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La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ?    Page 4 sur 7

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La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ? - le Mer 23 Sep 2009, 22:09

Rappel du premier message :

C'est qu'on en reçoit, parfois, des nouvelles.

Des amusantes, des inquiétantes.
On en parle parfois même beaucoup un peu partout.

Et ici aussi...
* * *

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Re: La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ? - le Mar 29 Avr 2014, 19:37

Ils auront aussi la peau de France Musique, décidément, où que l'on se réfugie, on est rattrapé.

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Gestion à la Gallet - le Sam 04 Oct 2014, 17:15

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Re: La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ? - le Mar 10 Mar 2015, 12:45

Télérama publie un article sur le difficile printemps à venir pour Radio France :

http://www.telerama.fr/radio/radio-france-pourquoi-le-printemps-risque-d-etre-agite,123803.php

Le ton est téléramesque, mais bon, l'essentiel semble être là : 50M d'économies à trouver, des fusions suppressions en débat...

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Communication estivale - le Jeu 16 Juil 2015, 15:10

Article du 16 07 2015 pour les abonnés au Monde : Mathieu Gallet : « On ne peut pas être dans la maison tout en la critiquant ».

Extrait : « Le directeur de France Culture a annoncé avoir été « limogé » pour des critiques envers votre stratégie. Est-ce une nouvelle crise ?

Je m’étonne des déclarations d’Olivier Poivre d’Arvor, qui est sous contrat jusqu’au 31 août. Sur le fond, il a fait un formidable travail. Mais à mes yeux, le travail d’une équipe de direction implique que chacun endosse la stratégie, après en avoir débattu collectivement
».

PS Si l'on ne peut tout lire, les commentaires donnent des informations substantielles (sur Les Matins)

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L'argent provisionné pour les indemnités à Radio France - le Jeu 16 Juil 2015, 19:01

En réponse dans le fil Carnet nomade

@stein a écrit:
Question qui n'a pas été encore posée sur ce forum.
Les indemnités de licenciement. A combien se montent elles?
C . Fellous, A Garapon, A . Perraud, S. Nauleau et puis maintenant  l'arroseur arrosé, OPA ?
Absurdité  de la situation...
Les indemnités seront-elles  plus élevées que le montant des économies souhaitées pour France Culture  par le PDG?

À quoi Jean-Luuc a répondu avec un article commenté par lui :

@Jean-Luuc a écrit:Des éléments de réponse sont à lire dans un article fourni sur Télérama en regard de la question posée par Stein :

Les indemnités de licenciement. A combien se montent elles?
C . Fellous, A Garapon, A . Perraud, S. Nauleau et puis maintenant  l'arroseur arrosé, OPA ?
Absurdité  de la situation...
Les indemnités seront-elles  plus élevées que le montant des économies souhaitées pour France Culture  par le PDG?


Le lien de l'enquête par H. Rochette : http://www.telerama.fr/radio/la-precarite-le-systeme-couteux-de-radio-france,129109.php

Dans cet article consacré à la précarité des personnels de Radio France, deux montants se répondent étrangement : le déficit de Radio France d'une part, il s'élève à plus de 21 millions en 2015. Les "provisions pour risques" d'autre part, qui en 2011 ont atteint 23 millions.

Les sommes provisionnées par Radio France pour parer aux décisions prud’homales s’envolent depuis peu. Le rapport de la Cour des comptes d’avril dernier révèle qu’en 2013, l’entreprise a provisionné pas moins de 6,5 millions d’euros pour ces seuls procès. Plus généralement, les « provisions pour risques » (indemnités transactionnelles, frais de justice, etc.) sont passés de 6 millions d'euros en 2004 à 23 millions en 2011 !

Un déficit qui frise le non-sens dans la mesure où une partie de cet argent public pourrait être économisé. Le cas de Serge Le Vaillant, viré de France Inter en 2013, mais à ce jour officiellement toujours employé par Radio France, comme en ont décidé les prud’hommes de Paris, quoique sans poste ni salaire, puisque son employeur refuse de le réembaucher synthétise bien le climat actuel :

« Quand on m’a annoncé que je ne serai plus sur la grille de rentrée, je me suis dit OK, je ne suis pas propriétaire de mon émission. On est locataire de l’antenne, on le sait. Mais personne ne m’a remplacé : il s’agissait donc d’économiser sur les émissions de nuit – de 1h00 à 5h00, France Inter programme des rediffusions, ndlr. Or, les dirigeants de Radio France préfèrent perdre beaucoup d’argent, plutôt que de me réintégrer ! Il suffirait qu’ils m’envoient une lettre recommandée, qu’ils m’affectent à un poste, et tout est fini. Eux, au contraire, veulent faire durer… En attendant, les indemnités, les retards de paiement, les salaires s’accumulent ! Ces gens-là s’amusent avec l’argent public ! ».

D'autres chiffres hallucinants sont cités dans cette perspective :

L’ancien permanent syndical Jacques Ricau est catégorique : « En 2011, Radio France déboursait autour de trois millions d’euros pour les indemnités prud’homales, et aujourd’hui, c’est presque dix millions par an ! ». Il estime à 15 ou 20 % des effectifs la proportion de salariés précaires dans la maison : « Les montants de provisions liées aux conflits prud’homaux sont en nette augmentation, car il y a plein de procès en cours, et avec l’encombrement des juridictions, tout cela prend du temps. Un collectif de neuf réalisateurs de Radio France est ainsi en procès depuis huit ans : pour ce seul dossier, l’entreprise a dû provisionner 4 millions de plus ! ».

Last but not least, le cas d'Alain Veinstein est soulevé.


Limogé en 2014 par France Culture, Alain Veinstein, qui faisait de la conversation radiophonique une merveille de dispute érudite et d’intimité poétique, ne s’est pas défendu aux prud’hommes, mais il analyse avec sévérité les nouvelles méthodes de la station publique, lui qui y est entré sur concours, en 1975 : « Aujourd’hui, on veut des gens souples, dociles, paniqués à l’idée de perdre leur boulot. Tout le monde travaille dans la terreur. Je serais curieux de savoir combien de producteurs sont actuellement traités pour dépression ! »

Ancienne directrice de la station, Laure Adler, qui fut elle-même critiquée pour son intransigeance lors de son passage à la tête de la station, affirme que « le pouvoir de vie ou de mort des patrons des chaînes » devient insensé, si aucun effort n’est fait pour trouver « un accompagnement ou une solution de reclassement ».


Dialogue rompu, travail précaire, moyens insuffisants, la sérénité règne donc.

Un jeune réalisateur de documentaires, qui jouit d’une dizaine d’années d’ancienneté à Radio France, préfère témoigner sous couvert d’anonymat : « J’ai assumé cette précarité, tant que le dialogue prévalait. Aujourd’hui, à France Musique et à France Culture, nous avons perdu toute possibilité d’échange, face à des directions qui considèrent les employés comme des pions interchangeables ! »

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Re: La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ? - le Ven 24 Juil 2015, 20:22

Dans Les maux de Radio France diagnostiqués

« Le président de Radio France est donc placé face à ses responsabilités. Au passage, M. Chertier [le médiateur désigné par le gouvernement ] égratigne la stratégie de médiatisation du PDG : « Les débats qui se déroulent en interne sont toujours plus profitables que ceux qui prennent à témoin des analystes ou commentateurs extérieurs », souligne-t-il. »

Une évidence pour nombre  d'observateurs s'exprimant sur le site de France Culture ou sur celui du Monde.

Olivier Poivre d'Arvor, prochain président de Radio France ?

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Interview de Sandrine Treiner au Monde (25.08.2015) - le Mar 25 Aoû 2015, 19:04

Le 25 août 2015, sur le site du Monde, l'interview de la nouvelle directrice (nommée ce même jour) de France Culture :

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/08/25/sandrine-treiner-france-culture-a-un-role-a-jouer-dans-la-societe-actuelle_4736461_3236.html

Sandrine Treiner, 50 ans, présente à France Culture depuis 2010, a été choisie, mardi 25 août, pour succéder à Olivier Poivre d’Arvor, évincé de la direction de la chaîne publique en juillet.

Comment se porte France Culture, un mois et demi après l’éviction de votre prédécesseur, Olivier Poivre d’Arvor ?

La chaîne s’est tout simplement remise à faire de la radio. L’année a été lourde pour les antennes, avec beaucoup de fatigue et de tensions accumulées. Cela nous a donné le désir de se remettre au cœur de notre pratique. Notre grille d’été a été marquée par de beaux moments de radio : des séries d’été, de grandes traversées... dans une sorte de calme après la tempête.

Olivier Poivre d’Arvor est parti dans des conditions houleuses...

Je suis arrivée à France Culture il y a cinq ans car il est venu me chercher. Je lui dois mon arrivée et les cinq années où j’ai appris ce qui me permet aujourd’hui d’être directrice. Nous formions une équipe très soudée, avec de bons résultats. Au-delà de la rupture avec Olivier Poivre d’Arvor, la confiance a été donnée à une solution de continuité.

Il y avait d’autres choix ?

Je l’ignore, et j’ai passé l’été à travailler pour que l’antenne soit bonne.

Comment voulez-vous désormais faire évoluer France Culture ?

Ce qui est formidable dans notre chaîne, c’est qu’on sait qui on est, pourquoi on existe et pourquoi on fait ce qu’on fait. Cela nous autorise des pas de côté par rapport à nos champs identitaires. C’est ce qui éclaire nos choix pour cette rentrée. Ainsi le duo que forment entre 19 et 20 heures Martin Quenehen et Mathilde Serrell : d’un côté une voix présente depuis longtemps à l’antenne, et de l’autre quelqu’un venant bousculer cette évidence, issue d’un autre univers, plus jeune et décalé, celui de Radio Nova.

Vous allez devoir vous passer de Marc Voinchet, qui quitte la matinale pour la direction de France Musique...

Il ne pouvait en effet pas faire les deux ! Le succès de notre matinale est avant tout lié à notre approche distanciée de l’actualité. Si on prend du recul, nous avons eu un excellent matinalier avec Nicolas Demorand. Quand il est parti, Ali Baddou l’a remplacé et a renforcé la matinale. Puis ce fut au tour de Marc. Alors je n’ai pas de doute sur le fait que Guillaume Erner contribuera à développer encore ce rendez-vous. Il vient de France Inter mais il incarne pleinement l’esprit de France Culture, il a son brevet en sciences sociales et aime aussi vagabonder !

Après avoir atteint un record, à 2,3 %, l’audience cumulée de France Culture a baissé au printemps, à 1,8 %. Inquiétant ?

Nous avons été la station la plus touchée par la grève de mars-avril, en restant à l’arrêt 28 jours. Ils est donc normal que la mesure d’audience ait été touchée. En réalité, si on regarde la période de sondage Médiamétrie, après la grève, notre audience était remontée à un niveau comparable à celui de janvier/mars.

A vos yeux, qu’a révélé cette grève si suivie à France Culture ?

Avant tout un état d’inquiétude. Les médias sont des révélateurs de la société qui les entoure et nous avons été touchés à notre tour par la peur du déclassement. En interne, le conflit a montré la nécessité de revoir des éléments d’organisation, de circulation de l’information, d’association des personnels et des partenaires sociaux aux projets du groupe.

Toute la direction s’est depuis attelée à améliorer les choses. Enfin, au delà de la question budgétaire, la grève a pointé la question du sens, qui agite tous les médias. Nous sommes en plein tournant, en train de définir ce que nous ferons dans vingt ans. Cela soulève naturellement des interrogations.

Vous allez devenir directrice de chaîne dans une entreprise encore fragile, où un plan de départs volontaires se prépare, sous l’autorité d’un président parfois contesté... Vous avez hésité ?

Le fait que la direction soit confiée à une femme qui a toujours été une auditrice de France Culture, qui a la passion de cette chaîne chevillée au corps, ça ne se discute pas. C’est un signal et j’y réponds avec enthousiasme. Je suis très attachée au service public. Nous avons un rôle à jouer dans la société actuelle et c’est ce qui compte. Et j’ai confiance dans l’avenir de cette maison.


Assez marrante cette phrase :

Au-delà de la rupture avec Olivier Poivre d’Arvor, la confiance a été donnée à une solution de continuité.
Donc à une rupture en somme.

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Re: La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ? - le Lun 07 Sep 2015, 03:43

Le 5 septembre 2015, L. Le Saux publiait ce papier sur le site Télérama :

http://www.telerama.fr/radio/radio-france-apres-la-crise-un-calme-trompeur,130906.php

Radio France, après la crise, un calme trompeur


Cinq mois après la plus longue grève de l'histoire de la Maison ronde, l'atmosphère semble s'être apaisée. Mais l'épineuse question des économies à réaliser n'est toujours pas réglée.

Au printemps, elle était à feu et à sang. Pourtant habituée aux conflits sociaux, Radio France avait rarement vu en ses murs un tel climat insurrectionnel, entretenant la plus longue grève de son histoire. Alors que les antennes font leur rentrée, la Maison ronde garde un œil sur le thermomètre. D'aucuns s'attendaient à une reprise de la bronca dès la fin de l'été, mais la fièvre semble avoir baissé, même si l'origine des maux demeure — le groupe doit économiser 20 millions d'euros sur sa masse salariale. En cette rentrée, le pdg, Mathieu Gallet, se félicite de bonnes audiences globales, mise sur un développement numérique.

Mais réussira-t-il enfin à afficher une vision ambitieuse pour la radio publique, en affirmant sa singularité et son exigence ? Parviendra-t-il à l'incarner pleinement, à montrer qu'il a saisi ses valeurs ? Lui qui a donné l'impression de perdre pied au milieu de la crise. Aujourd'hui, certains cadres font d'ailleurs leur mea culpa quant à la gestion du conflit : « Je reconnais qu'on ne s'y est pas bien pris de façon ­générale, note Anne Sérode, la directrice de FIP. On ne peut pas amener le changement en l'enfonçant dans la gorge. On n'a pas assez dialogué, tenu compte de la culture d'entreprise. Je suis certaine qu'on a beaucoup appris de part et d'autre, je suis optimiste. » Des craintes — notamment à France Bleu, France Musique ou au sein des orchestres — ont été apaisées, même si tout est loin d'être réglé.

C'est un quasi-soupir de soulagement qui émane du côté du réseau Bleu : la « syndication » des programmes qui devait, pour des raisons d'économies, être appliquée en septembre n'est plus de mise. Le mot sonne en interne comme une grossièreté : une émission diffusée à Quimper, et jusqu'à présent produite sur place, pourrait être par exemple réalisée à Rennes. Claude Esclatine, le directeur, a finalement fait machine arrière. « Le mouvement a eu deux effets positifs, constatait en juillet un animateur de Bleu Armorique. A la Maison de la radio, on s'est aperçu qu'on existait ; entre locales, aussi. Depuis, on se parle de Bleu à Bleu, beaucoup plus qu'avant. »

A France Musique, on se remet tout doucement de ce qui s'apparente à une violente gueule de bois : depuis l'arrivée de Marie-Pierre de Surville — nommée par Mathieu Gallet en juin 2014 —, la chaîne a été chahutée : les producteurs (Marc Dumont, François Hudry, Gérard Pesson, Arièle Butaux...) ont valsé, les émissions musicologiques ont été supprimées en semaine. Une façon de courir après Radio Classique, la concurrente privée, loin devant Musique en audience ? Un producteur pointe des « erreurs stratégiques de direction » : « pour toucher les CSP + et les jeunes, nous avons sacrifié des programmes, sans gagner de nouveaux publics ».

Dans les couloirs, les peurs — de devenir un pur robinet à musique, de fusionner avec France Culture, de passer sur le Web... — se multipliaient. En juillet, coup de théâtre : Marc Voinchet est parachuté à la tête de la station. Et si l'ex-matinalier de Culture était l'homme de la situation ? C'est, en tout cas, un homme de radio déjà rompu à la chaîne — il en fut le directeur des programmes en 2007. « Il est très disponible pour nous, ce qui nous met en confiance », note une productrice. Surtout, il paraît discrètement détricoter ce qui venait d'être élaboré, en valorisant davantage l'analyse musicale et la parole des producteurs.

L'autre reculade — plus notable — concerne les formations musicales du groupe, l'Orchestre national de France et le Philharmonique. En février, le pdg pense sérieusement céder le premier à la Caisse des dépôts, pour réaliser des économies. Après tout, la Maison de la radio a-t-elle besoin d'abriter deux ensembles ? L'ONF fut créé en 1934 pour donner de l'écho à la création française, tout en alimentant l'antenne publique ; le Philharmonique, dont les origines remontent aussi aux années 1930, est une formation à géométrie variable : il est supposé jouer tous les répertoires, et plus particulièrement le romantique, allemand et viennois. Au fil du temps, la complémentarité des deux orchestres s'est muée en redondance, provoquant la question fatale de « l'orchestre de trop »... Au printemps, Fleur Pellerin tranche : Radio France gardera ses deux formations, sans les fusionner, mais en les « redimensionnant » — ce qui signifie, en langage concret, repenser leurs missions et leur fonctionnement pour tout de même réduire la masse salariale.

Ces pas de deux s'accompagnent d'une stratégie coup de poing, qui peut laisser dubitatif. Mouv' en est l'exemple. En quelques mois, la station jeunes du groupe s'est muée en radio hip-hop. Le réseau de trente-deux fréquences ne se pose plus comme une « porte d'entrée musicale dans l'univers de Radio France », mais comme un rassembleur — à toute force — des 15-25 ans. Plus question de diffuser les entretiens culturels fouillés de Frédéric Bonnaud ou la matinale pointue d'Amaëlle Guiton (qui firent les riches heures de la radio). On entend désormais Mac Tyer chanter les « grosses biatch » qu'il fréquente en boîte de nuit, ou T-Miss parler « people et sape ». Un choc pour les auditeurs, mais aussi pour les animateurs et journalistes : certains ne se sont pas reconnus dans cette nouvelle ligne, et ont préféré quitter le navire.

La nouvelle direction doit non seulement rénover une radio de fond en comble avec un budget réduit, mais aussi tenir une gageure : atteindre en décembre 2016 un point d'audience (environ cinq cent trente mille auditeurs, selon Médiamétrie). En cas d'échec, « la question de son mode de distribution ­sera posée », admet son directeur, Bruno Laforestrie. En clair, Mouv' pourrait passer intégralement sur le Web — ou même disparaître, selon certains, qui lui prédisent le même sort que RF8, site « d'écoute et de partage » de musique lancé au printemps 2014, enterré depuis sans fleurs ni couronnes.

Dans les couloirs de FIP, petite soeur musicale très éclectique de France Musique, l'ambiance se veut détendue. La directrice plaisante avec un programmateur et un preneur de son, imagine d'inverser les rôles de chacun une journée durant. Il y a quelques mois pourtant, l'heure n'était pas à la rigolade. Une rumeur enflait : et si la station disparaissait ? Estomaqués, ses aficionados envoyaient même une pétition à Fleur Pellerin, pour la sauver. « J'ai dû faire une note aux employés pour jurer qu'il n'en avait jamais été question, raconte Anne Sérode, à la tête de la station. Certes, pour préparer le contrat d'objectifs et de moyens du groupe nous avons dû évoquer toutes les options, mais cela ne voulait pas dire que nous allions les explorer. »

Malmené par le passé – des fréquences lui furent retirées au profit de France Bleu et de Mouv' –, ce petit réseau de dix villes est un bon élève au coût de grille réduit et aux audiences satisfaisantes. Ovni du paysage radiophonique, FIP fait figure de maison artisanale, avec ses animatrices aux voix de miel et ses programmateurs ultra pointus, qui diffusent trente-cinq mille (!) titres différents par an. En interne, on dit rester « vigilant » pour éviter le formatage, par exemple via une rotation plus élevée des morceaux.

La directrice de la chaîne dément toute tentative dans ce sens, mais assène qu'il est urgent de « valoriser davantage la musique » diffusée, par exemple en parlant plus longuement des titres à l'antenne. En installant quatre nouvelles émissions hebdomadaires le soir, elle cherche à fidéliser davantage les auditeurs. « FIP est plus qu'une radio, c'est un concept unique, assure un programmateur. Il faut un peu de folie pour le comprendre. » Y en aura-t-il assez chez cette ancienne de Radio-Canada pour développer la chaîne sans la normaliser ?

Hautement inflammable pendant la grève, l'ambiance de la Maison de la radio s'est un peu apaisée grâce à l'action du médiateur, Dominique-Jean Chertier, nommé par la ministre de la Culture début avril. Dans le cadre de groupes de travail, les réunions s'enchaînent alors, dans la méfiance d'abord, les cris parfois. Au fil des mois, la situation semble se débloquer. « L'expertise des salariés a été respectée », reconnaît Guillaume Baldy, chargé de réalisation à France Culture et représentant de l'Union nationale des syndicats autonomes, qui a participé à l'atelier consacré aux modes de production — l'un des plus explosifs, puisqu'il touche à la qualité du savoir-faire made in Radio France. Dans ce domaine, la réflexion est encore loin d'aboutir mais la confiance, au moins, revient.

Sur un autre front toutefois, mi-juillet, le torchon brûlait entre Fleur Pellerin et Mathieu Gallet : « Je ne l'ai pas vue depuis avril », se plaint le pdg de Radio France par voie de presse (1) . « Il n'a qu'à s'adresser à mon ­secrétariat », rétorque la ministre sur France Culture. C'est le rapport du médiateur, remis à point nommé, qui leur permet de s'accorder. Il suggère d'« éviter les demandes qui ne seraient pas compatibles avec les capacités réalistes de l'entreprise ». C'est-à-dire de donner un peu d'air à Mathieu Gallet, en lui octroyant plus de temps que prévu pour assainir les finances de la maison. La ministre suit la préconisation ; en retour, le pdg promet d'examiner les solutions alternatives au plan des trois cent cinquante départs volontaires prévu, proposées par les syndicats. Lesquels (hormis la CGT) plaident notamment pour le non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux, et disent se tenir prêts à lutter de nouveau, si aucun accord n'était trouvé.

Les incendies sont donc provisoirement contenus, mais l'image du groupe et, surtout, celle de son patron ont sérieusement été écornées. Après son éviction de la direction de Culture en juillet, Olivier Poivre d'Arvor a révélé qu'« on » lui avait demandé de pousser un producteur vers la sortie, au motif qu'il avait publiquement exprimé un point de vue critique (Philippe Meyer, dans une tribune du Monde). Lui-même a été chassé pour manque de « loyauté ». « A Inter ­aussi on a le sentiment que beaucoup de comptes d'après grève ont été réglés à la faveur du changement de grille », assure un salarié.

Accusations balayées d'un revers de main par Mathieu Gallet, Sandrine Treiner, la nouvelle patronne de Culture, et Laurence Bloch, la directrice d'Inter. Personne n'a toutefois oublié les maladresses, la nonchalance, mais aussi l'arrogance dont le pdg a longtemps semblé faire preuve. « Il avait pris la grosse tête », confie, affligé, l'un de ses cadres. « Il n'a pas compris assez vite la spécificité de la maison, sa culture, son exigence, l'intérêt de nos productions », regrette un autre. Au plus fort de la tourmente, une phrase circulait avec insistance : « Le petit garçon n'est pas à la hauteur. »

Cette rentrée 2015 sera-t-elle celle d'un nouveau départ pour l'entreprise publique ? Les audiences semblent donner raison à la nouvelle direction : France Inter, le vaisseau amiral, a fait l'année dernière « sa meilleure saison depuis 2011 », note Laurence Bloch ; malgré un fléchissement probablement dû à la grève, Culture se porte bien. Financièrement, la maison devrait pouvoir reprendre son souffle : le ministère de la Culture lui versera bientôt 80 millions d'euros — pour lui permettre de sortir des affres du chantier de réhabilitation de la Maison de la radio, devenu puits sans fond ; son pdg compte aussi négocier un emprunt de 90 millions d'euros.

Objet de longues et houleuses négociations avec le ministère, le contrat d'objectifs et de moyens du groupe, qui fixe son cadre budgétaire et ses missions, devrait enfin être signé. Dans un tel contexte économique, « il n'est pas simple de porter un projet de développement », précisait-il lors de la conférence de presse de rentrée du groupe. Et pourtant, il le faut. A quoi bon signer un contrat d'objectifs et de moyens s'il ne traduit pas une ambition pour la radio publique du XXIe siècle ?

Mathieu Gallet est attendu sur cette question. D'autant qu'il est aujourd'hui sous surveillance : celles du ministère, du CSA — qui l'a nommé et a, seul, le pouvoir de lui retirer son mandat — et celle des personnels de son groupe. Sans même évoquer la très épineuse question du plan de départs, il suffirait d'un revirement, d'une déclaration maladroite, d'une décision vécue comme une injustice, pour de nouveau faire gronder la Maison ronde.

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Vendre des sapes et vendre sa soupe - le Jeu 10 Sep 2015, 01:21

Le 9 septembre 2015, L. Le Saux publiait un entretien avec Sandrine Treiner sur le site de Télérama :

http://www.telerama.fr/radio/sandrine-treiner-directrice-de-france-culture-il-faut-marquer-notre-singularite,131003.php

L'ancienne journaliste et bras droit d'Olivier Poivre d'Arvor a pris la tête de la station fin août. Elle explique les circonstances de sa nomination et ses ambitions. Depuis 2011, elle était le bras droit d'Olivier Poivre d'Arvor — débarqué en juillet par le pdg Mathieu Gallet —, en charge de l'éditorial. Sandrine Treiner, 50 ans, a pris en septembre la tête de France Culture. Fervente auditrice de la station bien avant d'y arriver, cette passionnée de littérature (auteure du roman L'Idée d'une tombe sans nom) a officié comme journaliste au Monde, à France 3 ou France 24. Elle détaille les circonstances de sa nomination, et ses ambitions pour la station.

Comment avez-vous vécu l’imbroglio du début d'été entre Mathieu Gallet et Olivier Poivre d'Arvor, qui a mené au départ de ce dernier ?

Je ne m'y attendais pas. Tout cela s'est passé à huis clos, entre deux personnes. Je l'ai appris quand ça a été rendu public, et j'ai été sidérée. Il a tout de suite fallu se poser la question de l'après : que fait-on demain, le jour suivant, celui d'après…? On m'a demandé de faire l'intérim, j'ai dit oui et m'y suis mise. On a continué à travailler, tout simplement parce que le média est plus fort que les gens qui le font.

Quel était, au côté du précédent directeur, votre rôle précis à France Culture ?

Nous opérions de façon étroite, avec une répartition des tâches très naturelle. Etant à la fois historienne et journaliste, j'ai travaillé sur la partie éditoriale de la chaîne. Lui impulsait une direction, incarnait une vision. Que j'étais chargée de traduire en termes radiophoniques. Mon bureau étant en face du sien, nous dialoguions en permanence.

Comment Mathieu Gallet vous a-t-il présenté les choses en vous confiant le poste de directrice de la station ?

Il m'avait dit qu'il prendrait un peu de temps avant de choisir qui remplacerait Olivier Poivre d'Arvor. J'ai passé l'été à rassurer les gens de la radio, sans me projeter. Je savais que la direction du groupe cherchait, que j'étais une hypothèse mais qu'il y en avait d'autres. Quand il m'a nommée, Mathieu Gallet m'a précisé qu'il voulait privilégier la continuité, car l'antenne suivait un bon cap.

Quelle est votre mission ?


Parmi d'autres choses, améliorer les déclinaisons numériques. Après avoir réorganisé et réédité nos archives, nous lancerons un nouveau site en janvier 2016. France Culture Plus et France Culture Fictions reviendront dans son giron. Nous allons en même temps créer un portail du documentaire. La radio ne peut pas se contenter de ses podcasts : il faut réfléchir à la création de contenus spécifiques pour des applications mobiles. La question de la stratégie étudiante est toujours posée : le nombre de jeunes qui nous écoutent est très inférieur à celui qui nous permettrait de renouveler notre public.

Quels sont les enjeux de France Culture pour les saisons à venir ?

Il lui faut continuer à inventer une manière de raconter le monde. Jouer de la richesse de notre proposition, mêler les documentaires, fictions, magazines et tranches d'information. Surtout, il faut marquer notre singularité, marquer notre singularité, et encore marquer notre singularité. Aujourd'hui, les sujets sont les mêmes dans tous les médias. Ce qui fait la différence, c'est le style, la manière de traiter les choses. France Culture est avant tout une façon de regarder le monde avec un œil particulier. Il faut continuer à accroître notre pertinence éditoriale, montrer qu'il y a une véritable valeur ajoutée sur nos ondes. Un de nos rôles est de faire vivre les idées, pas seulement de s'en faire l'écho.

Avez-vous facilement trouvé un remplaçant à Marc Voinchet, ancien matinalier parti diriger France Musique ?

Non. La tâche était délicate : il fallait oublier ce que Marc faisait pour ne pas chercher la même chose, se détacher d'une tranche qui faisait vraiment partie du quotidien pour la réinventer. J'y ai été aidée par la surprise que m'a causé ce départ, début juillet. Mais cela faisait tout de même un an que Marc avait émit cette hypothèse [il craignait de faire « la saison de trop », ndlr]. J'avais commencé à réfléchir, et même rencontré Guillaume Erner de France Inter.

Pourquoi lui ?

C'est un personnage qui donne à entendre une vraie particularité. Il réunit deux caractéristiques importantes : ses compétences, son CV en sciences sociales le rendent légitime dans la maison ; il a aussi fait complètement autre chose dans sa vie, par exemple vendre des fringues… Je savais qu'il répondrait aux critères de l'antenne, et saurait sortir du cadre.

Comment Les matins vont-ils évoluer ?


Même s'ils garderont leur spécificité internationale — qui ne sera pas réduite—, ils traiteront davantage de la France, de l'économie.

Y a-t-il une volonté de créer plus de proximité, par exemple à travers la météo, longtemps méprisée à l'antenne ?

Marc Voinchet la donnait déjà. Mais peut-être paraît-elle davantage marquée avec Guillaume. Il a des qualités de clarté, de précision dans l'élocution. Concernant la météo, il n'y aucune raison de penser que les auditeurs de France Culture ont moins besoin que les autres de savoir quel manteau enfiler pour sortir. Dire le temps qu'il fait n'est pas une forme de populisme ! Derrière ce détail, il y a la volonté d'affirmer qu'on trouve tout ce qu'il faut sur France Culture, de démontrer que ce n'est pas une radio de complément. Tous les aspects du monde doivent être traités sur Culture, il faut juste trouver une manière différente d'en parler.

Pourquoi y injecter davantage de musique, à la fois à travers des émissions thématiques (Continents musique) et des morceaux diffusés (par exemple dans Ping Pong) ?

C'est une bonne façon de remettre un peu de plaisir sonore dans la grille. Nous n'avons évidemment pas vocation à diffuser de la musique, France Musique et Fip le font très bien. Mais nous pouvons raconter une histoire en paroles et musique. Quant aux morceaux diffusés dans une émission non musicale, ils permettent d'adoucir l'antenne. Dans Ping Pong, il n'y a pas l'ombre d'une playlist formatée : les chansons diffusées ont chacune un sens.

N'y a-t-il pas ainsi le risque de normaliser France Culture ?


La normalisation ne nous guette pas une seconde. C'est un fantasme très minoritaire chez les producteurs. Les stations de Radio France sont complémentaires, elles ne se ressemblent pas. Je comprends l'ambition de ne pas céder à l'air du temps, et je la partage. En revanche, il nous appartient d'interpréter cet air du temps.

Quel a été selon vous l'impact de la grève du printemps sur la station ?

Il faudra un peu de temps pour le savoir. Ce collectif a vécu une forme d'assemblée générale permanente, mais sans rupture du dialogue avec la direction de la chaîne. Les gens ont été amenés à parler d'eux-mêmes, du coup je ne suis pas sûre que les effets soient négatifs. Nous avons tous pris conscience d'être dans un monde qui change, nous nous sommes posé la question de l'avenir de la radio. Au final, cela pourrait nous mettre en bon ordre de marche pour évoluer et nous préserver, y compris avec de nouvelles contraintes.

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Re: La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ? - le Jeu 10 Sep 2015, 13:55

@Jean-Luuc a écrit:Le 9 septembre 2015, L. Le Saux publiait un entretien avec Sandrine Treiner sur le site de Télérama :

http://www.telerama.fr/radio/sandrine-treiner-directrice-de-france-culture-il-faut-marquer-notre-singularite,131003.php

Les questions de Laurence Le Saux ne sont pas mauvaises. En revanche le flou non artistique de Sandrine Treiner illustre bien l'air du temps à Culture :
@Jean-Luuc a écrit: Treiner, Télérama 09 09 2015

Quels sont les enjeux de France Culture pour les saisons à venir ?

Il lui faut continuer à inventer une manière de raconter le monde. Jouer de la richesse de notre proposition, mêler les documentaires, fictions, magazines et tranches d'information. Surtout, il faut marquer notre singularité, marquer notre singularité, et encore marquer notre singularité. Aujourd'hui, les sujets sont les mêmes dans tous les médias. Ce qui fait la différence, c'est le style, la manière de traiter les choses. France Culture est avant tout une façon de regarder le monde avec un œil particulier.

Texte aussi vite oublié que lu, hélas. Je retiens, entre autres, ce passage sur la météo qui vaut son pesant de cacahuètes :
@Jean-Luuc a écrit: Treiner, Télérama 09 09 2015
 
Y a-t-il une volonté de créer plus de proximité, par exemple à travers la météo, longtemps méprisée à l'antenne ?

Marc Voinchet la donnait déjà. Mais peut-être paraît-elle davantage marquée avec Guillaume. Il a des qualités de clarté, de précision dans l'élocution. Concernant la météo, il n'y aucune raison de penser que les auditeurs de France Culture ont moins besoin que les autres de savoir quel manteau enfiler pour sortir. Dire le temps qu'il fait n'est pas une forme de populisme ! Derrière ce détail, il y a la volonté d'affirmer qu'on trouve tout ce qu'il faut sur France Culture, de démontrer que ce n'est pas une radio de complément. Tous les aspects du monde doivent être traités sur Culture, il faut juste trouver une manière différente d'en parler.

« Il faut juste »... Ce « juste », est trop. Genre, « ça c'est fait ».  Plus sérieusement, Culture EST une radio spécifique et non une radio généraliste. Depuis quand Sandrine Treiner peut-elle changer l'identité de la station (déjà mise en ruines par Laure Adler en l'an 1 - 1999 -de la nouvelle ère branchée médiocre de la station). Quant à la météo... est-ce bien un sujet pour un entretien sur l'avenir de France Culture ? C'est vraiment ne rien avoir à dire. mais ça on le sait.

L'idée que la directrice se fait de la musique montre soit sa totale ignorance de l'art (elle parle de chansons), soit la volonté de coller à l'idée reçue que la musique, hein, ça calme, ça adoucit...
@Jean-Luuc a écrit: Treiner, Télérama 09 09 2015
Pourquoi y injecter davantage de musique, à la fois à travers des émissions thématiques (Continents musique) et des morceaux diffusés (par exemple dans Ping Pong) ?

(...) Quant aux morceaux diffusés dans une émission non musicale, ils permettent d'adoucir l'antenne. Dans Ping Pong, il n'y a pas l'ombre d'une playlist formatée : les chansons diffusées ont chacune un sens.

Enfin, le coup de grâce du parler pour ne rien dire :
@Jean-Luuc a écrit: Treiner, Télérama 09 09 2015
Nous avons tous pris conscience d'être dans un monde qui change, nous nous sommes posé la question de l'avenir de la radio. Au final, cela pourrait nous mettre en bon ordre de marche pour évoluer et nous préserver, y compris avec de nouvelles contraintes.

Qui apprend aux cadres à parler comme ça ?

PS. La faute de langue la plus flagrante (en cette semaine de lutte contre l'illettrisme) : « cela faisait tout de même un an que Marc avait émit [sic] cette hypothèse [il craignait de faire « la saison de trop », ndlr]. »

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Re: La direction de Radio France - Quelle ligne, quels choix ? - le Jeu 10 Sep 2015, 14:33

Est-ce parce qu'elle est journaliste qu'elle n'a pas de projet culturel pour la station ? Ou le climat actuel est-il si rude qu'un véritable projet culturel est un luxe dont on doit désormais se passer (mais il ne faut pas le dire) ? Difficile de juger. On sent, à lire cet entretien, qu'elle souhaite que FC se distingue du reste des stations généralistes. Elle suit scolairement les principes de la doctrine Kessler, ancien directeur, qui n'hésitait pas à dire que France Culture doit traiter des mêmes sujets que ceux labourés par la presse généraliste, quitte à jouer les chambres d'écho, mais c'est le *style* qui distingue la station : des experts, des sociologues, des mots plus longs, des pas de côté artistico-socio-culturels. Mais le fonds de commerce reste le même, de la revente de commentaire d'actualité, assaisonnée d'un peu de "monde des idées", ce qui a le mérite de nous montrer ce qu'on pense en ce moment dans quelques quartiers et universités parisiennes (c'est le côté documentaire involontaire).
Comment peut-on diriger France Culture mais n'avoir aucun projet culturel à proposer ? Y a-t-il des choses que Sandrine Treiner ne peut pas dire, tiraillée entre la tutelle et le Gallet ? Ou s'agit-il simplement d'une absence totale d'inspiration, de vision, de souffle ou d'enthousiasme ?

PS : difficile de ne pas pouffer avec la "saison de trop" de Marc Voinchet ! Il aurait sans doute dû aller rassurer les troupes de France Musique bien plus tôt...

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