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1914-1918 : regards sur des émissions thématiques    Page 3 sur 3

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Re: 1914-1918 : regards sur des émissions thématiques - le Sam 11 Mar 2017, 17:50

Merci pour ce dossier comparatif, cher Jean-Luuc (mais pourquoi les posts du forum sont-ils beaucoup plus fouillés, documentés et intéressants que les scolaires efforts de FC, à l'antenne ou sur le site?). Le hasard fait que j'ai récemment revu All Quiet on the Western Front pour la première fois depuis longtemps. J'ai lu que parmi les techniciens du film et les figurants, on comptait de nombreux vétérans allemands qui avaient émigré aux Etats-Unis, ce qui a donné lieu à quelques modifications et ajouts de dernière minute introduites dans le film par Lewis Milestone : les vétérans venaient lui raconter tel ou tel détail, tel épisode, tel incident et beaucoup d'entre eux ont fini dans le montage final du film. La fameuse séquence des mains accrochées aux barbelés a été ajoutée à la suggestion d'un ancien soldat allemand qui a vu ce genre de choses se produire.

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Re: 1914-1918 : regards sur des émissions thématiques - le Dim 12 Mar 2017, 06:14

Yann Sancatorze(http://www.regardfc.com/t766p10-1914-1918-regards-sur-des-emissions-thematiques#28182) a écrit:Merci pour ce dossier comparatif, cher Jean-Luuc (mais pourquoi les posts du forum sont-ils beaucoup plus fouillés, documentés et intéressants que les scolaires efforts de FC, à l'antenne ou sur le site?). Le hasard fait que j'ai récemment revu All Quiet on the Western Front pour la première fois depuis longtemps. J'ai lu que parmi les techniciens du film et les figurants, on comptait de nombreux vétérans allemands qui avaient émigré aux Etats-Unis, ce qui a donné lieu à quelques modifications et ajouts de dernière minute introduites dans le film par Lewis Milestone : les vétérans venaient lui raconter tel ou tel détail, tel épisode, tel incident et beaucoup d'entre eux ont fini dans le montage final du film. La fameuse séquence des mains accrochées aux barbelés a été ajoutée à la suggestion d'un ancien soldat allemand qui a vu ce genre de choses se produire.

Merci pour ces précisions qui expliqueraient peut-être pourquoi le film de Milestone dure 2h11 (celui de Pabst dure 1h33). La scène des mains accrochées aux barbelés (puis suspendues à défaut de corps) est très furtive. Prise au milieu de la séquence de bombardements, son contrechamp, à savoir le plan sur le visage bouleversé du soldat de la tranchée adverse est tout aussi bref. Sauf erreur, il m'a semblé avoir vu une reproduction dessinée de cette scène dans une case de Jacques Tardi.

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Ce n’était pas des soldats, c’était des hommes. - le Mar 18 Avr 2017, 17:10

Le 10 octobre 2014, Les Nuits de France Culture proposait un programme spécial intitulé : « Dire la guerre », dont la première moitié était consacrée à la Grande guerre. Passons rapidement sur le descriptif, ce sera fait :

- Tout d'abord et puisqu'il y a cent ans éclatait la guerre de 14, nous entendrons des émissions qui nous rappellerons la 1ère Guerre Mondiale s’est déroulée sur plusieurs continents et a vu a sa suite s'effondrer les Empires [pour comprendre cette phrase ajoutez un (que) avant la 1ère Guerre Mondiale]

Puis suivra un témoignage sur les années trente en Espagne par Joseph Kessel qui fut lui aussi de toutes les guerres du 20ème siècles : engagé dans l '’aviation en 1916, il parti pour l’Espagne, puis s’engagea dans la Résistance avant de regagner Londres et les Forces aériennes de la France Libre.

Quatre émissions composent le programme de cette nuit spéciale :

1/ Prix Goncourt 1916, Le feu réunit les écrits d’un journal tenu par Henri Barbusse dans les tranchées en 1914 et 1915. L’adaptation radiophonique par Jean Grimod tente de restituer cinquante ans après, et conformément au livre, les différents accents français des hommes, leur argot, les aléas d’une langue française parfois durement malmenée. La réalisation par Albert Riera alterne la vie en abri, les marches harassantes au milieu de la nuit, la voix off du narrateur et entre eux, le bruit des détonations : canons, obus, mitrailleuses, ainsi que de très discrètes transitions musicales (première diffusion : 17.02.1965).

Les corps tués à l’ennemi font l’objet d’une typologie dressée à trois reprises. L’une d’elles détaille par exemple (1h 10’15'') :
« _ Marthereau ? _ Les reins brisés par une fusée.
_ Tirette ? _ La figure enlevée par un éclat.
_ Et Lamuse ? _ Une balle dans la cuisse. Il a mis cinq heures à mourir, à bout de sang.
_ Biquet ? _ Lavé de pluie, pétri de boue. C’est ce cadavre au bord du trou d’obus.
_ Tirloir ? _ Il était entré dans un abri, on ne savait pas. On a enfumé la niche pour nettoyer.
_ Blaire ? _ Ce pantin disloqué dans les barbelés.
_ Cocon ? _ Un œil grand ouvert, l’autre fermé, il tire la langue. Les bras en croix, les mains ouvertes, sa jambe droite se tend d’un côté, la gauche est tournée en cercle. Disloqué.
_ Et Bertrand ? _ On ne sait pas. Un obus a éclaté entre ses jambes. Il n’en reste rien. »


Avec René Dary (1905-1974), Henri Virlogeux (1924-1995), Raoul Guillet (1920 -), Maurice Chevit (1923-2012), Pierre Michael (1932-2001), Paul Villé (1881-1977), Robert Vidalin (1903-1989), Guy Decomble (l’instituteur des 400 coups) (1910-1964), Yvon Sarray (1917-1990), Martine de Breteuil (1908-2007), Jean Péméja (?- ?).

2/ Ceux de 14 entremêle des extraits des livres d’Henri Barbusse (Le feu), Roland Dorgelès (Les croix de bois), Maurice Genevoix (Ceux de 14) et Jacques Meyer (La biffe, La guerre mon vieux) (première diffusion : 11.11.1952). À peu de choses près, les mêmes horizons thématiques sont traités que dans l'émission précédente : l’arrivée de nouvelles recrues au sein d’un abri, la classification des obus striant le ciel, l’écriture d’une missive d’un fantassin à sa promise, le panorama d’une infirmerie improvisée dans une église, l’impact de la pluie et de la boue sur le moral d’un régiment, le récit d’une permission, d’un assaut, et enfin le souvenir des frères disparus.

3/ Présentée par Christine Goémé comme un entretien de Pierre Lhoste (1913-1984) avec Maurice Genevoix (1890-1980) Route de l'aventure s’avère plus exactement être un monologue lu de l’écrivain introduit par le journaliste (première diffusion : le 21.04.1957). Genevoix commence par souligner la banalité affreuse des morceaux de corps humains jonchant les tranchées boueuses de la bataille des Éparges. Puis ému, il mobilise ses souvenirs pour nous conter le rapport des soldats aux animaux (chiens, chats abandonnés, mouches, chouettes, oiseaux, souris) et plus particulièrement aux chevaux. Affaiblis ou agonisants sur le champ de bataille, leur douleur ne différait en rien de celle des hommes.

8’10’’ : Hé bien, encore un souvenir du début. Je me rappelle à la lisière des bois de (?). C’est la première fois que j’ai entendu les cris des blessés. Hé bien, aux voix d’hommes plaintives gémissantes ou furieuses, se mêlaient dans le lointain le hennissement d’un cheval qui mourait. Et ce hennissement aigu, j’ai d’abord cru que c’était un oiseau de nuit qui hululait. Ce hennissement pitoyable, lamentable, qui était en même temps un appel au secours, hé bien, j’en ai gardé encore le son dans les oreilles. Plus tard, j’ai su ce que c’étaient, les cris des blessés. Je vous assure, c’est abominable.

4/ Dans une émission sans titre, André Masson (1896-1987) engagé à 19 ans et grièvement blessé au cours de l’offensive du Chemin des Dames, expose à François le Targat la genèse de son oeuvre Le suicide d'Heinrich von Kleist (intitulée aujourd'hui : Portrait du poète Heinrich von Kleist, 1939) inspirée par la tête éclatée d'un soldat ; puis les circonstances de son récit brut à l'écrivain H.G. Wells des horreurs vécues dans les tranchées ; enfin, les impressions de la guerre dans les oeuvres du peintre allemand Franz Marc (Der Blaue Reiter) mort au front en 1916 (première diffusion le 17.12.1975). Ce morceau d'entretien (une dizaine de minutes) est en partie identique à celui diffusé dans  La der des der (2e partie) (première diffusion : 25.08.1985). En partie seulement car l'entretien diffère dans la deuxième moitié. En recoupant ces deux morceaux, l'auditeur aura une vague idée de l'enregistrement original.

N.B. : Retrouvez l'entretien d'André Masson dans La der des der à partir de : 3h 25'22'' (15 minutes sont à écouter).

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Le soldat : ''What have they done with the lives we laid aside?'' - le Sam 06 Jan 2018, 08:53

2018 : sur France Culture, le centième anniversaire de la fin de la Première guerre mondiale ? Que nenni ! L'année n'a pas tôt commencé que c'est déjà le pilonnage sur mai 1968 ! C'est évidemment La Grande table qui s'y met, jamais en retard d'un conformisme : Mai 68 : les "événements" de Ludivine Bantigny. Il va falloir compter les émissions et les séries sur le sujet, qui s'y colle ?

Évidemment, en regard, les 1,5 million de morts et 4,5 millions de blessés français de 1914-1918 ne sont pas très glamour...

Un livre sous forme d'éphéméride (Poem For The Day - Two) présentait à la date du 5 janvier les quatre strophes du poème ci-dessous. À méditer (par les jeunes choisis par France Culture pour exprimer leurs gémissements dans "Je ne suis pas du tout pressé d'entrer dans la vie active, ça me fait trop peur" 05/01/2018).

Requiem: The Soldier - Poem by Humbert Wolfe

Down some cold field in a world outspoken
the young men are walking together, slim and tall,
and though they laugh to one another, silence is not broken;
there is no sound however clear they call.

They are speaking together of what they loved in vain here,
but the air is too thin to carry the things they say.
They were young and golden, but they came on pain here,
and their youth is age now, their gold is grey.

Yet their hearts are not changed, and they cry to one another,
'What have they done with the lives we laid aside?
Are they young with our youth, gold with our gold, my brother?
Do they smile in the face of death, because we died?'

Down some cold field in a world uncharted
the young seek each other with questioning eyes.
They question each other, the young, the golden hearted,
of the world that they were robbed of in their quiet paradise.

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Marc Fontecave, Directeur du Laboratoire de Chimie des Processus Biologiques, Collège de France - le Ven 12 Jan 2018, 21:37

Passionnante de bout en bout, cette allocution de Marc Fontecave, Professeur au Collège de France, Chaire de Chimie des processus biologiques, membre de l’Académie des sciences, dans le deuxième numéro de Autour de 1914, nouvelles figures de la pensée : sciences, arts, lettres.

La voix de gamine (que dire d'autre ?), qui présente désormais les Cours du Collège de France et qui s'écoute parler dans chacun des longs tunnels d'introduction, intervertit les deux intervenants. Elle annonce Henry Laurens pour commencer quand c'est Marc Fontecave qui prend la parole. Sans doute un problème d'inattention de la personne à la technique.

Une fois lancée cette conférence*, on ne l'arrête plus, Marc Fontecave a un art de la parole qui retient l'attention.

De l'utilisation des armes chimiques en 1915 et jusqu'à maintenant [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11921-09.01.2018-ITEMA_21550125-0.mp3" debut="03:40" fin="08:25"]

Charles Moureu en avocat de la science française [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11921-09.01.2018-ITEMA_21550125-0.mp3" debut="18:10" fin="21:41"]

Sur la page de l'émission, on notera la maladresse avec laquelle une citation est déformée pour tenter une présentation. La misère de l'écrit à France Culture pour présenter le Collège de France...

De l’acroléine, développée par Charles Moureu pour la guerre chimique de 1914, substance "entachée du sang des soldats asphyxiés", aux antioxydants, "découverte majeure", quel est le "paradoxe de la science et de ce qu’en font les hommes" ? demande Marc Fontecave, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de Chimie des processus biologiques.

Marc Fontecave ne demande rien du tout, il définit et illustre ce paradoxe (cf. début de la 2e pastille).

* Le chimiste-biologiste, Marc Fontecave s’attache pour sa part, en deuxième [= première] partie, au parcours en clair-obscure [sic] de Charles Moureu, professeur au Collège de France engagé et déchiré dans la guerre chimique, mais aussi au service d’une mise en valeur de la recherche scientifique et de ses moyens, dans le contexte de rivalités des grandes puissances, aux côtés d’un Barrès qui s’attaque à la misère matérielle des laboratoires français.

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L'Union yougoslave - le Lun 26 Mar 2018, 13:49

Yann Sancatorze(http://www.regardfc.com/t126p220-l-esprit-public-depuis-septembre-2017-emilie-aubry#30368) a écrit: (...)  Profiter de ce qui existe déjà, le vider et le remplacer par quelque chose qui est déjà oublié et périmé sitôt terminé, voilà la marque de fabrique de cette direction qui, à force de surfer sur de l'éphémère, ne produit presque plus rien de mémorable. On ne peut que l'inviter à écouter et réécouter les Nuits pour redécouvrir le sens d'un programme radiophonique culturel, de caractère, généreux et indémodable.
Par exemple 14-18 : Magazine mensuel de la Première Guerre mondiale - Balkans 1917*  (1ère diffusion : 25/11/1967) du 29/09/2017.

Visez la clarté, le débit, le savoir, oui  vraiment "un programme radiophonique culturel, de caractère, généreux et indémodable". Et puis forcément avec le grand Pierre Sipriot  en maître d'oeuvre... [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-06.03.2018-ITEMA_21607504-2.mp3" debut="00:30" fin="04:48"]

* Par Pierre Sipriot - Avec André Ducasse et Georges Castellan - Réalisation Philippe Guinard

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Re: 1914-1918 : regards sur des émissions thématiques -

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