu naître certaines émissions dont un ou plusieurs été auront permis l'élaboration : Mauvais Genre, Grain à moudre (sous le titre Contre-expertise), De Bouche à oreille. Cela dit, la plupart resteront ignorées des auditeurs qui partent en vacances sans leur radio. Ainsi en 25 ou 30 années de grilles d'été, les producteurs de France Culture en auront fourni, de ces séries courtes de 25 épisodes pour les quotidiennes, 5 ou 10 numéros pour celles du week-end. Dans les groupes d'auditeurs-collectionneurs, ces séries d'été sont parfois évoquées, et quand elles sont demandées, c'est d'autant plus ardemment que le souvenir en est, de plus en plus avec le temps qui passe, ténu et même très ténu.

Ainsi, combien d'inventaires de cinéma ou de littérature populaire dus à Noël Simsolo ou à François Angelier ? Combien d'entretiens au long cours, étalés sur 25 épisodes ? Combien de séries artistiques signées Jean Daive ? Combien de grandes figures du siècle (Kafka, Canetti, Joyce, Pierre Dac) densément évoquées pendant une semaine ou même un mois puis expédiées aux archives, peut-être pour toujours ? Combien de chantiers ouverts et aussitôt arrêtés, qui d'ailleurs ne méritaient peut-être pas plus, mais ont laissé quelques essais réussis, puis à leur tour oubliés. Oubliés vraiment ? Eh bien pour la majorité d'entre elles oui mais pas toujours, grâce aux rediffusions de la nuit. Et aux cassettes d'auditeurs. Et aux souvenirs des uns et des autres.




Avez-vous des souvenirs ?
Des cassettes dormantes peut-être ?
Des idées de filons pour les prospecteurs ?
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Rediffusions de la semaine - le Ven 12 Déc 2014, 12:43

Dans la semaine à venir, les Nuits de FC rediffusent et probablement pour la dernière fois quelques épisodes de séries d'été âgées de 20 ans et même plus que ça : L'été avec Pagnol, et Chronique d'un été 1991.

Les deux ont été présentées dans ce même fil, à la page précédente.

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Henri Guillemin : passionné et passionnant - le Jeu 01 Jan 2015, 23:11

Bonne et heureuse année 2015 avec la grande conférence d'Henri Guillemin diffusée le 08 août de l'année dernière :  XIXème siècle (5/10) : Victor Hugo **
 
Qui peut bien vous tenir une heure en haleine sur France Culture en 2015 ? Je cherche dans la liste des producteurs et je ne vois pas. Quant aux intervenants, rares sont ceux qui auront l'éloquence, la culture et la passion de transmettre d'Henri Guillemin dans sa conférence de 1952.

Il avait déjà été question des conférences de l'historien de la littérature à propos de Verlaine le 09 avril 2014 et de Rimbaud le 15 avril.

Nessie dans le post Archives d'archives - le Mer 09 Avr 2014 décrivait le conférencier et en profitait pour donner d'utiles conseils pour rechercher de belles émissions dans les programmes d'été des dernières années.

Pour ce qui concerne 2014, le programme des conférences était donné ici. Enfin, si vous avez envie d'entendre l'évocation (de 1953) de la vie et l'oeuvre de Van Gogh par un autre grand conférencier plein de fougue, le lien est dans le billet René Huyghe.


**  "Du nouveau sur Victor Hugo" par Henri Guillemin Première diffusion le 19/05/1952 sur la Chaîne Nationale

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Re: Les programmes d'été sur France Culture : des trésors enfouis - le Ven 02 Jan 2015, 01:47

@Philaunet a écrit:
Bonne et heureuse année 2015 avec la grande conférence d'Henri Guillemin diffusée le 08 août de l'année dernière :  XIXème siècle (5/10) : Victor Hugo **
 
Qui peut bien vous tenir une heure en haleine sur France Culture en 2015 ? Je cherche dans la liste des producteurs et je ne vois pas. Quant aux intervenants, rares sont ceux qui auront l'éloquence, la culture et la passion de transmettre d'Henri Guillemin dans sa conférence de 1952.

Nessie dans le post Archives d'archives - le Mer 09 Avr 2014 décrivait le conférencier et en profitait pour donner d'utiles conseils pour rechercher de belles émissions dans les programmes d'été des dernières années.

**  "Du nouveau sur Victor Hugo" par Henri Guillemin Première diffusion le 19/05/1952 sur la Chaîne Nationale

Si j'avais du temps à revendre, wishful thinking, non seulement je créerais sur ce forum un fil "Ma crème de la crème" pour donner à entendre ou réentendre des émissions plus ou moins anciennes et bonnes, très bonnes, voire excellentes, mais je suggèrerais à FC, qui n'écouterait pas, de proposer des émissions sur les orateurs (radiophoniques) de talent, dont ferait partie Henri Guillemin, il va sans dire, mais pas Marie Richeux, n'est-ce pas ?  

Au sujet de la qualité du conférencier qu'était Henri Guillemin, de la passion qu'il dénotait, de l'engagement dont il faisait preuve dans ses interventions enregistrées, et de votre question légitime, Philaunet ("Qui peut nous tenir en haleine une heure durant aujourd'hui sur FC ?"), j'ai une remarque probablement évidente : nous avons affaire à un appauvrissement qui se situe à tous les niveaux. L'appauvrissement de la pensée, de la sensibilité et de la perception du réel a ses corollaires. En premier lieu, il s'agit de l'appauvrissement de la langue (vocabulaire, syntaxe et grammaire plus réduits, plus simples, voire plus confus, et je salue au passage les mentions utiles de Nessie au sujet de difficile/complexe/compliqué) pour dire un monde loin de se simplifier. Puis, et par conséquent, la diction, son intelligibilité, son spectre de fréquence et son expressivité sont affectés. Tout ceci rend les interventions actuelles en général bien moins fascinantes que celles de personnes dont la langue était aussi fleurie et vivante qu'elle était le signe d'une pensée mobile et libre.

Il faut dire qu'avec Henri Guillemin, vous tapez dans le haut du panier pour ce qui est de la passion d'enseigner (de transmettre). Cela dit, donnez-moi une heure sans interruption de Michel Pastoureau, je signe tout de suite, même si son débit peut paraître moins enjoué et plus monocorde. La force de sa parole vient de sa connaissance, toujours importante et jamais étalée, claire et donnée par amour de ce qu'il dit. Sa voix plutôt douce et calme donne envie de l'écouter, tranquillement. Et puis, comment dire, elle dégage une bonhomie d'une indéniable sympathie.

En réalité, à ma connaissance, le format des émissions actuelles ne permet pas de savoir si untel ou unetelle serait apte à maintenir un auditoire en haleine pendant de longues minutes, puisque le saucissonnage est la règle... Et trente secondes par-ci, et une minute par là... Il serait intéressant de compter les émissions de FC qui présentent encore de longues plages de parole d'une seule personne (je veux dire, hors chroniqueurs qui débitent du boudin noir à 30 cents le décimètre ou invités qui déblatèrent). Les Britanniques et les Allemands semblent faire un peu mieux... Surprise, surprise !

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Parole radiophonique - le Ven 02 Jan 2015, 21:11

@L'aimable a écrit: (...) Au sujet de la qualité du conférencier qu'était Henri Guillemin, de la passion qu'il dénotait, de l'engagement dont il faisait preuve dans ses interventions enregistrées, et de votre question légitime, Philaunet ("Qui peut nous tenir en haleine une heure durant aujourd'hui sur FC ?"), j'ai une remarque probablement évidente : nous avons affaire à un appauvrissement qui se situe à tous les niveaux. L'appauvrissement de la pensée, de la sensibilité et de la perception du réel a ses corollaires. En premier lieu, il s'agit de l'appauvrissement de la langue (vocabulaire, syntaxe et grammaire plus réduits, plus simples, voire plus confus, et je salue au passage les mentions utiles de Nessie au sujet de difficile/complexe/compliqué) pour dire un monde loin de se simplifier. Puis, et par conséquent, la diction, son intelligibilité, son spectre de fréquence et son expressivité sont affectés. Tout ceci rend les interventions actuelles en général bien moins fascinantes que celles de personnes dont la langue était aussi fleurie et vivante qu'elle était le signe d'une pensée mobile et libre.

Il faut dire qu'avec Henri Guillemin, vous tapez dans le haut du panier pour ce qui est de la passion d'enseigner (de transmettre). Cela dit, donnez-moi une heure sans interruption de Michel Pastoureau, je signe tout de suite, même si son débit peut paraître moins enjoué et plus monocorde. La force de sa parole vient de sa connaissance, toujours importante et jamais étalée, claire et donnée par amour de ce qu'il dit. Sa voix plutôt douce et calme donne envie de l'écouter, tranquillement. Et puis, comment dire, elle dégage une bonhomie d'une indéniable sympathie.

Ah, oui Michel Pastoureau, on ne se lasse pas de l'entendre (et lui de nous offrir son savoir) : chez Laure Adler, chez Alain Veinstein, chez jean-Noël Jeanneney, chez Michelle Perrot, au micro de la RTS. et chez Marie-Hélène Fraïssé dans une émission d'octobre dernier que j'allais justement signaler.

Il y a forcément d'autres personnalités qui pourraient retenir longuement notre attention, mais la question est de savoir si elles acceptent les invitations de France Culture et précisément si elles ont envie de répondre à des producteurs et des productrices type Laure Adler, Caroline Broué ou Marie Richeux. Il y avait naguère Du jour au lendemain où l'on pouvait espérer entendre une parole se développer sans qu'elle soit interrompue. De toute façon, on ne peut comparer la retransmission d'une conférence devant un public, comme celle de Guillemin, et un dialogue feutré dans un studio de radio.  Reste que ce que vous décrivez ci-dessous crée moins de dynamisme dans la parole qu'une succession de hoquets censés le représenter.

@L'aimable a écrit:En réalité, à ma connaissance, le format des émissions actuelles ne permet pas de savoir si untel ou unetelle serait apte à maintenir un auditoire en haleine pendant de longues minutes, puisque le saucissonnage est la règle... Et trente secondes par-ci, et une minute par là... Il serait intéressant de compter les émissions de FC qui présentent encore de longues plages de parole d'une seule personne (je veux dire, hors chroniqueurs qui débitent du boudin noir à 30 cents le décimètre ou invités qui déblatèrent). Les Britanniques et les Allemands semblent faire un peu mieux... Surprise, surprise !

Well, je ne suis pas sûr qu'un Matthew Parris de BBC 4 dans Great Lives ou certains présentateurs du Forum de SWR 2, par exemple, soient toujours des modèles de modération. En général, oui, ils font un peu, voire beaucoup, mieux. Mais la consigne est partout la même : pas de silence et pas de longues interventions, l'auditeur actuel risquant de zapper. C'est l'intention qu'on prête à ce dernier, qu'elle soit réelle est une autre question.

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Développement personnel et bonnes résolutions... - le Sam 10 Jan 2015, 14:15

Une petite dose d'Alain par André Maurois pour commencer l'année 2015 :  [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/08/s35/RF_4C29F6FC-EEFC-4DD1-A9F3-C42FDC141B74_GENE_0.MP3" debut="12:17" fin="15:03"]

C'était en 1954 lors d'une conférence de 25 minutes diffusée en août 2014 sous le titre "Alain et le bonheur" par André Maurois.

Qui osera la mettre en « Proposition d'écoute » ?

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André Maurois enchante son assistance en 1953 - le Lun 12 Jan 2015, 00:18

André Maurois, en plus d'être l'écrivain que l'on connaît, était un conférencier d'un talent exceptionnel. Avec Henri Guillemin, nous tenons deux piliers de l'évocation des oeuvres des grands écrivains du patrimoine .

Contrairement à ce que laisse entendre son titre, la conférence a pour sujet la vie et l'oeuvre de Victor Hugo et ne porte pas essentiellement sur Les Misérables (20 minutes sur les 60, commençant à 22'30").  

Ces 60 minutes de 1953  balaient tout le bavardage vain du France Culture actuel commentant l'actualité. On y redécouvre, à travers une langue parfaite et un savoir éminent mâtiné d'humour dans la pure veine britannique, tout un pan de l'histoire politique et littéraire française. On y entend de la poésie, des textes et des lettres, de beaux morceaux littéraires magnifiés par l'esprit et l'énergie communicative d'André Maurois. Qui veut prendre du recul pour mieux considérer sa propre époque, être ému par les aléas de l'existence de la famille Hugo et se délecter d'une langue française de qualité peut se rendre ici :  Les Misérables de Victor Hugo par André Maurois.

Car c'est aussi cela France Culture, radio unique pour la mise à disposition des émissions contemporaines et des archives (dans les Nuits) : 1000 jours d'écoute en ligne gratuite, un an de téléchargement.  Cela n'existe nulle part ailleurs.

Comme le dit le contributeur Alain Machefert que je salue au passage et dont j'apprécie la présence dans ce Forum, France Culture est une banque de contenus, il y en a pour tous les goûts. Et la Toile a suffisamment de ressources pour satisfaire les plus exigeants qui n'y trouveraient pas leur bonheur.

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Re: Les programmes d'été sur France Culture : des trésors enfouis - le Lun 12 Jan 2015, 20:53

@Philaunet a écrit:France Culture est une banque de contenus, il y en a pour tous les goûts. Et la Toile a suffisamment de ressources pour satisfaire les plus exigeants qui n'y trouveraient pas leur bonheur.

Merci, Philaunet. La possibilité de télécharger de très belles émissions reprises dans les Nuits de France Culture va dans ce sens. Vraiment une très bonne initiative de la part de FC. Beaucoup d'entre elles nourrissent ma nostalgie des émissions « longues ». La rediffusion (16 Octobre 2014) de l’émission « Une vie, une œuvre »,  consacrée a Hannah Arendt, me semble bien illustrer notre propos. (1h25, pensez-donc !)
Bien souvent ces émissions me donnent envie d’en savoir plus et une recherche sur la toile permet cet approfondissement. Tout cela est très complémentaire, en fait.

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Le cinéma retrouvé de Michel Boujut (Eté 1994 - 25 numéros) - le Sam 14 Fév 2015, 18:25

Dans la nuit rêvée de Pascale Ferran (cf notre programme des nuits de FC), Philippe Garbit nous offrira un épisode de la série de Michel Boujut : Cinéma retrouvé. C'est une série de l'été 1994, nous sommes là dans les grandes années de Boujut, auréolé de sa réussite dans "Cinéma, cinémas". Le sujet de la série : les films -ou plutôt des films- qui n'ont pas vu le jour. Des projets abandonnés, avortés, jamais aboutis, parfois bloqués pour raisons de droits, ou de budget ; parfois interrompus en plein tournage car il arrive que l'argent manque subitement et que les prises de vue ne dépassent pas le premier jour, telle fut la mésaventure vécue par Robert Enrico avec 'Coup de foudre' qui ouvre la série le 1er août. Encore plus dramatique : parfois la star décède ainsi Marylin abandonne Cukor en plein tournage de 'Something got to give' (épisode du 4 août). Au moins dans ces cas, il reste des rushes. A défaut, la créature fantôme n'existe que par des bribes : synopsis, découpage, dialogues, repérages, parfois des bouts d'essai. Et puis pour une autre série, il faudra penser aux films achevés mais qui ne sont jamais sortis parfois faute de droits là encore, même si le plus souvent, c'est faute de convaincre un distributeur : combien de bobines dorment dans les boites, sans que personne sache si ce sont des merdes absolues ou des chefs d'oeuvre méconnus. Remarquez, est-ce que ça fait une tellement grosse différence avec le stock d'une cinémathèque ? Hum...

Anyway, l'infra-existence de films inaboutis ne saurait surprendre le cinéphile qui à force de lire des interviews, d'entendre parler de projets, sait bien que des films non tournés il en est des quantités. La semaine dernière on a pu entendre John Boorman dire un soir au micro de Laura Delair qu'il avait laissé dans sa carrière plus de projets au bord de la route qu'il n'avait réussi à en mener à terme. Boorman qui est d'ailleurs présent dans la série d'août 94 en avant-dernière position pour 'Broken dream' (1er septembre). Pourtant, le lendemain dans le dernier épisode on entend Michel Deville se reconnaitre un seul échec  : un projet avorté de comédie musicale avec Dgeorges Chakiris. La star ne reçut jamais le scénario probablement bloqué par ses agents et le regretta fort mais c'est une autre histoire. On aura donc bien du mal à estimer, même à la louche, combien de films dorment dans ce vaste cimetière.

Au moins certains de ces morts avant terme ont connu leur célébrité ultérieure, comme 'L'enfer' de Clouzot ou 'Le voyage de Mastorma" de Fellini qui fit  l'objet de plusieurs émissions sur France Culture. D'autres sont devenus des mythes cinéphiliques comme le Don Quichotte d'Orson Welles ou le Harry Dickson de Resnais qu'on nous présente cette nuit. D'autres encore feront une belle surprise pour le cinéphile : une 'Ecole des femmes' par Max Ophuls (24 août), un 'Jésus' par Dreyer (29 août). Et qui donc sait encore qu'Abel Gance avait travaillé sur le 'Voyage au bout de la nuit' (épisode du 17 août), et que Welles projetait de faire un 'Au coeur des ténèbres' (la veille, le 16 août) ?

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Le Harry Dickson d'Alain Resnais (10 août 1994) - le Sam 14 Fév 2015, 19:00

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Le numéro donné cette nuit est un serpent de mer du cinéma, fréquemment évoqué sur France culture et aussi notoire que le Don Quichotte d'Orson Welles :  Resnais passionné de littérature populaire et grand amateur de Jean Ray, a souvent parlé de son Harry Dickson. Souvent, mais pas dans cette émission où il jouera l'homme invisible ou plutôt inaudible. Le projet, scénarisé par Frédéric de Towarnicki, prévoyait Dirk Bogarde, Vanessa Redgrave, Delphine Seyrig. L'historien de référence sera François Angelier, déjà des plus érudits sur la question mais à la voix et au ton moins affirmés que dans ses actuels samedis soirs. De même, l'autre surprise pour les auditeurs de 2015 sera d'entendre aux côtés de Michel Boujut un Sganarelle inattendu : cette voix timide et douce, presque humble mais oui c'est bien notre Arnaud Laporte en 1994, qui ne tardera guère à se transformer en excellent producteur de documentaires dans l'esprit maison, avant de muter quelques années plus tard et devenir le hâbleur que l'on connait maintenant.

On l'a dit, pendant toute l'émission Resnais fait le mort. Il apparait dans quelques archives mais reste injoignable. Arnaud Laporte, rusé, réussit à obtenir quelques explications par son ami André Heinrich qui, lui, répond au téléphone. Le même André Heinrich qu'on avait rencontré au téléphone déjà fort cordial en 1991, l'été de Chronique d'un été. Alors si l'on ne nous a pas épargné le suspense qui n'aboutit à rien (sonneries de téléphone, messages de répondeur bref la même mise en scène stérile dont FC abuse encore), au moins au plan strictement radiophonique, il faut saluer l'appel aux ressources maison avec cette idée qui fait mouche : faute de documents sonores on reconstitue un entretien de magazine entre Resnais et François Truchaud (par les comédiens Jean-Marie Galey et Jean-Pierre Malo). Et puisque le projet laissé en route contenait déjà quelque dialogue, on les mettra en ondes dans le meilleur style de la maison, par les mêmes comédiens plus quelques autres (Elisa Servier, Gilles Davidas). A ce moment on se souvient que le meilleur France Culture est un cousin fort honorable du cinéma, et puis comme le disait Marcel Hanoun dans un clin d'oeil fameux : "Le cinéma idéal c'est la radio"

On n'en dira pas plus sur ce numéro, à découvrir la nuit prochaine à 5h29, puis disponible en podcast et en écoute à la demande. Mais pour allécher les nostalgiques, pour nourrir quelque courriers à Garbit et de là quelque espoir de trouver dans le programme de nuit d'autres numéros de cette série, le lecteur trouvera dans le post suivant l'inventaire complet des 25 numéros du Cinéma retrouvé de Michel Boujut.

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Cinéma retrouvé - 25 fois 55' par Michel Boujut, Arnaud Laporte & Christine Robert - le Sam 14 Fév 2015, 21:17

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- 1er aout 1994 : Robert Enrico pour Coup de foudre  
- 2 août :  Jean Renoir pour Julienne et son amour
- 3 août : Fellini pour Le voyage de Mastorma
- 4 août : Dgeorges Cukor pour Something's got to give
- 5 août : Pierre Etaix pour Nom de Dieu
- 8 août : Visconti pour La recherche du temps perdu
- 9 août : Clouzot pour L'enfer
- 10 août : Alain Resnais pour Harry Dickson
- 11 août : Josef von Sternberg pour I, Claudius
- 12 août : Antonioni pour Techniquement douce
- 15 août : Hitchcock pour Titanic
- 16 août : Orson Welles pour Au coeur des ténèbres
- 17 août : Abel Gance pour Voyage au bout de la nuit
- 18 août : René Clair pour Air pur
- 19 août : Bunuel pour Là-bas
- 22 août : Sergio Leone pour Stalingrad
- 23 août : Jacques Demy pour Anouchka
- 24 août : Max Ophüls pour L'ecole des femmes
- 25 août : Grémillon pour Le printemps de la liberté
- 26 août : Marcel Carné pour La fleur de l'âge
- 29 août : Carl Dreyer pour Jesus
- 30 août : Grunenbaum pour La valse des adieux
- 31 août : Jean Devaivre pour Le désert des tartares
- 1 septembre : John Boorman pour Broken dream
- 2 septembre : la série s'achève en beauté avec 12 appels n'ayant pas débouché sur une émission complète, pour le coup c'est de l'inabouti au carré. Il y avait peut-être là une moitié du programme pour un deuxième été, qui hélas n'eut pas lieu. Au bout du fil les 12 cinéastes : Bertrand Tavernier, Marin Karmitz, Claude Miller, Michel Deville, Jean-Claude Brisseau, Pierre Etaix encore, Claire Denis, Godard, Patrice Leconte, Iotar Iossellani, Marcel Ophuls, enfinJean-Charles Tachella qui évoque son ami Erich von Stroheim (la chute est bien choisie, émouvante).

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4 août 1994 - Cinéma retrouvé : le dernier Marylin - le Ven 20 Mar 2015, 14:54

@Nessie a écrit:[...] pour allécher les nostalgiques, pour nourrir quelque courriers à Garbit et de là quelque espoir de trouver dans le programme de nuit d'autres numéros de cette série, le lecteur trouvera dans le post suivant l'inventaire complet des 25 numéros du Cinéma retrouvé de Michel Boujut.

Eh bien les amis, l'espoir est permis puisque dans la semaine à venir, l'équipe de nuit nous offre un 2e numéro de cette série : dans la nuit de dimanche à lundi, de 3h12 à 4h12, l'épisode du 4 août : Something's got to give, qu'on avait nommément évoqué dans la première partie de notre notice sur cette série disparue. En 1963, une comédie de Dgeorges Cukor dont le tournage fut définitivement interrompu par le décès de la star. Les rushes contiennent les dernières images filmées de Marylin. Certaines sont passées à la postérité et non sans une dimension de légende (Marylin nue dans l'eau ou au bord de la piscine).

On vous en dira plus ici-même dans la journée précédant la diffusion. Non, pas sur Marylin mais sur l'émission Wink
Et il semble bien que l'équipe de nuit avait d'emblée compris que grâce à la requête de Pascale Ferran, on venait là d'ouvrir un filon.

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A l'intention de ceux qui prennent mon pseudonyme pour un bouclier : mon identité n'est ni affichée ni dissimulée.
Pour la trouver il suffit de suivre le fil de mon profil.

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