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Secret professionnel    Page 1 sur 1

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Secret professionnel - le Mer 16 Nov 2016, 23:00

Sixième saison pour cette collection de Charles Dantzig, qu'on a mentionnée à plusieurs reprises, le plus souvent pour relever une énormité, parfois pour saluer un numéro, rarement pour éreinter le principe.

Je suis personnellement brouillé avec le producteur, pour ses outrances militantes. Mais j'apprécie grandement son art pour rédiger les billets d'intro(duction) de Secret Professionnel. J'essaierai de démontrer dans ce fil que cette émission est une des rares à remplir presque honorablement le cahier des charges culturel de la chaîne, non sans laisser tomber assez régulièrement dans son sommaire un pavé de foutage de gueule. Le cas n'est donc pas simple. Le jugement de qualité ne saurait être binaire, ni univoque.

Résultat, cette émission qui n'était pas ma préférée aura tout de même été une des deux que je n'ai pas abandonnées : après plusieurs mois sans écouter France Culture, j'ai repris 'secret professionnel' sans déplaisir et j'ai eu immédiatement à coeur de remonter la dizaine de numéros diffusés entre la fin mai et la mi-octobre.

Dans les premiers posts de ce fil je commencerai par dresser un inventaire lienté des contributions déjà présentes dans le forum. Délaissant la chronologie j'opterai pour la promenade thématique -meilleur choix esthétique- afin de rappeler au bon souvenir des forumeurs nos commentaires sur les différentes prestations (bonnes ou moins bonnes) de celui qu'Arnoux avait baptisé Chardantzig ce qui lui va très bien.

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A l'intention de ceux qui prennent mon pseudonyme pour un bouclier : mon identité n'est ni affichée ni dissimulée.
Pour la trouver il suffit de suivre le fil de mon profil.

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Ouverture de la revue (mezza voce) - le Jeu 17 Nov 2016, 15:18

Comme annoncé précédemment je consacre cette première page aux apparitions de Charles Dantzig dans notre forum, apparitions dues pour la plupart à Arnoux, Philaunet, et moi-même. Et puis il y avait aussi Langevin, alors encore présent parmi nous pour formuler quelque espoir. C'était à l'occasion d'une rentrée de Septembre, celle de 2011 pour être précis. Cette année-là le programme de rentrée fut abondamment commenté : presque 110 messages, et pas tous optimistes. Pourtant la suite des années Poivre nous montra que ç'aurait pu être pire, car effectivement au fil de 2012, 2013, 2014 ce fut pire.

Et Secret professionnel, alors, qu'en fut-il ? Eh bien en cette première saison de l'émission, à la date du 4 septembre Langevin se montrait à la fois optimiste et indulgent puisqu'après le premier numéro il nous écrivait ceci :
Langevin(http://www.regardfc.com/t387p80-grille-de-rentree-septembre-2011#10083) a écrit:Pour l'instant, c'est l'émission de Dantzig que je trouve la plus prometteuse ou, pour être plus juste, la moins décevante, même si la facilité du thème de l'émission d'ouverture (le secret de la prestidigitation, pfff...) m'a paru le signe d'une certaine paresse intellectuelle. Peut-être le côté un peu "lisse" de l'invité y était pour quelque chose. Le bénéfice du doute perdure.

Quelques semaines plus tard Hérode livrait à son tour quelques remarques :
Je crois que créer un fil dédié à son émission (si elle a des qualités et pourquoi pas ?) pourrait être un geste de philantrope. En effet, les poses du bonhomme me laissent plus que sceptique. De plus, il y a tout de même cette perpétuelle question du « peut-on être juge et partie » puisque cet homme travaille dans l’édition et que le retrouver dans les médias pour causer de littérature fait un peu conflit d’intérêt.
Mais je peux me tromper. Aussi un éclairage sur ce qu’il fait à la radio pourrait lever quelques idées préconçues.
C'est que l'émission était initialement créée pour donner des nouvelles du monde de l'édition. Il semble qu'elle s'en soit presque immédiatement éloignée pour promouvoir des produits d'édition -c'était à prévoir- mais aussi des produits culturels de toutes sortes et de tous univers ce qui en fera finalement la qualité, reclassant 'Secret professionnel' en émission de culture générale. Quant à la promotion éditoriale, on aura l'occasion d'en reparler car c'est probablement la meilleure explication qu'on puisse proposer pour l'existence de certains numéros parmi les plus déplorables de la série.

A ces remarques d'Hérode, le 30 octobre j'avais répondu par un message un peu long et aussi un peu hors-sujet, que l'on pourra lire en clickant sur ce lien, et dont j'extrais ceci :
Je ne suis pas trop inquiet sur la question déontologique, car en la matière le monde de l’édition est un marécage, et même un Veinstein avec son petit tour dans l’édition et sa pratique du copinage, est justiciable des mêmes critiques. Mais tant que l’abus d’esprit-maison ne tourne pas au délire comme c’était le cas au Monde des livres tel que Jourde l’a dénoncé, eh bien finalement j’ai résolu de m’en accommoder. Car à défaut, le résultat serait purement et simplement un principe d’interdiction de parole. Donc à condition que ça reste dans des limites raisonnable, ledit conflit d’intérêt me semble secondaire (à nous de surveiller), et passe après une autre exigence : que l’émission soit réussie. Pour le moment je suis déçu par Charles Dantzig mais je retarde le moment d’ouvrir un fil supplémentaire de torpillage qui me ferait exhaler ma mauvaise humeur (...) je patiente, espérant qu’il va bientôt trouver son rythme, son souffle, ses marques. Hélas pour le moment, les 2 ou 3 numéros que j’ai essayé d’écouter m’ont semblé désolants, sauf par le ton de la discussion, aussi est-ce en ce sens seulement que j’avais voulu dissocier le producteur et placer « Secret professionnel » en dehors de l’ambiance déplorable des émissions nouvelles.

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Quand Chardantzig est de la revue - le Jeu 17 Nov 2016, 15:57

Cette déception à l'ouverture ne laissait pas encore présager le traitement que notre forum allait réserver au producteur, tour à tour parcimonieusement félicité, généreusement éreinté, mais surtout fréquemment mentionné dans les deux fils de bétisier "Errare France culture est" et "L'ânerie du jour".

J'abandonne ici le déroulement chronologique -que Dantzig en homme de goût mépriserait sans réserve- préférant entrer dans le vif du sujet par son côté le plus savoureux : le baptême. Tardive certes fut cette nouvelle naissance symbolique puisqu'elle n'intervint qu'à la troisième saison de 'secret professionnel', en l'an de grâce 2014.

Cette année, là, c'est donc au coeur de l'hiver, le 5 janvier à 15h37 précisément qu'eut lieu le baptême de Chardantzig quand Antoine Arnoux lui consacra un billet ainsi intitulé. C'était le 22e message de notre fil "L'ânerie du jour" où le producteur se lançait en challenger à la poursuite des championnes en la matière : Laure Adler et de Marie Richeux. A l'impossible nul n'est tenu : il ne parvint pas à les rattraper, malgré de nombreuses recensions qui ne figureront peut-être pas toutes dans cette revue car j'ai pu en louper, mais dont la série débuta par cette séquence Arnoux/Philaunet/Arnoux :

Antoine Arnoux(http://www.regardfc.com/t609p20-l-anerie-du-jour#16273) a écrit:
Poursuivant la guerre sainte que, chaque semaine, il mène, avec un courage héroïque, contre le Mal et ses suppôts insidieux, M. Charles Dantzig, implacable paladin du Bien, s'appliquait aujourd'hui à stigmatiser Jules César et toutes les formes contemporaines de césarisme. Pour ce faire, il ne craignait pas d'invoquer tous les arguments possibles et imaginables, notamment celui-ci :  « (…) les mémoires que Jules César a écrits sont mal écrits, mais, depuis deux mille ans, les césariens proclament qu'ils sont un chef-d'œuvre de concision (...) » (vingt-huitième minute).  M. Charles Dantzig connaît sans doute mieux le latin que ne faisaient Cicéron et Montaigne...
Auparavant, confondant oxymore et pléonasme, il dit à son invité : « Alors, vous êtes un spécialiste, Jean-Louis Brunaux, de de de la Gaule antique, enfin ''Gaule antique'' est d'ailleurs un terme contradictoire, de la Gaule (...) » (vingtième minute).  
http://www.franceculture.fr/emission-secret-professionnel-le-secret-professionnel-de-jules-cesar-et-de-la-corruption-des-politic

Quelques heures plus tard dans le message 23 Philaunet enchaînait :
Philaunet(http://www.regardfc.com/t609p20-l-anerie-du-jour#16275) a écrit:Encore bien écouté, avez-vous une loupe devant l’oreille ? Ainsi Chardantzig fait équivaloir la qualité de l’écriture (qu’il trouve piètre, lui le critique du siècle) et la concision (qui serait, selon lui, revendiquée comme caractéristique du style de César).  Est-ce bien cela ?

La seconde ânerie est plus immédiatement perceptible. Pas brillant, brillant, Dantzig dans ce passage...

Jean-Louis Bruneaux, voyons, voyons, it rings a bell, ça nous dit quelque chose... ah oui, ceci Jules César, sa vie son œuvre, racontés par Jérôme Carcopino dont on avait parlé ici pour d’autres raisons (qui n’ont pas été l’occasion d’une modification sur la page du site). Ce numéro du Salon noir avait été bien intéressant.

Puis il rendait la main à Arnoux qui après le délai légal de 24h ou plutôt après avoir attendu le passage de minuit, concluait la passe de trois par ce message 24, intitulé "Chardantzig dixit"
Antoine Arnoux(http://www.regardfc.com/t609p20-l-anerie-du-jour#16276) a écrit:Chardantzig raille ici deux opinions qu'il tient pour des préjugés :
1- Les partisans de César et du césarisme, pour renforcer la gloire de celui-là et rendre plus populaire celui-ci, célèbrent la prose de Jules César. Or, Jules César maniait comme un sagouin latinam linguam. Chardantzig considère évidemment comme superflue toute explication (« le bon goût, c'est mon goût », disait Emile Faguet).
2- Afin de justifier leur jugement, les mêmes partisans prétendent qu'une concision  exquise caractérise les ouvrages de Jules César (cf. Cicéron, Brutus, LXXV ; Montaigne, Essais, II, 10). Chardantzig estime cette justification dépourvue de toute pertinence. Mais pourquoi ?
« Die Rose ist ohne warum ; sie blühet weil sie blühet. »

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Le pachyderme idéologique de France Culture - le Jeu 17 Nov 2016, 16:33

Avant de poursuivre cette revue par les éreintements raisonnés (d'ailleurs pas toujours adressés au producteur mais parfois à son invité), les questions étonnées, et les éloges mesurés, abordons la partie la plus déplaisante de cette revue mais non la plus inattendue dans les studios de France Culture : l'idéologie.

Ici encore, et parce qu'à France Culture même quand on ne s'appelle pas Sylvain Bourmeau tout est bon pour requalifier l'adversaire en fasciste, en pétainiste, ou pire encore en réactionnaire début de siècle, les excès de Dantzig inspiraient à Philaunet le 19 janvier dernier ce billet dans le fil 'Des producteurs de France Culture' :
Philaunet(http://www.regardfc.com/t639p60-des-producteurs-de-france-culture#23942) a écrit:
Comment traduire « Le secret professionnel du sentimentalisme du pétainisme »  titre que Charles Dantzig a donné à son émission ? Comment le traduire en français, même ?

Charles Dantzig se sert de l'émission hebdomadaire qui lui est confiée pour faire sa propagande. Ce n'est pas nouveau, mais ici ça saute aux yeux.

Il ne s'agit pas de prendre position sur ce qui est écrit et dit, mais sur le fait que France Culture semble ainsi faite que les émissions deviennent les porte-voix sans nuances de leurs présentateurs.

Descriptif : « Il y a en France un désir de pétainisme. Je pense que je n’invente rien, je ne fais que regarder le résultat des dernières élections où le Front national, dont les chefs font régulièrement l’éloge de Pétain, obtient près de sept millions de voix. Cela ne veut pas dire qu’un chœur de sept millions de bouches est prêt à chanter « Maréchal nous voilà », mais le moins qu’on puisse dire est que cela ne les retient pas. ».

« Je pense que je n'invente rien ». Charles Dantzig, c'est encore un autre monsieur « Moi je suis sûr de ce que j'avance et l'affirme haut et fort ».

Descriptif, suite : « La chanson niaise et sentimentale qu’il [le régime ? Pétain ? Le sujet est absent...] susurrait pour mieux tenir le pays est bonne à rappeler, dans un moment encore où le maire fasciste de Béziers propose rien moins que la création d’une milice – sans avoir été révoqué par le préfet. »

Au lieu de parler de littérature et à travers elle de hisser les valeurs de l'esprit et de la culture, de l'humanisme si l'on veut, c'est encore une fois la rengaine politique.

Comme chez Laure Adler qui pose des questions orientées à des écrivains pour leur faire dire du mal du pays dans lequel ils vivent. Laure Adler a atteint son but quand ses interlocuteurs vitupèrent  les politiciens au pouvoir et l'histoire nationale. Leurs livres (les « bouquins » chez Adler) ne sont jamais aussi admirables que lorsqu'ils appellent « le peuple » à résister (mantra de France Culture) ou à  faire la révolution. On frise en permanence le ridicule. En tous cas,  le dévoiement de la culture comme émancipation de l'esprit est consommé : SERIE JAPON: Hideo Furukawa 18.01.2016

Tandis qu'un autre 19 janvier, deux ans plus tôt soit en 2014 et dans le fil 'Anerie du jour' qui avait donné la matière du précédent épisode de cette revue, sous le titre Chardantzig établit une analogie Antoine Arnoux écrivait :
Chardantzig abomine tous les Français qui désapprouvaient le projet de loi relatif au « mariage pour tous » ; aussi ne manque-t-il jamais une occasion d'exprimer aux auditeurs la sainte horreur que lui inspirent encore ces  « viragos ménopausées » et autres « porteurs de Barbour [?] à tempe rasée », évidemment « pétainistes ». Il ne craint pas non plus d'établir une analogie que seuls des pisse-froid hitlérophiles tiendront pour grotesque : « (…) trois millions de personnes ont vociféré pendant des mois, transformant leurs enfants en ce que [sic] elles-mêmes reprochent aux Palestiniens de faire lorsqu'ils mettent des bombes autour de la taille des leurs pour aller se faire exploser en tuant des juifs (...) »  (vingt-huitième minute).
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/01/s03/RF_230E9F18-3AA7-4F63-872E-E96A2C07658B_GENE_0.MP3" debut="27:34" fin="27:48"]
http://www.franceculture.fr/emission-secret-professionnel-le-secret-professionnel-de-la-politesse-au-moyen-de-la-grossierete-201

« Cela choquait Paul Léautaud raconte que, quand il avait eu une grande conversation intellectuelle, Paul Valéry la concluait par l’expression suivante : '' Et d’ailleurs, on s’en fout'' »  (phrase extraite de la présentation).

Il est de fait qu'en ces temps de contestation quelque peu survoltée, Dantzig ne se faisait pas faute de les taxer ces manifestants de racistes-fachistes-homophobes, négligeant par là les quelques bataillons de gays qui prenaient place dans le cortège, oubliant encore plus sa majorité de catholiques bon teint pas spécialement racistes et d'ailleurs ça n'était pas la question, ignorant enfin ou feignant d'ignorer que les portraits de Maurras n'étaient pas particulièrement pertinents ni des mieux venus dans ces manifestations de janvier. Mais il est vrai que pour l'intellectuel mainstream, celui qui porte au pouvoir le candidat choisi par son camp, le droit de manifester est à réserver aux partisans du Bien, anattendant probablement que vienne le moment béni où ce sera carrément le droit de vote qui sera retiré aux autres. Ainsi notre classe intellectuelle défend nos libertés...

Charles Dantzig était venu sur France Culture pour parler de littérature et d'édition. La dérive idéologique de Secret professionnel est là aussi pour nous rappeler que tenir politiquement un média ne nécessite pas d'arroser le personnel de menaces ou de consignes et pas plus de manier la carotte et le bâton, mais qu'il suffit de recruter des gens bien choisis, dont on sait qu'ils adhèrent avec enthousiasme au paradigme idéologique de la maison. Le reste suit, tout naturellement.

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Les faicts espovantables du très horrificque Chardantzig empereur des rhapsodes - le Ven 09 Déc 2016, 00:57

Je reprends cette série, car dans le même temps mon retard s'accumule, je crains d'arriver à la Noël avant que d'avoir entrepris d'analyser le quadrimestre de la rentrée. Avant d'ouvrir pour de bon le chapitre des éreintements, offrons nous un voyage au pays des bourdes, homériques ou bénignes. notre forum dispose à cette fin de deux fils : Anerie du jour & Errare France Culture est. Tous deux fort nourris mais soumis à des règles strictes qui font que parfois l'on délaisse l'un ou l'autre, pour cause de délai dépassé ou d'inscription prioritaire dans un autre sujet. Voici toutefois quelques exemples :

Dans le premier de ces deux fils Antoine Arnoux après avoir soigneusement visé aussi bien sa cible que la pendule, écrit ceci le 14 mai 2014 à 14h14 :
M. Chardantzig vient d'objecter ceci à son invité : « Pardonnez-moi, Bruno Le Maire, il [Nicolas Sarkozy] a donné une interview au Nouvel Observateur où il a dit à propos de Stendhal dont le jugement, dites-vous, sur qui il a un jugement très avisé, il a dit : ''Julien Sorel est un petit con qui ne reconnaît pas l'Empereur'' (…) » (vingt-septième minute). Ce disant, M. Chardantzig a triplement bravé la vérité. D'une part, il ne s'agit pas d'une « interview » stricto sensu ; d'autre part, les propos par lui rapportés (fort inexactement) furent publiés dans le soi-disant quotidien de référence et non dans l'hebdomadaire susnommé ; enfin, le ci-devant président de la République française parlait évidemment de Fabrice del Dongo (qui, à Waterloo, ne « voit » pas Napoléon). Julien Sorel ne risque pas de méconnaître l'Empereur.

4 jours plus tard à 13h17 sous le titre Patris d'Hellados Hellas, le même forumeur :
Chardantzig, en bon « producteur » de France (in)Culture, aime à jeter de la poudre aux oreilles. Dans l'émission aujourd'hui diffusée, il voulait nous faire accroire qu'il maîtrise la poésie tragique attique.  « ''Euripide ? il n’a eu son prix que parce que c’est un ami de Périclès. Comment ? Tu ne savait [sic] pas que c’est Périclès, ce milliardaire [?], qui a été l’imprésario du chœur des Perses ?'' » La pièce d'Eschyle fut représentée en 472 avant Jésus-Christ (Euripide naquit huit ans plus tôt). Rappelons aussi qu'étaient jouées, au concours tragique, quatre pièces d'un même poète (la tétralogie étant formée de trois tragédies et d'un drame satyrique). En outre, malgré la double autorité de Voltaire et de Littré, l'adjectif substantivé « tragédien » s'applique en (bon)  français à l'acteur tragique et non à l'auteur tragique (lequel peut en revanche être désigné sous un autre adjectif substantivé (« un/le tragique »)) : « (…) avant d’être les auteurs universellement admirés qu’ils sont devenus, les tragédiens attiques ont dû entendre des phrases (…). »  Enfin, le dieu grec du vin s'appelant Dionysos (Διόνυσος), les fêtes en son honneur sont nommées Dionysies (et non point « Dyonisies »).  
P.-S. : L'émission est intitulée : « Le secret professionnels des festivals littéraires ».
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/05/s20/RF_6D7A0AB7-983F-4D3C-B0A2-7DA875B8AFB3_GENE.MP3" debut="00:42" fin="01:11"]
http://www.franceculture.fr/emission-secret-professionnel-le-secret-professionnels-des-festivals-litteraires-2014-05-18

Pour conclure à l'appui de ma thèse par une troisième chapelet de bourdes culturelles, et toujours par le même forumeur Antoine Arnoux, on trouve dans le fil Errare en date du 2 février 2014 sous le titre M. Chardantzig nous parle de "Joaquin" du bellay, ceci :
Ne dites pas : « Joachim [comme machin]  du Bellay » ; à la manière de M. Chardantzig, dites : « Joachim [comme baldaquin] du Bellay  ».
Ne dites pas : « (…) du cousin de son père, le cardinal du Bellay (...) » ; comme M. Chardantzig, dites : « (…) de son oncle, le cardinal du Bellay (…). »  
Ne dites pas : « (…) Les regrets où il se moque des Italiens (...) » ; comme M. Chardantzig, dites : « (…) Les antiquités de Rome où il se moque des Italiens (…). »
Ne dites pas : « ''Il fait bon voir, Magny, ces couillons magnifiques'' » ; comme M. Chardantzig, dites : « ''Il fait beau voir, Magny, ces couillons magnifiques'' ».
http://www.franceculture.fr/emission-secret-professionnel-le-secret-professionnel-des-ecrivains-diplomates-2014-02-02


Où est-ce que je veux en venir ? A ceci : on remarquera que ces bourdes en chapelet -elles ne sont pas ici intégralement recensées- sont tout de même éminemment culturelles. De même que l'exécrable poésie n'en est pas moins de la poésie, la radio de Charles Dantzig se veut culturelle et bonne ou mauvaise, elle l'est. Je me donne encore jusqu'à la saturation de cette première page de fil (le post numéro 10) pour apporter les prémisses de la démonstration qui, je l'espère, suivra dans les pages ultérieures.

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De l'éreintement total - Baptême du feu pour Charles Dantzig - le Ven 09 Déc 2016, 01:28

Après tout, quand la culleture cède le pas à la bourde, on pourra toujours arguer qu'il n'y a là que point de détail. Moins excusable est le naufrage complet du dimanche soir, par exemple quand sur le sujet des drag-queens, Secret professionnel ouvre ses portes pour un bavardage sans queue ni tête à un auteur charmant et plaisant mais dont les propos rivalisent en inanité avec ceux du producteur. L'émission est récente mais comme le message est antérieur à l'ouverture de ce fil, l'éreintement trouve naturellement sa place dans cette revue aux côtés de quelques autres cas antérieurs qui seront présentés infra. C'était le 23 octobre dernier dans le message Du vide avec Charles Dantzig, où Jean-Luuc rend compte de ce numéro en ces termes :
Ça continue avec Le secret professionnel des drag queens, dans l’émission de Charles Dantzig (23 octobre 2016). Première question : Jean Boulanger, puisque vous êtes avocat, il faut dire que vous exercez déjà un métier de travesti, puisque vous portez une robe. Est-ce que cela serait-il plus ou moins consciemment entré en compte dans le choix de votre métier ? Avec des questions de ce niveau, France Culture a définitivement mis la clé du savoir sous la porte.

Vous ne perdriez rien à interrompre votre écoute après ces trois premières minutes. Pour ceux qui souhaiteraient avoir une petite idée de la teneur de cet entretien, voici listées quelques questions de Charles Dantzig :
- Alors, pour que ceux qui nous écoutent aient une image de ce que vous êtes puisque nous parlons de transformation physique, je voudrais que vous nous disiez quelle est votre taille et quel votre poids ? Et vous êtes brun ? Et vous ne portez pas de barbe, je présume, ce qui est une chose indispensable pour le travestissement ?
- Est-ce qu’il y a des présupposés favorables au travestissement ou non ? Parce que vous, en vous regardant, vous êtes un homme jeune, vous êtes imberbe, on voit comment vous pouvez vous transformer relativement facilement en femme. Mais est-ce que un homme de 2m10 qui serait carré comme un volleyeur pourrait-il précisément se transformer en femme ?
- Est-ce que vous vous promèneriez [travestie] avec un cabas, des poireaux, une jupe en rayonne ?
- Vous ne vous faites pas casser la figure dans le métro ?
- Est-ce que vous avez un nom de personnage ?
- Vous sortez uniquement la nuit ou pas ? Est-ce que vous sortez le jour ? Ou uniquement dans des lieux gays ou pas ?
- Est-ce que vous diriez que aussi d’une certaine façon, tout ça, ça serait pour préserver ou recréer une part d’enfance ? C’est-à-dire : vous êtes en bande, vous imaginez des personnages, tout ça, c’est un monde féérique - même si vous affrontez la réalité, parce que l’enfance, c’est aussi être en bande. Être en bande, c’est protecteur, c’est très charmant, c’est très tendre. (...)
- Je n’ai toujours pas compris si je devais dire « drag queens » - ça n’a pas l’air d’aller. Depuis tout à l’heure, vous dites : on se met en femmes. Est-ce que c’est si important d’avoir un nom d’ailleurs - mais si je dois qualifier ce que vous faites, qualifiez-le vous-même : quel est le bon mot s’il y en a un ? Comment vous dites entre vous ? Quand vous vous téléphonez ? Quand vous téléphonez à Georges, Pierre et Michel et que vous allez vous transformer en Vania [pseudo de l'invité] ? On se met en femme ? On se travelotte ?
- Parfois dans le passé, ce travestissement était une manière de surmonter aussi un mépris social. Par exemple, il y a un très documentaire de James [non, c'est Jennie, mais peu importe] Livingston qui s’appelle « Paris is burning » de 1990, qui montre des concours de danses travesties à New-York, et plutôt des jeunes blacks qui font des concours de défilés, en parodiant des photos de vogues - choses qui a été plagié par Madonna dans sa chanson « Vogue » après. Donc, il y a une part de malheur surmonté non ?
- Alors, c’est une question importante : est-ce que vous êtes gay ? Et dans votre bande ? (...) Est-ce que vous pourriez avoir dans votre bande des hétéros ?
- Et ça ne veut pas dire non plus nécessairement que le travestissement doit mener ou mène au transsexualisme ?
- Il y a quand même une chose qui est très floue  là-dedans et qui est intéressante, c’est quand même la question du genre. Nous savons aussi qu’elle est la question qui actuellement  hystérise la société française où l’on voit des politiciens à tout prix essayer de nous faire croire que des théoriciens du genre supposés transformer des petits garçons en petites filles et des choses comme ça. Et ils ont hystérisé le personnage de Judith Butler en particulier, qui est tout d’un coup devenue un démon alors que personne ne l’a lue.

Entendons-nous bien. Le travestissement (drag queen, transformiste ou autre) n’est pas incriminé en tant que pratique/mode de (double) vie. Mais sur une telle antenne, que vient apporter ce témoignage ? Les questions du producteur en attestent : c’est du Ça se discute radiophonique, indigent et vulgaire.
Ici aneffet, on cherche la culture. La justification d'un entretien aussi bêta et aussi peu culturel, faudra-t-il la trouver dans les copinages entre éditeurs, auteurs, auteurs/éditeurs ? Ce que Colette Fellous s'était vu reprocher à tort trouverait là une bien meilleure illustration. Et le pire est que cette hypothèse soupçonneuse n'est justement pas la plus dégradante pour le producteur.

Mais remontons le temps à la recherche d'un des premiers éreintements d'un 'Secret professionnel'. C'était le 23 février 2014, après un numéro consacré aux lunettes que Philaunet encensait ainsi :
Dites-moi, Antoine Arnoux, comment faites-vous pour écouter Charles Dantzig ? Quel est votre secret ? Car il semble que vous soyez un auditeur fidèle de ce Secret Professionnel dont vous avez épinglé maintes fois les travers, par exemple ici et ici.

Il se trouve que je suis tombé « par hasard » sur cette émission aujourd'hui et dont le numéro était alléchant (il faut oublier la formulation stupide du titre) : Le secret professionnel des lunettes.

Après 5 minutes, j'avais envie de passer sur France Musique. Il y avait dans les années 1990 une animatrice à France Inter qui, le matin, interrogeait son invité de cette manière, sur un rythme haletant et en lui coupant presque la parole. Elle avait néanmoins un ton assez sympathique, quand Dantzig, lui, n'est que morgue et absence d'empathie  (« P...,  pourquoi le chargé d'émission m'a refilé un truc sur les lunettes ! Vite, je vais lui balancer mes questions à ce lunettier et qu'on en finisse rapidement, un peu de promo, un peu de people, une question bien sentie sur le fric et sur les tortues qu'on extermine, et ça devrait le faire »).

« Il faudrait que vous me disiez » dit Dantzig. Et toute l'émission est sur ce ton : celui de l'interrogatoire où les questions se bousculent les unes les autres. Dantzig, c'est Lino Ventura dans Garde à vue...

Enfin, le lecteur jugera de l'intelligence et du bon goût du texte de présentation :

« C’est un objet qu’on pose sur son nez. Un objet qui a l’air d’aller de soi, tellement on en voit sur tellement de nez, et dans tellement de pays. Si l’on y réfléchit, c’est un objet bizarre. (...) à Toulouse ou à Strasbourg, se promener avec un étui pénien paraîtrait extraordinairement déplacé et nous ferait sans aucun doute conduire au commissariat du quartier. (...) Et les lunettes que nous portons sur le nez, puisque c’est des lunettes qu’il va être question dans ce Secret professionnel, ces lunettes auraient paru extraordinaires dans les temps où elles n’existaient pas. Car elles n’ont pas toujours existé. (...) » Charles Dantzig
J'avais trouvé en son temps cette critique un peu sévère (un peu seulement).
Je vais y revenir au prochain épisode de cette revue..

./...

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Le secret professionnel de la préparation des émissions de radio - le Ven 09 Déc 2016, 02:01

./...

.... un peu sévère, non par ses arguments tous plutôt bien adressés mais sévère parce que ce numéro, par l'ambiance dispensée, ne m'avait pas déplu autant que les précédents. Pour prendre sa défense j'avais choisi de le comparer à un précédent encore moins réussi, pour ne pas dire scandaleux dans sa façon de traiter un sujet par-dessous la jambe, en l'occurrence c'était celui ou celle de Delphine Seyrig :
Et encore...

Je peux dire que je l’ai relativement apprécié ce numéro-là sur les lunettes, qui sonnait comme une plutôt bonne réussite dans un genre difficile : le sujet de fin de journal de FR3 vers la fin-juillet quand on confie à un stagiaire la tranche à meubler dont personne ne veut. Et surtout, en comparaison du précédent il était plutôt bien nourri et dispensateur de savoir.

Le précédent ? Sujet : Delphine Seyrig stupidement qualifiée de ’Diva’, oui déjà c’était mal parti. A signaler en son milieu un échange de fière ignorance quand Chardantzig et Henry Chapier se mettent à commenter un film rarissime et invisible de Delphine Seyrig. Pourquoi rare ? Ben, parce que « personne l’a vu ». Qu’ils disent. Bien sûr c’est une façon de parler, comme quand l’un des deux argue « Il passe jamais / Il est jamais passé ». Passé où ? Eh bien passé devant ses binocles, voila ce que ça veut dire. Au moins nos deux gus parviennent à caser le minimum minimorum : il est rarissime pensez, parce que d’abord il est de court métrage, et américain, et en plus en noir&blanc, et même tourné dans des conditions d’amateurisme complet. Coup de pot ils connaissaient quand même le titre (« Pull my daisy »), nos Laurel et Hardy de la cinéphilie pas spécialement complexés qui se mettent à commenter la bobine en commençant par ce fumant dialogue « vous l’avez vu ? / non jamais puisqu’il est passé nulle part, et vous ? / ben moi non plus / eh bien....  » (ils continuent à en parler sur le même ton) . Je ne garantis pas l’exactitude du dialogue parce que je n’ai pas la patience de me le farcir une seconde fois, mais je vous jure que je n’invente rien. Le plus important c’est ce que ça révèle, en sous-entendu, de la part d’Abott comme de Costello, chacun disant ainsi à l’autre : « si vous ne l’avez pas vu je peux en causer je risque pas d’être contredit ».

De toutes façons ils sont -et ça ils le disent 3 fois- tous deux persuadés que ce film personne ne l’a vu. Ben oui quoi, dans l’esprit de ces sommités culturelles, ce qu’ils n’ont pas vu personne ne l’a vu. Eh bien c’est là que le chien est enterré. Car là c’est vraiment la honte.

N’en déplaise à ces deux rigolos, un classique du cinéma underground -car c’est le cas- n’est pas un film invisible et même pas un film méconnu. C’est un film que les connaisseurs connaissent. C’est un film pour happy-fews, parfois, et un dessert pour les cinéphiles souvent. Un peu comme l’unique de Jean Genet, « Un chant d’amour » et celui-là on peut parier qu’ils le connaissent, pensez : Jean Genet icône idéologique du gauchiste parisien et homosexuel en plus ! Avec des états de service pareils, bien sûr que Chapier & Dantzig ils connaissent. En fait c’est pas de pot pour nos deux loustics, mais comme ils l’ont dit eux-même « Pull my daisy » est signé Robert Frank, photographe dont ils font un éloge à la limite du délire. Voila qui aurait dû leur mettre la puce à l’oreille : avec seulement deux sous de jugeotte ils auraient tiré les conséquences : un petit film bricolé par un photographe renommé, a nécessairement aussi dans son public un nombre conséquent de connaisseurs dudit photographe, non ? Et même que c’est pas fini : on ajoutera encore une grosse benne de public potentiel en précisant (ce que nos deux rigolos parviennent tout de même à vaguement évoquer) que le film enfin le scénario enfin le texte qui sert d’argument et de bande-son a été écrit par Kérouac et raconte une soirée chez Neal Cassady. Nous sommes là en pleine légende de la Beat Génération. Pensez si personne connait. Au contraire ça commence à faire pas mal de monde qui peuvent l’avoir vu, le truc invisible que personne ne connait : cinéphiles curieux, branchés parisiens, étudiants d’écoles d’art, baba-cools à la redresse et post-beatnicks, branleurs appointés chez Nova, Libé ou CanalPlus, bref on peut aligner toute une collection de catégories de public qui ont bien dû en entendre parler, et même le voir ? Mais non dit Chapier, pissk’il passe nulle part et même jamais. Pauvre branque, va. « Pull my daisy » entre 1980 et 1990 j’ai pu le voir 4 ou 5 fois dans des lieux vachement aussi paumés que Beaubourg, la Cinémathèque, et tout le circuit des courts-métrages mais ça ils ne savent même pas que ça existe. D’ailleurs je l’ai revu une fois encore l’an dernier car -ô mirake- la cinémathèque ayant rendu un hommage conséquent à Delphine Seyrig, il faisait partie du programme. Et nos deux rigolos spécialistes de Delphine, se payant le luxe de monter tout un sujet sur ladite n’ont même pas remarqué ce truc qu’ils ont quasi devant le nez. Le clou n’étant pas encore enfoncé jusqu’à la tête, ajoutons enfin qu’avec une pincée d’acharnement ce film rarissime que personne n’a jamais vu eh bien on le trouve...  sur le web, à condition d’y fouiner et en acceptant de dépenser en réflexion le potentiel d’une tête d’épingle : soit sur un site très peu connu dénommé Youtube, soit pour les plus snobs et les boycotteurs du précédent, en poussant jusque chez Ubuweb.

Bon il faut conclure : en fait nos deux clowns ne le savent pas mais le film que personne n’a jamais vu et dont ils viennent de parler entre ignorantins, il fait l’objet d’un culte. Chance finalement qu’ils ne le sachent pas ! Car ça leur évite de sortir le cliché maison à la Goumarre ou Laporte : « film-culte », ou « cultissime » comme on entend chez Angelier quand ça touche le fond de la piscine.

Oui conclure car ça commence à bien faire : la lecture de ce coup de gueule dépasse déjà en durée l’incident rapporté. Pourquoi s’arrêter ainsi sur un fait radiophonique aussi bref ? Parce qu’il n’est qu’un exemple du sérieux et de la préparation qu’on investit dans une émission, quand on est producteur à France Culture ou quand on est invité. En matière de cinéma c’est pas la première fois qu’on enregistre un flagrant délit d’ignorance mi-résignée ni -satisfaite : Matthieu Garrigou-Lagrange qui baratine sur le cinéma de Cocteau sans avoir jamais vu son premier film « Le sang d’un poète », pourtant classique de ciné-club. Jean de Loisy qui commente le cinéma de Joseph Cornell sans avoir pris la peine de visionner ce qui est, là encore, disponible sur le web. Oh juste pour en avoir une idée, hein, des fois qu’une vague idée permette de ne pas dire n’importe quoi, ou même de poser une question pas trop à côté de la plaque. Remarquez, quand l’invité est au même  niveau, à quoi bon poser une bonne question : Henry Chapier, 75 ans de cinéphilie active, ne peut pas avoir tout vu. Et ce qu’il n’a pas vu n’existe pas. Et où est le problème ? Eh bien le problème est que nous sommes sur France Culture, que l’auditeur qui s’attend à apprendre quelque chose il se trouve confronté à des gens qui n’ont pas le moindre scrupule pour gloser sur ce qu’ils n’ont même pas fait l’effort de chercher à connaître. Ne pas connaître, c’est normal. Ne pas se renseigner a minima, c’est la faute. Combien de temps de préparation pour cette émission, Monsieur Dantzig ?

Bon. Pour être tout à fait franc, c’est pas toujours comme ça dans « Secret professionnel ». L’émission contrairement à bien d’autres, ne s’évalue pas à ses invités et bien plus à ses sujets. Ca ne l’empêche pas d’être tout aussi inégale, parce que la clé de la qualité ici, c’est le degré de sérieux et d’efforts que le producteur engage dans sa préparation. Dantzig, hélas, ne se foule pas trop en cette troisième année. A mon goût le Secret professionnel avait pourtant bien démarré : sur la première année j’ai dû en conserver presque la moitié. Sur la deuxième, un tiers. Et la troisième ? On est bien partis pour faire moins d’un quart. Ca se tasse tout doucettement, comme le soin qu’y met le producteur, peut-être bien.

Pour autant, l'impréparation n'est pas toujours une faute grave. Ainsi dans un numéro sur le téléphone dans les œuvres d(art (ça, c'est du sujet !) Charles Dantzig passe à côté d'un texte que probablement il connaissait : une Histoire désobligeante de 1894 dont on lui rappelle l'existence le 29 décembre 2015.  
C'est dans la XVIIIe des Histoires désobligeantes, intitulée "Le téléphone de Calypso", qu'on trouve au beau milieu du récit ce petit délire imprécatoire  tout à fait savoureux et qui rend son auteur reconnaissable entre mille :

"J'ouvre ici une parenthèse -tout à fait inutile d'ailleurs- pour dire que le téléphone fait partie de mes haines.
Je prétends qu'il est immoral de se parler de si loin, et que l'instrument susdit est une mécanique infernale.
Il est bien entendu que je ne puis alléguer aucune preuve de l'origine ténébreuse de cet allonge-voix" et que je suis incapable de documenter mon affirmation. Mais j'en appelle aux gens de bonne foi et d'esprit ferme qui en ont usé.
Le bruissement de larve qui précède l'entretien n'est-il pas comme un avertissement qu'on va pénétrer dans quelque confins réservé où la terreur, peut-être, surabonde.... si on savait ?
[...]"
(Ca dure comme ça pendant presque une page avant la reprise du récit)

Ceci pour compléter ou complémenter mais non pour complimenter notre bon Chardantzig qui a consacré son dernier Secret professionnel de l'année à la place du téléphone dans les arts. Avec le secours du cinéaste Pascal Thomas, nous comprenons que le slapstick pouvait difficilement se passer du téléphone et pas seulement du téléphone bourgeois : imagine-t-on un bureau de flics et donc les Keystone Cops sans 'allonge-voix' ? En art pictural, nous apprenons qu'il n'y a pas de téléphone dans les tableaux de Léonard ni même de Delacroix ;il aura fallu attendre Dgeorges Braque. Et en littérature ? Eh bien il est d'usage de gober et de répéter qu'environ 40 ans après son invention enfin le téléphone apparaît dans la "Recherche" (comme on dit). Voila du moins ce que conjecture notre gentil Charles, qui doit bien sentir qu'il est en train de nous servir un cliché péri-proustien, usé par les producteurs de France Culture qui ne risquent pas de se ridiculiser puisqu'ils s'adressent à des néo-lecteurs. Pauvre Charles, à l'écouter, on devine qu'il n'y croit pas lui-même.

Et il a bien raison, comme le montre le début de ce post. D'où ma surprise de voir qu'on peut rappeler une évidence à ce pourtant fin connaisseur de la littérature Fin de siècle. Comment diable peut-on perdre le souvenir d'un tel délire ? Cela dit, l'édition courante qui réunit "Histoires désobligeantes" avec "Belluaires et porchers"en recèle une telle quantité....

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Mais qui est Charles Dantzig ? - le Sam 10 Déc 2016, 23:34

Vient le moment où l'on s'interroge : mais qui donc est ce Charles Dantzig ? "On" c'est ici Philaunet qui assaisonne le producteur, le jeudi 8 mai dans le fil "Des producteurs" en plaçant ses propres remarques entre crochets :
Qui est Charles Dantzig ? Moteur, wiki, et boum, réponse : un dieu de la littérature et de la critique. On est à genoux, on se pâme devant le CV.

On ne trouvera pas sur Wiki que ledit zig (où est puce ?) anime une émission à France Culture depuis 2011, ce doit être une tare (néanmoins rémunératrice et utile comme réseau) de parler une demi-heure par semaine dans l'émission si mal nommée Le secret professionnel.

Si le panégyrique qu'on lit sur Wiki est mérité (pourquoi en douter ?...), on ne comprend pas du tout les marques très réelles et répétées de l'incompétence comme "producteur" du critique, romancier, poète, éditeur, and what not, qui est si tangible (et terriblement révélatrice de la réalité) dans l'émission et la page qu'il signe. Non, on ne le comprend pas.
[...]
Ce 4 mai 2014 il signe ceci sur la page de Le secret professionnel des Présidents écrivains où je me permets, pardon pour l'outrage, de faire quelques remarques que j'accepte volontiers de voir contredites, si nécessaire :

Bien des hommes politiques français ont rêvé d’être écrivains, et y rêvent encore. ["y" reprend une préposition "à" et non de]
Je parle de ce qu’on appelle « le plus haut sommet de l’Etat », les rois, les empereurs, les présidents de républiques. Napoléon était comme ça.
[comme quoi ?]
Il a écrit un mauvais roman dans sa jeunesse, Le Souper de Beaucaire. Mais Louis XIV aussi [pourquoi "mais" ?],
qui a laissé des mémoires assez plats. Son père écrivait des poèmes courants. ["poèmes courants", une expression consacrée ?]
Le ministre de ce père, Richelieu, écrivait des tragédies ou du moins se les faisait écrire par un atelier d’hommes de lettres, et était très jaloux de Corneille, qu’il a harcelé de persécutions mesquines. [harceler quelqu'un de persécutions ? ]
Napoléon III a éprouvé le besoin d’écrire un César, et même de se faire en partie écrire par Prosper Mérimée. [Qu'est-ce que veut dire, "se faire écrire par Mérimée" ?]
A l’époque contemporaine, on sait moins que Georges Clemenceau a beaucoup écrit, de mauvais romans et de mauvaises pièces de théâtre, l’une d’inspiration chinoise, est-ce parce qu’il avait une tête de kalmouk ? [de Kalmouk ?J'ai beau en ce moment même comparer le portrait de Clémenceau à un Kalmouk, je ne vois pas de traits communs ; quant à faire le lien entre une hypothétique physionomie asiatique et une pièce de théâtre d'inspiration chinoise, voilà qui ne laisse pas d'interroger sur la santé mentale du phrénologue amateur]

Quel est le secret professionnel des présidents de la République qui écrivent? [espace avant tout signe de ponctuation à deux parties]
Je reçois pour en parler l’un de ceux qui ne le fait pas, [un de ceux ? BLM a été président ? ; fait pas quoi ? "écrivent" ? toute la phrase du romancier acclamé, poète, membre de jury littéraire, est mal construite]
Bruno Le Maire, ancien ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche (2009-2012) , député de l’Eure, qui a publié plusieurs livres, et dont Folio réédite son récent Jours de pouvoir".[Folio ne réédite rien, c'est Gallimard qui édite en 2014 dans la collection Folio ce livre paru dans la collection La Blanche un an auparavant].

Charles Dantzig [bof]

Bien que Philaunet ait appelé de la contradiction, il ne recueillera d'Antoine Arnoux dans la soirée et dans le message placé immédiatement après le précédent, que ce commentaire :
Quelle analyse précise, implacable et accablante (rythme ternaire et gradation ascendante) ! M. Chardantzig croit sans doute que le (beau) style consiste simplement à s’écarter de la norme (par essence bourgeoise et réactionnaire). Je crains toutefois que notre M. Jourdain radiophonique ne viole certaines règles grammaticales à son insu...

./...

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Exemple de numéro plutôt réussi, instructif et somme toute assez agréable - le Dim 18 Déc 2016, 23:39

Enfin, Secret professionnel comme toutes les émissions du programme enfin non pas toutes mais comme une bonne partie d'entre elles, a aussi ses numéros intéressants, réussis même parfois malgré leurs défauts. C'était le cas le 28 octobre 2014 avec ce numéro consacré à l'humour britannique :  

J'hésite à entreprendre un travail malaisé (et dangereux) : la réhabilitation de Chardantzig déja pas mal écorné ici par plus d'un forumeur dont ma pomme mais aussi Philaunet et quelques autres. D'après mon carnet c'est kamème Arnoux qui mène aux points.

Je continue à apprécier Secret professionnel. Et surtout pour ses intros, à vrai dire car ce sont souvent des billets bien écrits et bien lus. Ensuite, l'émission en elle-même eh bien c'est assez inégal et quand il y a une sottise elle est suffisamment hénaurme pour qu'on la relève ici dans le fil spécial des âneries du jour. J'ai plus d'une fois eu envie de claquer la porte de l'émission et en même temps le bavoir du producteur, pourtant j'y reviens toujours.

Dimanche dernier, le billet d'intro était médiocre et l'émission consacrée à l'humour britannique, avait vraiment mal commencé : avec dans le rôle de l'invité un Alex Taylor qui bavasse, bavasse, et toujours pas d'approche même un peu analysée de l'humour. Tout au plus un vague début d'approche comparée oh à peine, à peine.

Dans la deuxième moitié non plus d'ailleurs, car en fin de compte les deux interlocuteurs vont, plutôt que de l'humour, traiter du comique. Ils tombent carrément dans le grossier panneau de la confusion entre les deux. N'empêche : après la 15e minute leur dialogue devient nettement plus intéressant. Je conseille sérieusement l'écoute à partir de la chanson de Noel Coward (à 13'23 du MP3 offert en réécoute, ici-même).

Je pense que beaucoup d'auditeurs vont s'instruire notamment grâce à l'approche comparée entre les deux systèmes du divertissement dans les deux pays, et de leur commercialisation aussi. Pour ma part j'ai appris qu'il ne pleut plus de chats&chiens depuis un petit siècle ; que les Monty Python ne sont pas le top-famous de la rigolade outre-manche ; qu'Alex Taylor est impénétrable à la drôlerie des Tontons flingueurs (signe de bonne santé mentale) ; qu'il existe un passage secret entre Giscard et Sacha Distel ; que l'auto-dénigrement au second degré est signe de délicatesse outre-manche mais d'arrogance en France (je suis bien d'accord) et en prime j'ai même gagné une brève initiation à l'understatement (29e minute) .

Pour tenter d'allécher les alléchables, je propose ce court moment  pris tout de même dans la première moitié du dialogue : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/10/s43/RF_45F52C1C-B489-4ABF-9885-968A614CE476_GENE.MP3" debut="11:09" fin="13:12"].
Ca n'est que très moyennement convainquant, mais ça a le mérite de lancer enfin la discussion, juste avant le tournant Coward.

En fin de compte, l'émission est agréable à écouter malgré son départ laborieux. Je tremble à l'idée de ce qu'eut fait d'un tel sujet Antoine Perraud Achille Talon un de ces dimanches midis.

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10
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Chardantzig et la déséducation nationale - le Lun 19 Déc 2016, 00:02

Enfin il arrive que même émaillée d'erreurs que relève l'auditeur attentif, l'émission se distingue par une prise de position engagée. Jusqu'ici ça ne suffit pas pour se distinguer me direz-vous, sauf quand l'engagement va dans un sens inhabituel. en l'occurrence dans ce Narcissi Cautela posté par Antoine Arnoux le 17 mai 2015, on voit Chardantzig, une fois livré son quotat de fautes, s'en prendre à la réforme de l'enseignement du latin :

Antoine Arnoux(http://www.regardfc.com/t163p350-au-fil-de-l-ecoute#21264) a écrit:
[...] Chardantzig ne ménage pas Mme Najat Vallaud-Belkacem :
« (…) la ministre a qualifié les opposants à son projet de ''pseudo-intellectuels'' [pause sensible] j'ignore si elle sait qu'elle reprend là une expression chérie par un intellectuel de droite Raymond Aron en tout cas il est pittoresque de la voir employée par une personne qui a raté deux fois l'E.N.A. et fait carrière dans la politique depuis l'âge de vingt-cinq ans quand on sait la haute dose d'intellectualisme qui circule dans ce milieu (...). »
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/05/s20/RF_8217ACAD-BC36-4306-9721-EFA688861002_GENE.MP3" debut="01:50" fin="02:15"]

L'émission ou plutôt le travail de production n'est pas impeccable, comme on le voit, mais la suite du message laisse penser que par la présence de l'invité, ce numéro se classe parmi ceux qui ne feront pas honte à la chaîne :
Pourquoi ces remarques peu amènes n'apparaissent-elles pas en toutes lettres dans la version écrite du texticule par lui lu à l'antenne ? M. Chardantzig craint-il d'être taxé de « xénophobie »* ?
Pour le reste, son invité, M. William Marx**, s'applique à défendre (non sans pertinence) l'enseignement des humanités.  
*M. Cambadélis tend à taxer les contempteurs de Mmes Taubira et Vallaud-Belkacem de xénophobie (M. Cambadélis considérerait-il ces deux ministres de la République française comme étrangères ?).
**Je recommande la lecture de son ouvrage sur la tragédie attique (Le tombeau d'Œdipe), qui contient notamment une analyse fort suggestive de la catharsis.
http://www.franceculture.fr/emission-secret-professionnel-le-secret-professionnel-de-la-reforme-de-l-enseignement-du-latin-et-du

Ainsi s'achève notre revue presque intégrale des contributions consacrées au Secret Professionnel de Charles Dantzig. Il reste à ressusciter un message, que j'ai mis en réserve pour un post ultérieur. Le temps est venu maintenant de se pencher sur cette émission qui, bonne ou mauvaise selon les dimanches, demeure un lumignon de culture dans une chaine qui se fout de la culture comme de l'an 40.

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