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Les matins - Commentaires d'auditeurs de 2009 à 2014    Page 6 sur 86

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Les matins de France Culture - Archives de septembre 2009 à septembre 2014 - le Ven 28 Aoû 2009, 17:15

Rappel du premier message :

Ils n'ont pas encore commencé, mais ils promettent déjà que ce fil ne sera pas le moins nourri du forum : les matins vont nous donner matière à faire chauffer le clavier.

De ce que l'on sait déjà, nos messages déposés chez Jean Lebrun ont été soigneusement lus, et nos requêtes bien entendues : impossible en effet d'aller à ce point exact à rebours de ce qu'on souhaitait sans en connaitre précisément la nature Evil or Very Mad!

* On connait le présentateur : Marc Voinchet. Peu de raison d'enthousiasme ici, la seule inconnue est le ton qu'il va donner aux matins. Peu de chances, s'il n'a pas changé depuis Tout Arrive, que ses invités aient accès à un espace convivial et qui favorise l'approfondissement du propos.

* On voit à peu près la formule : Très peu d'évolution par rapport au matinales Baddouennes. Le programme de lundi nous en dit plus : -> les matins de lundi

-> Hu-Hu viens finalement nous donner de la franchise entre 7h13 et 7h15 - mais sur le programme de la journée, il est indiqué 7h13-7h19, ce qui est plus réaliste-.

-> Les enjeux internationaux sont maintenus (ouf).

-> A 7h27, le billet de femme (Shocked ça s'appelait déjà comme ça sous Baddou?)

-> Marc Kravetz garde aussi sa poignée de minutes quotidienne.

* En dernier, mais pas le dernier (ça passe mal la traduction littérale ça) : l'invité du jour annonce la couleur. Michel Rocard aura cet insigne honneur, qui nous entretiendra de la taxe carbone, du grand emprunt et de la rentrée poiitique Sad Après quoi on aura droit aux chantiers de Frédéric Mittérand, puis à la grippe H1N1 au moment de la rentrée scolaire.

De la culture, il ne reste plus grand chose à ces heures décharnées. Quelqu'un aurait une piqûre d'optimisme à nous injecter en intraveineux, on est en manque No!

A suivre très prochainement !
* * *

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Les pendules à l'heure - le Lun 31 Mai 2010, 08:55

Belle leçon de discernement ce matin avec Yves Lacoste, homme qui sait faire la part des choses, et même remettre à leur place certains de ses collègues, sans fermer les yeux sur leurs mérites (Stora, Blanchard, peut-être aussi JF Bayart mais là c'était moins clair : je n'ai pas entendu de critique explicite). Le manichéisme à la mode de France Culture est rectifié pour le compte. Marc Voinchet ne tient pas trop longtemps sa ligne ludique sur l'habituel ton de copinage. Il me semble aussi que Cécile Ladjali a sensiblement changé d'attitude depuis quelque temps, dans un sens plus critique envers les idées reçues. Bref c'était une discussion d'adultes, éclairante et finalement pas trop centrée sur l'actualité brûlante.

Henry je me demande bien ce que tu as pensé de ce dialogue...

On peut rêver : Yves Lacoste invité par Sylvain Bourmeau
pour le même livre, rectifiant à leur tour les idoles de SB,
dont Olivier Lecour-Grandmaison qui ne sera pas présent
en studio pour mettre en spectacle les krrrrimes dont il est
si friand, face à un Lacoste forçant le constat selon lequel
les responsabilités sont partagées autrement qu'entre des
bons et des méchants.

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les matins de France culture ! - le Lun 02 Aoû 2010, 16:15

Bonjour vous qui êtes pour certains des inconditionnels de France Culture depuis longtemps pouvez-vous me dire quelle est la différence des matins de France Culture sous Jean Lebrun, Pierre Assouline, Nicolas Demorand, Ali Baddou (mister France des ses dames)et Marc Voinchet !

J'ai 34 ans et je dois dire que j'ai découvert France Culture grâce à l'émission "Le vif du sujet" puis ensuite toute la grille !

Merci de votre réponse !

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Les matins édition 2010-2011 - le Ven 03 Sep 2010, 15:16

Personne n'a entendu l'entretien d'Hubert Huertas ce matin ? Ou personne n'ose en parler ?

Quelle que soit la vérité à ce sujet, l'interviewer politique du team Voinchet à décidé de mettre un coup de collier aujourd'hui, sûrement pour honorer le départ de Bruno Patino, qui vit sa dernière journée à la tête de la station.

Et il a fait fort pour ramasser toutes les qualités chères à nos oreilles avides d'actualité disséquée, confiée, analysée : il recevait Marie-Eve Malouines, consoeur du service politique de France Info et néanmoins auteure d'un livre à paraître, pour parler du président français, Nicolas Sarkozy, sous l'angle de l'intime.

La triplette promo confraternelle / actu pipolitique / psy de troquet sur l'enfance du président, fait mouche : c'est nul, nullissime. On a droit au décryptage de la psychologie profonde de Sarkozy, la peur intime qui l'anime depuis son enfance tourmentée par un père trop ceci, pas assez cela...

C'est catastrophique, on en regrette la pertinence d'Eva Bester. Et Hu-Hu qui en remet des couches sur les contradictions présidentielles, il devait être aux anges avec ce petit plaisir matinal.

Avant, je ne parlais pas toujours de FC autour de moi, qui avait une image élitiste. Aujourd'hui je l'écoute parfois avec honte pour la raison précisément inverse !

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Re: Les matins - Commentaires d'auditeurs de 2009 à 2014 - le Sam 04 Sep 2010, 08:33

J'avais plutôt apprécié l'arrivée de Voinchet, l'année dernière. Je trouvais ses interventions plus pertinentes que celles de Baddou et son ton moins horripilant. Il paraît que l'année dernière, ses taux d'audiance étaient bien inférieurs à ceux du dit Baddou qui semble donc avec ses suiveurs ... Eh oui ! Ces gens-là ne sont pas comme nous ! Bruno Patino aurait alors demandé à Voinchet de resserrer sa technique d'interview, en la rendant plus efficace et en lui faisant perdre son côté "discussion autour d'une tasse de thé", lui suggérant de se réécouter afin d'identifier ce qui clochait et d'y remédier. On peut donc supposer que Voinchet est capable de s'améliorer. et on le lui souhaite. Ca rendrait service à tout le monde !

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Sylvie Brunel, invitée des Matins le 16 septembre - le Jeu 16 Sep 2010, 19:27

Les matins de ce Jeudi 16 septembre méritent écoute attentive et décodage sémantique : face à l'invitée qui ne se laisse pas trop encombrer d'idées reçues, on reconnait les rôles usuels des uns et des autres. Ca commencera dès la fin de la revue de presse où comme d'habitude Cécile de Kervasdoué a MARteLéé ses citations dans son petit castelet perso, à la façon des marionnettes du Luxembourg. A peine fini le guignol quotidien de 7h35, Marc Voinchet presse Sylvie Brunel de donner son avis sur le feuilleton en cours : l'expulsion et la stigmatisation des Roms. La question était fort peu géographique, et peut-être même pas du tout. L'invitée se tirera de cet exercice avec juste ce qu'il faut de démagogie pour ne pas fusiller ses chances de se faire entendre dans la suite du débat. L'exercice n'est ni malaisé ni périlleux : injustice+misère+connerie ministérielle+racisme même pas larvé = pouah ! Feuilleton sensationnel oblige, l'invitée sacrifie à la contrainte thématique et à l'obligation de montrer du doigt quelques méchants. Du côté politique bien sur : à chacun ses méchants. Elle ne comprend pas qu'on stigmatise un ennemi intérieur, surtout aussi imaginaire qu'une communauté-fantôme, et elle s'en tient là : elle ne parlera pas des personnes, ce qui veut dire "des dirigeants politiques" ; et ça elle le dira de nouveau en 2e moitié d'émission. Voila une habileté et un scrupule qui l'honorent, mais elle oublie de voir qu'entre d'une part le simulacre d'expulsion (des roms), et d'autre part la stigmatisation facile de quelques catégories de méchants (en gros depuis 2 ans : le Team à Sarkozy, les traders, Monsanto), il n'y a qu'une différence de cible et non d'attitude : les marchands de frousse et de moraline stigmatisent les gros-méchants-riches, tandis que les andouilles du Ministère de la Sécurité tentent maladroitement de faire porter les cornes du bouc émissaire à des salauds-de-pauvres voleurs-de-poule et autres analphabètes-à-mercédès&caravane, à moins que ça ne soit encore que feinte et diversion ? Chi lo sa ? Dans ce jeu à tiroir qu'est devenue la politique bouffée par l'exploitation médiatique du moindre pet de ministre, on ne sait plus très bien où sont les vrais événements et où sont les soufflés d'info. Et le mieux ou plutôt le pire, c'est que ce trick éternel du feuilleton attrape-couillon, bien qu'usé jusqu'à la corde, continue à marcher. On ne sait pas s'il y a vraiment des fusibles dans ce gouvernement dont même un Hubert Huertas semble croire qu'il a le droit de décréter lui-même qu'est venu le temps du remaniement. Des fusibles vraiment, Fillon ou Woerth ? Ben on ne dirait pas. Mais en tout cas il y a une belle roue de secours, une botte increvable nommée Hortefeux et toujours prêt à servir, en inventant toujours une nouvelle connerie pour faire diversion. C'est un accessoire très précieux.

Donc il est 7h40 aujourd'hui, et par chance pour l'auditeur curieux la diversion n'aura pas duré trop longtemps, parce que Voinchet est quand même un professionnel et qu'il a un ordre du jour, avec devant lui une invitée et une actu : un colloque de remise en place des idées, qui commence exactement 80 minutes plus tard, boulevard Saint-Germain. Il va falloir cravacher. Donc cravachons. Pour une toute petite heure on pourra entendre quelques unes des idées de Sylvie Brunel, géographe qui depuis quelques années essaie de placer le débat au niveau où il doit être placé, c'est à dire non pas : "A qui profite le crime écologique ?" ni même "Quand allons-nous tous crever dans d'atroces souffrances ?", mais plutôt : "Est-ce-que la situation est vraiment si grave ?" ou encore "Que l'avenir soit ou non aussi alarmant qu'on tente de nous le faire croire, que pouvons nous faire ?". Bref plutôt que "A qui la faute ? ", les gens comme Sylvie Brunel se demandent "Que faire ?". En passant elle tente de réduire les alarmismes et le catastrophisme dont les médias à la suite de nombre de scientifiques, se font les ardents propagandistes, responsables d'autant de départs de feu d'opinion qu'ils peuvent en allumer. On devine le bénéfice de ces marchands de frousse : audience, crédits de recherche, notoriété politique, influence personnelle, positions de supériorité nourrie de morale à deux ronds, et l'auréole au dessus de l'occiput quand on voit sa tronche le matin dans la glace. Délicious, indeed ! Alarmisme & catastrophisme sont deux des meilleurs mamelles pour la rédaction de France Culture. Et dans la grille des programmes, plus d'un producteur y trouve régulièrement quelques excellentes cartouches, en thèmes d'émissions, invités, messages vibrants, etc. Il faut dire que c'est beaucoup plus facile d'alimenter une émission en agitant des émotions, qu'en convoquant des sujets culturels.

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Sylvie Brunel contre les catastrophistes - le Jeu 16 Sep 2010, 19:27

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En face de son invitée, Marc Voinchet relaye les clichés de l'époque, en s'efforçant surtout de ne pas voir plus loin que le bout de son nez. Pour lui le débat se résume à une thématique simple "ah vous cherchez à rassurer..." avouant implicitement que les médias se sont donc donné la mission contraire : effrayer ? Donc vendre un maximum de frousse, y compris quand il s'agit de faire peur... des médias eux-mêmes. Jouant peut-être le jeu de la contradiction, Voinchet n'aura de cesse de tirer le débat vers l'attitude rassurante de son invité. Ca ne semble pas lui traverser un seul instant l'esprit, que la géographe se donne simplement pour mission d'exposer la vérité d'une recherche, sans délire pessimiste ni excès d'optimisme. Une vérité toujours limitée, toujours assujettie dans ses conséquences à l'action qu'en feront les hommes et principalement le politique. Sans que personne n'ose moufter Sylvie Brunel déglingue en 3 phrases la vaste opération d'intoxication du Giec, ainsi que le film associé, "Une vérité qui dérange", festival de bidonnage comme quelques autres grands succès du genre, baudruches qui hélas mettent quelques années à se dégonfler parce qu'avec les naïfs qui se prosternent devant ça n'est pas si facile d'envoyer l'épingle qui va lui faire un sort : "Le cauchemar de Darwin" a été dégonflé, maintenant "Une vérité qui dérange", encore combien d'années avant que "Le monde selon Monsanto" ne rejoigne le tiroir des grosses manipes ? Mais tout ça non ça n'effleure pas le sympathique Marc Voinchet, parce que ça fait un bon moment que pour lui, animer une émission de radio, c'est faire un show qui s'adresse à l'émotion : des gens sauvés, des gens perdus, des destins brisés, des actions sublimes, ça oui. Mais allez un peu lui expliquer que la pénurie alimentaire ne dépend pas du niveau des ressources, bien assez suffisantes et qui le seront encore cette année, lui il ne pense et ne répond que par "émeutes de la faim". Parce que voyez vous, des émeutes, ça oui c'est de l'info ! Mais des stocks de céréales pléthoriques, au contraire des rumeurs de pénurie (l'alarmisme médiatique vend beaucoup mieux la pénurie que la pléthore même mal gérée, c'est bizarre n'est-ce pas ? ), et donc la vraie question du géographe, non pas celle de la mort programmée de l'humanité irresponsable, mais celle d'une saine gestion, avec une logistique efficace, humaine, et politiquement saine, bah ça n'est pas bien commode pour faire un titre de journal, une manchette, un titre d'émission, ou une relance dans un débat. Aaaaah se dit Voinchet, parlez-moi d'un bon pitit ouragan chez les pôvres si possible (chez les riches ça ne saurait émouvoir personne surtout que ça pourrait être chez moi, se dit le Voinche), ou mieux parlez-moi d'une bonne pitite hémeute de la faim cha ch'est bon. Et comme Voinchet semble tout de même moins crapuleux que la plupart des marchands de viande de France Culture, lui ne fait pas trop son jus avec l'industrie médiatique du génocide. Qu'à cela ne tienne : dans la station d'autres s'en chargent pour exploiter le filon, en gardant l'oeil droit sur l'audimat et l'oeil gauche dans le mouchoir c'est à dire à proximité de la pelure d'oignon. Larmes de crocodiles des marchands d'émotion, honte de l'information qui s'abreuve au sensationnel le plus crade.

Face à Sylvie Brunel, il y a aussi Clémentine Autain, qui ne peut absolument pas comprendre qu'on lutte contre quoi que ce soit sans lutter aussi et avant tout contre le profit capitaliste et contre les marchés financiers. Dans ce crâne de piaf formaté à la moraline malthusienne, il y a une équation simple : "profit + croissance = malheur". Alors la géographe aura beau placer ces évidences que le développement est ce qui réduit partout la pauvreté, que le monde traditionnel est un monde de malheur politique, d'arriération sanitaire, d'espérance de vie inférieure à l'âge où Clémentine a eu sa première dent (vers 17 ans, croit-on savoir), rien n'y fait : Clem' tombe de la lune à chacune des paroles de l'invitée, et ramène illico le débat au seul niveau qu'elle est capable de conceptualiser (sommairement d'ailleurs), celui de la cible. La cible c'est les marchés financiers bien sûr, vous vous attendiez à quoi d'autre ? Quand les militants iront prendre des cours d'économie politique chez des gens sérieux et non dans les officines politiques de l'éconophobie, ou bien quand ils n'oublieront plus ce qu'ils viennent d'apprendre simplement parce qu'ils passent de l'amphi à la manife, peut-être qu'on entendra moins de sottises sur France Culture. Ce qui est sûr, c'est qu'on y est pas encore.

Mais il n'y a pas que l'écologie dévoyée et instrumentalisée : Sylvie Brunel ne s'économise pas non plus le plaisir d'épingler l'idéologie d'Alex Adler, ni de se payer la tête de Slama, que par deux fois et en rigolant elle accusera de "dramaturgie". Elle voulait surement dire "dramatisation". En effet, Slama qui en son temps a suffisamment vitupéré les marchands de frousse, reste fidèle à son esprit de contradiction et face à celle qui marche un peu sur les mêmes brisées que lui mais en mieux documentée, le voila d'un coup qui change de casaque. Certes dit-il vous avez raison de fustiger les catastrophistes, mais n'oublions pas que des dangers existent, voyons, voyons... et d'en remettre une couche, lui qui d'habitude appellerait plutôt les esprits au calme.... Le pauvre, elle ne le loupera pas.

Des invitées comme Sylvie Brunel on n'en entend pas assez à France Culture. Des chercheurs qui font leur beurre sur les vraies questions pratiques, avec un véritable étayage concret-empirique et non sur les semailles de l'alarmisme et du fantasme populiste, il doit pourtant y en avoir d'autres : l'université française et les organismes de recherche doivent en regorger, de ces études qui montrent qu'on nous effraie pour rien, ou bien trop tôt, ou trop fort, et que ça ne pisse pas loin de semer de la frousse et qu'on ferait mieux de travailler aux solutions. Mais non : à France culture l'arnaque est double. Dans un premier temps on remplace la culture par de l'actu (rien de moins culturel que ce numéro des Matins), et dans un deuxième temps on remplace l'actu par de l'info bidon, nourrie d'idées reçues et de manipes, soit misérabilistes, soit catastrophistes. Et puis parfois on se plante : on invite Sylvie Brunel. Bah c'est pas grave, il y a le ronronnement de Clémentine Autain et les questions-BernardPivot de Marc Voinchet qui a réussi à focaliser sur "pénuries" "émeutes de la faim", réchauffement", sans voir qu'il est à rebours de la discute. On peut parier que l'auditeur a reçu le message 5 sur 5, mais lequel ? L'auditeur formaté a entendu une scientifique dévoyée, peut-être même une climato-sceptique (gent honnie sur France Culture), et l'auditeur sceptique a entendu une chercheuse dont il peut saluer l'esprit d'indépendance. Mais au bout du compte on peut aussi parier qu'on risque pas d'entendre à l'Eloge du savoir le colloque d'aujourd'hui animé par Jean-Robert Pitte & Sylvie Brunel : "Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête". Au mieux dans Culture Académie ? Oui ? Non ? Oui ? Non ? Oui ? On parie ?

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Bernard Maris, brillant causeur, un peu n'importe quoi - le Lun 27 Sep 2010, 19:55



Ce matin, l'invité était Bernard Maris, plutôt bon causeur et professeur d'économie qui écrit dans Charlie Hebdo et je ne sais plus où. Il dit que le Marx philosophe ne l'intéresse absolument pas, que le Marx économiste au contraire est celui qui a très bien prévu la crise, toutes les crises, il fait sa petite démonstration, la crise qui fait baisser la valeur nominale du capital, fait remonter mécaniquement le taux de profit mais Marx "l'abandonne", lui, Bernard Maris, pour ce qui est des solutions. Marx, dit-il, aimait beaucoup les ouvriers français, ceux-ci ont complètement déserté la cause socialiste, ils ne pensent qu'à leur bien être... Ce Marx était désespérément chrétien, son aspiration à la fraternité, à l'épanouissement personnel, ça a quelque chose de pas sérieux. Et puis la politique était un domaine où il était plutôt nul. Marc Voinchet lui demande si le mouvement à propos des retraites ça peut être le début de quelque chose, il répond catégoriquement par la négative. La social-démocratie, un des enfants du marxisme, est totalement à bout de souffle.

Le capitalisme c'est désormais la Chine qui fait très bon ménage avec l'absence de démocratie. Pour les capitalistes, la Chine, c'est le Paradis. Donc le capital va en Chine, quitte les pays européens, qui, dit-il, n'ont pas la moindre chance de ne pas se faire bouffer tout crus par l'ogre chinois. Même l'Allemagne, qui, dit Bernard Maris, tire ses dernières cartouches.

Donc le professeur Bernard Maris

n'imagine pas d'éventuelles faiblesses de l'économie chinoise de la même manière qu'on n'avait pas vu, il y a quarante ans les faiblesses de la société japonaise alors qu'on croyait que les Japonais allaient nous dévorer comme un sushi, ce qui n'est pas advenu. On peut imaginer que la domination du Parti Communiste finira par provoquer un vaste conflit d'intérêt ou si on veut une collusion qui interdira les réformes.

tient pour quantité négligeable le talent industriel des pays européens, en particulier celui de l'Allemagne qui pour ce qui est de l'efficacité et de la qualité n'a sans doute pas dit son dernier mot. Bernard Maris martèle l'argument suivant: les industries chinoises, avec leur cinq cents millions de consommateurs, bénéficieront d'économies d'échelles absolument fantastiques qui les rendront imbattables. Oui mais l'Europe, cinq cents millions d'individus et parmi eux pas mal de consommateurs, devrait bénéficier d'avantages comparables.

Pas très sérieux tout ça! Toutes ces affirmations catégoriques non étayées, c'est quand même gonflant.

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Marx et Bernard Maris. - le Mar 28 Sep 2010, 08:47

Je n'ai jamais lu Marx, je ne connaissais pas Bernard Maris, non plus. J'ai entendu dire qu'il y avait des marxistes et des marxiens. De fait, je n' y connais rien ! Néanmoins, j'ai eu une folle envie de rire quand j'ai entendu Bernard Maris déclarer que de toute façon, Marx avait loupé le coche car porté par une sorte d'humanisme irénique, il n'avait pas saisi que l'homme était fondamentalement porté par ses intérêts égoïstes et son goût du pouvoir, passant forcément par l'aliénation des autres.
J'ai eu envie de rire parce que je me suis dit que tout ça ne serait jamais arrivé si Marx avait lu Machiavel. Et pourtant, je crois bien (même si je suis ignorante en matière de lecture marxiste) que celui-ci a analysé le bouleversement apporté par l'avénement du capitaliste dans les rapports sociaux. Je crois même que dans "Le manifeste du parti communiste", il parle des "eaux froides du calcul égoïste" qui se substitue aux rapports féodaux où le sacré (par exemple) servait encore comme tampon à l'exploitation, balayant toute régulation des rapports sociaux et toute forme de stabilité sociale afin de créer uniquement des rapports de profit et de production.
Me gourré-je ?
Pour un penseur politique irénique, c'est bien étonnant !
Ce qui est encore plus étonnant (si je ne raconte pas de bêtises), c'est que personne parmi les collaborateurs des "Matins" n'aient demandé au soi-disant connaisseur de Marx ce qu'il en était.
Naïvement, je m'en étonne ... J'ai la faiblesse de croire que sur FC, on serait en droit d'attendre que les collaborateurs soient choisis pour leur compétences, leur culture, leur réactivité, leur esprit critique.

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les carabistouilles de Marcel Gauchet - le Mer 27 Oct 2010, 20:20


Chute d'une idole. Affreusement déçu par la prestation de Marcel Gauchet le 26 octobre, également par Marc Voinchet qui aurait dû mieux réagir devant tant d'affirmations arbitraires.

Il était question du mouvement social à propos de la réforme des retraites.

Affirmation MG:
"le gouvernement a fait dépendre sa politique des seuls impératifs de communication".

Affirmation gratuite, un peu n'importe quoi.

Ensuite:
"la démocratie est un régime qui ne demande rien à la politique".

N'importe quoi.

Il dit que le rêve des élites, c'est de se débarrasser de la démocratie sociale. Je ne sais pas où il a été chercher ça, le projet de se débarrasser de la démocratie sociale serait le fait de quelques extrémistes excités qu'on irait chercher du côté du club de l'horloge. Et ces "élites", il les cite, sur un ton désapprobateurs, et même moqueur, ils n'ont à la bouche que "être compétitif", litanie, dit-il. Objection: n'est-il pas plus qu'important d'être compétitif, si on n'est pas compétitif, on coule. Donc MG se désolidarise complètement des objectifs d'une bonne gestion économique, rejoignant les extrémistes de gauche. Décevant pour un grand intellectuel.

Et il continue, s'en prend à ceux qui contestent "ces dépenses sociales qui nous polluent l'air". Mais de qui parle-t-il? D'Alain Minc? Du club de l'horloge? Il ne s'agit pas de supprimer ces dépenses, il s'agit d'avoir un système qui n'aggrave pas la dette publique de plusieurs dizaines de milliards par an. C'est une question de bonne gestion.

Dans la deuxième partie, il dit qu'il n'y a pas le moindre risque de totalitarisme, car il manque le carburant, ce carburant serait une idéologie radicale, ça, ça n'existe pas. Il y a bien une idéologie, c'est l'idéologie libérale, idéologie pour individualistes, extrêmement puissante. Les masses, c'est un mot qui a totalement disparu. Dans les manifs, c'est la diversité de la société qui s'exprime (c'est vrai, l'autre jour j'ai vu sur le Boulevard Magenta, une petite manif, c'était les... Mourides, une confrérie musulmane sénégalaise et je n'ai pas compris ce qu'ils voulaient).

C'est notre Etat très débonnaire qui rend possible cet individualisme débridé et c'est à cet Etat que ces individualistes forcenés s'en prennent, cherchez l'erreur.

Et il revient à la réforme des retraites. On lui pose la question: alors, cette réforme, fallait-il la faire, oui ou non? Il botte en touche: c'est la manière dont on a fait la réforme qui la rend insupportable. Oh la la, j'aimerais bien qu'il m'expliquât ça.

En Grande Bretagne, on a fait une réforme incomparablement plus douloureuse, et personne ne bronche. Pourquoi? Il dit que c'est à cause de la clarté avec laquelle la réforme a été présentée et c'est sans doute bien vu. Il dit que cette réforme des retraites est une toute petite réforme, ridicule (ce n'est pas l'avis de spécialistes, par exemple de Danièle Karniewicz, présidente de la CNAV).

Enfin, Marc Voinchet se réveille et lui pose une question qu'il fallait poser: et le mur de la dette, qu'est-ce que vous en faites? encore une fois, il botte en touche. Il dit: il faudrait nous expliquer ce que c'est que cette fameuse dette. Cette fameuse dette, c'est la conséquence de la mauvaise gestion sur des années et des années des grands organismes de protection sociale et une absence de choix quant à leur financement et à leur périmètre d'action.

Ce qu'il voudrait, c'est davantage de réforme, il dit qu'on rafistole. Oui mais, quand on rafistole, les Français descendent dans la rue par millions (ne pas tenir compte des chiffres des syndicats). Alors si on faisait des réformes à la britannique bien radicales qui apportent des solutions définitives, vous imaginez le bazar. On n'aurait pas fini de goûter aux plaisirs de la marche à pieds.

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Re: Les matins - Commentaires d'auditeurs de 2009 à 2014 - le Mer 27 Oct 2010, 20:58

Allons Henry, c'est peut-être un peu tôt pour l'enterrer le Marcel. Enfin, en tous cas de mon côté, même impression générale : jamais je n'avais entendu Marcel Gauchet parler à ce point pour ne rien dire. Des remarques vagues, des généralités à la MaxGallo, et de façon chronique un afflux de petit rire (une sorte d'infra-ricanement) pour masquer on ne sait quoi, peut-être une conscience de sa piètre prestation ? Du coup on ne sait plus très bien ce qu'il voulait critiquer : l'individualisme ? L'économicisme ? (il aurait pu se fatiguer quand même à définir ce qu'il entend par là, comme ça on ne serait pas venu pour rien). Cette prestation est en soi une énigme.

Ah si, quand même : il a voulu se positionner à la fois contre le libéralisme, et contre une sorte de déliaison sociale mais pas contre les tendances totalitaires, car selon lui elles sont inexistantes chez nous, recouvertes par un raz-de-marée exactement contraire. Il me semble qu'en grattant un peu sous son discours, on trouverait une critique quasi-réactionnaire contre l'état social ruineux et contre l'intolérance à la frustration ou au travail. Bref quasi des propos sarkozystes, alors que Gauchet s'est depuis le début positionné comme viscéralement anti-sarkozy. De là peut-être sa gène ce matin, finalement : accueilli par une radio anti-sarkozyste avec laquelle il est en phase, mais n'assumant aucune des positions idéologiques qui ont cours sur l'antenne, sauf la détestation du marché libérallll.

Bon je vais tenter du côté du livre : soit c'est la même bouillie mais j'en doute un peu. Soit c'est un propos plus clair et mieux étayé, et ça veut dire qu'hier aux Matins soit il était en petite forme, soit il s'est limité à des généralités jamais vraiment assurées, par complicité amicale avec l'équipe qui le recevait. Dernière hypothèse : M-G est l'amant caché de Flore Vasseur et il a peur de la torgnole, mais là franchement j'y crois pas trop....

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Marcel Gauchet pris dans des contradictions et pas clair - le Dim 31 Oct 2010, 10:56

@Nessie a écrit:

Il me semble qu'en grattant un peu sous son discours, on trouverait une critique quasi-réactionnaire contre l'état social ruineux et contre l'intolérance à la frustration ou au travail. Bref quasi des propos sarkozystes, alors que Gauchet s'est depuis le début positionné comme viscéralement anti-sarkozy. De là peut-être sa gène ce matin, finalement : accueilli par une radio anti-sarkozyste avec laquelle il est en phase, mais n'assumant aucune des positions idéologiques qui ont cours sur l'antenne, sauf la détestation du marché libérallll.


Oui, quelque chose comme ça. Pris dans une contradiction, fondamentalement d'accord avec la réforme des retraites, mais n'osant pas le dire pour ne pas avoir l'air de rendre quelques petits points au Président qu'il n'aime pas ou dont il pense que s'il dit un quart de mot en sa faveur il sera définitivement carbonisé dans le landerneau intellectuel auquel il appartient. Alors il a botté en touche et tout ce qu'il a trouvé à dire c'est que cette réforme était dérisoire, ce à quoi des experts comme Danièle Karniewicz présidente de la CNAV opposeront un démenti formel, il est vrai que cette réforme ne comble pas le déficit, seulement la moitié du déficit, après, il faudra faire payer les retraités, mais ça, c'est pour après les présidentielles.

Et quand il a nié l'importance de restaurer la compétitivité de l'économie française en prétendant que c'était une marotte (une litanie) des élites pour enfumer le peuple, il a donné dans la rhétorique gauchisme et le populisme le plus exécrable.

Les matins - Commentaires d'auditeurs de 2009 à 2014     Page 6 sur 86

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