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La poésie à France Culture    Page 4 sur 4

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La poésie à France Culture - le Mar 04 Juin 2013, 22:33

Rappel du premier message :

À NOTER : le forum possède également des fils de discussion sur la poésie portant le nom des émissions « La Poésie n’est pas une solution » (2012) et "Ça rime à quoi" (2012 - 2015). Un fil dans le sous-forum "Le Conversatoire" constitué de lectures s'intitule Le coin de la poésie.

******

Valérie Rouzeau était au programme durant la semaine du 20 mai. France Culture a ses mascottes :  François Bégaudeau, Erri de Luca, Valérie Rouzeau*, etc.  Cette dernière passait à "Ça rime à quoi" en mars dernier pour son dernier recueil paru en 2012, la voici lue. Si jamais quelqu'un a envie de voir (= entendre) ce que le France Culture du 21e siècle promeut (et que la nouvelle édition de la revue britannique Modern Poetry in Translation met en avant comme la relève de la poésie française....), c'est ici : Poème du jour avec la Comédie-Française 20 mai 2013.

* Née en 1967, Valérie Rouzeau est poète, traductrice, entre autres de Sylvia Plath et Williams Carlos Williams. Elle a publié des recueils de poésie Pas Revoir en 1999, Va où en 2002, entre autres ; des essais, par exemple sur Sylvia Plath... Avec Vrouz , elle tente le sonnet pour dessiner des autorportraits.
* * *

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Valérie Rouzeau, ''Va où'' - le Mar 10 Oct 2017, 09:54

Une question d'auditeur sur le site du médiateur trop rare pour ne pas être relevée :

poésie
danièle macqueron 03/10/2017 7:19 France Culture

Il s'agit de l'émission diffusée le 29 septembre 2017 ,poésie et ainsi de suite,où a été lu un poème de Valérie Rouzeau commençant par ces mots:
"Je pense aux personnes merveilleuses de ma vie...."
Un poème de V. Rouzeau dont on a pas dit le titre!
Ce poème me plait beaucoup et j'aimerais que vous me disiez dans quel recueil de cette poétesse je pourrais le retrouver.
Merci infiniment de me répondre
Danièle Macqueron


Réponse de Radio France : Voilà les références !
Le poème de Valérie Rouzeau était extrait de Va où, paru aux éditions Le temps qu’il fait.

********************

Le service de Radio France aurait pu renvoyer aux émissions de France Culture avec Valérie Rouzeau (cf. La poésie à France Culture - le Mar 04 Juin 2013). On notera que l'émission du 29 09 2017 ne signale nulle part le nom de la poétesse. En revanche, une grande photo des trois invitées de l'émission (ça manque de parité, madame Farine), il y a.

Je pense aux personnes merveilleuses de ma vie (pp 49-50 du recueil paru en 2002).

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Les Métamorphoses, la poésie, et ainsi de suite - le Dim 15 Oct 2017, 11:33

Il y a quelques semaines, G. Mosna-Savoye avait annoncé la parution prochaine d'une nouvelle traduction des Métamorphoses d'Ovide par Marie Cosnay. Des extraits étaient déjà parus en revue, et les Livres X, XI et XII aux éditions Nous en 2011. Mon souvenir de la lecture des premiers "échantillons" édités m' a incité à acheter cette édition complète dès sa parution très récente en octobre 2017 aux Editions de l'Ogre.

Cette édition a fait l'objet de l'émission "Poésie et ainsi de suite" du 13/10. Marie Cosnay, invitée par Manou Farine, commente son parti pris de traductrice : en vers, versification sans métrique fixe ni rime, mais respectant l'unité syntaxique des hexamètres d'Ovide, vocabulaire "banal". Cela donne un texte à la fois nerveux et très poétique, qu'il faut recommander à ceux qui, comme moi, n'avaient de cette œuvre que des souvenirs très lointains de lycéens latinistes, ou d'une lecture plus récente de traductions moins "inspirées" que celle de Marie Cosnay.

Je n'ai sous la main que la traduction par Joseph Chamonard (chez Flammarion), en prose.

Premiers vers, version Chamonard :
    J'ai formé le dessein de conter les métamorphoses des êtres en des formes nouvelles. Ô dieux (car ces transformations furent, elles aussi, votre œuvre), favorisez mon entreprise et guidez le déroulement ininterrompu de mon poème de puis l'origine même du monde jusqu'à ce temps qui est le mien.

Version Cosnay :
    Je veux dire les formes changées en nouveaux
    corps. Dieux, vous qui faites les changements, inspirez
    mon projet et du début du début du monde
    jusqu'à mon temps faites courir un poème sans fin.

Autre exemple :

La mort d'Orphée, Livre XI, version Chamonard :
    (...) et - prodige ! - tandis qu'elle est emportée au milieu de ton fleuve, cette lyre plaintivement fait entendre je ne sais quels reproches, plaintivement la langue privée de sentiments murmure, plaintivement répondent les rives.

version Cosnay :
    (...) Et miracle, elle glisse au milieu du fleuve,
    pleure je ne sais quoi de triste, la lyre, quoi de triste la langue
    qui sans vie murmure et les rives répondent je ne sais quoi de triste.

Une lecture par Marie Cosnay : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14487-13.10.2017-ITEMA_21462793-0.mp3" debut="21:45" fin="25:16"]

Quelques regrets cependant sur l'émission :
    - Insertion, qui paraît maintenant obligatoire dans nombre d'émissions, d'extraits de films : tout à fait déplacés, et Manou Farine comme Marie Coisnay y semblent simplement résignées et ne commentent pas.
    - Les extraits musicaux paraissent mieux adaptés, mais est-ce indispensable ?
    - Inviter deux écrivains, pour deux parutions, même si, comme cette fois, il y a une certaine cohérence, cela ne permet pas de développer convenablement ni l'un ni l'autre sujet.
    - Marie Cosnay n'a pu s'empêcher de dire qu'Ovide avait beaucoup d'humour. Pas bien grave, mais cela sacrifie à un tic actuellement obligé : tous les écrivains sont censés avoir de l'humour, je suis sûr qu'Homère aussi.

En résumé, traduction très intéressante, et l'émission donne l'envie de la lire, mais cela ne fait que d'autant plus regretter que, sur les 54 minutes, seules 25 ou 30 finalement lui soient consacrées.

Il aurait été intéressant de développer les questions relatives aux choix de traduction. Ainsi, le choix de rendre le latin "animus" par "je" (traduction que Marie Cosnay reconnaît un peu "excessive"), alors que ces premiers vers (et l'ensemble de l'œuvre) pourraient peut-être évoquer d'autres domaines (psychanalyse, philosophes pré-socratiques, bouddhisme...) et orienter sur d'autres traductions de cet "animus"; le choix des temps des verbes au passé, juste mentionné par Marie Cosnay... etc. Visiblement, Marie Cosnay a des choses à dire dans ce domaine.

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Comparaison déprimante (pour les Français) - le Ven 20 Oct 2017, 21:42

Il y a de quoi pleurer quand on entend ce que propose France Culture en matière d'émissions de poésie, depuis plusieurs années, avec les Farine, Bonnafé et prédécesseurs. Un entretien flou sur un sujet artificiel ou une promotion de livre, et une lecture affectée, ricanante et militante.

Il suffit de tomber par exemple sur la rediffusion de deux fois 15 minutes de la BBC, immédiatement prenantes par le son, le ton, l'éloquence, le sujet, pour se dire que tout est possible à notre époque, tout, mais que la direction de France Culture, soit ne le veut pas, soit n'a aucune culture pour imaginer autre chose que deux ou trois personnes parlant en studio ou un pitre devenu l'unique lecteur de la station.

Wheer d'ye Belang? de la série Border Crossings* (England and Scotland) donne le sentiment qu'en France on prive les créateurs d'une expression radiophonique et les auditeurs d'un enrichissement unique.

* Katrina Porteous, the poet, explores the wild places and ancient histories of the Northumbrian hills in her poem and personal essay about the Borderlands.

Border Crossings is a pair of specially commissioned pieces from either side of the Border. Each explores the unique qualities of the debatable lands and the centuries of interlinked history between England and Scotland, the amity and the animosity. The first of our commissions is by the poet Katrina Porteous who was born in Scotland and now lives in Northumbria. In her personal essay, Wheer d' ye Belang? she vividly captures the formidable landscape of the Northumbrian hills and their ancient history and culture.

Poet Katrina Porteous was born in Aberdeen and has lived on the Northumberland coast since 1987. Much of her poetry explores the Northumbrian landscape and its communities, especially the fishing community. Her latest collection, Two Countries, is published by Bloodaxe.

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La poésie russe sur France Culture - le Dim 12 Nov 2017, 12:23

Afin de poursuivre un peu la contribution rédigée sur le documentaire-lecture consacré par le Labo au Requiem d’Anna Akhmatova, on s’est proposé de prêter une oreille à l’émission de Manou Farine, Poésie et ainsi de suite, du 27 octobre dernier, Parlez-vous le zaoum? Cette émission nous offrait à la fois une continuité thématique - la poésie russe du début du XXe siècle - et un point de comparaison dans le traitement de la poésie et la place effective qui lui est ménagée.

Le descriptif de l’émission nous propose « deux invités, une obsession et un événement littéraire ». D’un côté, Yvan Mignot, poète et traducteur, depuis 50 ans, de la poésie de Vélimir Khlebnikov dont il publie les Œuvres (1819-1922), chez Verdier. De l’autre, Jean-Baptiste Para, poète et critique d’art, rédacteur en chef de la revue littéraire Europe. On se souvient de ses Poésies sur parole, sur l’antenne de France Culture, dans les années 90.  Fin spécialiste de la poésie russe du XXe siècle, il vient nous parler d’un autre poète, traduit par ses soins aux Éditions de La Rumeur libre, Nikolaï Zabolotski (Œuvres poétiques, Le Loup Toqué). La première partie de l’émission – la plus longue – est consacrée à la poésie de Khlébnikov, à la langue révolutionnaire qu’il tente de forger, le zaoum, ainsi qu’à l’inscription de son œuvre et de sa vie dans la période post-révolutionnaire. La seconde partie envisage l’œuvre, moins connue, de Zabolotski et sa place dans la production poétique russe de la première moitié du XXe siècle.


Vélimir Khlebnikov

Puisque nous n’instruisons pas qu’à charge, commençons par saluer le choix – bien que motivé à la fois par une actualité éditoriale et par le calendrier commémoratif – porté sur deux poètes à l’univers singulier, dont la connaissance en France est encore balbutiante mais qui ont joué un rôle de tout premier plan dans l’effervescence littéraire et artistique de ce début de XXe siècle russe. Ouverture du champ culturel qui renoue, le temps d’une émission, avec la vocation historique de France Culture, à l’opposé de la vulgate nauséeuse ressassée quotidiennement. La chose est désormais suffisamment rare pour que nous la remarquions : une heure durant, ces obsessions se sont tues.

Dépêchons les agacements linguistiques habituels. Il est regrettable pour l’auditeur – une fois de plus - d’avoir à supporter l’emploi récurrent de la pseudo-matrice désormais obsessionnelle : « qu’est-ce que X nous dit de Y ? ». L’usage (encore moins l’abus) d’une construction creuse n’a jamais transformé une interrogation insipide en un modèle de questionnement pertinent. Elle risque au contraire de lui offrir une caisse de résonance qui en redouble la vacuité. Peut-on encore, sur France Culture, en 2017, entendre une question qui s’en affranchisse ? Pas dans la bouche de Manou Farine, je le crains :

- Qu’est-ce que ce problème de traduction, et la solution que vous propose(z), dit de ce qu’est justement zaoum ? (26’13’’)
- Qu’est-ce que cette fréquentation-là, ce mode de fréquentation-là pourrait bien dire de vous ? (34’00’’)
- Qu’est-ce qu’une telle mise en scène, justement, disait d’eux et poétiquement et politiquement ? À propos du groupe Oberiou, Association pour l’Art réel (44’19’’)
- Qu’est-ce qu’un tel silence pourrait dire de la construction française de poésie russe de ces années-là ? (52’57’’)

Le mal est tellement profond que Jean-Baptiste Para lui-même s’y englue en fin d’émission :

[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14487-27.10.2017-ITEMA_21476632-0.mp3" debut="54:14" fin="54:21"]

Qu’en est-il de la poésie en elle-même, pour elle-même ? C’est sur ce point, me semble-t-il, que l’émission invalide son titre et trahit une part importante de son projet :

C’est la nouvelle émission consacrée à la poésie et aux nouvelles écritures.
D’abord un poète, un écrivain, avec ses voix, sa voix, ses influences, ses lectures, pour une poétique contemporaine dans tous ses états.


Sur une heure d’émission, seules 4’45’’ sont consacrées aux lectures de poèmes. Une première pièce de Khlebnikov, lue par Yvan Mignot, d’abord dans sa traduction, puis en russe (de 35’15’’ à 36’50’’), suivie d’une seconde (de 37’13 à 38’45’’). Dans la deuxième partie de l’émission, un poème de Zabolotski, lu par Jean-Baptiste Para (de 50’48’’ à 52’31’’). On peut, à bon droit, s’étonner de la place si réduite accordée, in extremis (« Est-ce que vous ne voudriez pas quand même nous faire une petite lecture s’il vous plaît ? » au bout de 35 minutes !) à la lecture de textes rares et pourtant attendus par les auditeurs. Si les voix de Khlebnikov et de Zabolotski sont si singulières, écoutons-les ! Les discours sur la poésie et les poètes, aussi passionnants soient-ils, ne valent que secondairement. Qu’ils préludent habilement, s’organisent en perspective ou se pavanent en commentaires subtils, ils demeurent au service d’une parole poétique qui devrait constituer le cœur battant de ce genre d’émission.  
Alors, écoutons la poésie si particulière de Vélimir Khlebnikov. Il s’agit d’un poème non titré :

[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14487-27.10.2017-ITEMA_21476632-0.mp3" debut="35:15" fin="35:58"]

Du côté des illustrations musicales, hormis le pauvre Pusherman de Curtis Mayfield (album Superfly, 1971), toujours aussi ahuri de se retrouver à jouer les jingles promotionnels au milieu de l’émission (en plus du générique d’ouverture), on peut entendre deux pièces intéressantes. Un chant diphonique kalmouk, dont malheureusement nous ne saurons rien, puis, à la demande de J.-B. Para, un extrait pertinent des Fonderies d’acier de Mossolov (1926). Ces pièces musicales ne sont pas référencées dans la page de descriptif. L’auditeur curieux de poursuivre sa découverte le regrette. Une station qui a fait du numérique sa priorité ne devrait-elle pas montrer davantage de rigueur dans la rédaction et la précision de ses descriptifs ?


Alors ? Que retenir de cette heure ? D’abord et avant tout, la passion communicative des deux intervenants qui maîtrisent admirablement leur sujet et piquent la curiosité de l’auditeur. En ce sens, le mérite de cet entretien est bien d’incitation : il ouvre le champ de connaissances, de la réflexion et dessine de nombreuses pistes à explorer (littéraires, musicales, historiques, ethnologiques…). Si l’intelligence et la grande érudition des deux invités assurent un intérêt qui ne fléchit jamais, il reste à nous demander quelle part Manou Farine prend à ce qui constitue la réussite de cette émission. La productrice connaît manifestement son sujet et s’efforce, au départ, de tracer les grandes lignes de l’entretien dont elle essaie de tenir les rênes. Toutefois, et sans insister sur la naïveté ou la maladresse de certaines questions, on ne peut manquer de constater que M. Farine se laisse rapidement déborder par la parole profuse, parfois fantasque, souvent brouillonne d’Yvan Mignot qui menace d’emporter dans son flot l’intelligibilité du propos et nuit à la bonne compréhension de l’auditeur. Dans ces moments de flottement, le souci de clarté pédagogique est pris en charge par Jean-Baptiste Para. Le poète vient alors au secours de la jeunesse de la productrice et, par l’élaboration d’une parole synthétique, rassemble les différents fils déroulés par Yvan Mignot.

Premier exemple, au sujet des mouvements d’avant-garde comme le futurisme :
[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14487-27.10.2017-ITEMA_21476632-0.mp3" debut="10:33" fin="12:31"]

Autre exemple, sur les « Tables du destin », l’inscription de Khlebnikov dans le processus révolutionnaire et la dimension utopiste de sa pensée :  
[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14487-27.10.2017-ITEMA_21476632-0.mp3" debut="22:10" fin="25:24"]

Bonus 1 :
Pour les linguistes, un article stimulant de Jean-Claude Lanne, autre spécialiste et traducteur de Khlebnikov, intitulé La représentation du "Je" dans l'oeuvre de Vélimir Khlebnikov.

Bonus 2 :
Un ACR de 2015, rediffusé en 2017, Le spectre du spectre des spectres et qui rappelle certains documentaires proposés par David Collin, dans son Labo, sur Espace 2. En voici le descriptif :

Dans ce documentaire à la frontière du conte, un fils de retour pour quelques jours dans la maison familiale au coeur des montagnes cévenoles interroge son père pour lever le voile sur un obsédant fantôme de son enfance : le poète russe du XXème siècle Vélimir Khlebnikov.
Le père traduit ses poèmes en français depuis presque 50 ans, il a construit son existence autour de cette figure, il en est possédé. Le père, le fils et le poète se parlent à travers le temps et les steppes.


L’architecture du documentaire est celle, bienvenue, des poupées russes. Le poète : Vélimir Khlebnikov. Le père : Yvan Mignot. Le fils – et réalisateur du documentaire : Bastien Mignot. Un pas sur le côté, certes, mais un écho subtil, et de qualité, à l’émission de Manou Farine. On en recommande vivement l’écoute.

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Daryush Shayegan pour « L'âme poétique persane » - le Dim 19 Nov 2017, 14:11

fred de rouen(http://www.regardfc.com/t731p30-la-poesie-a-france-culture#29392) a écrit:Afin de poursuivre un peu la contribution rédigée sur le documentaire-lecture consacré par le Labo au Requiem d’Anna Akhmatova, on s’est proposé de prêter une oreille à l’émission de Manou Farine, Poésie et ainsi de suite, du 27 octobre dernier, Parlez-vous le zaoum? Cette émission nous offrait à la fois une continuité thématique - la poésie russe du début du XXe siècle - et un point de comparaison dans le traitement de la poésie et la place effective qui lui est ménagée. (...) L’architecture du documentaire est celle, bienvenue, des poupées russes. Le poète : Vélimir Khlebnikov. Le père : Yvan Mignot. Le fils – et réalisateur du documentaire : Bastien Mignot. Un pas sur le côté, certes, mais un écho subtil, et de qualité, à l’émission de Manou Farine. On en recommande vivement l’écoute.
Merci Fred de Rouen d'avoir attiré l'attention sur ce numéro et indirectement sur l'émission elle-même. Je trouve ainsi une nouvelle Manou Farine au micro, nouvelle par la qualité de la voix. L'affectation très à la mode du détimbrage (censé donner de la suavité, dans quel but, on ne sait) présente pendant au moins deux ans, est absente dans un numéro qui a retenu mon attention pour ses trois invités. Pour ce qui concerne la qualité de ses interventions et de ses enchaînements, Manou Farine reste égale à elle-même : si ce n'est pas brillant, c'est moins médiocre que chez d'autres, par exemple chez celle qui anime la tranche 21h-22h.

Numéro vivement conseillé, Poésie et nuit persane, notamment pour le philosophe et écrivain Daryush Shayegan. On pourra passer sur le descriptif qui contient une autre de ces pseudo-matrices irritantes telles que décrites par Fred de Rouen :
fred de rouen(http://www.regardfc.com/t731p30-la-poesie-a-france-culture#29392) a écrit: (...) Dépêchons les agacements linguistiques habituels. Il est regrettable pour l’auditeur – une fois de plus - d’avoir à supporter l’emploi récurrent de la pseudo-matrice désormais obsessionnelle : « qu’est-ce que X nous dit de Y ? ». L’usage (encore moins l’abus) d’une construction creuse n’a jamais transformé une interrogation insipide en un modèle de questionnement pertinent. Elle risque au contraire de lui offrir une caisse de résonance qui en redouble la vacuité. Peut-on encore, sur France Culture, en 2017, entendre une question qui s’en affranchisse ? (...)
Ici cela donne "Le philosophe et écrivain Daryush Shayegan sonde le rapport intime des iraniens à leurs poètes" [Iraniens] et "C’est dans le rapport à ces poètes que le philosophe mène une analyse de la phénoménologie de la conscience de l’homme persan". Il faudrait dire à Manou Farine que "le rapport à",  à toutes les sauces, commence à être usé.

Mahmoud Chokrollahi et Daryush Shayegan entretiennent un beau dialogue sur la poésie, les arts, la philosophie et la musique tout au long de l'émission. Le grand plaisir est donné d'entendre un poème en farsi par le premier et en français par le second, qui ouvre à l'auditeur sa conception de la traduction. Très instructif. Quelques extraits de musique persane classique parsèment l'émission, et donneront à ceux qui ne la connaîtraient pas l'envie d'aller y voir de plus près. La flûte ney (de roseau) est une grande ambassadrice de l'art de la flûte. Voir aussi la flûte bansouri d'Inde du nord (cf. Hariprasad Chaurasia), la flûte shakuhachi du Japon (cf. Katsuma Yokoyama) et notre flûte à bec européenne (cf. Georg Philipp Telemann et Michel Blavet, par exemple).


Mahmoud Chokrollahi, Daryush Shayegan et Atiq Rahimi.• Crédits : M. F.

Présentation par l'éditeur du livre de Daryush Shayegan, L'âme poétique persane :

Pourquoi le Persan estime-t-il à tel point ses grands poètes, lesquels ont acquis chez nous une vénération quasi religieuse? Quelle est la nature de ce rapport intime qui lie le Persan à ses poètes dont les messages investissent tout son être et pénètrent profondément la substance de son âme ? »
C’est à partir de cette interrogation que Daryush Shayegan, l’un des plus importants penseurs iraniens vivants, nous introduit aux cinq grands poètes persans, dont on pourrait presque dire qu’ils ont acquis un statut mythique: Ferdowsî, qui par son Shahnâmeh ou Le livre des rois, refonda l’identité persane en ressuscitant la mémoire de l’Iran antique ; Omar Khayyâm qui, libre des croyances religieuses, chercha à saisir l’instant éternel ; Mowlânâ Rûmî, l’un des plus grands mystiques de tous les temps ; Sa’dî l’humaniste et «Le maître de la parole», qui forgea la langue persane et son idée de civilité ; et enfin Hâfez, cette « langue de l’invisible » qui brisa avec une rare audace tous les tabous encombrants de la religion légalitaire. Chacun représente une facette de l’âme iranienne toujours vivante.


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Re: La poésie à France Culture -

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