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La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ?    Page 3 sur 7

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La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ? - le Mer 23 Sep 2009, 22:09

Rappel du premier message :

C'est qu'on en reçoit, parfois, des nouvelles.

Des amusantes, des inquiétantes.
On en parle parfois même beaucoup un peu partout.

Et ici aussi...
* * *

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Radio-France paye cher… son humour - le Ven 28 Jan 2011, 15:37

Radio France condamnée pour le licenciement de Stéphane Guillon

Attaquée aux prud'hommes par l'humoriste, la radio publique a été lourdement condamnée pour l'avoir licencié "sans causes réelles et sérieuses". Elle devra verser 150 000 euros d'indemnités à M. Guillon. (LeMonde.fr)

Val sera t-il condamné aux travaux forcés ?

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Radio France perd en justice - le Ven 28 Jan 2011, 15:51

C'est vraiment absurde et stupide. J'espère qu'ils iront en appel et que le verdict sera inversé. Quel est l'avocat inefficace qui n'a pas su défendre la chaine ? Quel est l'idiot qui a viré Guillon avant la fin de son contrat alors qu'il suffisait de le laisser aller au bout et de ne pas le renouveler ? Et si c'était chose impossible, qui a été assez idiot pour signer un contrat qui liait la chaine à ce point ? Depuis quand est-on ainsi lié dans le monde du spectacle ? Même à Canal ils ne font pas cette sorte de connerie ! Et quel est le crétin qui n'a pas su avertir le chroniqueur en termes clairs avant de pouvoir le sacquer proprement, s'il était aussi évident (comme ça l'est après coup) que là était le seul moyen pour Guillon de lâcher une chronique que lui-même savait ne plus pouvoir remplir avec du bon travail ? Pourquoi n'a t'on pas pu faire comprendre au juge que la perte réelle de Guillon était de fort peu de temps de travail, et son bénéfice réel considérable en termes de publicité, avec l'auréole de martyr en prime.

Je n'ai jamais entendu le bout du début d'une idée ni même d'une finesse d'humour dans les ricanements de Guillon. Il ne disait jamais rien sur le fond, son seul art était d'accabler des personnes avec des épithètes infamantes, soit sur leur physique, soit en les traitant implicitement de facho ou de nazi (combien de points godwin pour Guillon ?), mais sans se référer à leur valeur ou à leurs actes sinon en les déformant. Sur France Inter le matin ça faisait déjà longtemps que Guillon ne faisait pas de l'humour, mais installait une atmosphère puante dans le champ déjà délétère du commentaire politique, saccagé par les Guignols de l'Info. .

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En réponse à Philaunet - le Ven 28 Fév 2014, 21:28

Je déplace ici, comme ouverture d'un nouveau chapitre, ce post d'Alain depuis le fil France Culture avant et maintenant. Car ça pourrait aussi donner de la matière pour le France Culture à venir... - Nessie-

@Philaunet a écrit:
Maintenant, il faut se demander si l'évolution de France Culture au sein de Radio France ira dans le sens de la beauté et de la poésie ou si, comme c'est déjà le cas, les contenus dériveront de la novlangue technocratique pastichée ainsi  par un lecteur du journal Le Monde : (...) il faut décloisonner les synergies transversales pour dynamiser les revenus par un renouvellement générationnel. à la suite du billet de blog du journal intitulé Comment Mathieu Gallet veut changer Radio France

La nomination de Mathieu Gallet est, potentiellement, intéressante. Je ne sais si France Culture sera une priorité mais le profil de carrière de MG pourrait avoir des conséquences dans plusieurs domaines, notamment celui de la rédaction de FC.
Et puis, quid de sa relation de travail avec OPDA ?
A suivre.

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Quand Matthieu Gallet était à l'INA - I - le Mar 04 Mar 2014, 01:47

Aneffet, Matthieu Gallet a été nommé, mais comme il avait présenté un projet (comme les autres candidats), on peut se demander si c'est l'homme ou le projet qui ont reçu l'aval du CSA.  Philaunet a donné le lien vers une page où l'on peut consulter le projet, mais il s'y trouve dans un format qui résiste (pour le moment) au transport tel quel vers notre forum.

Anattendant, voici 2 articles datant de la fin 2010 et du début 2011, .

Le premier est paru dans Marianne avec toute l'absence de neutralité à laquelle l'hebdo nous a habitués. Quoique co-signé par Philippe Cohen (et Elodie Emery) , il s'agit moins de journalisme d'information que de mini-pamphlet ciblant directement le bonhomme. On peut espérer que le contenu en soit conforme à la vérité, mais une vérité soigneusement choisie et présentée dans un sens donné. Il y manque donc tout ce qui pourrait invalider la thèse, car c'est ainsi qu'à Marianne on pratique le journalisme. Et puis tant qu'à faire du pamphlet, il y aurait beaucoup à dire sur l'Institution. Mais dans cette baraque foraine, toujours préféré le tir-aux-pipes, et en l'occurrence les auteurs de l'article ne s'en privent pas. On devine, d'ailleurs, qu'ils ne seront pas les derniers. L'article est accessible par ce lien.

Le voici, ci-dessous reporté in extenso :

<<  Philippe Cohen & Elodie Emery dans Marianne - 17 décembre 2010 :

Ambiance délétère, syndicats au bord de l'exaspération, rumeurs et angoisse : depuis que Frédéric Mitterrand a imposé Mathieu Gallet à la présidence d'une institution trop grande pour lui, l'INA souffre. La manne du Grand Emprunt assignée à la numérisation des archives (750 millions d'euros) attise convoitises et appréhensions, la jeunesse et l'opacité des intentions du nouveau Président les exacerbe.

Les années 1980 sont finies, mais il existe toujours des jeunes hommes pressés. Mathieu Gallet, le nouveau patron de l’INA (Institut national de l’Audiovisuel), un garçon de 33 ans, en est un. Mais aujourd’hui, on se demande, de Matignon à l’Assemblée en passant par le siège de l’INA, si sa nomination n’était pas une grossière erreur, qui risque de coûter cher à l État, et peut-être à son ministre de tutelle, Frédéric Mitterrand.

Car l'enjeu est de taille : l’avènement de l’âge numérique métamorphose les institutions qui stockent depuis des décennies les images. L’INA n’est plus un département d’archives relégué dans l’arrière-cour de l’audiovisuel public. Son très riche fond est désormais à portée de clic pour des millions de consommateurs d’images. Un marché énorme : les joyeux feuilletons des années 1960, les premiers « Cinq Colonnes à la Une », les JT historiques, les « Discorama » de Denise Glaser. Ce miroir de l’histoire contemporaine fort de centaines de millions d’heures de radio et de TV n’est plus réservé aux seuls professionnels. Un fabuleux capital qui a attiré la manne publique du Grand Emprunt : 750 millions d’euros ont été attribués pour la numérisation des archives, dont une part importante pour l’INA. Reste à savoir comment utiliser cet argent. Et surtout décider qui doit exploiter ce trésor ? Ces archives doivent-elles rester 100% publiques ? Faut-il envisager, comme pour celles des notaires, d’en autoriser l’exploitation privée ?

L’absence de réponse précise commence à inquiéter les salariés de l’INA. Son dernier conseil d’administration, le 13 décembre, fut houleux. Le jeune patron se montre parfois expéditif, comme avec la DRH, remerciée, ou l’essayiste Frédéric Martel, auteur de Mainstream (Flammarion), brutalement limogé après avoir créer le site INA-Global qui diffuse des informations spécialisés sur le numérique pour les chercheurs et des professionnels.

Objet de toute les inquiétudes, l'idée de faire entrer l’INA au capital d’une entreprise privée du nom de mySkreen alimente le spectre de la privatisation des images publiques. Lancée il y a seulement deux ans, cette start-up a pour objectif ambitieux de fédérer tous les contenus vidéo légalement disponibles sur Internet. Les salariés de l’INA ont appris le projet par la presse.  La présence du groupe Le Figaro et de Habert Dassault Finance au capital de mySkreen éveille les soupçons : « Mathieu Gallet ne respire pas un esprit de service public très développé », s’inquiète l’un des administrateur de l’INA, le député PS Didier Mathus.

Autre souci, l’investissement de l’INA dans mySkreen doit obtenir la validation du comité qui gère le Grand Emprunt, auquel l’Institut a demandé une contribution de 8 millions d’euros. Ce qui est loin d'être acquis, comme on le lira dans le numéro de Marianne en vente demain. De même qu'on y découvrira le récit de la nomination tortueuse de Mathieu Gallet à la tête de l'INA.  >>

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Quand Mathieu Gallet était à l'INA - II - le Mar 04 Mar 2014, 02:12

./...

Et le 8 février suivant dans Le Monde, sous la plume de Daniel Psenny, on pouvait lire cet  article. En voici copie intégrale, obtenue en profitant d'un accès de (?)générosité du journal : c'est qu'ordinairement cette page est réservée aux abonnés, ce qui veut dire que les non-abonnés doivent payer pour la consulter. Et -ô surprise- j'ai trouvé cet article offert en accès libre  :

<<  L'Institut national de l'audiovisuel veut s'ouvrir au grand public

Le nouveau président a présenté sa stratégie sur fond de contestation de sa nomination

Nommé le 26 mai 2010, à 33 ans, à la présidence de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) par le conseil des ministres, Mathieu Gallet, ex-directeur de cabinet adjoint de Frédéric Mitterrand au ministère de la culture, devait présenter, mardi 8 février, les nouvelles orientations stratégiques de l'entreprise.

Avec 805 000 heures d'archives (images et sons) numérisées depuis dix ans disponibles sur le Web, le mobile et les télévisions connectées, l'INA a su s'imposer comme une référence et un outil de travail pour tous les professionnels de l'audiovisuel. Son site Ina.fr revendique 1,2 million de visiteurs uniques par mois et 50 000 vidéos sont disponibles sur la plate-forme de partage de vidéos Dailymotion grâce à un partenariat signé entre les deux entreprises.

Aujourd'hui, M. Gallet veut développer cette diffusion vers le grand public en faisant de l'INA " une entreprise culturelle de l'audiovisuel ". " Les images de l'INA doivent servir à favoriser la diffusion d'une véritable culture audiovisuelle pour tous et donner un sens à notre monde, mais aussi à l'histoire passée ", précise-t-il.

L'entreprise, qui dispose d'un budget de 130 millions d'euros (dont une partie issue de la redevance audiovisuelle et 40 millions de ressources propres), va renforcer son centre de formation INA Sup, créé en 2007, en développant une grande école au sein même de l'Institut. Celle-ci sera structurée autour d'un campus de 7 000 mètres carrés à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne) et comprendra huit studios, dix laboratoires et une régie en haute définition. 5 000 étudiants et stagiaires devraient y être accueillis chaque année.

Par ailleurs, des contrats devraient être signés avec les entreprises de presse qui souhaitent enrichir leurs sites multimédias. " Nous sommes les seuls à posséder des archives du monde entier et elles pourraient contribuer, par exemple pour la Tunisie ou l'Egypte, à une meilleure compréhension pour les lecteurs ", souligne M. Gallet.

Prise illégale d'intérêts :
Ces nouveaux développements sont toutefois suspendus à la plainte de l'association de lutte contre la corruption Anticor. Celle-ci conteste les conditions de nomination de M. Gallet à la tête de l'INA. Le parquet de Créteil, qui a été saisi par le Service central de prévention de la corruption (SCPC) dépendant du ministère de la justice, pourrait ouvrir une enquête sur une éventuelle prise illégale d'intérêts.

Selon l'association, la loi du 2 février 2007 interdit à tout fonctionnaire de travailler pour une entreprise qu'il a notamment surveillée, conseillée ou contrôlée durant les trois années précédant son départ de la fonction publique. La commission de déontologie aurait donc dû être saisie. " Je pense avoir respecté les règles et j'attends sereinement les conclusions de l'enquête du parquet ", affirme M. Gallet.

Daniel Psenny  - 8 février 2011 >>


Il est permis de se demander s'il va savoir, s'il va pouvoir, s'il va seulement rêver de réinjecter dans la maison un peu de la mission culturelle qui est réléguée tout au fond du tiroir, ce Mathieu Gallet dont la nomination à Radio-France semble avoir déçu la classe médiatique (dont notre sismographe vient de donner le la) presque autant que celle de Laure Adler à France Culture en 1999 en avait réjoui la part la plus inconsciente mais la plus féministe, la plus humaniste, la plus écologiste, la plus conforme a l'objectif de redonner à l'auditeur le bon esprit citoyen et les bonnes valeurs qui font le bonheur de vivre dans le meilleur des mondes et si cette phrase vous semble trop longue certes longue elle l'est déjà 2,8 fois plus que la plus longue qui sortirait du ciboulot de Xavier Delaporte dopé aux amphétamines, mais nettement moins longue que celles qu'il nous torche au micro encore que là ce ne sont plus vraiment des phrases mais passons...

En tous cas l'homme est dur (euh, Mathieu Gallet, pas Xav'e Delaporte hein - merci de suivre), croit-on comprendre. Et réaliste. Ca peut être la meilleure comme la pire des choses. Reste qu'on le voit mal virer comme un malpropre le directeur de France Culture, alors que ce serait la première chose à faire pour montrer que la récré-manif, c'est fini. A défaut, je ne serais pas fâché qu'il le pousse à la démission, et que son remplaçant, homme de culture et non d'appareil, à son tour remette à sa place cette Rédac' qui détient le pouvoir et impose la norme idéologique dans la maison. Encore faudrait-il que France Culture fît partie des centres d'intérêt de ce brave homme, à qui l'on prête le projet de rendre certains services payants. Matthieu Gallet va-t-il réorganiser la Maison ronde en centres de profits (rondelets) ?

Voyons donc son projet...

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Re: La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ? - le Mar 04 Mar 2014, 18:26

@Nessie a écrit:A défaut, je ne serais pas fâché qu'il le pousse à la démission, et que son remplaçant, homme de culture et non d'appareil, à son tour remette à sa place cette Rédac' qui détient le pouvoir et impose la norme idéologique dans la maison.

Je vais me répéter mais je préférerais que la Rédac' et toutes les infos passent sur France Inter. Je verrais bien un projet Radio France où France Inter soit orienté vers l'info et le divertissement de qualité, et France Culture vers le.....culturel.
Il est vrai qu'avec le Podcast cette orientation est moins importante mais je pense à tous ces auditeurs qui écoutent la radio en direct.

Mais "regards sur France Culture" perdrait une de ses cibles favorites !

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Culturel, à définir. - le Mer 05 Mar 2014, 12:48

@Alain Machefert a écrit: (...) Je verrais bien un projet Radio France où France Inter soit orienté vers l'info et le divertissement de qualité, et France Culture vers le.....culturel. (...)

Encore faudrait-il s'entendre sur le sens du mot « culturel » et là c'est crêpage de chignons sans merci.

Ainsi une émission comme Ville-Mondes (titre im-monde, mais passons) a-t-elle à voir avec la culture ? L'écoutant en ce moment pour le savoir, j'en doute fort. Le « partenariat » de ce numéro sur le Bhoutan auquel on fait une pub d'enfer, et des autres numéros, est Geoguide. Et l'on retrouve en version sonore tout ce que l'on trouve dans ces magazines à feuilleter pour se dépayser. On n'apprend rien, mais on baigne dans une atmosphère de cloches et de bruits de marché en entendant des anecdotes et des propos convenus (on reviendra sur Matthieu Ricard). De la culture au sens de la connaissance dense qui permette d'accroître son savoir et de penser, il ne faut pas y compter.

Distraire agréablement, c'est la vocation de France Culture version OPDA.

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Re: La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ? - le Mer 05 Mar 2014, 16:12

@Philaunet a écrit:Encore faudrait-il s'entendre sur le sens du mot « culturel » et là c'est crêpage de chignons sans merci.

Pas nécessairement.  Pour moi, une radio "culturelle" est une radio qui produit des émissions qui me rendent plus cultivé; qui me mènent sur les chemins de la Connaissance, pour reprendre cette magnifique expression.

Dans un article  d'Express Culture, l'écrivain Sylvain Tesson, résumait très bien ce que je pense sur "être cultivé" , y compris ses limites.

"Etre trop cultivé pose le problème de vivre avec un brouhaha dans la tête. Un système de références tellement riche que l'on finit par poser sur le monde un regard privé de fraîcheur. Chaque émotion, toute sensation et la moindre rencontre deviennent prétexte à se rappeler une phrase, un passage de livre, une musique, un tableau. Oublier, c'est reconquérir sa fraîcheur. Ce que l'on gagne en culture, on le perd un peu en spontanéité. Mais ne pas être cultivé est une paresse, une impolitesse à l'égard de ce qui fut. On se prive de la conversation permanente entretenue avec le passé. Parfois, des gens refusent de lire pour ne pas se polluer. Jules Renard leur a répondu: "Plus on lit, moins on imite." (Journal). Etre cultivé n'est pas qu'une ambition de légume, c'est le plus sûr moyen de n'être jamais seul."  

Il y a tant de choses à connaitre, à découvrir, dans tous les champs de la Connaissance que l'on ne devrait pas avoir de mal à remplacer toutes ces émissions d'actu, comme on dit, par des émissions qui nous enrichissent.

Je fais une ...Une Eloge du Savoir, en quelque sorte. Et j'aimerais que France Culture en fasse de même.

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France Culture fonctionne parfaitement (sic) - le Mar 29 Avr 2014, 11:45

Hier dans Les Echos sous le titre "Je veux transformer Radio France", on pouvait lire ces propos de Mathieu Gallet recueillis par Grégoire Poussielgue et David Barroux  :

<< Vous allez prendre dans deux semaines la présidence de Radio France. Quelle est votre vision de ce média, n’est-il pas condamné au déclin ?
Absolument pas. La radio a même une longueur d’avance. L’évolution technologique et les progrès du numérique créent plus de concurrence, mais aussi plus d’opportunités pour la radio, qui est finalement moins fragilisée que d’autres médias. Pour la presse, la télévision, ou l’industrie musicale, la révolution numérique est synonyme de changements profonds. La radio en revanche est en phase avec la nouvelle donne qui nous fait basculer dans un monde plus intime, plus personnel, plus mobile... C’est même son ADN !

L’univers des médias devient quand même de plus en plus concurrentiel ?
Avant, chaque média avait son territoire, ses moments dans la journée. Il y avait un temps pour la presse, un temps pour la radio, un temps pour la télévision. Aujourd’hui, tout le monde se retrouve en permanence sur le terrain numérique. Pour les acteurs traditionnels comme pour les nouveaux, la convergence est une donnée de base. Mais la radio conserve son avantage : celui d’être un média d’accompagnement et de mobilité. On peut écouter la radio et faire autre chose en même temps.

Le numérique n’est donc pas une menace ?
Il faut accepter de se remettre en cause. Le numérique est avant tout une opportunité. Avec Internet, nos radios peuvent être écoutées dans le monde entier. Et n’oublions pas que la force de la radio est qu’elle continue de s’appuyer sur des talents. Nous pouvons tous faire nos playlists sur un smartphone, mais si les radios restent si populaires, c’est parce que c’est un media prescripteur animé par des équipes qui apportent une valeur ajoutée, qui savent concevoir et proposer des programmes pour accompagner tous les moments d’une journée, qui ont des voix, une identité. Les jeunes générations n’auront sans doute pas le réflexe « transistor », mais elles ne vont pas abandonner la radio pour autant.

Mais la radio va devoir changer ?
Elle doit s’enrichir, en mariant le son et les formats numériques comme les vidéos ou les infographies. Mais la radio, ce n’est pas de la télévision. Et si elle doit mieux être à l’écoute des réseaux sociaux, elle a l’avantage d’être le premier média interactif. « Le téléphone sonne », c’est une marque pionnière de l’interactivité depuis plus de vingt ans !

Quelle est votre ambition pour Radio France ?
Mon ambition est de transformer Radio France. Je ne suis à l’origine ni un homme de radio, ni un journaliste. Je suis un manager. Si j’ai eu envie de présider Radio France, c’est parce que j’ai considéré qu’il y avait d’abord un enjeu d’entreprise. A l’Institut national de l’audiovisuel (INA), que j’ai présidé quatre ans, j’ai accéléré une dynamique de changement et d’enrichissement de l’offre. L’un des avantages de Radio France est de produire elle-même ses contenus. C’est un atout fondamental, et cela nous donne une forme de liberté dont nous devons apprendre à profiter.

Quelle sera votre mode de management ?
Je fixe un cap, je fais confiance, je délègue et je veille à la bonne mise en œuvre de la stratégie. Voilà pourquoi je souhaite avoir autour de moi une équipe soudée, resserrée et réactive. Elle sera construite en m’appuyant sur les remarquables expertises internes comme sur des compétences qui viendront de l’extérieur. Je veux aller vite pour impulser un changement dès mon arrivée. Dans mon équipe je nommerai un responsable en charge de la cohérence et la complémentarité de nos sept chaînes, avec l’ambition de toucher un public le plus large possible. Il devra s’assurer que l’on ne fait pas quatre fois la même matinale par exemple ! Dans une période de contrainte budgétaire, il faudra aussi se mobiliser pour le développement et les diversifications des ressources. Nous avons la chance de pouvoir rouvrir la Maison de la Radio d’ici la fin de l’année, après des travaux commencés en 2009. Nous avons un nouvel auditorium qui doit nous aider à faire de cette maison un phare dans la production et la diffusion de la culture. Nous avons aussi un enjeu fondamental : la distribution de nos programmes en utilisant au mieux les nouvelles technologies, les rendre accessibles au plus grand nombre. Enfin, ne perdons pas de vue que le management, ça n’est pas que la direction. En outre, dans les jours qui suivent ma prise de fonctions, je respecterai un engagement que j’ai pris devant le CSA. Je nommerai au moins deux femmes parmi les sept patrons de chaîne qui incarnent Radio France. Enfin, ne perdons pas de vue que le management, ça n’est pas que la direction. Il faut que tout les niveaux intermédiaires soient impliqués et responsabilisés.

Radio France, c’est le service public, mais en même temps France Inter donne souvent le sentiment d’être une radio engagée à gauche. N’est-ce pas contradictoire ?
Le service public, c’est l’exhaustivité, l’exigence du pluralisme. Il faut faire entendre tous les points de vue et que tous les Français se retrouvent dans Radio France. Cela passe par une forme de neutralité et avant tout d’indépendance. Il ne faut pas oublier la grande force de France Inter : elle reste leader sur tous les moments clefs de la journée, le matin, la mi-journée et le soir.

Quelles sont vos priorités pour les antennes de Radio France ?
La première et la plus urgente est France Info, car son modèle est celui qui est le plus attaqué par Internet et les chaînes d’information en continu, dont l’essor va se poursuivre avec la possible arrivée de LCI sur la TNT gratuite. Le deuxième chantier, c’est Le Mouv’. Radio France ne peut pas renoncer à s’adresser aux jeunes. Ils se retrouvent sur toutes nos chaînes bien sûr mais il faut que Le Mouv’ trouve sa place, qu’il réaffirme ses choix musicaux. Qu’il attire le public des cultures urbaines. Il n’est pas question d’abdiquer ou de rendre les fréquences du Mouv’ sur la bande FM. Enfin, ma troisième priorité, c’est France Musique. Il n’est pas acceptable qu’à Paris, par exemple l’audience de France Musique soit de 1,2 point contre 3,5 pour Radio Classique. On ne peut accepter un rapport de un à trois et pour cela il va falloir réfléchir à adapter la programmation, en laissant plus de place à la musique et moins à la musicologie. Et puis il y a des antennes qui fonctionnent parfaitement comme France Culture ou Fip, qui ont leur public et qui peuvent même encore se développer grâce au numérique. Enfin, France Bleu est un succès mais elle doit encore continuer à toucher un public plus large que les CSP + auditeurs traditionnels des radios publiques.

Mais peut-on réformer une maison comme Radio France ?
L’avantage de Radio France est que, contrairement à France Télévisions, sa structure est la même depuis quarante ans et l’éclatement de l’ORTF. Cette maison a une histoire, une culture commune, une ambition du service public. Dès mon arrivée, je rencontrerai les organisations représentatives du personnel. Mon objectif ? Conclure un nouvel accord d’entreprise, parvenir à un nouvel accord social. J’ai confiance dans le corps social de Radio France pour faire avancer l’entreprise autour d’un projet et d’une dynamique de transformation pour l’horizon 2020.

François Hollande a souhaité en fin d’année dernière des synergies entre France Télévisions et Radio France, sur le numérique notamment. Partagez-vous ce souhait ?
Absolument. On peut envisager des synergies entre les entreprises de l’audiovisuel public comme France Télévisions, France Médias Monde et l’INA qui ont toutes développé des plates-formes numériques performantes. Il faut d’abord travailler sur les outils et les réseaux, afin que les systèmes se comprennent, soient compatibles. Après, chacun doit pouvoir s’enrichir des contenus de l’autre, la vraie complémentarité est là.

Pourrez-vous mener à bien tous ces chantiers dans une équation budgétaire qui reste difficile ?
Il me paraît normal que l’audiovisuel public contribue à l’effort de redressement des comptes de la France. Mais cet effort doit être justement réparti et ne doit pas nous empêcher de développer l’entreprise. Le contexte est difficile, car les recettes publicitaires de Radio France, qui représentent environ 40 millions d’euros sur un budget total de 660 millions, ont une tendance structurelle à la baisse. Le service public doit rester universel, gratuit et anonyme, mais nous devons penser à un système de valorisation des services additionnels. La raison évidente est qu’ils ont un coût.

Comment avez-vous accueilli votre nomination, qui a créé la surprise ?
Quand Olivier Schrameck [le président du CSA, NDLR] m’a appelé pour me prévenir, je dois avouer que j’ai été très ému. Très fier aussi d’avoir été élu à l’unanimité. Je prends aussi cette nomination comme une reconnaissance du travail que j’ai accompli, pendant quatre ans, avec toutes les équipes de l’INA. >>

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/medias/actu/0203460902609-mathieu-gallet-je-veux-transformer-radio-france-667216.php#xtor=CS3-5

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En finir avec la culture : le projet de Gallet pour France Musique - le Mar 29 Avr 2014, 19:18

@Nessie a écrit:Hier dans Les Echos sous le titre "Je veux transformer Radio France", on pouvait lire ces propos de Mathieu Gallet recueillis par Grégoire Poussielgue et David Barroux  :
« (...)  ma troisième priorité, c’est France Musique. Il n’est pas acceptable qu’à Paris, par exemple l’audience de France Musique soit de 1,2 point contre 3,5 pour Radio Classique. On ne peut accepter un rapport de un à trois et pour cela il va falloir réfléchir à adapter la programmation, en laissant plus de place à la musique et moins à la musicologie. (...)

= robinet à CD et concerts en lieu et place de la découverte de la musique par la pédagogie et l'histoire. L'épicerie fine doit aligner ses prix et services sur l'hypermarché...

@Nessie a écrit: Le service public doit rester universel, gratuit et anonyme, mais nous devons penser à un système de valorisation des services additionnels. La raison évidente est qu’ils ont un coût.

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/medias/actu/0203460902609-mathieu-gallet-je-veux-transformer-radio-france-667216.php#xtor=CS3-5

« Un système de valorisation des services additionnels » ? Comme il est beau le français de l'ex-manager de l'INA. Et en termes moins sibyllins, ça donne quoi ?

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Re: La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ? - le Mar 29 Avr 2014, 19:37

Ils auront aussi la peau de France Musique, décidément, où que l'on se réfugie, on est rattrapé.

La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ?     Page 3 sur 7

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