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La Conversation scientifique    Page 2 sur 2

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''Une conversation de bistrot entre potes'' - le Dim 11 Fév 2018, 18:29

Un commentaire chez le préposé au courrier de Radio France  :

Un peu de ras-le-bol
Spyros Théodorou 05/02/2018 16:04 France Culture
Bonjour,
Je suis un auditeur "massif" de Culture, dans les catégories "savoirs" et "infos". Et heureux en général de ce que j'y apprends. Néanmoins, je veux, fort amicalement mais fort vivement, faire quelques remarques sur l'émission "la conversation scientifique" du samedi. Elle avait très bien commencé, et portait bien justement son nom, mais je trouve qu'à l'usage, au fil du temps, elle s'est mise à ressembler de plus en plus à une vague conversation mondaine, certes de bon ton et dans un délicieux entre soi teinté d'humour de bon aloi... Hier, la conversation avec Raphaël Enthoven méritait le pompon dans le genre. Une promo éhontée sur le mode d'une conversation de bistrot entre potes, fût-ce au Café de Flore.
Serait-il possible de revenir à quelque science ?
Avec bien sûr, ma vive amitié pour cette radio, bien cordialement,


Ces conversations sont ce que souhaite donner la direction de la chaîne, voir chaque soir les "matières à penser" et tous les dialogues et débats au ras des pâquerettes que diffuse la chaîne.

Fontaine avait mentionné l'émission critiquée plus haut dans le fil La méthode scientifique.

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masterkey 

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Carlo Rovelli and Bobby McGee - le Sam 17 Mar 2018, 18:16

Les Folles Queues(http://www.regardfc.com/t163p680-au-fil-de-l-ecoute#30344) a écrit:Merci pour nous avoir ouvert à la découverte de " Ode to Billie Joe".
Le texte est fort à en croire du Bob Dylan en  ses débuts.
La musique ne m'emporte pas, je ne la trouve pas si folk que cela mais je n'en nie pas l'originalité.
Vous avez remarqué la petite guitare de Bobbie, un critique sur internet a cru avoir affaire à un ukulélé, grossière erreur  ce dernier n'ayant que quatre cordes. Cette guitare est une Martin and Co, Zimmerman recent prix Nobel avait la même.

"that's all folks"

Vous inspirez probablement Etienne Klein ou son invité du jour dans la Conversation scientifique sur le sujet "Le temps existe-t-il ?", c'est (Me and Bobbie McGee) le premier morceau choisi à l'instant par Carlo Rovelli, après une explication des plus originales de la chute des corps en relativité générale : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-17.03.2018-ITEMA_21619445-0.mp3" debut="20:32" fin="59:00"]
Profitons-en pour dire que c'est un des rares numéros vraiment intéressants de l'émission ces temps-ci, la faute pour beaucoup à Carlo Rovelli, co-inventeur de la théorie de la Gravité quantique à boucles (LQG, Loop Quantum Gravity) et passionné médiateur des idées scientifico-philosophiques. Toujours agréable à l'écoute car il n'hésite jamais à réfléchir en direct, à se contredire et en convenir, et ne tente jamais de faire passer les hiatus de sa pensée pour de la profondeur. Sa conférence à l'IAP sur Anaximandre est très agréable à écouter :



Il faut rendre justice à Etienne Klein, la qualité de son émission tend à s'étioler mais il donnait déjà une émission passionnante avec l'éminent mathématicien Alain Connes le 17 février dernier sur le thème "Les mathématiques font-elles partie du monde réel ?" : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-17.02.2018-ITEMA_21590865-0.mp3" debut="00:00" fin="60:00"]

Il s'agissait surtout de discuter du dernier ouvrage d'Alain Connes, Le spectre d'Atacama, ouvrage qui sous couvert d'une intrigue romanesque, se propose d'exposer les vues de l'algébriste des hautes sphères sur ce qu'est la nature de l'Espace (pour ceux que ça intéresse, elle est pour lui fondamentalement spectrale). Ce roman fait suite au Théâtre quantique, enquête policière qui nous révélait alors la conception particulière du temps d'Alain Connes (le temps n'est pas, pour lui, une variable fondamentale mais une conséquence à grande échelle de la nature aléatoire et surtout non-commutative du monde quantique qui se trouve être, par ailleurs, le nôtre).

Il faut dire que pour l'invité du 17 février, le problème de la nature de l'espace-temps (de l'espacetemps écrirait Rovelli) est le problème principal de la physique, de même que celui de la structure des nombres premiers est pour lui celui des mathématiques, comme on peut l'entendre raconter, par exemple, dans cette conférence :

.

L'émission a également permis à Etienne Klein de s'entretenir avec lui des conceptions particulières, que beaucoup considèrent comme très platoniciennes, d'Alain Connes sur la nature du monde : Il considère en effet que la réalité des mathématiques est première et qu'en quelque sorte notre monde physique n'est qu'une occurrence singulière, une réalité seconde reposant sur cet infra-monde mathématique déjà présent.

On a pu également y découvrir des création musicales de l'auteur, parfaitement inaudibles il faut bien l'avouer, basées sur des suites interprétées suivant des motifs de Grothendieck, mais qui ne rendent cette émission que plus singulière.

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Vidourien 


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la pesenteur dans le vise - le Dim 18 Mar 2018, 17:23

Merci du conseil Masterkey je vais écouter  avec une attention particulière pour l'erratum musical.
Les  physiciens théoriciens ont plus d'un tour dans leur tête pour nous faire voyager.

Le 7 mars 2018 Adèle Van recevait l'astrophysicien Aurélien Barrau au sujet de l'espace dans ses chemins philosophiques.
Quelques jours plus tard  l'astrophysicien britannique Stephen Hawking est mort à 76 ans.

Etienne Klein a conversé avec avec l'artiste Chloé Moglia, circassienne formée aux arts martiaux, qui se joue du vide, des airs et des hauteurs.Ce n'était pas hyper scientifique mais quel corps et quel esprit cette Chloé.C'était un samedi, le 10 mars 2018.

Pourquoi quelque chose plutôt que rien ?
Le temps nous bouffe mais pas seulement, il formate un peu trop notre esprit.  

masterkey 

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Re: La Conversation scientifique - le Lun 19 Mar 2018, 09:34

Vidourien(http://www.regardfc.com/t748p10-la-conversation-scientifique#30350) a écrit:Le 7 mars 2018 Adèle Van recevait l'astrophysicien Aurélien Barrau au sujet de l'espace dans ses chemins philosophiques.
Merci du conseil d'écoute retour, je suis curieux de ce qu'ont pu donner ces chemins avec Aurélien Barrau. La branche de la philosophie qui s'intéresse à la science et à la nature reste la grande absente de cette émission, c'est bien dommage.

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Le physicien italien Carlo Rovelli et Janis Joplin - le Ven 11 Mai 2018, 12:01

Suite à la référence au post cité ci-dessous (voir la contribution du jour Les Chemins de la philosophie), j'écoute  la pastille avec en mémoire Carlo Rovelli on why time is not what it seems (BBC 4 08/05/2018).
masterkey(http://www.regardfc.com/t748p10-la-conversation-scientifique#30348) a écrit: (...) dans la Conversation scientifique sur le sujet "Le temps existe-t-il ?", c'est (Me and Bobbie McGee) le premier morceau choisi à l'instant par Carlo Rovelli, après une explication des plus originales de la chute des corps en relativité générale : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-17.03.2018-ITEMA_21619445-0.mp3" debut="20:32" fin="59:00"]
Profitons-en pour dire que c'est un des rares numéros vraiment intéressants de l'émission ces temps-ci, la faute pour beaucoup à Carlo Rovelli, co-inventeur de la théorie de la Gravité quantique à boucles (LQG, Loop Quantum Gravity) et passionné médiateur des idées scientifico-philosophiques. Toujours agréable à l'écoute car il n'hésite jamais à réfléchir en direct, à se contredire et en convenir, et ne tente jamais de faire passer les hiatus de sa pensée pour de la profondeur (...).
Extraite de la pastille, la chanson de Janis Joplin* dont Etienne Klein prend malicieusement une phrase** en rapport avec le temps pour expliquer le choix de Carlo Rovelli dont les raisons sont autres : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-17.03.2018-ITEMA_21619445-0.mp3" debut="23:01" fin="26:30"]

Si tous les rebelles devenaient des Carlo Rovelli*** et en avaient l'envergure, on encouragerait France Culture à poursuivre ses appels répétés à la révolte...

L'occasion de revenir à la série de qualité que j'ai récemment signalée dans la fil des Nuits : Janis Joplin, par Jeanne-Martine Vacher : France Culture à son meilleur (1995)

Après la pastille musicale, Rovelli revenait aux choses sérieuses, c'est tout à fait stimulant (mais on s'accroche...). On note aussi la capacité qu'a le physicien italien de s'exprimer tout aussi bien en anglais qu'en français. Merci masterkey pour ces pistes scientifiques trop peu souvent empruntées.

*Janis Joplin Me and Bobby McGee (enregistré la veille de sa mort d'une overdose, à 27 ans, en octobre 1970)

Busted flat in Baton Rouge, waitin' for a train
And I's feelin' near as faded as my jeans
Bobby thumbed a diesel down, just before it rained
It rode us all the way to New Orleans
I pulled my harpoon out of my dirty red bandanna
I was playin' soft while Bobby sang the blues, yeah
Windshield wipers slappin' time, I was holdin' Bobby's hand in mine
We sang every song that driver knew
Freedom's just another word for nothin' left to lose
Nothin', don't mean nothin' hon' if it ain't free, no no
And, feelin' good was easy, Lord, when he sang the blues
You know, feelin' good was good enough for me
Good enough for me and my Bobby McGee
From the Kentucky coal mine to the California sun
There Bobby shared the secrets of my soul
Through all kinds of weather, through everything we done
Yeah, Bobby baby kept me from the cold
One day up near Salinas, Lord, I let him slip away
He's lookin' for that home, and I hope he finds it
** But, I'd trade all of my tomorrows, for a single yesterday
To be holdin' Bobby's body next to mine
Freedom's just another word for nothin' left to lose
Nothin', that's all that Bobby left me, yeah
But, feelin' good was easy, Lord, when he sang the blues
Hey, feelin' good was good enough for me, mm-hmm
Good enough for me and my Bobby McGee
(...)


*** Invité : Carlo Rovelli, physicien, professeur à l'Université de la Méditerranée à Marseille. Carlo Rovelli a développé avec l'américain Lee Smolin la théorie de la gravitation quantique à boucles visant, en quelque sorte, à unifier la relativité générale et la physique quantique. Son dernier livre, L'Ordre du temps, vient de paraître aux éditions Flammarion.

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Alain Connes, musicien - le Dim 20 Mai 2018, 10:15

Allez, je m'y risque Smile
masterkey(http://www.regardfc.com/t748p10-la-conversation-scientifique#30348) a écrit:  (...) Il faut rendre justice à Etienne Klein, la qualité de son émission tend à s'étioler mais il donnait déjà une émission passionnante avec l'éminent mathématicien Alain Connes le 17 février dernier sur le thème "Les mathématiques font-elles partie du monde réel ?" (...)
Passionnante ? Comme profane, j'ai entendu une conversation (le modèle chéri de France Culture) qui m'a laissé sur ma faim. Heureusement, masterkey, que vous être là pour rectifier la pédagogie défaillante des émissions scientifiques pointues. Voir d'ailleurs votre dernier post très informatif sur le numéro de la Méthode scientifique avec Alain Connes.

Ce sentiment de ne pas avoir été invité au festin du savoir est-il dû à  Étienne Klein, peut-être ? Du scientifique, on ne parlera pas des plagiats qui lui ont valu d'être démis de ses fonctions de président de l'IHEST par décret. On ne parlera pas non plus de la superficialité des entretiens sur sa passion, l'alpinisme (j'aimerais bien être payé pour converser agréablement sur ma passion) et sur les sujets qu'il ne maîtrise pas. On parlera en revanche de sa tendance à s'adresser à ses savants invités sur le mode de la flatterie infantile (pour aérer le sujet ?) : à Alain Connes (équivalent prix Nobel, 71 ans), il dit "Vous êtes un drôle d'oiseau" et "vous vous amusez comme un petit fou". Parfait pour Treiner, car il fait descendre le savant de son (hypothétique) piédestal, il "décrispe" l'antenne, il la rend goûteuse à ceux qui préfèrent la personnalisation au dur du sujet. On parlera aussi de sa fâcheuse disposition à interrompre son invité et à parler en même temps que lui. On a dû lui dire, en guise de seule formation à l'art de l'entretien radiophonique, qu'il ne faut pas que l'invité parle trop longtemps (maximum une minute de suite sans interruption ?), ce serait prise de tête. En résumé, dans un entretien avec M. Klein (dont personne ne niera le savoir), j'ai l'impression d'entendre principalement M. Klein, qui de temps en temps, pousse des soupirs et des sifflements d'admiration pour rappeler à l'auditeur comment il doit se sentir à l'écoute.
Il s'agissait surtout de discuter du dernier ouvrage d'Alain Connes, Le spectre d'Atacama, ouvrage qui sous couvert d'une intrigue romanesque, se propose d'exposer les vues de l'algébriste des hautes sphères sur ce qu'est la nature de l'Espace (pour ceux que ça intéresse, elle est pour lui fondamentalement spectrale). Ce roman fait suite au Théâtre quantique, enquête policière qui nous révélait alors la conception particulière du temps d'Alain Connes (le temps n'est pas, pour lui, une variable fondamentale mais une conséquence à grande échelle de la nature aléatoire et surtout non-commutative du monde quantique qui se trouve être, par ailleurs, le nôtre).
L'ouvrage a été écrit à trois et a comme sous-titre "Trio pour la fin du temps" en référence plaisante au Quatuor pour la fin du temps d'Olivier Messiaen dont on entend un extrait du 2e mouvement dans l'émission et qu'Alain Connes* analyse de manière passionnante du point de vue des mathématiques (de 19' à 27').
Il faut dire que pour l'invité du 17 février, le problème de la nature de l'espace-temps (de l'espacetemps écrirait Rovelli) est le problème principal de la physique, de même que celui de la structure des nombres premiers est pour lui celui des mathématiques, comme on peut l'entendre raconter, par exemple, dans cette conférence : [Alain Connes : Espace-temps, nombres premiers]

L'émission a également permis à Etienne Klein de s'entretenir avec lui des conceptions particulières, que beaucoup considèrent comme très platoniciennes, d'Alain Connes sur la nature du monde : Il considère en effet que la réalité des mathématiques est première et qu'en quelque sorte notre monde physique n'est qu'une occurrence singulière, une réalité seconde reposant sur cet infra-monde mathématique déjà présent.
Etienne Klein : "alors vous êtes un pythagoricien". Alain Connes "non" EK : "alors un hyper-platonicien". Ça en jette ! Sauf que l'auditeur aurait pu être informé de ce que sont l'une et l'autre de ces appellations et en quoi elles se différenciaient.  
On a pu également y découvrir des création musicales de l'auteur, parfaitement inaudibles il faut bien l'avouer, basées sur des suites interprétées suivant des motifs de Grothendieck, mais qui ne rendent cette émission que plus singulière.
Pas du tout inaudibles, car rappelant des entrées de pièces du grand pianiste de jazz Erroll Garner (1923-1977), par exemple dans son album Feeling is believing dont quasiment aucune pièce n'est disponible sur internet (pas celle que je cherchais, mais voir le début de Lulu's back in town et l'on peut écouter celle-ci Erroll Garner - Mood Island.) ou de l'autre grand pianiste de jazz Thelonious Monk.

Alain Connes en compositeur "spectral" (il n'est pas Tristan Murail Smile) : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-17.02.2018-ITEMA_21590865-0.mp3" debut="57:59" fin="58:54"]

et avec explication avant nouvelle illustration (garnérienne, selon moi, mais il ne faut pas en abuser, qu'en aurait pensé Jean-Sébastien ?) [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-17.02.2018-ITEMA_21590865-0.mp3" debut="33:46" fin="39:45"]

Encore grand merci masterkey pour votre post très stimulant et qui donne envie d'aller plus loin. C'est tout l'intérêt des interventions du forum avec les recommandations d'émissions.

Invité : Alain Connes, mathématicien, professeur au collège de France, titulaire de la chaire d’analyse et de géométrie, lauréat de la médaille Fields (1982). Vient de publier Le Spectre d’Atacama, coécrit avec Danye Chéreau et Jacques Dixmier aux éditions Odile Jacob (février 2018).

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17
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Alain Connes, poète [émission du 17 février 2018 suite] - le Lun 21 Mai 2018, 09:27

Au début de l'émission signalée par masterkey et citée ci-dessus, Alain Connes lit en anglais une citation mise en exergue dans le livre Le Spectre d'Atacama.

Pour qui n'aurait pas compris le texte de Shakespeare (il peut y avoir plus d'une raison à cela), ci-dessous le texte et sa glose. Mais d'abord la parole à Alain Connes qui donne sa propre interprétation de Shakespeare ("infiniment mal traduit", selon lui, ce qui est peu généreux envers les bons traducteurs du dramaturge anglais) : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-17.02.2018-ITEMA_21590865-0.mp3" debut="06:13" fin="08:04"]

L'interprétation que donne Alain Connes au propos de Brutus pour illustrer selon lui le devoir d'un esprit scientifique (suivre ses intuitions) semble au premier abord éloignée de celle que l'on peut faire en lisant le texte et en se référant au commentaire du site 'enotes.com'.  Alain Connes passe du moment propice (''tide'') induit par des circonstances extérieures pour faire une action rationnelle (Shakespeare) au choix d'un individu à volontairement suivre en lui-même une intuition potentiellement créative plutôt qu'un mouvement "trop rationnel".

L'interprétation d'Alain Connes donne donc à réfléchir. Et quoi qu'on en pense, on se doit de noter l'ouverture d'esprit qu'Alain Connes provoque en se servant de cette image. Il conclut avec une belle leçon sur la poésie comme source d'expression ultime : "Si l'on essaie de le dire rationnellement, ça va le détruire, il faut le dire de manière poétique".

There is a tide in the affairs of men

Brutus:
There is a tide in the affairs of men.
Which, taken at the flood, leads on to fortune;
Omitted, all the voyage of their life
Is bound in shallows and in miseries.
On such a full sea are we now afloat,
And we must take the current when it serves,
Or lose our ventures.


Julius Caesar Act 4, scene 3, 218–224

Brutus and Cassius are discussing the final phase of their civil war with the forces of Octavian and Marcus Antonius. Cassius has been urging that they group their forces at Sardis and take advantage of the secure location to catch their breath. Brutus, however, advocates heading off the enemy at Philippi before Octavian can recruit more men. Brutus's main point is that, since "the enemy increaseth every day" and "We, at the height, are ready to decline" (lines 216–217), he and Cassius must act now while the ratio of forces is most advantageous. "There's a tide in the affairs of men," he insists; that is, power is a force that ebbs and flows in time, and one must "go with the flow." Waiting around only allows your power to pass its crest and begin to ebb; if the opportunity is "omitted" (missed), you'll find yourself stranded in miserable shallows.

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Re: La Conversation scientifique - le Lun 21 Mai 2018, 17:50

Philaunet(http://www.regardfc.com/t748p10-la-conversation-scientifique#30076) a écrit:
Un commentaire chez le préposé au courrier de Radio France  :

Un peu de ras-le-bol
Spyros Théodorou 05/02/2018 16:04 France Culture
Bonjour,
Je suis un auditeur "massif" de Culture, dans les catégories "savoirs" et "infos". Et heureux en général de ce que j'y apprends. Néanmoins, je veux, fort amicalement mais fort vivement, faire quelques remarques sur l'émission "la conversation scientifique" du samedi. Elle avait très bien commencé, et portait bien justement son nom, mais je trouve qu'à l'usage, au fil du temps, elle s'est mise à ressembler de plus en plus à une vague conversation mondaine, certes de bon ton et dans un délicieux entre soi teinté d'humour de bon aloi... Hier, la conversation avec Raphaël Enthoven méritait le pompon dans le genre. Une promo éhontée sur le mode d'une conversation de bistrot entre potes, fût-ce au Café de Flore.
Serait-il possible de revenir à quelque science ?
Avec bien sûr, ma vive amitié pour cette radio, bien cordialement,


Ces conversations sont ce que souhaite donner la direction de la chaîne, voir chaque soir les "matières à penser" et tous les dialogues et débats au ras des pâquerettes que diffuse la chaîne.

Fontaine avait mentionné l'émission critiquée plus haut dans le fil La méthode scientifique.

Tout à fait d'accord, cette émission peut être une des plus passionnantes qui soit quand elle est vraiment « scientifique », mais souvent lorsque ce n'est pas le cas, on tombe sur ce qui s'apparente plus à du bavardage creux. Dommage.

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''Euhhh, au lycée, euhhh, capter des indicateurs sociaux, euhh, l'immanence de l'être'' - le Mar 29 Mai 2018, 13:08

surpris(http://www.regardfc.com/t748p10-la-conversation-scientifique#30615) a écrit: (...) cette émission peut être une des plus passionnantes qui soit quand elle est vraiment « scientifique », mais souvent lorsque ce n'est pas le cas, on tombe sur ce qui s'apparente plus à du bavardage creux. Dommage.
Très dommage. Voici comment Étienne Klein rappelle la nature de "son" (on devrait dire "notre") émission dans La Conversation scientifique du 26/05/2018 : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-26.05.2018-ITEMA_21691804-0.mp3" debut="00:36" fin="01:28"]

Ensuite, le sujet. Si Alain Finkielkraut ne peut pas faire une émission sans citer Hannah Arendt, les producteurs qui entonnent le refrain du "visage" n'ont qu'Emmanuel Levinas à la bouche (Ah, "Éthique et infini" !). Ce bêlement pour reprendre de grosses banalités dites sur un ton solennel est horripilant  [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-26.05.2018-ITEMA_21691804-0.mp3" debut="01:28" fin="02:41"]

Enfin, il y a des débuts d'émission qui ne trompent pas sur la suite : niveau des questions, citations, qualité de la langue, ton : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-26.05.2018-ITEMA_21691804-0.mp3" debut="02:41" fin="05:57"]

À la 6e minute, Étienne Klein mentionne (forcément) David le Breton, sans doute l'une des personnalités les plus surévaluées en matière de réflexion sur le corps. [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-26.05.2018-ITEMA_21691804-0.mp3" debut="5:57" fin="06:10"]

Gros enfoncement de portes ouvertes en perspective, mais avec des mots ronflants, pour "faire son France Culture".

Le visage à l'ère de la mise en scène de soi, du selfie, des produits cosmétiques et de la chirurgie esthétique et dentaire, mériterait une réflexion en profondeur, et non ce genre de dialogue.

On pourrait partir de photos, par exemple, et de témoignages étudiés par de véritables spécialistes (de l'art, de l'anthropologie, des soins esthétiques, de la chirurgie plastique, de la publicité, etc).

En passant, deux photos récentes, prises parmi bien d'autres, qui illustrent des émissions de la BBC, histoire de penser par soi-même et de définir le sujet :


Aesthetic Labour


Married Life


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masterkey 

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Que fait-on lorsque l'on pense ? - le Ven 15 Juin 2018, 09:28

Une bien belle émission que cette dernière Conversation Scientifique : Que fait-on lorsque l'on pense.

Joëlle Proust

A son titre, je craignais qu'elle ne se révèle être l'un de ces numéros de balayage de surface dont la Conversation Scientifique a déjà été friande avec les neurosciences, l'énumération d'un catalogue de faits ou constats de la science contemporaine du cerveau et de ce dont il est le substrat (réflexes, émotions, pensée, conscience, etc.). Bien au contraire, ce fut une émission tout en profondeur.

Joëlle Proust est une philosophe, non une scientifique, mais une philosophe de l'esprit, et dans une veine issue du courant analytique, elle est avec la science en dialogue permanent. Au bout d'un quart d'heure, je me suis d'ailleurs rappelé l'avoir déjà entendue au micro de Stéphane Deligeorges à Continent Science, dans une émission du même tonneau : passionnante.

Sur le sujet difficile de l'étude de l'action qui consiste à penser, parfois - rarement - avec l'appui de la conscience, mais le plus souvent à des degrés plus ou moins infra-conscients, Joëlle Proust est d'une clarté remarquable. Tout en répondant aux questions d'un Etienne Klein discret et attentif, elle sait exposer, mettre en contexte et donner un sens à ce que les dernières nouvelles des neurosciences et les acquis les mieux ancrés permettent de comprendre au sujet du fonctionnement de l'esprit.

Il y est question de façon récurrente d'éducation, car Joëlle Proust fait partie du Conseil chapeauté par Stanislas Dehaene, mais ce n'est pas l'aspect de l'émission qui a le plus retenu mon attention.

A 28:40[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-09.06.2018-ITEMA_21706526-0.mp3" debut="28:30" fin="30:30"], on entend l'invitée expliquer que l'individu, dans ses estimations, utilise même les mimiques faciales que nous faisons lorsque nous savons ou ne savons pas. Cela m'a rappelé une ancienne théorie, la théorie périphérique des sentiments de Pierre Janet, proche il me semble de William James, qui faisait l'hypothèse que les émotions (ou les sentiments) naissent des perceptions du corps, dont les modifications sont premières, et non l'inverse. Que nous sommes en colère parce que nous crions.

Il faut aussi, tant qu'on y est, signaler l'émission de la semaine dernière, très bonne également :  Qu'est-ce qui se cache dans le néant, avec la philosophe spécialiste de Heidegger cette fois, Françoise Dastur.

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Les Proust - le Dim 17 Juin 2018, 18:09

masterkey(http://www.regardfc.com/t748p10-la-conversation-scientifique#30727) a écrit:Une bien belle émission que cette dernière Conversation Scientifique : Que fait-on lorsque l'on pense (...)

Joëlle Proust est une philosophe, non une scientifique, mais une philosophe de l'esprit, et dans une veine issue du courant analytique, elle est avec la science en dialogue permanent (...)

Sur le sujet difficile de l'étude de l'action qui consiste à penser, parfois - rarement - avec l'appui de la conscience, mais le plus souvent à des degrés plus ou moins infra-conscients, Joëlle Proust est d'une clarté remarquable. (...)

Il y est question de façon récurrente d'éducation, car Joëlle Proust fait partie du Conseil chapeauté par Stanislas Dehaene, mais ce n'est pas l'aspect de l'émission qui a le plus retenu mon attention.

A 28:40[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13957-09.06.2018-ITEMA_21706526-0.mp3" debut="28:30" fin="30:30"], on entend l'invitée expliquer que l'individu, dans ses estimations, utilise même les mimiques faciales que nous faisons lorsque nous savons ou ne savons pas. (...)
Elle a peut-être lu Proust (Marcel) ?
Cela m'a rappelé une ancienne théorie, la théorie périphérique des sentiments de Pierre Janet, proche il me semble de William James, qui faisait l'hypothèse que les émotions (ou les sentiments) naissent des perceptions du corps, dont les modifications sont premières, et non l'inverse. Que nous sommes en colère parce que nous crions.
Cette théorie a le vent en poupe ou est réactualisée en ce moment. Tous les tenants du divin corrrrrrrrps disent que celui-ci est premier.

Par extension, l'organe cerveau prendrait des décisions avant notre conscience, voir (attention*) : Brain makes decisions before consciousness steps in – leading neuroscientist Tatyana Chernigovskaya.
Il faut aussi, tant qu'on y est, signaler l'émission de la semaine dernière, très bonne également :  Qu'est-ce qui se cache dans le néant, avec la philosophe spécialiste de Heidegger cette fois, Françoise Dastur.

* site RT 'Russia Today' j'ai reçu ce lien il y a six mois. Concernant ce média, voir Paris Match.

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Re: La Conversation scientifique -

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