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Hors-champs par Laure Adler    Page 21 sur 21

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L'art de l'interveiw - le Mar 22 Sep 2009, 15:31

Rappel du premier message :

Bonjour cher Vincent.

Je ne chercherai pas à vous convaincre. Seulement à exposer mon point de vue, en l'occurrence différent. Ensuite viendront peut-être d'autres points de vue pour compléter les nôtres ? On peut l'espérer, non ? Car nous sommes gens de débat.

Du mal sur L.A., vous en lirez ici, c'est inévitable. Mais si c'est du mal écrit honnêtement et de bonne foi, alors où est le problème ? D'ailleurs du bien, sur L.A vous en lirez aussi, et peut-être en provenance des mêmes. Espérons que ça ne vous fera pas taxer d'incohérence (je vous cite ou quasi) ceux de vos interlocuteurs dont le propos n'est pas unilatéral, simplement parce qu'ils prennent soin de faire la part des choses...
Ainsi je me souviens d'une soirée de fou-rire où avait été listé en direct le bétisier d'une seule émission de l'Avventura. Soirée qui avait été suivie de posts des mêmes où l'on soulignait par ailleurs nombre des qualités de l'émission "L'avventura". Le professionalisme, la préparation, la mise en ondes, la connaissance du sujet. Alors : incohérence, ou tout simplement, discernement ?

Dites moi cher Vincent, est-ce Laure Adler, qui vous a plu hier, ou bien (car à vous lire on a cette impression) est-ce Marceline Loridan bien mise en valeur dans une interview peut-être bien faite par Laure Adler ? Dans les deux cas, ça mérite de signaler un travail réussi. La critique est positive. Dans l'absolu hier soir j'étais client pour Hors-Champs. Certes je n'apprécie guère les personnages consensuels obligés, fourgues des bons sentiments de l'air du temps et donc dispensateurs de discours archi-prévus, ces intouchables comme Stéphane Hessel ou Marcelline Loridan. Et je crois que la station nous a bien assez saturés avec l'exploitation des grands malheurs que sont les camps, massacres, jénaucides, catastrophes. Mais comme j'apprécie sans réserve une certaine qualité de témoignages humains, alors non seulement je les supporte les souvenirs de ML, mais encore j'en demande. Et puis, "Chronique d'un été" a longtemps été ma bible cinéma, alors ...

Quel est le problème de Laure Adler, ou plutôt le problème qu'elle pose à certains auditeurs ? Réponse : son style de questionnement dans l'interview, toute marquée par l'approche émotionnelle focalisée sur les sujets obligés de l'air du temps, et les lunettes de la morale. Résultat : des questions usées jusqu'à la fibres, archi-rebattues, téléphonées, toujours sur le même mode de l'émotion. Des questions-cliché. Les mêmes, d'ailleurs, dont usait et abusait Brigitte Lefevre il ya peu. A croire qu'il existe un bréviaire. Exemple ["Qu'avez-vous ressenti quand... + évocation d'un moment important]. Hier j'étais plutôt client de Hors-Champs. J'ai coupé dès que j'ai entendu la question "qu'avez vous ressenti quand vous avez débarqué sous la schlague dans le camp de concentration ?" (à peu-près).

Sur une chaine où l'art de l'interview a été porté à ses sommets, de Jean Amrouche à Alain Veinstein en passant par Francesca Piolot ou le meilleur Jean Lebrun, eh bien voyez-vous, d'entendre poser encore et toujours les mêmes questions tirées d'un bréviaire simplet, c'est peut-être ça le second étage du problème que nous pose France Culture : même quand il y a de la culture, même quand le sujet est respectable, même quand la bonne volonté est patente, il arrive (souvent, pour ma part) qu'on coupe, tout simplement, parce que c'est fait dans un esprit incroyablement niais et en cédant à toutes les facilités. Facilité, niaiserie dans le traitement de la culture : on reconnait la question de la qualité, question difficile et soumise aux pièges de la subjectivité. C'est le second étage de la critique, et il reviendra dans d'autres fils, dans la suite des débats de fonds sur ce que propose FC à ses auditeurs.

Cordialement
* * *

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Laure Adler jusqu'à la lie - le Lun 13 Juin 2016, 22:33

"Je crois que c'est profondément vrai ce que vous avez dit", première phrase de Slavoj Zizek à Laure Adler ce soir. Laquelle vient de rappeler, entre autres, qu'il a écrit "de nombreux bouquins". Ouais, des bouquins quoi.

Adler annonce que Zizek traite de la problématique des réfugiés. Tiens, ça faisait longtemps (cf. Hanif Kureishi du jour).

De Zizek il a été question dans ce forum notamment en 2011 ici et à propos de l'auteur invité dans Répliques.

En 2016, la présentation est la suivante : "Philosophe néo-marxiste et post-structuraliste, Slavoj Zizek est une figure montante de la gauche alternative. Le penseur slovène s'installe aux côtés de Laure Adler pour évoquer son parcours et livre son regard sur le terrorisme et la crise des réfugiés." Pour la promotion de son livre :  La nouvelle lutte des classes: les vraies causes des réfugiés et du terrorisme auquel Télérama a consacré un papier Entretien du 13 06 2016, "Rencontre avec un trublion de la pensée".

Qui aura eu la force de se coltiner l'interview dira peut-être si "le trublion de la pensée" a répété à Laure Adler les affirmations de simple bon sens publiées dans l'hebdomadaire.

Hors-Champs : Slavoj Zizek

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Re: Hors-champs par Laure Adler - le Ven 17 Juin 2016, 12:40

Nous avons reconnu (et reconnaissons encore) le soin apporté par l'équipe d'Hors-champs aux descriptifs de ses pages. Images et textes sont le fruit d'un effort quotidien que seule la page de l'émission : Les regardeurs vient égaler. (voir les photographies de qualité fournies par Samuel Bernard Blatchley dont on a discuté ici et les extraits transcrits des paroles entendues dans l'émission (quand d'autres imaginent que leur prose ponctuée de fautes suffirait à satisfaire la curiosité de l'auditeur internaute)).

Le 15 juin 2016, Laure Adler recevait l'artiste Robert Longo. Le descriptif s'engage mal : L'artiste américain Robert Longo est peintre, sculpteur mais aussi vidéaste. Il s'entretient avec Laure Adler. La productrice n'a pas compris que Longo était avant tout dessinateur depuis plus de 30 ans (Cf. la série Mens in the cities, de 1983). L'ignorance se poursuit jusque dans le mot-clé de l'émission : un seul : photographie. De mieux en mieux. Les Latrive et compagnie ont pu incriminer la fonctionnalité de l'ancien moteur de recherche. Mais si les producteurs/trices ne sont pas capables de l'alimenter correctement (ou n'ont pas reçu de formation pour), à quoi sert-il ? Voici gratuitement quelques mots-clés pour une recherche fructueuse : Robert Longo, Dessin noir et blanc, Dessin d'après photographie, Dessin grand format, Mens in the cities, Fusain, Hyperréalisme.

L'entretien commence donc par :

1'54 : Laure Adler : Robert Longo, vous êtes artiste, Américain,  auteur de très nombreux dispositifs picturaux, de très nombreuses séries, vous avez inventé un art pictural (...). Nous n'entendons pas la traduction du français vers l'anglais, c'est pourquoi Longo ne relève pas la bêtise de la question. Laure Adler a-t-elle compris que pictural renvoyait au mot peinture ? Que la peinture n'est pas du dessin ? Il faut croire qu'elle découvre l'auteur au fur et à mesure qu'il répond. Car 5 minutes plus tard :

4'52'': À partir de quand avez-vous conçu l'idée que votre nature d'artiste, c'était le fusain, c'étaient les grands formats, et c'était la reproduction métamorphosée par votre regard du monde ?

13' : Réagissant à la série Mens in the cities, (...) ce travail qui a permis de faire découvrir non seulement aux États-Unis, mais dans le monde entier. Et déjà, il y avait votre univers, mais ensuite votre univers va beaucoup changer. C'est-à-dire qu'il y a le dessin, comme vous dites, c'est du dessin au fusain, mais on dirait des photographies, et puis c'est à la fois abstrait, conceptuel, tout en étant hyperréaliste. (...)
+
16'12'' : Donc vous acceptez l'idée Robert Longo que vous êtes un artiste qui a fait des cycles très différents. Au départ, Mens in the cities, c'est du noir et blanc, on peut croire que c'est de la photo, ce n'est pas de la photo, c'est un acte artistique, c'est vous qui dessinez toujours sur des grands formats. Et on comprend bien que la vitesse de la vision du regardeur comme on dit maintenant est très importante pour comprendre. Et ensuite, vous allez faire des choses totalement différentes. (...) Est-ce qu'à chaque fois, il y a une métamorphose de votre pratique artistique et de votre regard sur le monde ?

Voilà deux questions qui brassent de l'air. Ce n'est pas que dire à un artiste que son oeuvre dessinée ressemble à de la photo par deux fois est à la limite de la provocation en plus d'être complètement con. C'est que le raisonnement n'est pas capable d'aller plus loin. Et puis que veut dire : Et on comprend bien que la vitesse de la vision du regardeur comme on dit maintenant est très importante pour comprendre ? Des mots mis bout à bout, au fil de l'énonciation, ni plus ni moins. Enfin, dire que Longo va faire des choses totalement différentes par la suite, c'est avoir une analyse de regard limitée, pour rester poli : Longo n'a pas varié d'un pouce sa technique depuis ses débuts (du fusain sur de grandes feuilles de papier) et les croisements de sens entre ses séries sont nombreux (comme il l'explique lui-même par la suite).

Enfin, la palme revient à cette question raffinée :
19'38'' : Robert Longo : On a commencé à gagner de l'argent, tous.

Adler : Et vous beaucoup d'argent. Beaucoup, beaucoup d'argent. Et exposer dans les très grandes galeries comme Gogosian à New-York, et cetera. Beaucoup, beaucoup d'argent.

Qu'espère t-elle après une telle remarque ? Que Longo s'excuse ? Par chance, il répond avec une perspective historique intéressante.

Malgré tout, l'entretien laisse heureusement la part belle aux développements de Longo qui bénéficie de beaux tunnels (éclairés comme dirait Nessie). A titre de comparaison, l'écoute du Bon plaisir de Pierre Soulages, diffusé dans la Nuits du 11 novembre 2014, (1ère diffusion : 5 décembre 1992), par Marie-Christine Navarro, d'une durée de 3 heures, laisse entrevoir le gouffre foré en 25 ans entre ces deux France Culture.

Dans ce documentaire, la productrice accompagne Soulages dans son atelier à Sète, prend le temps de s'intéresser à ses outils inventés par lui, marche dans les pas de l'artiste pour sentir la perception qu'il reçoit des paysages autour de son atelier, entre au coeur de la fabrication des vitraux/verrières pour l'abbatiale de Conques, sans oublier de recueillir la parole de témoins plus ou moins proches de son oeuvre ou de sa personne. La réflexion sur l'oeuvre se développe parallèlement, en présence de l'artiste ou non, finement écrite ou dans un dialogue documenté et réfléchi. Le droit à l'erreur peut être fatal devant un Soulages érudit et sans concession (Cf. l'anecdote du tournage de la télévision japonaise dans ses locaux). Aujourd'hui, seules les grandes traversées estivales pourraient nous offrir de quoi nous immerger en longueur dans une oeuvre quelle qu'elle soit.

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Cees Nooteboom - le Ven 17 Juin 2016, 22:44

Jean-Luuc(http://www.regardfc.com/t70p180-hors-champs-par-laure-adler#26074) a écrit: (...) Le droit à l'erreur peut être fatal devant un Soulages érudit et sans concession
Laura Adler au début de cet entretien avec Cees Nooteboom après que ce dernier eut dit qu'il avait travaillé comme employé de banque, que ce n'était pas glorieux : "Il y en a d'autres qui ont travaillé dans des banques, comme Kafka (...)". Nooteboom : "Kafka a travaillé dans une compagnie d'assurance (...)" (comme chacun sait, a-t-on envie d'ajouter, et surtout comme une ancienne conseillère culturelle de l'Élysée et biographe d'écrivains devrait savoir).

Avant les informations, la présentatrice des programmes annonce Cees Nooteboom en prononçant correctement le prénom /késse/. Laure  Adler quant à elle n'aura de cesse de prononcer /sésse/ tout au long de l'entretien.

En dix minutes, on sait déjà que l'écrivain néerlandais mérite d'être écouté, mais qu'il va falloir se taper les remarques déplacées de la psy à la petite semaine et qu'on devra supporter ce français argotique que Laure Adler trouve si tendance : "Vous ne parlez pas beaucoup de vous dans vos bouquins" (sous-entendu, ne pas parler de soi est une tare, et puis comme chacun sait la littérature sert à présenter son introspection - ou bien à parler de l'actualité...).

Cees Nooteboom parle un français remarquable, en plus des autres langues étrangères et de la sienne. Quelles langues Laure Adler parle-t-elle en dehors du mauvais français  ?

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