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Carnet nomade    Page 2 sur 4

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Carnet Nomade - 19 septembre 2010 - le Mar 21 Sep 2010, 14:58

Rappel du premier message :

Encore un bien beau Carnet Nomade dimanche dernier, et surtout une fort belle première séquence : évocation de l'album de famille d'André Gide par Jean-pierre Prévost. 20 minutes de radio aérienne, intelligente, cultivée et cultivante. Souvent le dimanche à 14h France Culture enrichit l'esprit tout en caressant l'oreille. Et puisque c'était un carnet de famile, la séquence Gide se conclut avec une chanson nostalgique et un peu ironique peut-être : "Les escaliers", que Colette Fellous nous permet d'écouter en entier. Chantée par Hugues de Courson, c'est un truc un peu rarissime, entendu chez Bertrand Jérôme & Françoise Treussard il y a une bonne dizaine d'années, une chanson de Patrick Modiano, écrite en 1967 avec d'autres et enregistrée dans un album de 1979 : Fonds de tiroir.

On peut apprécier un peu moins la deuxième partie avec Jean-Baptiste Harang, cette fois tissée de ses nostalgies à lui comme une série de "je me souviens" en version douce-amère ou plutôt amère-douce. Mais hélas non sans une molle auto-complaisance, et puis une imprégnation de moraline revancharde notamment dans ces jugements un peu lourdauds sur les jeux scouts, et là ça rappelle les mauvais moments doucereusement narcissiques de certains invités d'Alain Veinstein. Le charme radiophonique de Colette Fellous opère encore, mais elle n'est pas là pour tempérer les fausses notes de l'auto-complaisance dont Harang semble faire son jus quotidien, et d'ailleurs rien ne dit que ça la dérange, puisque la productrice est, comme à l'accoutumée, aussi présente que discrète. Dans cette école radiophonique là, c'est à l'auditeur de faire son jugement. Radio au service de l'invité et du public. Profitons-en.

Je ne dis rien de la troisième partie, sinon qu'elle récupére sans mal l'auditeur qui se serait trouvé un peu agacé, et qui se réconcilie avec ce Carnet nomade aussi réussi qu'à l'accoutumée, malgré sa deuxième partie un peu faible quoique pas du tout inintéressante. Mais la nostalgie c'est un genre difficile, n'est-ce pas ?
* * *

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Re: Carnet nomade - le Lun 08 Avr 2013, 00:57

Belle prise ce samedi dans le Carnet Nomade, on nous a refait le coup de la force de Coriolis, je ne sais plus à quel propos j'avoue que je prenais le train en marche. Bref ce que je redoutais arriva: "vous pouvez expliquer?"
A peine le temps de retenir son souffle que le lavabo est servi Crying or Very sad

Je l'aurais bien pardonné l'invité, ça arrive à tout le monde, mais il nous a sorti son explication avec une telle suffisance, une telle auto-satisfaction, qu'il m'a arraché un hurlement. L'enregistrement mériterait de figurer au répertoire du fameux soulagicon (invention belge de la fin du vingtième siècle).

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Ce que j'ai fait de mes 10 dollars - le Lun 08 Avr 2013, 10:39

@ Di Salvo

Ah, c'était dans quelle partie du carnet nomade ?

- J'ai écouté le premier tiers sans particulière malveillance auditive, mais non plus sans un intérêt démesuré. Il faut dire que je me demandais au moins 2 fois par minute si cette Helena Lovilovitch était une résurgence de la fameuse Lena Lovitch qui autrefois chantait du rock glauque dans un costume gothique inspiré de la comtesse de Ségur qui aurait copié Dracula.
- Le deuxième invité, au bout d'une minute je me suis dit : encore 3 'voila' et je saute la séquence. 15 secondes plus tard je passai à la dernière partie de l'émission.
- Le troisième invité pourrait bien être votre gus, car bien que je ne me souvienne guère d'avoir reçu un coup de lavabo, du côté du soulagicon en matière de suffisance et d'auto-satisfaction j'ai trouvé sa prestation assez intéressante pour la classer après-coup dans mon répertoire 'horreur radiophonique', à la section "fiers prétentieux", sous le titre "Les cons radiophoniques ne sont pas tous des jeunes gommeux".

Comme je n'ai guère de souvenir de Coriolis dans mes oreilles de lavabo, je mise un dollar sur le dernier et 8 sur le deuxième (Di Folco) puisque je l'ai pas écouté. Je réserve un dollar pour le cas où ça serait dans une autre émission, car il y avait aussi bien des conneries au programme du Xav'e, me semble-t-il.

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Re: Carnet nomade - le Lun 08 Avr 2013, 14:24

Oui, qui est-il cet invité au fond ? C'est bien ce que je me demandais. Aucune mention de son nom au cours de la conversation.

J'ai patiemment subi ces échanges en me disant que Colette Fellous allait au moins rappeler le nom de son interlocuteur pour la forme, mais non, l'auditeur n'avait qu'à être à l'heure, hop! au suivant. Il s'agissait donc du deuxième invité.

Par curiosité je vais sur le site du Carnet Nomade histoire de lui donner un nom:
Philippe di Folco... auteur de Lavomatic.
Lavabo, lavomatic... Coïncidence? Conspiration? Si en plus cette affaire de Coriolis a été mûrement réfléchie il y circonstance aggravante. Il va probablement refaire son numéro de chien savant tout au long de sa tournée promo. Peut-être va-t-il se faire corriger sur Inter avec un peu de chance. J'ai laissé un commentaire sur la page de Carnet Nomade, le ton devait être un peu trop hostile il n'a pas été publié. Je me laisse emporter, c'est moins l'erreur que la voix qui m'a fait dérailler. Chez quelqu'un d'autre ça m'aurait arraché un sourire attendri, mais là non, j'aurais été présent je l'aurais mordu c'est curieux tout ça.

Conséquence inattendue de tout cela, grâce à vous Nessie, ou plutôt à cause de vous, me voilà persécuté par un air de Lena que je ne parviens pas à m'ôter de la tête...

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Re: Carnet nomade - le Lun 08 Avr 2013, 16:52

J'avais fait les mêmes recherches que vous, Disalvo, suite au messagede Nessie. Le lavomatic est hautement suspect. Publiez votre message à Carnet Nomade sur le forum s'il ne passe pas chez France Culture, c'est aussi un de ses buts.

Sur cette histoire de Coriolis, PdF, en acrobate de l'image, parlait peut-être d'un (très) gros lavabo placé au pôle ? L'eau y gèle légèrement spiralée, si si.

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Promenades de charme en deça de la ceinture des maréchaux - le Mar 07 Mai 2013, 16:27

Voici un fort sympathique numéro du Carnet Nomade ce samedi 4 mai. Pour une fois il n'y a que deux sujets et non trois comme il est d'usage ou même parfois quatre. De là, une demi-heure pour chacun, Colette Fellous prend son temps et l'auditeur ne s'en plaindra pas.

D'abord une promenade parisienne avec Jean-Christophe Bailly. Hélas on n'échappe pas à l'hommage au paradigme culturo-idéologique de FC, comme si c'était un tribu à payer mais non, c'est probablement sincère. Après un cliché idéologique, le 567987321eme coup de lèche à oualtèrbenniamine depuis le début de l'année. Enfin comme ça tombe à la fin de la séquence on n'en prend pas trop dans le buffet de toutes façons on est encore sous le charme de la demi-heure qui précède.

Ensuite une exposition d'un artiste inconnu redécouvert quand on a ouvert sa malle dans le grenier des descendants : tableaux, photos sur verre. Orientalisme au programme. Comme Bailly, la personne qui nous accompagne (Aude de Tocqueville, commissaire de l'exposition) ne cache pas sa joie et nous la fait partager.

Nous étions à Paris : dans le secteur du Jardin des Plantes avec Bailly. Au musée du Montparnasse avec Aude de Tocqueville pour l'exposition Gasté.

Au fait pour ceux qui ne le savent pas, le véritable lieu de Paris nommé Montparnasse n'est pas tout à fait à l'endroit ainsi nommé je veux dire la place de la Gare. Montparnasse est le nom qui avait été donné par dérision et par des étudiants potaches à un tumulus de débris situé à un jet de pelure de banane du carrefour Vavin, donc plutôt près de l'emplacement actuel de la statue de Balzac.

C'était notre demi-paragraphe culturel et là juste à gauche de mon baratin c'est pas un mont ni aucun Parnasse ni littéraire ni rien c'est une vue prise de la terrasse de Sitta en Inde par Djeörges Gasté.

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Carnet nomade, Werner de Delphes ou : ''Le grand retour des professionnels'' - le Dim 07 Sep 2014, 19:23

Nous constatons que les super-professionnels du site de FC ont fait leur rentrée. La preuve : la page du Carnet nomade n'apparait plus dans l'inventaire des émissions. C'était tellement plus important d'y ajouter la poussière de chroniques, vous comprenez. Regardez bien la page d'inventaire des émissions, et voyez combien de vignettes mènent à des 5 minutes. Voila la radio de Poivre d'Arvor bis : de la poussière de culture. Mais on n'oublie surtout pas de célébrer la création d'une nouvelle émission politique hein : l'atelier du popolitique. Chef d'atelier : le recalé en chef qui à chaque remaniement ministériel voit le ministère de la culleture lui passer sous le nez, damnation.

Bon je ne sais pas quel sera l'avenir de ce post, effacé ou recyclé ailleurs quand la vignette donnant accès à la page du Carnet nomade sera de retour sur le site. Fort heureusement d'ailleurs, puisque l'émission elle,  n'est pas supprimée. Et sa page est toujours disponible, là où l'avait signalée (par précaution) dans ce post.

Manque plus que d'en retrouver le chemin. Par ici pour le carnet nomade de cette semaine : http://www.franceculture.fr/emission-carnet-nomade-0
C'est un numéro fort plaisant.
Un seul défaut aux yeux de Poivrinet : encore un sujet culturel ah la la (ronfle). En l'occurrence un inconnu célèb', euh, Werner de Delphes, je crois (un philosophe, nan ?)

Du coup je te nous le mets en proposition d'écoute, tiens....

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La nuit américaine de Colette Fellous - le Jeu 06 Nov 2014, 00:06

Samedi 1er novembre quelques heures après que Martin Quénéhen s'était payé le luxe de transformer "Une vie une oeuvre" en un truc (on ne sait pas trop quoi) Colette Fellous elle, consacrait son Carnet nomade à François Truffaut. On connait sa formule habituelle de 3 ou 4 pages de 15 ou 20 minutes avec pour chacune un invité différent venu présenter qui son roman, qui son expo. Une formule peut-être sans surprise, devenue lassante à terme ? Eh bien cette fois non.

Pour cette fois, un sujet unique : le film de François Truffaut "La nuit américaine" (1973). Mais pas question de se laisser enfermer dans les studios de la Victorine : la productrice entraine l'auditeur dans l'oeuvre du cinéaste, en passant par l'exposition Truffaut organisée à la Cinémathèque. Résultat : avec le secours de quelques invités, des extraits de la bande son de ce film et quelques autres, avec aussi la voix de Truffaut tirée des archives, c'est une conception du cinéma et presque toute une carrière qui va nous être résumée en une heure.

Ce Carnet nomade est bâti un peu à l'image des documentaires de jadis, et à la durée près (60 minutes) on a l'impression d'avoir ici affaire à un "Une vie une oeuvre - François Truffaut" ou un "Mardis du cinéma - La nuit américaine". Dans ces 60 minutes on entendra donc le témoignage et les souvenirs de Jean-François Stévenin ; et de Serge Toubiana qui n'a pas connu Truffaut ou à peine mais signe l'exposition (du 8 octobre au 25 janvier) on entendra une évocation générale de l'homme.

Pour être franc, je ne l'ai pas appréciée tant que ça cette heure. Peut-être parce qu'en fin de compte elle ne m'a pas appris grand chose de nouveau. Certes avec Stévenin on entend une flopée d'anecdotes qui sont révélatrices du personnage-Truffaut : Stévenin, comme ancien assistant du cinéaste, il en a beaucoup vu ça oui. Mais il a quand même bien vieilli et il ne reste plus grand chose de l'énergique personnage qu'on connaissait. Une surprise toutefois : dans un extrait de "L'argent de poche" qu'on tarde à identifier, les deux voix se confondent. Est-ce Stévenin qui parle ? Ou bien sûr on reconnait sa voix éraillée de 2014. Mais juste avant, cette scène de comédie avec une voix jeune, c'est lui ou  bien c'est Truffaut ? On devine ou on comprend quel mimétisme l'homme pouvait susciter :  [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/11/s44/RF_988F1665-D234-44E3-89C5-0BDF79304671_GENE.MP3" debut="41:18" fin="43:05"]

Serge Toubiana il faut le dire sera ici franchement meilleur qu'à son habitude. Il faut dire qu'à l'oral, pour qui veut jouer au diagnostic, il y a de quoi hésiter entre le creux abyssal sur fond de passion sincère, et le profil psychologique du roublard, pilote habile aux commandes d'un mammouth institutionnel (la Cinémathèque) mais s'attachant toujours à passer pour une buse. Pour avoir été dans la salle il y a une semaine quand il est venu présenter "L'homme qui aimait les femmes" je peux vous dire que dans le rôle de la buse qui n'a rien à dire et qui tient à le faire savoir, il est vraiment parfait. Il suffirait d'ajouter à sa modestie naturelle quelques gueuzes de lourde vanité et un rire con, et là vous avez quasi un double de Voinchet. Finalement pour cette fois , au micro de Colette Fellous il ne s'en tire pas trop mal en se chargeant du volet biographique et de l'analyse psychologique. C'est touchant à entendre mais ça n'est pas bien neuf. En bon connaisseur il balaie intelligemment plusieurs pans de l'oeuvre, il évoque l'inévitable André Bazin, et aussi l'apport de Georges Delerue. Et si les cinéphiles n'apprennent pas grand chose sur le cinéaste, les autres y découvriront un personnage attachant, pour le moins. Et même pour les premiers, c'est toujours un bonheur d'entendre la voix de Truffaut, son intelligence, sa finesse et sa douceur, sa gentillesse et sa sincérité totale. On ne sait pas trop pour laquelle de ces qualités -pour tout ça peut-être ?- Wim Wenders l'avait distingué avec Ozu et Tarkovski comme étant les trois anges à qui dédier post mortem "Les ailes du désir".  [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/11/s44/RF_988F1665-D234-44E3-89C5-0BDF79304671_GENE.MP3" debut="00:11" fin="00:35"]

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Platonov dans le Carnet nomade - le Dim 01 Fév 2015, 22:13

du riznoir et duritenoire a écrit:dimanche 25 janvier 2015
Une oreille prêtée à Hélène Hazera pour son émission chanson boum:

Hélène :
"c'était le jingle qui a de la gueule" + rire
L'invité:
"pas un jingle bégueule"
riz riz
"un jingle que je dégueule"

la colère excuse la grossièreté (parfois)   cherry boum !
mais pas encore de quoi péter une durite.

Soit les gingle ont été absents du Carnet nomade sauf au bout 50 minutes alors que l'émission était presque achevée. Soit elle était tellement captivante qu'on ne les a pas entendus.

Ce samedi 31, le Carnet nomade c'était une heure avec Tchékhov ou plutôt avec Micha Lescot qui monte Platonov. On sent qu'il ne connait pas grand chose au monde russe il le dit lui-même c'est la traductrice Françoise Morvan qui lui a signalé plusieurs sous-entendus impénétrables au lecteur non averti. Mais il connait certainement bien sa pièce et ses personnages, il connait l'auteur, il connait son affaire et la productrice Colette Fellous elle aussi semble avoir pas mal roulé sa bosse dans les salles. Résultat : voici une heure entièrement consacrée à une oeuvre, un spectacle, un auteur, une mise en scène, sans dérives que ce soit dans la leçon de vote ou dans le forçage de préchi-précha et pas non plus de blagues lourdingues avec rires gras. Enfin c'est le Carnet nomade il faut dire, émission qui la plupart du temps s'écoute avec nostalgie : il fut un temps où France Culture c'était comme ça pendant la plus grande partie de la journée.

En tous cas, pour le magazine théâtre il est temps d'exiger la démission de Joelle Gayot ou bien de lui donner la direction d'un théâtre à Vitry-le-François.

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Bonnard et Barthes dans le Carnet nomade - le Sam 09 Mai 2015, 22:30

Je ne sais pas si c'est un bonne période ou carrément une bonne année, mais voici encore un beau doublé dans le Carnet nomade :

- samedi 9 mai :  Roland Barthes. Alors là c'est vraiment le sujet archi usé de Colette Fellous. Miracle : elle réussit à faire du neuf quand même. Je vous en mets un extrait ici-même. Ceux qui ne peuvent pas supporter Tiphaine Samoyault (je ne suis pas loin d'en faire partie) sentiront la différence d'avec la série du brave Tewfik Hakem. En ce qui me concerne c'est l'effet inverse : Tiphaine Samoyault dans le Carnet Nomade je me laisse accrocher par la qualité de la conversation alors que Tiphaine Samoyault au micro de Tewfik je coupe avant la fin de la première minute.

- le samedi 25 avril: Pierre Bonnard. L'émission mérite la comparaison avec "Les regardeurs" qui nous a fait du Bonnard récemment, et quand bien même ça ne serait pas le cas, on entendra la différence : le samedi à 20h deux personnes cultivées commentent à mi-voix une série de tableaux ou peut-être de photos on ne sait pas. Une magie opère. On y trouve tout ce qu'on aimait reprocher à Bébé-Matthieu dans son "Une vie pas d'oeuvre mais du détail pipole" : sauf que Marthe Bonnard c'est pas du détail pipole, c'est la part maitresse de la flamme chez Bonnard. 5 heures plus tôt c'est une autre affaire.

Eh bien en voila, de la radio comparée :
- le carnet nomade face à Jean de Loisy.
- le carnet nomade face à Un autre jour est possible.
Dans les deux cas, est-ce de qualité radiophonique qu'il s'agit ? Certainement mais laquelle ? Celle qui découle directement du métier du producteur. De sa culture générale plutôt que de sa culture de spécialiste car si à ce titre il vaut mieux ne rien dire de Tewfik Hakem, Jean de Loisy lui, est en principe compétent sur le sujet Bonnard. Mais pour faire de la radio sur le sujet Bonnard ? C'est moins sûr s'il s'y prend toujours de la même façon : en invitant des plasticiens décomplexés au style débraillé ; en donnant à l'émission un ton tellement détendu que le résultat est de la plus extrême mollesse intellectuelle ? En copiant pour le pire les intros d"Alain Jaubert dans feu "Palettes". En promeuvant une petite protégée qui fait de l'ombre à la Paola de notre pommadé du dimanche ? Passons, passons, il serait cruel d'insister.

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A l'intention de ceux qui prennent mon pseudonyme pour un bouclier : mon identité n'est ni affichée ni dissimulée.
Pour la trouver il suffit de suivre le fil de mon profil.

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« La magie opère » - le Jeu 14 Mai 2015, 13:54

@Nessie a écrit:Je ne sais pas si c'est un bonne période ou carrément une bonne année, mais voici encore un beau doublé dans le Carnet nomade :

- samedi 9 mai :  Roland Barthes. Alors là c'est vraiment le sujet archi usé de Colette Fellous. Miracle : elle réussit à faire du neuf quand même. Je vous en mets un extrait ici-même. Ceux qui ne peuvent pas supporter Tiphaine Samoyault (je ne suis pas loin d'en faire partie) sentiront la différence d'avec la série du brave Tewfik Hakem. En ce qui me concerne c'est l'effet inverse : Tiphaine Samoyault dans le Carnet Nomade je me laisse accrocher par la qualité de la conversation alors que Tiphaine Samoyault au micro de Tewfik je coupe avant la fin de la première minute. (...)
Eh bien en voila, de la radio comparée :
- (...)
- le carnet nomade face à Un autre jour est possible.
(...) est-ce de qualité radiophonique qu'il s'agit ? Certainement mais laquelle ? Celle qui découle directement du métier du producteur. De sa culture générale plutôt que de sa culture de spécialiste car si à ce titre il vaut mieux ne rien dire de Tewfik Hakem, (...)

Merci pour ces coups de projecteur, il faut bien que quelqu'un le fasse, la presse généraliste ayant abandonné la recension des émissions radiophoniques culturelles.

Oui, il y a miracle ou, comme vous le dites à propos du numéro sur Bonnard, « la magie opère ».

Parce que c'est Colette Fellous qui a une longue expérience et une haute conception du métier de producteur. Parce que tout en ayant suivi le séminaire de Barthes (c'est chez Veinstein qu'elle en a parlé, si je me souviens bien) et après avoir fait plusieurs émissions sur l'écrivain, elle n'a rien perdu de l'admiration qu'elle lui porte et de sa curiosité.  Le métier de Colette Fellous est de donner à entendre une parole, subtile, allusive, discrète,  polie, DÉLICATE, et d'éveiller l'envie, de partager l'admiration.  Ce n'est pas le but de Tewfik Hakem. Je ne vois d'ailleurs pas son but au service des auditeurs, encore une mauvaise distribution.

Colette Fellous sait amener son invitée vers une parole apaisée, elle enseigne par l'exemple la conversation policée et douce à son interlocutrice, tout au moins elle la rend évidente et enviable, par empathie.

Que peut faire Hakem face à Samoyault sinon rendre encore plus marqué le parler contemporain (voir van Reeth et ses amies) qui imprègne la biographe et qui ne fait pas merveille à la radio (ni ailleurs) ?

Enfin, oui, Colette Fellous a une culture générale large et une conception du temps étendu que n'ont pas les derniers employés surexcités de la chaîne.

Et n'oublions pas que pour créer cette atmosphère à Carnet Nomade, il y a un réalisateur, Vincent Decque, et un collaborateur, Thierry Beauchamp. Les atmosphères poétiques, toujours très bien rendues, leur doivent sans doute beaucoup.  

Un extrait pour entendre Tiphaine Samoyault parler de sa manière de concevoir une biographie :
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/05/s19/RF_D7EE4456-73F3-46F3-90D7-160844487088_GENE.MP3" debut="34:25" fin="35:45"]

Un second, pour entendre cette alchimie réussie entre voix et musique (attention, c'est un Lied, cher à Barthes, pas une chanson remixée ou un rap, que voulez-vous, vous êtes, exceptionnellement, sur France Culture...)
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/05/s19/RF_D7EE4456-73F3-46F3-90D7-160844487088_GENE.MP3" debut="45:47" fin="47:29"]

Roland Barthes dans la lumière du sud-ouest

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Carnet nomade - le Dim 17 Mai 2015, 12:27

@Nessie a écrit:Je ne sais pas si c'est un bonne période ou carrément une bonne année, mais voici encore un beau doublé dans le Carnet nomade :

- le samedi 25 avril: Pierre Bonnard. L'émission mérite la comparaison avec "Les regardeurs" qui nous a fait du Bonnard récemment, et quand bien même ça ne serait pas le cas, on entendra la différence : le samedi à 20h deux personnes cultivées commentent à mi-voix une série de tableaux ou peut-être de photos on ne sait pas. Une magie opère. On y trouve tout ce qu'on aimait reprocher à Bébé-Matthieu dans son "Une vie pas d'oeuvre mais du détail pipole" : sauf que Marthe Bonnard c'est pas du détail pipole, c'est la part maitresse de la flamme chez Bonnard. 5 heures plus tôt c'est une autre affaire.(...)

Encore merci pour ce conseil d'écoute, c'est une splendide émission.  La conversation à mi-voix (ici nécessairement, puisqu'elle a lieu dans un musée aux heures d'ouverture publique) est le nec plus ultra de la parole radiophonique.

C'est à chacun de nous que parle la savante Isabelle Cahn, commissaire de l'exposition. Voilà de la radio culturelle, de la vraie : Colette Fellous sait que l'émission radiophonique est faite pour l'auditeur et non pour une petite bande de copains qui se marrent (voir les Matins, la Dispute, etc.) ;  elle sait, en osmose avec son équipe de réalisation, créer une complicité entre elle et l'auditeur, entre les intervenants et l'auditeur. La différence entre le professionnalisme engagé au service de l'auditeur et l'amateurisme rigolard entre soi ?  Dans le premier cas, l'auditeur entend le producteur écouter son vis-à-vis et nous écoutons avec lui. Colette Fellous crée l'écoute de l'auditeur par la sienne propre, attentive, respectueuse, délicate.  

La réalisation est très bonne, les atmosphères sonores * (du piano, très souvent) sont calibrées au millimètre.  Les autres invités (Guy Cogeval, président de l’Établissement public du Musée d’Orsay et du Musée de l’Orangerie ; Jean Clair, écrivain et historien de l’art , directeur du musée Picasso pendant 18 ans) sont parfaitement  choisis et leurs interventions n'ont rien des confettis sonores que l'on entend à Une vie une oeuvre.

Que nous réserve Van Gogh, Les mangeurs de pommes de terre ?

PS. Le numéro des Regardeurs sur Pierre Bonnard vient d'être proposé en téléchargement  « Crépuscule » ou « La partie de croquet » (1892) de Pierre Bonnard (1867-1947). Faut-il vraiment comparer ?

* Précédemment, j'écrivais qu'il n'y avait pas de chanson remixée, il se trouve que la présente émission se conclut avec la chanson "Les mots bleus" de Christophe arrangée par Bashung...

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