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Discussions du vendredi soir (Régis Debray)    Page 1 sur 2

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Discussions du vendredi soir (Régis Debray) - le Jeu 01 Sep 2016, 01:24

Le dimanche 13 novembre 2016 à 16h24, Henry Faÿ écrira :
Il convient de ne pas mélanger dans un seul fil les émissions qui entrent dans la catégorie "les discussions du soir"  qui ne fait que décrire une tranche horaire.

J'ai vu que les émissions de Régis Debray avaient dans ce forum suscité des commentaires défavorables. Elles sont dans la lignée de la série d'été "allons aux faits".  

Evidemment, les idées de Régis Debray ne feront pas l'unanimité. Qu'on soit d'accord ou pas, il faut reconnaître que ce n'est pas une pensée molle.  

J'ai été fort intéressé par l'intervention de Bertrand Badie, c'était hier, le 12 novembre.

Il faudra y revenir.

De là, on crée dans ce forum un sujet distinct, comme peut-être chacune des 5 soirées le mériterait ? On y rapatrie les messages qui à cette date avaient déjà été émis sur le sujet Debray ; on y ajoute celui d'Henry qui tombe à son heure. Non sans signaler à France culture que donner un titre unique à 5 soirées aussi différentes, ça n'est pas faire preuve de beaucoup d'imagination, ni d'un grand souci de lisibilité. C'est vrai que pour la seconde, le site de FC n'est pas à ça près...

* * * * * * * * * * * * * *
Nota Bene : pour ce qui concerne Régis Debray on lira aussi sur ce forum : Un été avec Regis Debray - le Dim 04 Oct 2009 ; Les matins de France Culture - le Jeu 07 Jan 2016 ;   Régis dans le kk. - le Dim 10 Juil 2016  ; Régis Debray - le Mer 13 Juil 2016.

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A l'intention de ceux qui prennent mon pseudonyme pour un bouclier : mon identité n'est ni affichée ni dissimulée.
Pour la trouver il suffit de suivre le fil de mon profil.

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Les discussions du soir - le Sam 10 Sep 2016, 23:45

Philaunet(http://www.regardfc.com/t155p130-l-art-de-l-entretien-radiophonique#26756) a écrit:[A propos de l'émission Les Discussions du soir de René Frydman sur le transhumanisme]
Je ne l'ai pas écoutée en entier, le propos de Luc Ferry a déjà été diffusé sur l'antenne. J'ai écouté le début par curiosité et n'ai pas été surpris de retrouver René Frydman fidèle à lui-même (pourquoi changer, n'est-ce pas ?).

Parler devant un micro avec un interlocuteur poursuit, je crois, un objectif : parler à un public invisible, pris dans sa globalité, ou mieux pris comme de multiples individus attentifs.

Ce n'est pas évident pour tout le monde, notamment pour les néo-producteurs, mais pas seulement pour eux, remarquez.
Heureux avez-vous été d'éviter l'écoute du numéro de fin de semaine conduit par Régis Debray si ces vilaines façons radiophoniques vous hérissent le poil auriculaire, car là vous en auriez eu, de la très mauvaise manière, de l'écrasement de l'invité, de l'accaparement du temps de parole et de l'entre-soi le moins gêné (sauf chez l'invité, parfois très mal à l'aise). C'est manifeste, Régis Debray est tellement moulé par le fauteuil d'invité n°1 de la chaîne qu'il ne sait plus s'asseoir ailleurs.

Vendredi 2 septembre, il invitait un intellectuel du monde de la stratégie militaire, François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l’IRIS et spécialiste donc de la question éristique, en particulier dans ses aspects techniques (informatique) et de communication.

Les deux semblent se connaître de longue date, François-Bernard Huyghe confessa sa pratique de la "médiologie", science copyrightée Régis Debray ; cela n'a pas empêché l'hôte de se conduire avec une grossièreté qu'on ne lui soupçonnait pas, privant systématiquement de parole son intéressant convive au bout de quelques mots, lui lançant des questions que pour mieux y répondre lui-même, ornant ses commentaires de quelques fleurs maladroites vaguement destinées à faire passer la pilule.

En dépit de ces criants défauts, l'émission était plus intéressante à mon oreille que trois quarts des numéros de Hors-Champs, dont je n'ai jamais aimé que le générique. Elle s'est attardée à définir plus précisément qu'à l'accoutumée la situation de la France face aux combattants djihadistes de tout poil, et du mérite ou non qu'il y a d'user en l'espèce du terme de "guerre".

Je conçois que les défauts formels d'une émissions peuvent la rendre inaudible, et là RD pousse l'exercice de saccage assez loin, nettement plus que René Frydman.

Je sais pourtant que pour des raisons tout aussi formelles, certains n'écoutaient plus les numéros des Lundis de l'Histoire présentés par Jacques Le Goff. Non pour aucun des défauts de conduite montrés par Debray ou Frydman, JLG était un modèle avec ses invités, mais parce qu'il fallait se farcir cette voix déformée, forme de gargouille dont l'éloge avait été joliment cuisiné dans les pages de ce forum.

Pour rester sur les Lundis de l'Histoire, les défauts de Debray sont a peu de choses les mêmes que ceux de Philippe Levillain, leur prosodies et leurs poses sont d'ailleurs assez comparables.

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Régis Debray, une mauvaise pioche ? - le Mer 21 Sep 2016, 21:08

masterkey(http://www.regardfc.com/t787-les-discussions-du-soir#26769) a écrit: (...) Heureux avez-vous été d'éviter l'écoute du numéro de fin de semaine conduit par Régis Debray si ces vilaines façons radiophoniques vous hérissent le poil auriculaire, car là vous en auriez eu, de la très mauvaise manière, de l'écrasement de l'invité, de l'accaparement du temps de parole et de l'entre-soi le moins gêné (sauf chez l'invité, parfois très mal à l'aise). C'est manifeste, Régis Debray est tellement moulé par le fauteuil d'invité n°1 de la chaîne qu'il ne sait plus s'asseoir ailleurs. (...)
Vous parliez du premier numéro du 1er septembre, et Il semble qu'un auditeur n'ait guère apprécié, c'est le moins qu'on puisse dire, la prestation de Régis Debray dans le numéro du vendredi 16 septembre La culture de guerre en France avec Jean-Claude Guillebaud, auteur dont il avait été dit du bien ici le 2 février par Ra-X-Thèque et le 20 du même mois.

Voici en effet ce qu'a reçu le bureau du médiateur qui a le mérite de publier cette sévère critique :

Récrimination
Georges Andrès 19/09/2016 13:12 France Culture

Cher France Culture,
Je suis un auditeur fidèle de France Culture et c’est la première fois en plusieurs décennies que je vous écris pour vous dire à quel point j’ai été choqué par la suffisance et l’arrogance de Mr Régis Debray, dont j’ai écouté pour la première (et certainement la dernière) fois l’émission hier soir.
Avant de vous résumer ce que j’ai entendu hier, je précise que je n’avais aucun a priori, positif ou négatif, sur ce monsieur.
L’invité de l’émission (présenté comme « excellent ») commence par affirmer qu’il est faux de dire que toutes les guerres actuelles sont des guerres de religion. Idée très intéressante qui mériterait d’être développée et explicitée, mais Mr Debray l’interrompt en lui disant qu’il s’adresse à un spécialiste des religions (lui-même) à qui il est inutile d’expliquer la chose. Il oublie au passage ses auditeurs qui n’ont ni ses immenses capacités ni son prestige intellectuel, et qui auraient peut-être voulu en savoir un peu plus.
La conversation passe ensuite à une attaque à boulets rouges de l’idée selon laquelle le polythéisme est préférable au monothéisme (règlement de comptes avec Michel Onfray). L’invité argue que les grecs anciens n’auraient rien à envier à Daech en matière de cruauté, en donnant un exemple précis. Souffrez, messieurs, qu’un misérable auditeur lambda soit d’un avis différent du votre : cet exemple ne prouve rien. La cruauté est une constante de l’espèce humaine depuis la nuit des temps, et personne n’a affirmé que les polythéistes en seraient dépourvus. Il a en outre existé, et il existe toujours, un très grand nombre de civilisations polythéistes, en dehors de la Grèce antique. Nos deux brillants esprits affirment aussi au passage que les deux plus grands régimes criminels du XXème siècle, le nazisme et le communisme seraient athées, ce qui mérite d’être nuancé : ne sont-ils pas fondés sur la soumission à un dogme et à un chef absolu?
Pour conclure cette séquence, Mr Debray laisse éclater son mépris absolu pour tous ceux qui auraient l’impudence de penser autrement que lui en déclarant (je n’invente rien) : « Laissons la connerie aux cons ».
C’est à ce moment que j’ai éteint la radio.
J’ai toujours pensé que France Culture est un des très rares média qui ne prend pas ses auditeurs pour des imbéciles, c’est pourquoi je me permets de réagir un peu vivement à ce contre-exemple.
Cordialement,
Georges Andrès

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Les discussions du soir - le Mer 21 Sep 2016, 21:19

Précisons que "Laissons la connerie aux cons" était une saillie dirigée vers Michel Onfray.
Je partage l'aversion de M. Andrès pour les façons arrogantes bien décrites ici de R. Debray.

Ca ne m'empêchera pas de continuer de l'écouter pour autant, à condition que l'émission ne s'attarde pas sur le sujet guerrier. Elle prend après tout le tour d'une discussion privée qu'on surprendrait et qui ne nous est pas destinée, mais où on peut glaner d'intéressantes considérations.

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''Discussions du soir'', les émissions de Régis Debray - le Dim 13 Nov 2016, 17:24

J'ai vu que les émissions de Régis Debray avaient dans ce forum suscité des commentaires défavorables. Elles sont dans la lignée de la série d'été "allons aux faits".  

Evidemment, les idées de Régis Debray ne feront pas l'unanimité. Qu'on soit d'accord ou pas, il faut reconnaître que ce n'est pas une pensée molle.  

J'ai été fort intéressé par l'intervention de Bertrand Badie, c'était hier, le 12 novembre.

Il faudra y revenir.

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Re: Discussions du vendredi soir (Régis Debray) - le Mer 16 Nov 2016, 19:28

Henry Faÿ, vous n'en avez pas assez d'entendre parler du sujet "guerre" chaque vendredi soir en plus de chaque jour dans d'autres émissions ? Vous noterez que France Culture n'a pas consacré une page d'émission pour chacun des producteurs,  il n'est donc pas possible d'identifier d'un seul coup d’œil les thèmes d'un producteur sans faire défiler toutes les émissions de la semaine. Sans doute un truc de supermarché où il faut faire le tour du magasin pour trouver un produit


Régis Debray (vendredi).de 22h15 à 23h

Retrouvez l’ouvrage de Régis Debray : Allons aux faits (Gallimard / France Culture)

   Terrorisme, guerre, sécurité, mobilisation : avec les derniers attentats djihadistes, ces mots intimidants et mal définis sont revenus dans notre quotidien. Pour savoir quel crédit donner à ce ton martial, il importe de quitter le terrain de l’idéologie, rhétorique ou posture, pour ce que Machiavel appelait la verita effetuale delle cose.

   Qu’en est-il du fait guerrier aujourd’hui, et au-delà des strictes questions de défense, des rapports de force dans le monde ? Quel rôle pratique joue la diplomatie française, ou aurait pu jouer l’Union européenne si elle existait, dans ces confrontations stratégiques ? Quelle place donner ou redonner à la violence et au conflit dans une culture qui, la paix aidant, leur a tourné le dos pendant un demi siècle ?

   Ce sont ces questions dérangeantes mais non intempestives, que j’aimerais soulever devant un micro, en conversant librement avec des personnes d’expérience, militaires, diplomates et stratèges (les intellectuels de profession n’étant pas les mieux armés pour ce faire).

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Re: Discussions du vendredi soir (Régis Debray) - le Jeu 17 Nov 2016, 18:33




   Terrorisme, guerre, sécurité, mobilisation : avec les derniers attentats djihadistes, ces mots intimidants et mal définis sont revenus dans notre quotidien. Pour savoir quel crédit donner à ce ton martial, il importe de quitter le terrain de l’idéologie, rhétorique ou posture, pour ce que Machiavel appelait la verita effetuale delle cose.

   Qu’en est-il du fait guerrier aujourd’hui, et au-delà des strictes questions de défense, des rapports de force dans le monde ? Quel rôle pratique joue la diplomatie française, ou aurait pu jouer l’Union européenne si elle existait, dans ces confrontations stratégiques ? Quelle place donner ou redonner à la violence et au conflit dans une culture qui, la paix aidant, leur a tourné le dos pendant un demi siècle ?

   Ce sont ces questions dérangeantes mais non intempestives, que j’aimerais soulever devant un micro, en conversant librement avec des personnes d’expérience, militaires, diplomates et stratèges (les intellectuels de profession n’étant pas les mieux armés pour ce faire)


Henry Faÿ, vous n'en avez pas assez d'entendre parler du sujet "guerre" chaque vendredi soir en plus de chaque jour dans d'autres émissions ?

À vrai dire non, je ne suis pas lassé d'entendre parler de la guerre, quand c'est Régis Debray qui en parle et qui donne la parole à  des auteurs aussi intéressants que Gérard Chaliand, par exemple ou Bertrand Badie.   Quand Bertrand Badie dit que la puissance n'est plus la puissance, que la puissance devient le contraire de la puissance, je suis plus qu'intéressé par ce paradoxe. La guerre et la géopolitique, c'est pour ainsi dire le même sujet. Et quand on s'intéresse à l'histoire, on s'intéresse à la guerre.  On pourra dire tout ce que l'on voudra de Régis Debray, mais ce n'est pas le dernier des imbéciles.  Mille choses à dire, mille commentaires à faire, j'y reviendrai.

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Re: Discussions du vendredi soir (Régis Debray) - le Jeu 17 Nov 2016, 21:00

D'où vient cette photo (cf. ci-dessus) ? Du site de France Culture ? Inquiétante, pour ne pas dire effrayante.

J'ai mieux pour vous faire plaisir avec un peu de réalité kaki :


Soldats du 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine de Carcassonne (14/11/2015)• Crédits : ERIC FEFERBERG / AFP

Une panoplie qui va faire fureur pour Noël...

Photo extraite de Guerre et opérations militaires du 28 10 2016

Avec ce descriptif : "Autour du manque de réflexions sur la guerre, en France la guerre est un objet politique, mais il n'y a pas recherches telles que les War studies aux Etats-Unis.

Contradiction : l'armée française est mobilisée simultanément sur de nombreux théâtres d'intervention alors que les moyens budgétaires qui lui sont alloués ne cessent de diminuer depuis un quart de siècle.

Quel est le rôle des forces armées pour la résolution des conflits ?

L'illusion d'une défense européenne aujourd'hui...
"

Ah ! Le "manque de réflexions" (ou de réflexion ?). Pas de recherche ? Pas de moyens ? Hum... Il est vrai qu'un "Général, ancien directeur de l'Ecole de guerre" ne va  pas dire le contraire à M. Debray.

Comme vous l'écrivez (je préfère signaler qui je cite) :
Henry Faÿ(http://www.regardfc.com/t803-discussions-du-soir-les-emissions-de-regis-debray#27663) a écrit: (...) Mille choses à dire, mille commentaires à faire, j'y reviendrai.
Effectivement, il y aurait certaines choses à dire. Je vous lirai avec intérêt. De mon côté, je vais plutôt contribuer si possible dans les fils "culture".

Tiens, en vous citant, je vois que la photo que vous avez choisie provient du site "Égalité et réconciliation". Je n'avais encore jamais fréquenté ce site fondé par Alain Soral.

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Re: Discussions du vendredi soir (Régis Debray) - le Mer 30 Nov 2016, 19:20

Philaunet(http://www.regardfc.com/t784-discussions-du-vendredi-soir-regis-debray#27631) a écrit:Henry Faÿ, vous n'en avez pas assez d'entendre parler du sujet "guerre" chaque vendredi soir en plus de chaque jour dans d'autres émissions ?
Arrivé après le début de la bataille (si j'ose dire), je découvre un peu interloqué mais non sans curiosité ce créneau du vendredi soir, que dans sa déclaration liminaire Régis Debray place explicitement sous le signe de la guerre, avec une mention de Gaston Bouthoul dès l'ouverture du premier numéro, et pour ceux qui auraient manqué cette fulminante ouverture, présence dans presque tous les titres soit du mot "guerre" , soit d'un autre mot directement connoté : conflit, militaire, polémologie.  

Est-ce là, de la part du producteur, une façon de placer son émission sous l'enseigne historique d'une nouvelle Montée des tensions ? Ceux qui ont écouté ces discussions ont-ils entendu de sa part quelque parallèle entre la fin des années 1930 et celle des années 2010 ? En tous cas, dans le premier numéro que j'écoute avec le renfort d'un café assez fort, je remarque qu'il dénie la thèse actuelle selon laquelle nous sommes en guerre. Il dit clairement qu'une telle déclaration est pour lui une imposture. Nous ne sommes engagés selon lui que dans un "conflit de basse intensité" et pour tout dire une manipulation de gouvernants qui sonnent le tocsin pour tenir leur population (cela on peut l'entendre au tournant de la 13e minute).

L'attitude de Debray est donc d'entrée de jeu polémique en plus d'être polémologique. Dommage que le producteur comme son invité semblent se complaire à l'abstraction, avec des remarques à la limite de l'insanité : nous ne sommes pas en guerre parce que notre ennemi ne se déclarera jamais vaincu. Voila bien un argument de philosophe, pour ceux qui auraient oublié que la formation de Régis Debray est philosophique et non scientifique, pas même une formation d'historien qui s'attacherait à définir factuellement ce dont il parle. Son interlocuteur quant à lui semble rompu à ce qu'est devenu la pratique de l'interview : une foire d'empoigne où le temps de parole tient lieu sinon de territoire à conquérir, du moins de ressource dont il faut accaparer la plus grande part possible. A ce titre, on peut apprécier la pose de Debray en philosophe-réfléchissant et peu pressé de parler, par là obligé de rappeler son interlocuteur au silence par un "laissez-moi finir". Debray assumera donc les temps de silence inévitables de celui qui réfléchit en parlant, ou à tout le moins prend son temps ; ce faisant il se place en rupture de la pratique (mais pas de la doctrine) en vigueur dans la maison.

A part ça, cette émission est-elle culturelle ? Un rendez-vous hebdomadaire consacré à la guerre ne serait peut-être pas tellement plus déplacé sur France Culture que ne le furent jadis les "Voix du silence", où une fois par semaine Antoine Spire (Rony Braumann prit la suite en 1997) traitait d'un thème tout aussi politique : initialement les victimes de la raison d'Etat, réduites au silence par des régimes politiques autoritaires. Puis l'émission avait évolué vers la défense des droits de l'homme, de façon générale. Ceci nous rappelle que la politisation de l'antenne n'a pas subitement commencé en septembre 1999.

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Critique radiophonique en commençant par la forme : torture auditive, ou masochisme ? - le Ven 02 Déc 2016, 15:10

Henry Faÿ(http://www.regardfc.com/t784-discussions-du-vendredi-soir-regis-debray#27663) a écrit:[...]non, je ne suis pas lassé d'entendre parler de la guerre, quand c'est Régis Debray qui en parle et qui donne la parole à  des auteurs aussi intéressants que Gérard Chaliand, par exemple ou Bertrand Badie.   Quand Bertrand Badie dit que la puissance n'est plus la puissance, que la puissance devient le contraire de la puissance, je suis plus qu'intéressé par ce paradoxe. La guerre et la géopolitique, c'est pour ainsi dire le même sujet. Et quand on s'intéresse à l'histoire, on s'intéresse à la guerre.  On pourra dire tout ce que l'on voudra de Régis Debray, mais ce n'est pas le dernier des imbéciles.  

Mes impressions après 3 numéros + un bonus (voir infra) : émission très difficile à écouter. Elle mettra à rude épreuve la patience de plus d'un auditeur. Le ton compassé et la comédie du penseur en plein exercice sont depuis longtemps la façon de faire naturelle de Régis Debray, mais enfin même au micro de France Culture notamment comme invité de la matinale, on avait l'habitude de l'entendre moins poseur. Est-ce d'endosser finalement le rôle de producteur qui le pousse ainsi à se caricaturer lui-même ? Ca pourrait s'atténuer avec le temps, du moins il faut l'espérer. Déjà en 1962 dans "Chronique d'un été" il faisait se gondoler des salles entières dans le rôle auto-biographique du gosse de bourge passé sac au dos de Jeanson-de-Sailly à la rue d'Ulm, et parlant comme sa grand-mère à l'heure du thé, l'anse de la tasse serrée entre le pouce et l'index, petit doigt levé, biscuit Hédiard délicatement tenu dans l'autre main. Puis vinrent les ââânnées mânifes. Puis après un stage dans la jungle et un séjour de quelques années au cachot, on le retrouvait un peu dégrossi avec 20 ans de plus et quelques cicatrices, chargé de missions internationales par/auprès du Président Mitterrand. Ensuite de quoi, en devenant invité récurrent sur France Culture depuis environ 25 ans, il montre que loin de s'être atténué, son style oral emphatique empire jusqu'à l'auto-caricature. On lui attribuerait volontiers la médaille d'or de la pose si ladite médaille n'avait été décernée une fois pour toutes à Julie Clarini dans dans dans euh euh le role euh le rôle de la pro'productrice qui ni, ni n'y n'y connait rien en sciences ni en, en, en littérature mais dégoise sans complexe son ignorance sur tous ces sujets tout en faisant semblant de bafouiller non pour cacher qu'elle n'a rien à dire mais pour le bonheur d'imiter son maître spirituel Bourdieu.

Concernant la forme radiophonique elle-même je vois peu de choses à dire de cette émission du vendredi, étant donné la grande économie du dispositif. Bien que Debray ait l'habitude des studios, on le sent encore quelque peu novice dans le rôle du producteur, ce qui laisse un espoir : s'il réécoute ses émissions avec une oreille critique, il pourrait alléger un peu son style, désépaissir la couche de frime qui enrobe l'expression des idées. Et aussi peut-être renoncer à cette manie absurde d'introduire lourdement la pause musicale (probablement imposée par un chef de service ou un directeur de programme) en interrompant son partenaire avec presque autant d'impolitesse qu'un serveur de brasserie débutant retire l'assiette de fromage de dessous le nez du dîneur pour fourrer à la place celle du dessert parce que bon on n'a pas que ça à faire, j'ai des consignes vous savez.

A part ça, comme le dit Henry, Debray est loin d'être un imbécile. Et de fait ça s'entend aussi : son émission est loin d'être creuse, c'est même une des plus intenses que j'aurai eu à écouter récemment. Le contenu est riche, indubitablement. Riche en idées plus qu'en faits, mais ça dépend de l'invité ; riche en engagement aussi : clairement assujetti au paradigme idéologique de France Culture : anticolonialisme, égalitarisme, anti-atlantisme, romantisme révolutionnaire, valorisation des damnés de la terre, tout cela ressassé de façon intense. Presque aussi intense est la comédie permanente du producteur non sans risque pour ce dernier d'accueillir un invité aussi boursouflé de l'ego qu'il l'est lui-même alors là le mélange vire à l'explosif, avec ce résultat que l'agacement de l'auditeur atteint à son tour des sommets d'intensité.
J'écris tout ceci sans méchanceté aucune, car en fin de compte on peut aussi penser que Régis Debray se trompe de média : si l'époque était encore à la lecture, il serait probablement plus performant comme directeur de revue (chez Gallimard je veux dire hein, pas celle de l'Alcazar). Et justement, sans qu'on puisse m'accuser de privilégier systématiquement l'écrit loin de là, c'est avec grand intérêt et une notable économie de temps -économie nerveuse aussi- que j'en lirais des transcriptions par exemple dans France-Culture-papiers si cette publication existait encore et à condition tout de même que le dialogue s'y trouve dégraissé des ronds-de-jambes qu'il échange avec certains invités. Eh oui, parce qu'il y a ça aussi pour horripiler l'auditeur. J'y reviendrai en parlant du dialogue avec Bertrand Badie, où le risque d'explosion atteint la cote d'alerte.

Enfin on peut se demander dans quelle mesure une troisième émission de géopolitique vient faire double/triple emploi avec Cultures mondes et Affaires étrangères. Je n'y vois pas raison de refuser l'arrivée de celle-ci, mais on aurait pu supprimer l'une des deux autres, qui ne sont nullement culturelles. Si comme le dit Henry l'Histoire fait partie de la culture et si la guerre fait partie de l'histoire, alors il serait dommage de ne pas donner sa chance au vendredi de Régis Debray qui vise nettement plus haut.

Je n'ai encore presque rien dit du contenu. J'y reviendrai ultérieurement, pour rendre compte des 2 autres émissions que j'ai moulinées (non sans mal) après le numéro d'ouverture : celle du 7 octobre avec Gérard Chaliand, et celle du 11 novembre avec Bertrand Badie. Très différentes l'une de l'autre, autant que diffèrent le style personnel de l'un et de l'autre invité. Pour Badie, j'ai renforcé mes hypothèses et ma critique en écoutant aussi les 20 minutes passées dans le studio de la matinale le 30 août face à Guillaume Erner. Henry trouvera dans les deux l'exposé du paradoxe de la puissance. "J'y reviendrai", mais peut-être qu'Henry reviendra avant moi.

(à suivre)

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Re: Discussions du vendredi soir (Régis Debray) -

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