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Du silence à la radio    Page 2 sur 2

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Du silence à la radio - le Mar 09 Aoû 2016, 05:01

Rappel du premier message :

Dans ce fil, le silence sous plusieurs formes à la radio à partir des contributions des membres du forum. Avec :

* Le silence étudié : consacré en grande partie depuis la mi 2016 aux interventions d'Alain Corbin invité de nombreuses émissions à l'occasion de la parution de son livre : Histoire du silence, de la Renaissance à nos jours. * Le silence révélé / chassé : pris au sens propre du terme, dans sa matière palpable, inattendu ou liquidé. * Le silence composé : objet d'une interprétation artistique, considéré pour ses qualités. * Le silence commenté : fruit d'un témoignage livré par un invité ou un producteur. * Les stratégies du silence : dont les conditions d'émergence sont assurées par une mise en scène.

Retrouvez ci-dessous les contributions par ordre chronologique et entre parenthèses, les liens vers les émissions commentées.

Le silence étudié :

09 septembre 2009 : Les racines du ciel, par Cancoillotte, dans le fil éponyme. (Sur : « Le silence avec Ysé Masquelier », Les racines du ciel par Frédéric Lenoir, 08 septembre 2009)

06 juin 2016 : Alain Corbin, invité de Tewfik Hakem, par Cancoillotte, dans le fil : Un autre jour est possible. (Sur : « Écouter le silence », Un autre jour est possible par Tewfik Hakem, 06 juin 2016)

07 juin 2016 : Silence, par Philaunet, dans le fil : Un autre jour est possible. (Sur : « Écouter le silence », Un autre jour est possible par Tewfik Hakem, 06 juin 2016)

04 août 2016 : Silence et bruit, par Jean-Luuc, dans le fil : Concordance des temps. (Sur : « Chut ! Une histoire du silence », Concordance des temps par Jean-Noël Jeanneney, 16 avril 2016) (Sur : « Lettres à sa voisine », Fictions / Samedi noir, 05 octobre 2013)

09 août 2016 : Écouter les sons « pour ce qu'ils sont », par Philaunet, dans le fil : Grille et émissions de l'été 2016. (Sur : « Écouter la rumeur du monde », Trois minutes à méditer, le 03 août 2016) (Sur : « Petite étude de caractère acoustique d'une portière », Surpris par la nuit, 03 février 2006)

11 août 2016 : Le silence est volubile sur RFI, par Philaunet dans le fil : RFI Radio France International (Sur : Alain Corbin : « Histoire du silence, de la Renaissance à nos jours », Idées, 22 mai 2016)

12 août 2016 : Michelangelo Antonioni (29 septembre 2012 - 30 juillet 2007), par Jean-Luuc, dans ce fil. (Sur : « Michelangelo Antonioni », Les mardis du cinéma par Jean Daive, 15 février 1994 (1ère diffusion))

20 août 2016 : Pas la fine fleur, par Philaunet, dans le fil : La poésie à France Culture. (Sur : « Poésie et silence », Poésie et ainsi de suite par Manou Farine, 04 décembre 2015)
+
07 novembre 2016 : « Me voici et il n'y a rien à dire » (John Cage), par Jean-Luuc, dans ce fil. (Sur : « Poésie et silence », Poésie et ainsi de suite par Manou Farine, 04 décembre 2015)

22 août 2016 : Le silence fait recette, par Philaunet, dans le fil : Le Monde, Le figaro, et autre titres. (Sur : « L'homme qui cherchait le silence », Site Internet du Monde, 18 août 2016)

25 septembre 2016 : Répliques et Hors-champs, par Jean-Luuc, dans ce fil. (Sur : « Le prix du silence », Répliques par Alain Finkielkraut, 17 septembre 2016, et « Alain Corbin », Hors-champs par Laure Adler, 26 août 2016)

27 septembre 2016 : Pascale Tison au domicile d'Alain Corbin, par Philaunet, dans le fil : Radio belge francophone (RTBF). (Sur : les deux émissions Par Ouï-dire par Pascale Tison, 7 et 14 septembre 2016 - liens inactifs)

22 octobre 2016 : Les silences de David Le Breton, par Nessie, dans ce fil. (Sur : L'invité de 8h20 (France Inter) par Laëtitia Gayet 12 août 2016)

***

Le silence révélé :

16 décembre 2012 : Le micro d'Alain Veinstein, par Philaunet, dans le fil : L'art de l'entretien radiophonique (Sur : « Jeanne Cordelier », Du jour au lendemain par Alain Veinstein, 14 décembre 2012)

11 janvier 2013 : À manger du foin !, par Philaunet, dans le fil : Nouvelles vagues/Pas la peine de crier (Marie Richeux) (Sur : « Il n'y a pas de hasard ! », Pas la peine de crier par Marie Richeux, 11 janvier 2013)

12 mai 2014 : De la parole et du silence, par L'aimable, dans le fil : L'art de l'entretien radiophonique (Sur : « Une leçon de Talmud : se construire en cheminant dans les textes », Talmudiques, 27 avril 2014)

27 juin 2014 : Marc Voinchet à Claude Viallat, par Nessie, dans le fil : Les matins - Commentaires d'auditeurs de 2009 à 2014 (Sur : « Viallat, une rétrospective », Les Matins par Marc Voinchet, 27 juin 2014)

12 février 2016 : Serge Merlin, invité de Laure Adler, par Jean-Luuc, dans le fil : Hors-champs, par Laure Adler. (Sur : « Serge Merlin : " je suis mal-aimé " », Hors-champs par Laure Adler, 05 février 2016)

31 août 2016 : Aline Schulman et Florence Delay évoquent l'oeuvre de Cervantès, par Philaunet, dans le fil : La compagnie des auteurs, par Matthieu Garrigou-Lagrange. (Sur : « Miguel de Cervantès (2/4) », La compagnie des auteurs par Mathieu Garigou-Lagrange, 22 mars 2016)

02 novembre 2016 : Du silence à la radio, par Philaunet, dans ce fil. (Sur « Un choix cornélien » À voix nue : La musica de Fanny Ardant (2/5), par Philippe Bresson, 25 octobre 2016)

08 novembre 2016 : Radioscopie d'Olivier de Kersauson par ZZZZZZZZ, dans le fil : L'INA (Institut National de l'Audiovisuel) (Sur : « Radioscopie : Olivier de Kersauson », par Jacques Chancel (France Inter), 17 décembre 1976)

***

Le silence chassé :

05 février 2016 : Anna Karina, invitée d'Aurélie Charon, par Jean-Luuc, dans le fil : Des producteurs de France Culture. (Sur : « Numéro 23. Dans les yeux d'Anna Karina », Backstage par Aurélie Charon, 01 février 2016)

13 septembre 2016 : Fond sonore sur citations, par Philaunet, dans le fil : « Les regardeurs » par Jean de Loisy. (Sur : « Fond sonore, les regardeurs », Le site du médiateur, 12 septembre 2016)

***

Le silence composé :

04 août 2016 : ACR : Zone de silence, par Jean-Luuc, dans Atelier de création radiophonique. (Sur : « ACR - Z O N E D E S I L E N C E », L'atelier de la création par Amandine Casadamont et Angélique Tibau, 02 août 2015)
+
07 octobre 2016 : ACR ''Zone de silence'', par Philaunet, dans Atelier de création radiophonique. (Sur : « ACR - Z O N E D E S I L E N C E », L'atelier de la création par Amandine Casadamont et Angélique Tibau, 02 août 2015)

27 septembre 2016 : ''Le silence, tout un art'', par Philaunet, dans le fil : Le Monde, Le Figaro, et autres titres. (Sur : un article de Rosita Boisseau : Le silence, tout un art (accès payant) et : les journées silence(s) du Théâtre National de la danse Chaillot (Paris) (2016-2017).

05 décembre 2016 : Les interstices silencieux de Dominique Petitgand, par Jean-Luuc, dans ce fil. (Sur : « Dominique Petitgand, et le tout dont il fait partie + Philippe Langlois et Les Cloches d’Atlantis », L'Atelier du son par Thomas Baumgartner, 15 juin 2012)

***

Le silence commenté :

09 octobre 2016 : Répliques : la crise de l'école, par Jean-Luuc, dans ce fil. (Sur : « La crise de l'école », Répliques par Alain Finkielkraut, 08 octobre 2016)

06 novembre 2016 : Jean-Michel Damian, sur le silence, par fred de rouen, dans ce fil.

18 novembre 2016 : Invitation à l'attention d'Olivia Gesbert, par Jean-Luuc, dans ce fil. (Sur : « Olivia Gesbert : “Je rêve éveillée quand je suis devant un micro” », interview dans Télérama par Carole Lefrançois, 14 novembre 2016)

11 décembre 2016 : Le silence n'est pas le calme, certes, par Jean-Luuc, dans ce fil. (Sur « Raphaël Enthoven: ses adresses à Paris XIVe », interview dans le Figaroscope par Nicolas d'Estienne d'Orves, 06 décembre 2016)

***

Les stratégies du silence :

Le 31 décembre 2016 : Les stratégies du silence (intimidation et mise en scène ridicule), par Jean-Luuc, dans ce fil. (Sur : « Spectacles vivants : "Don Giovanni", "Dark Circus" et "Espaece" », La dispute par Arnaud Laporte, 12 décembre 2016 et « Poésie et grand écran », Poésie et ainsi de suite par Manou Farine, 30 décembre 2016)
* * *

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Invitation à l'attention d'Olivia Gesbert - le Ven 18 Nov 2016, 19:16

Le 14 novembre 2016, Carole Lefrançois a publié une interview d'Olivia Gesbert, productrice de La grande table (quand changera-t-on le nom de cette émission ?) : du cirage de pompes en bonne et due forme (Sa voix profonde et enveloppante capte les invités, et ses interviews ne restent jamais en surface, sans pour autant rendre la culture monotone ou hermétique (...)) et des réponses insipides comme on les aime.

Mais à cette dernière question, Olivia Gesbert trouverait peut-être de quoi calmer sa frustration en parcourant le premier message de ce fil :

Un moment de radio que vous aimeriez réentendre ?

Un silence d’Olivier Py, de Fabrice Luchini ou de Daniel Cohn-Bendit ? Mais je ne suis pas sûre que ça ait déjà existé... Ce sont des bêtes de micro, des bavards impérissables qui laissent peu de place au silence à l'antenne.

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Grammatici certant - le Sam 19 Nov 2016, 09:14

Jean-Luuc(http://www.regardfc.com/t781-du-silence-a-la-radio#27691) a écrit:Le 14 novembre 2016, Carole Lefrançois a publié une interview d'Olivia Gesbert, productrice de La grande table (quand changera-t-on le nom de cette émission ?) : du cirage de pompes en bonne et due forme (Sa voix profonde et enveloppante capte les invités, et ses interviews ne restent jamais en surface, sans pour autant rendre la culture monotone ou hermétique (...)) et des réponses insipides comme on les aime.

Mais à cette dernière question, Olivia Gesbert trouverait peut-être de quoi calmer sa frustration en parcourant le premier message de ce fil :

Un moment de radio que vous aimeriez réentendre ?


Un silence d’Olivier Py, de Fabrice Luchini ou de Daniel Cohn-Bendit ? Mais je ne suis pas sûre que ça ait déjà existé... Ce sont des bêtes de micro, des bavards impérissables qui laissent peu de place au silence à l'antenne.

Quel entretien effectivement consternant ! Mme Gesbert ne fait pas preuve d'ingratitude en louant la « voix » de son mentor (M. Daniel Mermet(-Ali)). Les questions que Mme Carole Lefrançois lui pose ne manquent pas de hardiesse : « A quoi vous fait penser un micro ? » et encore : « Quel rapport entretenez-vous avec un micro ? » J'aime aussi ce jugement (en forme de dénégation) porté par la même Carole Lefrançois : « Pas d'entre soi (...) ». L'entre-soi ne caractérise ni Télérama ni France Inculture ni les relations qui unissent ces deux organes de presse. Enfin, l'adjectif « impérissables » est appliqué au substantif « bavards » de manière déroutante (sinon de façon aberrante). Consiste-t-il en la (con)fusion d'impé(nitents) et d'(inta)rissables ? En vertu de quel miraculeux privilège MM. Py (Pie ?), Luchini et Cohn-Bendit échapperaient-ils à leur mortelle condition ?  
« La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles :
      On a beau la prier,
La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles
      Et nous laisse crier.

Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre
      Est sujet à ses lois,
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
      N’en défend point nos rois. »

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Les interstices silencieux de Dominique Petitgand - le Lun 05 Déc 2016, 04:32

Dans la section : Le silence composé (cf. le premier message de ce fil).

Le 15 juin 2012, Dominique Petitgand était l'invité de Thomas Baumgartner dans son émission L'Atelier du son, à l'occasion de son exposition au musée de Strasbourg : Un tout dont je fais partie (dans l'espace : l'Aubette 1928, du 25 mai au 25 août 2012).

Dominique Petitgand est un artiste sonore. Il donne à entendre ses enregistrements en musées ou galeries à partir du lieu dans lequel il intervient. Jamais dit-il, ses compositions ne sont livrées en kit depuis un studio. Elles sont conçues sur place, dans l'expérience du lieu, en tenant compte des allées et venues des visiteurs, de la résonance, des autres pièces.

11'19'' :
Dominique Petitgand : (...) j'essaye dans la mesure du possible, toujours quand je fais même un disque ou une exposition, de toujours - jamais remplir totalement les choses, même le lieu. Il s'agit toujours de mettre les choses, mais de laisser aussi exister le reste. (...)

Thomas Baumgartner : Alors vous dites : je laisse exister ce qu'il y a autour. C'est vrai qu'il y a beaucoup de vos pièces qui sont caractérisées par une place du silence ou peut-être du soupir, pour faire un parallèle avec l'écriture musicale.

Petitgand : _ Soupir, je ne comprends pas trop. Pour moi, ce sont plutôt des vides. Parce que ça renvoie trop à la présence vocale des voix.

Baumgartner : _ Mais c'est aussi le nom d'une suspension dans une écriture musicale, le soupir.

Petitgand : _ Ah oui, ce n'est pas celle que j'utiliserai moi. Moi, j'utiliserais plutôt : vides. Parce que ce sont des vides. C'est creusé. (...) Mais il y a rien sur le support qui diffuse. Mais il n'y a jamais rien, parce que dans la vie, il y a toujours quelque chose qui fait que dans un lieu, dans une exposition, le vide de mes oeuvres correspond à un plein, en tous cas, à d'autres pleins possibles, qui [sont ceux] de la vie, du lieu, du déplacement des gens, etc. Donc c'est un vide toujours en relation avec d'autres pleins. Et c'est plutôt l'idée de ne pas tout donner toujours. De ne pas remplir un flux en permanence pour mobiliser l'attention. Il faut que l'attention soit le produit d'une intimité d'écoute. Mais l'oeuvre propose, elle n'impose pas ça. (...) Ce sont des portes d'entrée et de sortie. Il y a un silence avec chaque son et après chaque son, ce qui fait que chaque son est le début de quelque chose. (...) L'effort que je dois faire, c'est de faire en sorte que ces silences, ces vides, pour celui qui est à l'écoute, fassent le lien avec tout ce qu'il entend. (...) Au même titre que le vide dans une phrase, les virgules, la ponctuation. Ce sont des ruptures, mais la rupture fait sens.

Baumgartner : _ Il y a une écriture de la rupture. Tous ces silences, tous ces vides n'ont pas la même durée, ne sont pas utilisés de la même manière. Ce n'est pas mécanique. Donc il y a un dosage ?

Petitgand : _ Un dosage, oui, qui diffère selon les supports. Sur un disque, en concert, ou en expo, les silences ne sont pas les mêmes. Et même entre chaque son particulièrement, le son n'est pas le même. (...) Quand je réfléchis sur place à la durée d'un silence, je m'écoute. Ou j'écoute pas vraiment. Je me laisse vivre, et je me rends compte à un moment donné, c'est paf et paf. J'ai l'impression que la durée des respirations est calée sur ma respiration.

L'oeuvre Un tout dont je fais partie : [son mp3="http://s3-eu-west-1.amazonaws.com/cruiser-production/static/culture/sons/2012/06/s24/Atelier_de_la_nuit--ATELIER_DU_SON--NET_6fc1dff4-465c-421f-ad4d-f6ca3415c485_FC.mp3" debut="15:29" fin=21:48"]

À l'écoute de cette pièce, on se rend compte de la polysémie contenue dans les silences successifs. Il est à la fois interruption (de la continuité de parole), rupture (saut temporel, ellipse), le lieu d'une attention soutenue (dans l'attente de sa fin imminente - avant de retrouver un son), suspension et choc auditif, joint entre deux enregistrements distincts, et par cette collure même, un temps de réflexion et un espace de signification. Voire un espace de réflexion et un passage de signification. Ces respirations sont autant d'aveuglements : elles soulagent en même temps qu'elles inquiètent.

Ici le lien vers L'atelier du son : Dominique Petitgand, et le tout dont il fait partie + Philippe Langlois et Les Cloches d'Atlantis

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Le silence n'est pas le calme, certes. - le Dim 11 Déc 2016, 23:29

Prière de ne pas rire, ceci est authentique (et anecdotique).

Dans le figaroscope du 7 décembre 2016, page 23 (supplément parisien paraissant avec Le Figaro le mercredi), Raphaël Enthoven est invité à commenter les adresses préférées de son quartier, en l'occurrence le XIVe. Ne manquez donc pas de vous arrêter Chez Félicie :

Voici un café de ruelle qui se trouve sur une avenue. Ce café a la gueule d'une échoppe dans une petite rue de vieille ville : la couleur des murs, le rythme du service, l'espèce de silence auquel on a droit lorsque l'on s'y trouve... Je m'y suis un jour fait voler mon téléphone portable, sur la table. J'ai vu le type partir en courant mais je n'ai pas pu me lever. La sensation de calme a été tellement subite que j'ai renoncé à poursuivre le voleur pour en profiter, car j'étais si bien...

Une belle histoire à se remémorer un jour pas fait comme un autre.

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Les stratégies du silence (intimidation et mise en scène ridicule) - le Sam 31 Déc 2016, 00:09

Un premier exemple signalé par un auditeur patenté cumulé à un deuxième entendu ce jour nous permettent d'ajouter une cinquième catégorie au premier message de ce fil comptant déjà : * le silence étudié, * le silence révélé / chassé, * le silence composé, * le silence commenté. C'est : * les stratégies du silence.

Premier cas d'étude : l'émission La dispute du 12 décembre 2016 : Spectacles vivants : « Don Giovanni » « Dark Circus » et « Espaece »

Passé un extrait de la générale, Arnaud Laporte invite Anna Sigalevitch à parler de Don Giovanni mis en scène par Stéphane Braunschweig. Il tente de l'introduire par quelques mots (peut-être écrits) que la critique prend comme un tremplin pour emboîter sans discontinuité le pas au producteur. La malheureuse, que n'a t-elle fait là, si l'on en juge le silence soudain de Laporte (auquel ont dû s'adjoindre quelques éclairs dans ses yeux furibards) suivi des plates excuses de Sigalevitch, gênée. Laporte règne en maître sur son émission et lui couper la parole est un crime de lèse-majesté.

Laporte : Anna Sigalevitch, vous aviez vu donc la mise en scène en 2013 - ce qui n'est pas mon cas -, vous m'en aviez dit grand grand bien, pourquoi on l'a programmée (coupé)

Sigalevitch : De la mise en scène ?

(silence, rire gêné de Sigalevitch)

Laporte (d'un ton sec et cassant) : Bon, bah allez-y !

Sigalevitch : Non, non, mais je vous en prie, pardon, non, non...

Laporte (s'apercevant de sa rudesse, infléchit sa voix et pris dans un roulé-boulé, répète d'un ton faussement bonhomme) : allez-y, allez-y.

Sigalevitch : Mais je ne voulais pas vous couper !

Finalement la critique s'incline devant l'insistance de Laporte et commence le tour de table.

[son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11981-12.12.2016-ITEMA_21162773-1.mp3" debut="05:56" fin="06:20"]

***

Deuxième cas : l'émission Poésie et ainsi de suite du 30 décembre 2016 : Poésie et grand écran

Manou Farine s'est crue originale à nous refaire le coup du : à la fin de l'émission, je quitte le studio et laisse les invités parler entre eux à bâtons rompus. Pur artifice qui ne fonctionne pas en radio (me reviennent des souvenirs d'une émission animée par Rebecca Manzoni sur France Inter intitulée Eclektik) en plus de tomber à l'eau quand les invités n'ont rien à dire, ce qui est le cas de la présente émission. Une heure d'émission hebdomadaire et même pas capable d'en assumer la responsabilité pleine et entière. Là encore, à l'instar de Laporte, Manou Farine fait preuve d'un accès d'autorité (voir la mise en scène ci-dessous) qui met en porte-à-faux les invités et laissent les auditeurs dans l'embarras d'une situation stérile.

Farine : Carole Aurouet, Philippe Grandrieux, Patrice Rollet, merci à tous les trois. C'est la fin de cette émission ou presque, puisque je vous laisse la terminer entre vous et sans moi. Alors bonne après-midi à vous, à toutes et à tous.

(bruits de pas qui s'éloignent, porte qui se ferme, silence, chuchotements de Carole Aurouet puis silence)

Grandrieux ou Rollet : Vous pouvez laisser le silence. Et c'est de ça dont on parle finalement depuis le début. Aurouet : _ Bien sûr. _ C'est que le... C'est ça précisément, c'est que la parole, le langage, il est là pour qu'on n'entende pas le silence... _ C'est vrai, ça serait bien de laisser un peu de silence. Ça serait beau de laisser deux minutes de silence.

Ça serait beau, oui, le conditionnel sied bien à cette dernière phrase qui à peine terminée se voit recouverte par le générique de fin, et... la conclusion de Manou Farine revenue entre-temps au micro (ou qui l'a enregistrée a posteriori). Bref, une foutaise de plus pour illusionner une improbable liberté de parole. Dans cette histoire, seule la productrice brille (par son absence).

[son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14487-30.12.2016-ITEMA_21181951-0.mp3" debut="57:08" fin="58:57"]

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André Maurois sur Anton Tchekhov - le Mar 10 Jan 2017, 04:49

Certes, il serait ridicule et vain de charger ce fil d'occurrences anecdotiques draguant du silence. Mais à l'écoute de la conférence émue et émouvante d'André Maurois portant sur le théâtre d'Anton Tchekhov, il est difficile de résister à la transcription de ces quelques lignes (30 novembre 1959) :

48'24'' : Je ne sais pas pas pourquoi a-t-il écrit [Tchekhov]: Le bonheur et le malheur extrêmes ne s'expliquent le plus souvent que par le silence. Les amoureux se comprennent mieux quand ils se taisent [Extrait de Ennemis, nouvelle parue en 1887]. En cela, il imitait les grands musiciens qui par une période d'attente, créent ou entretiennent l'émotion. Ou bien encore assurent ce temps de repos nécessaire pour passer à un autre thème et le mettre en valeur, le détacher. D'ailleurs, dans ses pièces, il meublait ses silences musicalement. Une guitare, une balalaïka égrenaient des sons poignants. Un personnage sifflotait ou fredonnait. La musique militaire mourait au loin.

Ne cherchez pas la conférence sur le site de France Culture (ou sur un moteur de recherche) à l'aide du mot-clé « Tchekhov », vous ne la trouverez pas, le nom d'André Maurois y a pris sa place  : Alphonse Allais et André Maurois (Cycle Grands écrivains, grandes conférences par Philippe Garbit, 13 août 2013). André Maurois à la diction claire et le timbre chaud, emporte, parfois la gorge serrée, si bien l'auditeur dans la vie et l'oeuvre d'Anton Tchekhov, qu'à la fin de la conférence, celui-ci n'a qu'une envie : mieux écouter/lire les oeuvres de Tchekhov à sa disposition, comme par exemple La cerisaie, diffusée pour la première fois le 09 janvier 1955 sur la chaîne Nationale, mise en scène par la compagnie Madeleine Renaud-Jean-Louis Barrault et dont la direction musicale a été confiée à Pierre Boulez.

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Re: Du silence à la radio - le Mar 10 Jan 2017, 15:34

Jean-Luuc(http://www.regardfc.com/t781p10-du-silence-a-la-radio#27942) a écrit:Certes, il serait ridicule et vain de charger ce fil d'occurrences anecdotiques draguant du silence. Mais à l'écoute de la conférence émue et émouvante d'André Maurois portant sur le théâtre d'Anton Tchekhov, il est difficile de résister à la transcription de ces quelques lignes (30 novembre 1959) :

48'24'' : Je ne sais pas pas pourquoi a-t-il écrit [Tchekhov]: Le bonheur et le malheur extrêmes ne s'expliquent le plus souvent que par le silence. Les amoureux se comprennent mieux quand ils se taisent [Extrait de Ennemis, nouvelle parue en 1887]. En cela, il imitait les grands musiciens qui par une période d'attente, créent ou entretiennent l'émotion. Ou bien encore assurent ce temps de repos nécessaire pour passer à un autre thème et le mettre en valeur, le détacher. D'ailleurs, dans ses pièces, il meublait ses silences musicalement. Une guitare, une balalaïka égrenaient des sons poignants. Un personnage sifflotait ou fredonnait. La musique militaire mourait au loin.

Ne cherchez pas la conférence sur le site de France Culture (ou sur un moteur de recherche) à l'aide du mot-clé « Tchekhov », vous ne la trouverez pas, le nom d'André Maurois y a pris sa place  : Alphonse Allais et André Maurois (Cycle Grands écrivains, grandes conférences par Philippe Garbit, 13 août 2013). André Maurois à la diction claire et le timbre chaud, emporte, parfois la gorge serrée, si bien l'auditeur dans la vie et l'oeuvre d'Anton Tchekhov, qu'à la fin de la conférence, celui-ci n'a qu'une envie : mieux écouter/lire les oeuvres de Tchekhov à sa disposition, comme par exemple La cerisaie, diffusée pour la première fois le 09 janvier 1955 sur la chaîne Nationale, mise en scène par la compagnie Madeleine Renaud-Jean-Louis Barrault et dont la direction musicale a été confiée à Pierre Boulez.
Merci pour cette plongée dans les Grandes conférences avec André Maurois. Sa connaissance des auteurs russes s'est aussi illustrée dans une conférence sur Tolstoï, voir les contributions ici dans Qu'est-ce que la littérature ? - le Lun 13 Juin 2016

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La double voix d'Alain Veinstein - le Ven 20 Jan 2017, 18:34

La voix de mon père, c'est un peu comme un monument pour moi, dit Léa Veinstein dans un document sonore publié par Arte radio le 18 janvier 2017. Elle n'est pas la seule.

Dans un montage parallèle associant l'homme et la voix radiophonique d'un côté et le père de famille de l'autre, la fille d'Alain Veinstein donne à entendre la double voix, pour ne pas dire la nature double de l'ex-producteur de France Culture. D'emblée, l'auditeur ne sera pas surpris de guetter, presque sans le vouloir - et c'est idiot - si un peu du ton, de la vibration, de la maturité, ou de la chaleur de la voix de Veinstein est passé dans les intonations de la fille. L'on craint de ne rien trouver. Tout au plus sera-t-on surpris de son âge : 29 ans. La voix écoutée en ferait presque 10 de moins. Le texte de Léa Veinstein est souvent émouvant, quelquefois mordant (lassée de la tambouille picturale de Veinstein) et la plupart du temps admiratif devant la stature radiophonique du père. L'on regrette toutefois les incursions méta-radiophoniques : les « Un-deux, un-deux » du test micro et autre essai son commenté (et gardé, donc) d'un bruit d'ambiance cuisine.

Alain Veinstein peint depuis son licenciement (juillet 2014). Jour et nuit apparemment (Il peint tout ce qu'il peut). La radio, il ne l'écoute quasi plus (de toutes façons, il n'y a pas grand chose à écouter). De ses propres émissions, il dit ne pas en avoir gardé une seule (La radio, ça laisse pas de traces).

Sa mère, Laure Adler, est accessoirement interrogée, résumée à quelques remarques superficielles (le vernis à ongles de sa fille, la salade de pommes de terre dans le frigo, le bruit qu'elle fait sciemment en arrière-plan quand son compagnon (mari ?) est interrogé).



Cela reste un réconfort et une joie d'écouter les mots de Veinstein :

Le silence. Le silence dans le studio, silence qu'on entend terriblement. Il n'y a rien de plus éloquent qu'un silence radio. Et puis, tout d'un coup, dans le casque, vous entendez une respiration. Votre interlocuteur est sur le point de dire quelque chose. Et quelque chose d'absolument inattendu surgit. Et ça c'est un moment d'une beauté inouïe.

N.B. : grand merci à l'ANPRiste qui a signalé cette émission.

Du silence à la radio     Page 2 sur 2

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