Forum des auditeurs passionnés et critiques de France Culture

france culturelongpont demainGoogle

Le forum des auditeurs critiques de France Culture

 


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Aller à la page : Précédent  1, 2

Accueil / France Culture

Répondre au sujet

La méthode scientifique.    Page 2 sur 2

Bas de page ?   

1
Répondre en citant  
La méthode scientifique. - le Mar 13 Sep 2016, 15:29

Rappel du premier message :

Pour faire suite à ce post de Masterkey, voici donc un fil dédié à La méthode scientifique, quotidienne de Nicolas Martin.

******

NOTA BENE : le forum contient également les fils de discussion suivants traitant des sciences : La Marche des sciences (2009 - 2013) ; Continent sciences (2009 - 2016) ;  De la science dure en BD (2009) ; Futurologie et sciences (2012) ; Science publique (2011 - 2016) et La Conversation scientifique (2016) - Un billet scientifique a été publié dans un fil créé spécialement Journée à la mémoire de Bernard d'Espagnat et un fil nommé Mathématiques, réalité et droit (2011). Une rubrique "Ornithologie" rassemble toutes les contributions sur Les oiseaux.
* * *

11
Répondre en citant  
Re: La méthode scientifique. - le Jeu 20 Oct 2016, 18:15

Nimbus, RandomWalks, sur le constat et le regret de cette tendance générale par laquelle France Culture se laisse porter, et même choir, selon un principe de moindre action intellectuelle, je ne peux que vous suivre. Mais il nous faut nous-mêmes résister aux facilités qu'offre un cadre critique global. Je me méfie de l'univocité en la matière.

La Méthode scientifique est un drôle d'animal s'il faut la classer, et partage avec les monotrèmes - dont il fut question dans l'émission que j'avais relevée deux messages plus haut - l'association de traits qu'on croirait propres à divers ordres : Son producteur est touché par les travers endémiques d'une génération bien peu mature et qui pourtant monte en ce moment, celle que Poivre d'Arvor cadet en son temps avait appelé à "prendre le pouvoir" à France Culture, ce qu'elle a fait.  La titraille, on vient d'en parler, est conçue sur le pire modèle disponible, celui qui consiste à faire passer le sujet de l'émission dans une moulinette dont le format de sortie est invariablement "Le thème : une question bien lourde ?" (un petit florilège tiré des tout derniers jours ? "Evolution : pourquoi les mammifères ont-ils gagné ?", "Fête de la science : Comment rapprocher la science et les citoyens ?", "Le nucléaire est-il encore une énergie d’avenir ?", "Quelle place pour la France dans la course à l’espace ?" (tiens il manque le thème), "Vaccination : comment lutter contre la défiance ?" ...) Enfin l'émission s'intéresse pour une bien trop grosse moitié à l'actualité et au soci(ét)al (pollutioncancercybermaladienucléaire), c’est-à-dire au bruit du contemporain, et pour un bon tiers à l'actualité, la fiction et la prospective.

Ne reste qu'une portion congrue pour la transmission réelle d'un savoir solide. Mais enfin elle existe, et au risque de vous choquer, dans des proportions sans doute supérieures à celles de la période précédente, celle des émissions dites tardivement "Culture Science". De ces émissions, je ne retenais et n'aimais écouter réellement que Continent Sciences. Et ces dernières années, j'éprouvais surtout pour celle-ci une forme de tendresse mêlée de nostalgie par anticipation. Deligeorges s'embourbait de plus en plus dans une confusion dérangeante, ne rendait en rien plus claire la parole de ses invités qui devaient parfois lutter pour avoir une place au micro. Son travail de vulgarisation était devenu bien moins bon avec les années. Cela étant, l'émission a duré longtemps, plus de quinze ans, et a compté beaucoup de très bons numéros, de la transmission enthousiaste d'un savoir solide, l'exacte mission de France Culture à mon sens, de cela j'en suis reconnaissant à son producteur. Les deux émissions médicales qui se sont succédé depuis 2005 avaient aussi leur intérêt, mais leur producteurs ne brillaient ni par leur savoir-faire radiophonique, ni par des capacités de synthèse ou de clarté remarquable. J'exclus de cette liste le Salon Noir (que Franswa m'a fait tardivement découvrir), qui tel le mammifère conté au micro de Nicolas Martin par Emmanuel Gheerbrant, paléomammologue et Maxime Debuysschere, docteur en paléontologie, a survécu à l'extinction de masse.

Revenons à la Méthode Scientifique : quand elle produit un numéro comme celui sur l'évolution des mammifères, je n'ai rien à lui reprocher (hormis ce titre idiot). Le niveau est bon, nettement au-dessus de celui de la Tête au Carré, le déroulé de l'émission bien structuré, l'animateur, quand on oublie ses rigolades avec coup de coude et clin d'œil lourdingue, fait un meilleur travail d'accompagnement de la parole de l'invité que ses prédécesseurs directs. On y apprend et surtout on en retient facilement, quand on est peu au fait du sujet de l'émission, c'est mon cas, l'histoire de cette mâchoire inférieure particulière des mammaliaformes et d'abord de leurs ancêtres du Trias les cynodontes, les radiations adaptatives dont ils furent capables et les raisons de leur survie pour un tiers à l'extinction de la fin du Crétacé, le rôle de l'apparition des plantes angiospermes, les caractères auxquels avaient accès jusqu'à un passé récent les paléontologues s'intéressant au Jurassique ou au Trias  - les seuls squelettes -, et ceux mis à jour plus récemment - certains tissus mous -, la conséquence sur les classements que ces connaissances permettent (en particulier axées sur le régime alimentaire dans le cas du squelette), ... Un numéro à retenir, malheureusement trop isolé dans ce que propose la Méthode Scientifique pour le moment.

Par ailleurs, pour de l'émission de science de plus haute volée, la Conversation Scientifique d'Etienne Klein proposait samedi un bien bon numéro avec Elie During sur la Relativité d'Einstein, et en particulier sur deux conférences de Langevin prononcées en 1911. Une conversation sur laquelle il faudra faire un petit CR, et qu'on mettra certainement en proposition d'écoute. Je vais le faire de ce pas, tiens...

12
Répondre en citant  
Re: La méthode scientifique. - le Sam 22 Oct 2016, 18:59

Hello Masterkey, je viens d'écouter l'émission sur l'évolution des mammifères, et je suis d'accord avec vous sur l'intérêt de l'émission. C'est effectivement un numéro à retenir. J'attire votre attention sur le fait que l'évènement déclenchant de cette émission est la publication d'un dossier spécial dans une revue scientifique. Jusqu'à récemment, les émissions se basaient plutôt sur des publications de livres. Je trouve significatif que désormais ce soit la presse qui donne le la. Je regrette la mainmise des journalistes sur France Culture, je persiste à penser que c'est le signe d'un certain appauvrissement. Mais ne boudons pas notre plaisir, cette émission était instructive.

J'ai ressenti un plus grand plaisir encore à l'écoute de la dernière émission d'Etienne Klein sur la relativité. L'invité était Elli During, comme vous le rappelez. J'aurais aimé que l'émission dure 5 heures de plus tellement je la trouvais passionnante. J'ai été heureux à l'évocation des noms de Langevin, Brunschwig, ou encore Bergson. Je trouve que l'histoire des sciences est à la fois profonde  et enrichissante notamment en ce qu'elle cherche à jeter des ponts entre sciences, philosophie et histoire.

Je note d'ailleurs que l'histoire des sciences est absente de la "méthode scientifique" au profit notamment du rapport entre science et fictions, telle cette émission sur Star Trek qui m'a tant irrité.  J'y vois encore une évolution significative.

13
Répondre en citant  
Synthèse écrite, illustrée et et audiovisuelle d'une émission - le Mer 02 Nov 2016, 09:56

En appui à un  numéro de La Méthode scientifique Cryptozoologie : qu'est-ce que le monstre du Loch Ness peut apprendre à la science ?, un reportage informatif de qualité signé Pierre Ropert A la découverte des (vrais) animaux qui se cachent derrière Nessie, le Yéti ou le Kraken.

Le rédacteur appelle son article composé de transcriptions d'interviews et de vidéos, un "petit 'débunkage' en règle" (cf. l'anglais to debunk) et nous offre une "fourure" amputée d'un/r/ et "un singe qui pouvaient faire 3 m de haut".

Un point intéressant sur les sujets suivants donc (ne pas manquer la dernière vidéo) :
 
Monstre du Loch Ness - Nessie pour les intimes -
Le Yéti, mi-singe mi-ours ?
Le Kraken ? Un calmar géant et quelques canulars
Le Léviathan : "roi des harengs" ou colonies d'organismes ?
Des ptérodactyles survivants ? Non, la silhouette du Balaeniceps


NB On peut considérer que cette synthèse est une manière de transcription augmentée de l'émission de Nicolas Martin à l'usage de ceux qui n'auraient pas le temps d'écouter l'heure entière ou pas envie d'entendre le joyeux compère beugler dans le micro...  L'on s'approche peut-être du travail professionnel réalisé par la radio culturelle allemande SWR 2 (cf. posts 45 à 47).

Le post initial de ce fil récapitule toutes les rubriques de ce forum consacrées aux sciences.

14
Répondre en citant  
Les sciences naturelles à l'honneur - le Mer 09 Nov 2016, 11:49

Il semblerait que La Méthode scientifique montre le chemin vers une association intéressante entre "magazine sonore" diffusé par l'antenne et "magazine écrit et audio-visuel" publié sur le site de la station.

La Méthode scientifique du 8 novembre 2016,  Océans profonds : que sait-on de la vie dans les conditions extrêmes, est en effet complétée par un dossier d'envergure de Pierre Ropert sur le site : Plongée dans les abysses avec cinq créatures des grands fonds.

Beau travail de compilation et de résumé (faire une relecture linguistique quand même) avec en prime deux vidéos passionnantes du Monterey Bay Aquarium Reserach Institute (MBARI) dont les explications, en anglais non sous-titré, sont rapportées dans le texte par les scientifiques du Museum National d'Histoire Naturelle à Paris. Même travail sur la dernière vidéo à propos du requin-lutin présenté avec beaucoup d'alacrité par Mark Mc Grouther,  ''Ichtyology Collection manager' à l'Australian museum.

Bravo France Culture !

15
Répondre en citant  
Vingt mille lieues de profondeur, on touche le fond - le Mer 09 Nov 2016, 19:57

Philaunet(http://www.regardfc.com/t789p10-la-methode-scientifique#27500) a écrit:Il semblerait que La Méthode scientifique montre le chemin vers une association intéressante entre "magazine sonore" diffusé par l'antenne et "magazine écrit et audio-visuel" publié sur le site de la station.
(...)
Bravo France Culture !
Pour le reportage écrit seulement.

Itunes → "La méthode scientifique" → "Supprimer de la bibliothèque" -  
"Voulez-vous vraiment supprimer le podcast ''La méthode scientifique''" ? → "Supprimer".
[son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14312-08.11.2016-ITEMA_21128719-3.mp3" debut="00:38" fin="00:49"]

Lieue terrestre : 4,445 km ; lieue marine : 5,555 km.

Si l'annonceuse et le présentateur avaient écouté ''Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne'' : Concert-Fiction ou lu le roman, ils sauraient que ces 20 000 lieues (entre 80 000 et 100 000 km) n'expriment pas une profondeur mais la distance parcourue sous la surface de l'eau. Le Nautilus ne navigue pas à 100 000 km de la surface... Mais sans doute était-ce une boutade lors du relais si drôle que sait nous donner notre "belle chaîne".  Océans profonds.

Nicolas Martin aime rire. Quel que soit le sujet et sans raison. Une manière de "faire ambiance", c'est l'influence Ping Pong.  Il a ses chevaux de bataille aussi. Après l'inégalité homme-femme qu'il a essayé de coller sur la carrière d'Yvonne Choquet-Bruhat, laquelle s'est défendue de l'avoir subie, voilà le, le, le (on bégaye comme lui) le réchauffement climatique. Ah ! Les espèces sont fragilisées par le réchauffement climatique, qu'en dites-vous, madame l'invitée ? Et celle-ci d'expliquer en long et en large que les poissons disparaissent du fait du chalutage en eaux profondes et que c'est la première cause de destruction de l'écosystème loin devant toutes les autres causes. Durant toute l'intervention, silence du présentateur, le sujet d'indignation n'a pas pris. Pas grave, reprise de la parole : "alors destruction des fonds marins par le réchauffement climatique, la pêche, etc".

Nicolas Martin aime annoncer l'apocalypse en riant, en fait "tout ce qui va très mal" n'est que pur élément de langage à la mode. On sent qu'il le dit pour faire bien, pour être dans l'air du temps et dans le paradigme de France Culture ("tout va mal") : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14312-08.11.2016-ITEMA_21128719-3.mp3" debut="55:48" fin="57:57"].

Et pourtant... les deux brillantes scientifiques, à l'instar d'Yvonne Choquet-Bruhat, ont réfuté durant l'émission les orientations alarmistes du producteur. Mais il fallait finir sur une note "pas très optimiste" et les invitées se sont prêtées de bonne grâce à l'exercice.

Masterkey, je vous remercie d'avoir attiré l'attention sur cette émission. Je passe le relais.

Deux noms à retenir :

   Claire Nouvian : fondatrice de l'association Bloom (protection des océans et de la pêche artisanale)
   Françoise Gaill : océanographe


Ah, j'oubliais, le choix d'une chanson indispensable et de haut niveau pour l'illustration du sujet de La Méthode scientifique de France Culture. Enjoy... : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14312-08.11.2016-ITEMA_21128719-3.mp3" debut="41:25" fin="44:08"]

16
Répondre en citant  
Editorial du bulletin de l'AAFC pour protester contre la disparition de 5 émissions remplacées par « La méthode scientifique » - le Dim 13 Nov 2016, 16:38

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

Tous les ans c'est la même chose. Quand vient le temps de la rentrée, où les aménagements à la grille sont annoncés, nous avons l'espoir que les défauts que nous avons sans relâche signalés auront été corrigés. Aurions-nous été enfin entendus ? Quelques bonnes surprises seraient-elles au rendez-vous ? .

Chaque fois nous sommes déçus. Cette année, la déception est plus cruelle que jamais. Déçus, nous le sommes, indignés surtout.

Quelle idée funeste d'avoir supprimé les émissions scientifiques de la tranche horaire 16h 17h, Continent science de Stéphane Deligeoges, Révolutions médicales de René Frydman, Planète Terre de Sylvain Kahn, la marche des sciences d'Aurélie Luneau et Science publique  de Michel Alberganti!

C'est vraiment l'art de transformer l'or en plomb. Ces émissions qui avaient leurs spécificités, leurs qualités, leurs auditeurs fidèles ont été brutalement supprimées et remplacées par une seule émission Méthode scientifique, sous la houlette d'un seul producteur Nicolas Martin .

Dans cette opération, plusieurs producteurs très appréciés se voient indiquer la porte de de sortie, je pense plus particulièrement à Stéphane Deligeorges et Sylvain Kahn que je regretterai tout particulièrement.

Je ne mets pas en cause les qualités de Nicolas Martin. Mais ce producteur n'est pas un scientifique, il est journaliste, il ne peut pas se prévaloir des compétences éminentes ni même du savoir faire radiophonique des cinq producteurs qui ont été sacrifiés dans cette opération.


Nicolas Martin sait-il ce qui l'attend ? Il sera soumis à une contrainte de temps aussi implacable que redoutable. Il devra préparer cinq émissions par semaine. C'est une tâche écrasante, surhumaine, alors que chaque émission nécessiterait des journées de préparation. C'est en quelque sorte mission impossible.

Qu'il y ait un rapport entre la qualité d'une émission et le temps qui a été consacré à sa préparation, c'est quelque chose qui ne devrait pas échapper à ceux qui sont aux commandes.

Comment peut faire un producteur face à une telle contrainte de temps ? Il sera bien obligé de sous traiter les sujets. Il se fera faire des fiches, destinées à être lues très vite. Ce qui signifie que l'émission ne sera pas vraiment la sienne, qu'elle se banalisera, perdra de sa spécificité et devra se cantonner  à un niveau superficiel.


Il apparaît que ce choix est l'aboutissement d'une politique qui s'applique à tous les domaines. Dans La fabrique de l'histoire Emmanuel Laurentin, depuis de longues années, truste la tranche horaire 9h 10h, et l'histoire comme discipline . Il est lui aussi condamné à produire cinq émissions par semaine, ce qui est un rythme d'enfer . Les nouveaux chemins de la connaissance consacrés à la philosophie et à la littérature (rien à voir avec les regrettés chemins de la connaissance) sous la houlette d'Adèle van Reth, occupent la tranche horaire 10h 11het doivent aussi suivre ce rythme. Culturemonde, qui traite de géopolitique, animés par Florian Delorme occupe la tranche 11h 12h avec la même contrainte de temps.


Ce regroupement autour d'un producteur a été adopté pour les sciences ce qui n'est certainement pas un bon choix. Cette politique vient de loin. Elle avait été annoncée par Laure Adler, quand elle était Directrice de France Culture et n'hésitait pas à tout chambouler. Elle disait : "je veux qu'il y ait un seul producteur tous les jours à la même heure. ". Son argument, emprunté au marketing, c'est qu'il fallait "fidéliser" l'auditeur. Et elle appelait ça la "règle grammaticale de la radio" ; moi je l'appellerais la règle de l'épuisement programmé des producteurs, de leur asséchement et de l'uniformisation des programmes par la production en chaîne. Je dirais que la meilleure manière de fidéliser un public d'auditeur, ce n'est pas de réduire l'offre à un seul producteur, mais au contraire de l'élargir et de proposer des émissions qui ont bénéficié d'assez de temps de préparation.

C'est ainsi que les meilleures émissions qui sont souvent des émissions hebdomadaires ont disparu.

Autre décision consternante de la rentrée, celle qui consiste à organiser la tranche horaire 7h 9h du samedi matin sous forme de matinale ! Comme si cinq matinales dans la semaine, ça ne suffisait pas ! Comme si ces salmigondis de bavardages sans fin sur l'actualité, de revues de presse, de bulletins d'info devaient tout coloniser y compris cette tranche horaire très précieuse, qu'occupaient jadis des émissions  prestigieuses telles Les vivants et les dieux de Michel Cazenave et Terre à terre de Ruth Stegassy.


À chaque modification de la grille, c'est un nouveau coup de boutoir qui est porté contre France Culture qui chaque fois perd de sa spécificité et sa qualité, que notre association a pour vocation de défendre.

Henry Faÿ
Président de l'AAFC   henrypmfay@yahoo.

17
Répondre en citant  
Re: La méthode scientifique. - le Lun 14 Nov 2016, 00:44

Heureuse surprise que celle de votre retour Henry !

Vous souvenez-vous de cette discussion que vous avez eue avec Antoine Garapon - il me semble, ou bien était-ce Sylvain Kahn ? - lorsque vous l'aviez reçu à l'AAFC ? Votre site en donne un compte-rendu et vous discutiez justement des productions tournantes et de ce que la tranche 14h-15h était alors l'une des seules restant construites sur ce mode. Le producteur vous expliquait le surcoût que cela représentait pour la chaîne. Il est triste de constater qu'elle n'a pas résisté longtemps encore, cette parenthèse des émissions scientifiques, troquée contre les Discussions du soir qui, hormis quelques numéros de Régis Debray et de René Frydman, m'enthousiasment moins que je ne l'espérais.

Est-ce qu'il serait possible de reproduire sur ce forum quelques-uns de ces comptes-rendus de l'AAFC, très instructifs  il me semble, pour comprendre un peu le point de vue de l'intérieur de la station ?

Sur la Méthode Scientifique elle-même, je ne peux que faire un constat similaire au vôtre et le compte-rendu que faisait Philaunet plus haut ne m'étonne guère. Nicolas Martin tiens la route en dédiant une bonne partie de ses émissions à des sujets de société et profite de son espace avec quelque outrance pour ressasser à l'envi son agenda idéologique lourdingue. Par contre, ce n'est pas par manque d'expertise qu'il pèche particulièrement, Deligeorges était d'ailleurs lui-même à côté de la plaque sur la plupart des sujets qu'il abordait. De ce côté, l'esprit délié du nouveau tenancier est sa principale qualité, elle me paraît utile à l'auditeur.

J'ai écouté récemment le numéro consacré à Alexandre Grothendieck, c'était assez moyen, c'est-à-dire mieux que ce qu'Etienne Klein avait fait naguère sur le même sujet. J'étais ravi d'entendre au micro Pierre Cartier, parfaitement qualifié pour parler de Grothendieck, et qui a même pu vaguement esquisser à l'antenne ce qu'était la géométrie algébrique. Mais l'émission manquait nettement de structure et de préparation, et c'est une tendance qui va croissant, je pense que le manque de temps risque de se faire de plus en plus sentir pour Nicolas Martin. S'il rôde son numéro aussi bien que ce qu'avaient fait Enthoven puis Adèle Van Reeth aux Nouveaux chemins, on devrait aboutir à un magazine aux thèmes bouclant rapidement, peu structuré, peu préparé, qui compte dans le meilleur des cas sur des invités prestigieux ou talentueux pour en combler les lacunes, mais rarement à des entretiens soigneusement préparés et mis en onde.

Bref, du fast food avec au mieux des ingrédients de qualité dedans.

18
Répondre en citant  
Re: La méthode scientifique. - le Lun 14 Nov 2016, 20:32

Personnellement : je ne regrette aucunement les 5 personnes citées (Deligeorges/Frydmann/Kahn/Luneau/Alberganti), qui étaient complètement usées par des années de répétition. J'ajoute que sur les 5 producteurs il y avait 4 fervents propagateurs du paradigme idéologique écolophile-éconophobe de France Culture ce qui est quand même beaucoup ; sur les 5 il n'y avait que 2 véritables cornacs ayant leur place dans une émission scientifique, à tout le moins dans la formule qu'ils pilotaient (Deligeorges vieux routier de la radio & Frydman-le-mandarin-thaumaturge) ; enfin sur les 5 il y avait une répétitrice pour les classes de CP, c'était d'ailleurs la plus professionnelle de tous non pas en cette matière (parler à l'auditeur comme à un bébé) mais dans la mise en forme radiophonique car l'école Laurentin a tout de même du bon. Avec Aurélie Luneau la qualité de la forme atteignait des sommets, quel dommage qu'elle s'attaque à des sujets dont on devinait que deux semaines avant l'émission, elle en ignorait tout et 10 minutes avant encore presque tout.

Non, ne les regrettons pas, et comptons les jours qui nous séparent du moment où l'on regrettera amèrement le choix du remplaçant unique : en ce qui me concerne le regret est double : il y a le principe et il y a la personne. Pour le principe, comme le dit Henry le rythme sera intenable et la qualité ne peut qu'en souffrir comme d'autres intervenants de ce fil l'ont déjà déploré  ; en second lieu, du fait de la personne élue il sera pour moi très facile à suivre ce rythme car ce sera celui du boycott pur et simple : le titulaire, bavard et vaniteux plus préoccupé de sa comédie personnelle que de son travail culturel avait définitivement usé ma patience par ses participations dans la matinale. Loin de me donner envie de renouer avec l'écoute de France Culture, il fait pour moi figure de repoussoir radiophonique. Donc pour moi l'affaire est pliée. Et si je suis moins indulgent que ne l'est notre Masterkey, je parierais qu'il ne sera pas beaucoup plus patient que moi.

Mais, que fallait-il faire ? Si comme le dit clairement Henry, le remplacement de 5 producteurs par un responsable unique est une erreur, comment tourner la page des ces 5 producteurs usés, inopérants, répétitifs ? Peut-être le mieux était renouveler les 5 titulaires, en mettant à leurs places 5 nouveaux producteurs, ou 5 producteurs migrants en provenance d'autres cases du programme : Vincent Charpentier aurait bien pu gagner un créneau de 60 minutes, et pour une émission de sciences dures on pouvait toujours rappeler Azar Khalatbari qui nous manque cruellement, des années après avoir fourni des moments radiophoniques d'une constante qualité sous forme de chroniques dans Continent Sciences.

Et on pouvait faire encore mieux, mais le moins qu'on puisse dire est que France Culture n'en prend pas le chemin. Mon chemin à moi est celui de l'artifice éditorial, car pour transporter le message d'Henry dans le fil où il aurait aussi bien pu être déposé, je me payerai le luxe d'y différer la fin de ma réponse.

_________________
A l'intention de ceux qui prennent mon pseudonyme pour un bouclier : mon identité n'est ni affichée ni dissimulée.
Pour la trouver il suffit de suivre le fil de mon profil.

19
Répondre en citant  
La tête au cube. - le Mar 15 Nov 2016, 20:13

Nouvelle recrue de Nicolas Martin : Philippe Henarejos, rédacteur en chef de la revue Ciel & espace
(pour encore du magazine à La Méthode scientifique : Faut-il retourner sur la Lune ? )
Philippe Henarejos a déjà son rond de serviette à La tête au carré sur France Inter.

20
Répondre en citant  
Merci - le Ven 18 Nov 2016, 18:36

masterkey(http://www.regardfc.com/t789p10-la-methode-scientifique#27582) a écrit:

Heureuse surprise que celle de votre retour Henry !

Vous souvenez-vous de cette discussion que vous avez eue avec Antoine Garapon - il me semble, ou bien était-ce Sylvain Kahn ? - lorsque vous l'aviez reçu à l'AAFC ? Votre site en donne un compte-rendu et vous discutiez justement des productions tournantes et de ce que la tranche 14h-15h était alors l'une des seules restant construites sur ce mode. Le producteur vous expliquait le surcoût que cela représentait pour la chaîne. Il est triste de constater qu'elle n'a pas résisté longtemps encore, cette parenthèse des émissions scientifiques, troquée contre les Discussions du soir qui, hormis quelques numéros de Régis Debray et de René Frydman, m'enthousiasment moins que je ne l'espérais.

Est-ce qu'il serait possible de reproduire sur ce forum quelques-uns de ces comptes-rendus de l'AAFC, très instructifs  il me semble, pour comprendre un peu le point de vue de l'intérieur de la station ?

Sur la Méthode Scientifique elle-même, je ne peux que faire un constat similaire au vôtre et le compte-rendu que faisait Philaunet plus haut ne m'étonne guère. Nicolas Martin tiens la route en dédiant une bonne partie de ses émissions à des sujets de société et profite de son espace avec quelque outrance pour ressasser à l'envi son agenda idéologique lourdingue. Par contre, ce n'est pas par manque d'expertise qu'il pèche particulièrement, Deligeorges était d'ailleurs lui-même à côté de la plaque sur la plupart des sujets qu'il abordait. De ce côté, l'esprit délié du nouveau tenancier est sa principale qualité, elle me paraît utile à l'auditeur.

J'ai écouté récemment le numéro consacré à Alexandre Grothendieck, c'était assez moyen, c'est-à-dire mieux que ce qu'Etienne Klein avait fait naguère sur le même sujet. J'étais ravi d'entendre au micro Pierre Cartier, parfaitement qualifié pour parler de Grothendieck, et qui a même pu vaguement esquisser à l'antenne ce qu'était la géométrie algébrique. Mais l'émission manquait nettement de structure et de préparation, et c'est une tendance qui va croissant, je pense que le manque de temps risque de se faire de plus en plus sentir pour Nicolas Martin. S'il rôde son numéro aussi bien que ce qu'avaient fait Enthoven puis Adèle Van Reeth aux Nouveaux chemins, on devrait aboutir à un magazine aux thèmes bouclant rapidement, peu structuré, peu préparé, qui compte dans le meilleur des cas sur des invités prestigieux ou talentueux pour en combler les lacunes, mais rarement à des entretiens soigneusement préparés et mis en onde.

Bref, du fast food avec au mieux des ingrédients de qualité dedans.


Merci, je suis heureux de retrouver le forum en bon ordre de marche.  Je suis heureux de voir que nous partageons les mêmes opinions, je me sens moins seul . Vous pouvez copier et reproduire ad libitum tout ce que vous voudrez des bulletinhttp://www.regardfc.com/s de notre association,cette si  modeste publication, ça étendra un peu son  audience et nous donnera l'impression que nous ne la faisons pas pour rien.

La méthode scientifique.     Page 2 sur 2

Haut de page ?   

Aller à la page : Précédent  1, 2

Accueil / France Culture

Répondre au sujet

Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum