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Une vie une oeuvre / Mardi des auteurs    Page 2 sur 10

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Une vie une oeuvre / Mardi des auteurs - le Mar 29 Sep 2009, 15:30

Rappel du premier message :

Bizarrerie des titres à France Culture :
- parfois on dissout une émission mais on persiste à proposer un truc différent sous le même titre, et en continuité encore (c’est le cas -dramatique- des Chemins de la connaissance)
- parfois on recrée sous le même titre un truc qui n’a que loin à voir avec la formule (exemple : Tire ta langue)
- et il y a un 3ème type : changer le titre sans changer l’émission (sauf la réduire d’un tiers). Un cas : Le Mardi des auteurs.

Cette dernière, sujet de ce fil, est l’émission fameuse et emblématique de FC : Une vie une oeuvre, qui en cette rentrée de 2009 est reconduite (ouf) mais sous ce nouveau titre de "Mardi des auteurs". Mystères de la grille, donc. Mais puisque, vu comme ça de loin, j’ai bien l’impression que le programme Patino renforcerait plutôt le secteur culturel, et puisque la forme de ces documentaires est respectée sous le format certes réduit de 90 à 57 minutes, alors autant créer un fil pour dire ce qu’on entend de bien dans cette émission, quand elle est fidèle en son contenu au projet culturel. Et aussi pour la sabrer lors des numéros de petite historiette qu’il eut été plus juste d’intituler "Une vie telle que j’ai envie de la raconter et pour l’oeuvre vous irez voir ailleurs". On me dira que comme titre c’est bien long. Mais c’est moins long à endurer qu’un numéro salopé dans une série qui fut si brillante ...

En ce moment même c’est tout le contraire :
ce Victor Segalen est des plus fidèles
à la forme usuelle du documentaire
de qualité, où domine le souci culturel.
Celui-là les amateurs pourront le garder
Production : Catherine Pont-Humbert
Réalisation : Anne-Pascale Desvignes
http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/mardi-des-auteurs/fiche.php?diffusion_id=76301
* * *

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Pauvre Nino - le Lun 19 Sep 2011, 08:07

Que penser du "Une vie une oeuvre" sur Nino Ferrer ?

Rien d'autre qu'un mot de 3 lettres : ce doc est nul











(je vais pas me casser à écrire 15 lignes pour éreinter ce "Une vie une oeuvre", certainement le plus mauvais depuis que la série existe, soit depuis plus de 1000 numéros - bel exploit)

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Jean Cocteau demande grâce - Il n'a pas entendu ça, heureusement - le Sam 05 Nov 2011, 14:51

En ce moment même, rediffusion du Une vie une oeuvre - Jean Cocteau.
Je prends l'émission en route, heureusement. C'est toujours ça d'évité.

Il s'est surpassé, le producteur de ce truc (je préfère même pas savoir son nom) : grace à lui nous sommes merveilleusement éclairés sur la vie de l'oeuvre de Jean Cocteau, grace à la voix de sa gouvernante. Je regrette un peu qu'on n'aye pas eu aussi son boulanger, son cordonnier, son coiffeur. Et puisque tout au long de l'émission les blablateurs semblent obsédés par la dope comme des ados mal dégrossis, diront-ils aussi qui était le dealer d'opium de Cocteau (Henri de Monfreid). Ca eclairera certainement l'oeuvre de la vie de Jean Cocteau.

L'émission continue et je ne sais pas s'il vaut mieux compter les anecdotes pipoles et les biographèmes sans intérêt, ou les âneries de l'invité principal, un ignorant dont on se demande pourquoi on le laisse ainsi dominer l'émission. En fin de compte le plus amusant-désolant est de compter les manifestations de sa vanité quand bien même il dégoise à grands coups de "voila" -le tic maison- sur celle de Cocteau (de vanité, merci de suivre). Non franchement cette émission est du dernier tartignolle. Quelle emphase minable, quelle pompe à eau tiède, et quelle psychologie sentimentale bas de gamme ! Jean est malheureux parce que son amant est mort alors il se drogue. Pfuiouuuu que ça va loin et c'est si bien dit, c'est esspliqué avec tellement d'art ! Non c'est vraiment affreux de donner le micro à un tel baratineur. On se croirait aux pires moments de Surpris par la nuit, car Veinstein aussi à l'occasion il savait nous faire souffrir quand un pseudo-spécialiste venait tartiner ses propres fantasmes et des états d'âme à deux balles d'un auteur dont visiblement il connaissait pas grand chose côté oeuvre, mais surtout les anecdotes et la partie clinquante de la vie, comme celui-la sur Cocteau il revient toujours à la dope et l'homosexualité pour en faire des clichés à l'usage du naïf, comme si ça suffisait pour faire de la radio, que de nourrir le portrait en fascination bas de gamme. Bref : du journalisme superficiel.

Pour rester dans le superficiel, je note que le producteur parle du "Sang d'un poête" avec une telle maladresse, qu'on peut parier qu'il ne l'a jamais vu. Comment peut-on faire une émission sur Cocteau sans avoir pris le soin de visionner son premier film ? Bon je sens que si je continue à écouter cette merde je vais encore écrire un post désobligeant. Franchement, je m'en voudrais.
Donc JE COUPE !!

Et je vais me rabattre sur celui de la semaine dernière : Jean Amrouche.
Comme il y a un autre "Une vie une oeuvre - Jean Amrouche", qui date de décembre 2001, à l'époque sérieuse de l'émission, celle de Michel Cazenave, ça nous permettra de faire un peu d'étude comparative. (Espérons que ça va pas se terminer par un nouvel éreintement de "Une vie une oeuvre - 2011" !).

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''Résoudre la décidabilité''... - le Dim 19 Fév 2012, 22:20

C'est à Alan Turing, à qui a été consacré "Une vie, une oeuvre" le 14 janvier 2012, qu'en revenait la tâche dans les années 1930.

On aurait aimé en savoir davantage sur ses recherches et surtout pouvoir écouter ce qui était dit. Las, les producteurs ont fait joujou avec la bande-son, laquelle recouvrait parfois les propos. Montage très serré, aussi, où l'on passe d'un interlocuteur à un autre au milieu d'un raisonnement. On n'allait quand même pas lasser l'auditeur avec la même voix durant plus de vingt secondes, n'est-ce pas ?...

Et le lecteur, jouant Alan Turing en train de lire sa correspondance : une sorte de voix d'écervelé. Mal choisi pour incarner un mathématicien et informaticien de génie considéré comme l'un des inventeurs de l'ordinateur.

Matthieu Garrigou-Lagrange, qui a un niveau de 6e en anglais, soit dit en passant, a dû trouver le son du synthétiseur très à son goût pour l'infliger à l'auditeur tout au long de cette heure d'émission. Il répond d'ailleurs sur le site à un internaute curieux en lui indiquant la bande-son originale "Social network".

Curieux et irritant mélange (des genres). Comme toujours, distraire d'abord, puis disséminer un peu de savoir pour donner à qui passera par la station le sentiment de se cultiver. Il y a là plus d'aération que de concentration de matière, plus de trous que de fromage. Certains choses ont quand même réussi à émerger, plutôt du fait du sujet que de la construction de l'émission.

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Re: Une vie une oeuvre / Mardi des auteurs - le Dim 19 Fév 2012, 22:39

Bonsoir Philaunet,


Je me permets d'intégrer votre revue du numéro d'Une vie une oeuvre cette semaine au fil de l'émission.
Malgré la critique que vous en donnez, sûrement juste malheureusement, le sujet va me la faire écouter, au moins pour entendre ce qui en est fait. En espérant qu'il ne soit question au sujet de Turing que de ses travaux sur la décidabilité algorithmique, l'ampleur de ses travaux est très vaste.

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Re: Une vie une oeuvre / Mardi des auteurs - le Mar 21 Fév 2012, 23:33

"Un rousseauisme du microphone"

C'est le mot d'un intervenant d' "Une vie, une oeuvre" du 17 décembre 2011, pour essayer de définir la pratique de Walter Benjamin faisant des émissions de radio pour les enfants dans les années 1930 (à 17'20").

Et comment le producteur de l'émission du 17.12.11 qualifie-t-il, dans cette émission et dans bien d'autres, le montage des paroles prononcées devant un microphone par les intervenants ? Pas de "rousseauisme" pour sûr. Peut-être de sophistication ? Ou de construction artistique ? Ou de langage continu fractionné en plusieurs voix enregistrées en des lieux et des temps différents ?

Explication du procédé par une citation, parmi d'autres, de l'émission, avec cette phrase de 34'30 à 34'42 :

"Il finira par dilapider au casino le montant de la bourse que lui a envoyée Magnès et ne jamais aller en Palestine donc on voit qu'il résiste à tout ça et pas au motif justement d'une indépendance revendiquée (...)"

La phrase a été dite d'un seul jet, mais par deux personnes. De sexe différent, ce qui permet de les reconnaître tout de suite (ce qui n'est pas toujours le cas quand deux hommes ou deux femmes se succèdent dans une seule et même phrase).

Le procédé est donc de faire suivre, comme dans une seule phrase, deux membres de phrases reliés par un lien logique grammatical (ici le mot "donc", après "Palestine", introduit un nouvel intervenant au milieu du souffle du précédent, grâce au logiciel de traitement de son dont use (et abuse) le monteur.

Il y a là un véritable problème : si le producteur trouve cela esthétiquement original et "dynamique" (que ne fait-on pas dire à ce mot !), l'auditeur, lui, est en permanence bousculé au milieu d'un développement par une nouvelle voix qui, si elle est matériellement raccord avec ce qui précède, n'incarne pas le même esprit, n'a pas le même type de vocabulaire, ni ne développe la même logique que le début de la phrase dite par une autre personne.

Le temps de se remettre de la surprise, qui a provoqué une rupture d'attention au sens, et de s'ajuster mentalement à la forme, l'auditeur a perdu brièvement le fil de ce qui était exposé.

Où l'on veut en venir : la forme gadget, dans ce type de montage, prime sur le fond (on pense également, pour les mêmes conséquences, aux imbrications d'arrière-plans sonores frappants entre ou sur les paroles des intervenants). Cette forme a tendance à utiliser les éléments de discours comme matériau d'expérimentation détourné aux fins de création d'un objet de construction artistique ou personnelle (comme dans l'Atelier de création radiophonique où la couleur créative était annoncée d'emblée et acceptée par l'auditeur).

Tout cela dans quelle perspective ? Certainement pas celle de rendre aisée une écoute continue. La prise de relais au milieu de phrases, en tant qu'elle casse le flot du sens, pourtant formellement logique, participe de cette manière de présenter les choses par saccades pour créer des étincelles auditives successives censées correspondre aux besoins psychiques d'un certain nombre de potentiels auditeurs à attirer (ou à conserver), auditeurs devenus fortement dépendants de nombreux bruits rapprochés ou simultanés dans leur environnement quotidien. Le procédé mis en oeuvre sacrifie (on ne dira pas "méprise", il n'y a sans doute pas volonté d'exclure) les auditeurs qui se satisfont très bien d'une succession de prises de parole larges et complètes liées par des enchaînements journalistiques accompagnant l'écoute.

Peut-on demander aux assembleurs de paroles un découpage plus naturel, attendre des monteurs d'"Une vie, une oeuvre" qu'ils donnent une chance à un certain "rousseauisme" autour du microphone ?


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Re: Une vie une oeuvre / Mardi des auteurs - le Mer 22 Fév 2012, 00:01

Dans votre impeccable démonstration, je reconnais le tableau radiophonique d'un vice typiquement télévisuel : le rafistocollage d'éléments authentiques, mis au service d'un propos peut-être pas plus vrai ni faux qu'un autre, mais dont on cache ainsi la construction en même temps que la responsabilité (qui incombe au concepteur de ce 'documentaire'). Vice que je déplore ces jours-ci, ayant à travailler sur quelques 'documentaires' produits par la télé des 90's.

En soi, le procédé qui, en vidéo, pourrait être recevable s'il n'était aussi agaçant -car après tout on voit bien que ce sont des intervenants différents qui sont raboutés-, à la radio en tant qu'il peut passer inaperçu, il se rapproche du bidonnage. Alors, FC, radio de faussaires ? Non, on n'en est pas là... Disons plutôt : "radio où le bidonnage entre par la grande porte, dans une des émissions **emblématiques** de la station.

De là , pour étendre le propos de votre brillante analyse :
a) France Culture copie de plus en plus la télé ...
b) ... et cela, soit en toute conscience et indifférence de bidonner, soit sans s'en rendre compte.
Ce qui dans les deux cas, est dramatique.

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''Regarder l'émission'', un conseil donné par France Culture... - le Mer 22 Fév 2012, 22:06

Qui est l'analyste clairvoyant, confirmé dans ses intuitions sur les dérives et désirs audio-visuels de notre radio bien aimée (et bien châtiée) ? Nessie. Confirmé par qui ? Par France Culture soi-même, à travers un lapsus révélateur écrit sur le site :

"Nous vous conseillons de regarder l'émission en regardant les images des tableaux de Munch dont il est question. Elles apparaissent en lien sur notre page facebook"

Extrait de la présentation de "Une vie, une oeuvre" du 24.12.2011 consacrée à Edvard Munch (toujours lisible ce 22. 02. 2012)
http://www.franceculture.fr/emission-une-vie-une-oeuvre-edvard-munch-2011-12-24

Faut-il encore ajouter quoi que ce soit ? Sans doute, mais pas sur le style du bachelier mention passable qui écrit " (...) les images des tableaux de Munch dont il est question.". Non, pas sur l'écrit, qui a été maintes fois épinglé ailleurs comme fautif et maladroit, mais sur la matière radiophonique, qui est, croit-on, croyait-on, la raison d'être d'une station de radio.

Donc : une lettre dramatique d'Edvard Munch commençant par "J'ai hérité des deux plus mortels ennemis du genre humain, la tuberculose et la folie" est lue (à 8'30") tandis que, couvrant quasiment la voix de la lectrice, retentissent bruyamment et de façon incongrue une guitare électrique et parfois une batterie (ce n'est pas pas le solo de Jimi Hendrix à Woodstock mais pourquoi celui-ci me vient-il à l'esprit ?...).

Depuis la première seconde de l'émission, la guitare électrique retentit, puis une mélopée seventies ou plus tardive (où l'on croit reconnaître la langue norvégienne...) double, à un volume à peine moindre, tous les propos tenus sur le peintre.

On se dit : ce n'est pas possible, ça va s'arrêter. Et ça s'arrête effectivement. On n'a pas compté le nombre de secondes, mais ça s'arrête un peu. Et alors on entend parfois une parole seule, cela fait un choc, c'est vrai, mais on en est vite remis par l'envoi de guitare électrique pour réveiller l'auditeur certainement perçu, par le monteur ou le producteur, comme pouvant s'assoupir en écoutant des paroles seules. Vous vous rendez compte, des paroles non coupées, non accompagnées de bruitages, quel est l'énergumène qui peut écouter "ça" sans s'endormir, s'ennuyer ou fuir sur une radio où "tout vous pète à la gueule" (pourquoi je m'énerve soudain, peut-être à cause du choc à 5'30"...) ? Ainsi, sans être sévère, on peut évaluer à 90% la proportion de temps durant lequel de l'émission a été doublée de son et de chant totalement hors contexte. Cela pour les 10 premières minutes, car on n'a pas encore osé s'infliger le reste, vu les bases sur lesquelles l'émission est partie !

Voilà qui ne fera vraiment pas patrimoine, mais exemple d'un temps (le nôtre) où la technique permet de faire mumuse et d'imposer, mine de rien, un concept du temps et un environnement de parole qui découragent l'envie d'apprendre, tuent la possibilité de s'émouvoir à l'écoute d'un texte ou d'un bel enthousiasme, ruinent le plaisir d'entendre des voix.

Rappel pour les connaisseurs et les autres, cette nuit, de 2h06 à 3h46, une consolation à tout ce qui vient d'être observé : Michel Cazenave et Claude Mettra en 1978.

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Si la claque n'est pas assez sonore c'est que le micro n'est pas assez près - le Sam 07 Avr 2012, 18:17

Plutôt réussi à mon humble avis le Robert Capa que vient de nous faire Camille Renard, avec une belle mise en ondes de Clotilde Pivin ce qui n'a rien de surprenant car la seconde signe fréquemment l'une ou l'autre des émissions qui entrent dans le top-ten de l'année en cours chez l'un ou 'lautre des collectionneurs-compilateurs acharnés qui s'acharnent à conserver ce que cette radio fait de bon (et ça leur coute de moins en moins cher chaque année).

Donc cette semaine dans une vie une oeuvre il s'agit de Robert Capa, qui s'illustre au meilleur dans le photo-reportage de guerre, auteur de milliers de clichés, d'un livre de mémoires "Slightly out of focus" et accessoirement d'une fameuse remarque :
<< Si la photo n'est pas bonne c'est que tu n'es pas assez près >>. O combien...

Il est surement pris d'assez près car il est plutôt bon ce portrait de l'homme qui a obtenu d'être -comme reporter bien sûr- dans la première vague d'assaut à Omaha Beach. En fait c'est un auto-portrait, datant du 4 juin soit l'avant-veille du débarquement de Normandie. Nous sommes à Portsmouth, alors que l'opération vient d'être ajournée pour cause de mauvais temps. Mais pas pour longtemps puisque, prévue pour le 5 au matin, elle aura lieu finalement le 6. La suite est connue. Avec ses 3 appareils Capa prendra 72 images. Il fallait les faire. Il fallait le faire. Cela dit, dans ces photos on n'y voit pas grand chose : certes la plupart sont floues ou ont fondu, par la maladresse du labo au moment du développement ; mais c'est surtout que l'action de guerre ne s'attrape pas si aisément en image fixe, et celle d'un débarquement moins que les autres. L'émission de Camille Renard ne s'est pas attardée sur ces photos perdues pour cause de précipitation. Et de fait il n'y avait pas de quoi. Il suffit de rappeler l'anecdote, car ça n'est pas tellement plus que ça or une des qualités de l'émission de ce jour est d'éviter l'anecdote. S'il fallait décortiquer une image, ils en ont choisi une autre, encore mieux connue : la célèbre photo du partisan espagnol. C'est bien assez.
Alors le tout s'écoute avec plaisir et intérêt puisqu'il y a de l'évocation d'époque, de l'ambiance, de la réflexion, et les illustrations musicales sont bien choisies. C'est un documentaire à la fois historique, psychologique, artistique et artistiquement fait. Paradoxe : cette émission de radio sur l'oeuvre d'un photographe passe mieux que d'autres qui, dans la même série, portent sur des poètes ou des compositeurs. Ce mystère n'en est pas un : les documentaires radiophoniques réussis ne sont pas nécessairement ceux qui traitent de sujets audibles plutôt que visuels. En fait ça n'a rien à voir ; les documentaires réussis sont ceux qui sont faits avec talent. Un documentariste sans talent, fut-il carrément le responsable de la série, n'y saura faire que de la niaiserie.

De là cette règle qui reste forte pour l'auditeur : regarder qui signe l'émission.
Aujourd'hui j'ai l'impression qu'on avait une fort bonne signature, et qui promet.
(le hic c'est quand les producteurs-coordinateurs médiocres ne laissent pas subsister ceux qui produisent mieux qu'eux et pourraient leur faire de l'ombre)

J'aurais voulu ne dire que ça, et même moins. Le début seulement.
Et j'aurais volontiers souscrit à la requête finale de bébé-matthieu qui en fin d'émission se met à mendier comme chaque semaine le dépôt d'avis élogieux dans les 'réseaux sociaux'. Pour l'émission d'aujourd'hui je ne peux pas déposer le mien d'avis -quoique très positif- à la page de "Une vie une oeuvre" car j'en ai été blacklisté en novembre dernier par bébé-matthieu ou quelque autre valideur anonyme (oui malgré son nom Garrigou-Lagrange est et restera un anonyme). C'est qu'après y avoir déposé une série de commentaires positifs sur quelques forts bons numéros de la série, j'avais émis une réserve polie sur un numéro formidablement nul signé par bébé-Matthieu. Lequel prompt comme un bébé qui sait cliquer, avait alors annulé mon inscription en ajoutant à l'intention des inscrits qui ne goûtèrent pas cette censure : "ce Nessie n'est pas un auditeur de France Culture". Pourtant, pour compter aussi précisément tous les numéros de cette série historique qui ont été salopés par bébé-Matthieu, il y faut mettre tout l'acharnement d'un auditeur constant et motivé.
D'ailleurs ce forum est là pour :
a) rappeler à bébé-Matthieu ce que sont les auditeurs motivés de France Culture.
b) aiguiller les auditeurs motivés vers les émissions culturelles comme ce Une vie une oeuvre - Robert Capa

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La BBC battue à plate couture - le Jeu 17 Mai 2012, 22:10

@Nessie a écrit:Plutôt réussi à mon humble avis le Robert Capa que vient de nous faire Camille Renard, avec une belle mise en ondes de Clotilde Pivin ce qui n'a rien de surprenant car la seconde signe fréquemment l'une ou l'autre des émissions qui entrent dans le top-ten des collectionneurs pour l'année en cours. (...) De là cette règle qui reste forte pour l'auditeur : regarder qui signe l'émission.

Oui, et pour l'émission sur Debussy, c'est Jean-Claude Loiseau qui la réalisait et Laetitia Le Guay qui était au micro. Un tandem qui a donné un numéro d'excellente facture. Avec des commentaires très vivants de spécialistes, des extraits musicaux, une lecture bien faite de la correspondance, de bons témoignages d'archives. Le descriptif est ici : http://www.franceculture.fr/emission-une-vie-une-oeuvre-claude-debussy-1862-1918-un-homme-au-songe-eveille-2012-03-10 On notera le titre qui aurait pu être intelligemment écourté : "Claude Debussy (1862-1918), un homme au songe éveillé" .

Le texte de présentation est dense. Bel effort. Mais peut mieux faire quand on lit ceci : "Avec la participation du pianiste Philippe Cassard qui vient réaliser une nouvelle intégrale de l’œuvre pour piano". Et ceci : "la Correspondance de Claude Debussy lus par Emilie Trasente et Pierre Val."

Sans parler du style plutôt approximatif que l'on retrouve dans le descriptif du numéro sur Robert Capa, lequel "a été entre de nombreuses autres l’amant d’Ingrid Bergman". Ou encore cet investissement massif dans le verbe "investir" mal employé : "Robert Capa est une légende qui n’a cessé d’être investie par la fiction. / Comment expliquer un tel investissement du personnage par la fiction ?"

Je propose que France Culture investisse dans un correcteur... Il est dommage que la volonté d'offrir un descriptif complet soit gâchée par une langue faiblarde.

Enfin, quand la matière est riche, pourquoi ne pas revenir au format de 90 minutes ou passer à 75 minutes... Un peu de souplesse serait bienvenue.

Cela dit, "Une vie, une oeuvre", avec son format de 60 minutes, fait encore très belle figure en comparaison de ce qui se fait sur BBC Radio 4 sous le nom de "Great lives" qui dure 30 minutes et qui, quelle que soit la biographie évoquée, est toujours animé par le même (assez médiocre) Matthew Parris. http://www.bbc.co.uk/programmes/b006qxsb Ressemble à l'émission d'histoire de France Inter, en moins bien.

Dans leur grande majorité, les émissions documentaires de France Culture sont bien mieux construites et montées que celles de la BBC.







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Oui mais... - le Sam 19 Mai 2012, 19:48

J'avais eu à ce sujet un petit échange avec des producteurs de FC (sur Gesichtsbuch), qui disaient ne pas envier particulièrement les conditions de réalisation d'une émission documentaire à la BBC, car les formats sont très contraignants et laissent peu de liberté au producteur. C'est sans doute plus adapté à la nature même de la station, qui n'est pas un équivalent anglais de FC, plutôt un genre de France Inter ++ en moins débraillé, moins pop, plus resserré et tenu, avec une vocation d' "intelligent speech" tout en devant à ses auditeurs un quota d' "affaires quotidiennes". En revanche, de telles contraintes évitent les chichis et les poses, et même si on reste sur sa faim, il est impossible de ressentir qu'une tranche est trop longue et que l'on déploie toutes sortes d'efforts pour la meubler (ce qui arrive à FC). Ce que j'admire, surtout, c'est l'effort de recherche des sujets, avec cette sensation que l'on veut toucher à tout. Il est facile de reprocher à France Culture une grande étroitesse dans ses choix et traitements de sujets, avec toujours les mêmes noms et courants utilisés pour tout représenter (il y a aussi des raisons politiques de sympathies personnelles un brin étouffantes derrière cela...), et il y a à la BBC un authentique désir d'exploration, et non pas simplement un réflexe d'illustration de ce qu'on répète, rabache et redit à longueur d'antenne sur France Culture (il n'y a plus que des producteurs comme Angelier pour sortir des schémas culturels un peu parisiens). C'est un bon compagnon de route, et personnellement, je sais qu'en tombant sur une émission documentaire de la BBC, j'aurai un aperçu condensé d'un sujet que je connais mal, alors que sur France Culture, je risque, avec le caractère hautement inégal des productions, de tomber sur une longue litanie de paroles d'artistes satisfaite de sa propre profondeur, avec des flashs et des effets qui ne signifient rien.
Je trouve en tout cas que la mise en concurrence est intéressante, même si les catégories sont différentes! Il nous faudrait imaginer l'esprit de curiosité et d'exploration de la BBC, avec le meilleur du savoir-faire de France Culture, et nous aurions une radio déjà à moitié décente, comme on dit en anglais.

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Re: Une vie une oeuvre / Mardi des auteurs - le Dim 20 Mai 2012, 20:57

Last but not least...

Bonjour Yann Sancatorze,

Nous avons deux chaînes de radio culturelles nationales sur le service public : France Culture et France Musique. (Existe-t-il par ailleurs des radios culturelles privées en France ? On demande à tout hasard...).

En Grande-Bretagne, la BBC propose Radio 4, qui comme vous l'écrivez justement est " un genre de France Inter ++ en moins débraillé, moins pop, plus resserré et tenu, avec une vocation d' "intelligent speech" tout en devant à ses auditeurs un quota d' "affaires quotidiennes". Et puis il y a Radio 3, proche de France Musique, mais qui consacre quelques tranches horaires à des dialogues ou monologues sur la littérature, le cinéma, l'histoire au sens large.

Rien de comparable avec les deux chaînes nationales françaises.

Je ne vois pas dans l'organigramme de la BBC (Radio 4 ou 3) la présence d'un large choix de documentaires. Je vois en revanche un grand nombre de discussions dans la tranche "Night Waves" de BBC 3 qui sont très proches des discussions sur l'actualité artistique et littéraire que l'on retrouve sur France Culture, avec un intérêt plus que limité. Certains présentateurs peuvent irriter, pour ne pas dire décourager l'écoute, Matthew Sweet, entre autres. France Culture dans ses plus mauvais moments utilise les mêmes procédés que plusieurs émissions en direct de la BBC : le rire entre soi pour "détendre" son auditoire (car quelle est la vocation d'une radio sinon détendre et faire passer agréablement le temps, n'est-ce pas...), l'emploi permanent d'un ton emphatique et de tournures superlatives (afin de mobiliser l'attention d'un auditoire considéré comme blasé ou pour masquer un déficit d'analyse nuancée ?).

En parlant de documentaires, j'avais en tête "Une vie, une oeuvre" qui est le fil de cette discussion. ). Je ne pensais surtout pas à "Villes-Monde" qui a déjà été éreintée à raison sur ce Forum. Je ne pensais pas non plus à "Les pieds sur terre" ou à "Sur les Docks" sur la qualité et le parti pris desquels on peut trouver à redire, mais qui sont des émissions aux montages élaborés dont certaines sont exemplaires, car elles font montre de ce que vous attribuez à la BBC, un "esprit de curiosité et d'exploration". Ces émissions n'ont pas d'équivalents, à ma connaissance, sur la BBC (mais sur la SWR 2 germanique oui)

.../...

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