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Derrière les micros de France Musique    Page 3 sur 3

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Jean-Michel Damian utilisé comme faire-valoir - le Lun 28 Aoû 2017, 20:51

Dans Télérama, cet entrefilet Voix de velours et érudition : une nouvelle nuit Jean-Michel Damian sur France Musique où une certaine Elise Racque (âge ?) écrit ce qui doit être la phrase la plus maladroite de l'année : "France Musique a bien du mal à se séparer de son producteur bien-aimé Jean-Michel Damian, décédé le 1er novembre 2016".

Quoi qu'il en soit, on apprend que "Les auditeurs pourront une nouvelle fois entendre sa voix de velours lors d’une nuit d’hommage, du 27 au 28 août. La troisième du genre puisque, fin décembre 2016, la station consacrait déjà deux plages nocturnes au mélomane.". Ici donc : Nuit Hommage à Jean-Michel Damian avec un descriptif tout à fait éloquent : "Nuit Hommage à Jean-Michel Damian" et c'est tout.

Vu que France Musique a communiqué à sa revue partenaire, plusieurs jours, sinon plusieurs semaines à l'avance, le détail des émissions contenues dans cette nuit*, on se demande pourquoi elle ne l'a pas indiqué dans ses propres "colonnes". La rentrée commence bien...

On notera en passant que les deux voix professionnelles, Karine Le Bail et Dominique Boutel qui ont présenté les deux premières "Nuits Damian", revendiquaient haut et fort l'héritage de l'art radiophonique du producteur historique de la chaîne. Ironie de l'histoire, ces deux personnalités de France Musique ont été écartées de l'antenne à la rentrée par Marc Voinchet. Pour mieux ouvrir le robinet à enregistrements de CD et de concerts ?

Si Jean-Michel Damian était actuellement producteur à France Musique, son sort serait sans doute le même que celui des deux susnommées : viré. Une émission aujourd'hui tenue par une personnalité dont la "culture générale était immense" et qui "pouvait aussi bien parler de musique que de cinéma et de littérature" (dit Max Dozolme, l’un des programmateurs) : impensable.

La culture à France Musique, elle est illustrée dans la présentation de la saison 2017-2018 : "À l’antenne, la nouvelle saison s’inscrit dans la continuité avec toujours plus de clarté et des univers mieux identifiés. En majesté, du lundi au vendredi, un coup de projecteur sur ce que seule France Musique sait faire : de la création mondiale au quotidien." C'est-à-dire ? Comprenne qui pourra...


*Entre minuit et 7 heures du matin, la chaîne rediffuse trois de ses émissions en intégralité. Deux épisodes des Imaginaires enregistrés en direct en 1999 rappelleront sa capacité à tenir des formats longs (les entretiens duraient 2h30). On retrouvera son interview du réalisateur Claude Chabrol, puis son échange avec la famille Chedid, en compagnie d’Andrée, Louis et Matthieu. Troisième souvenir, plus récent puisque enregistré en 2004 : une discussion intime, presque de l’ordre de la confession, avec le ténor Michel Sénéchal, alors âgé de 77 ans.

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Mildred Clary, luthiste, grande dame de France Musique - le Mar 29 Aoû 2017, 22:27

fred de rouen(http://www.regardfc.com/t836-les-grands-entretiens-de-stephane-grant#28721) a écrit:Retour gagnant pour Stéphane Grant et ses Grands entretiens, avec toute une semaine consacrée à Christina Pluhar, directrice musicale de l'Arpegiatta. (...)
Aujourd'hui, il est question de l'enfance de C. Pluhar, passée à Graz, en Styrie (ville qui a vu naître également Karl Böhm et Nikolaus Harnoncourt), de sa découverte de la guitare puis du luth, de sa "fuite" en Hollande pour étudier cet instrument auprès de Toyohiko Satoh, de l'influence de cette école hollandaise dans la redécouverte de la musique ancienne, de l'importance enfin de la rencontre avec Hopkinson Smith et la musique de Jordi Savall. (...) Merci Stéphane Grant.
Christina Pluhar et son luth m'ont fait repenser à l'une des figures historiques de France Musque, Mildred Clary (1931-2010), dont France Culture rediffuse parfois, dans les Nuits, certaines émissions (notamment sur le Japon).
Sa biographie sur Wikipédia est de bonne qualité, extraits :

"Mildred Clary naît à Paris dans une famille mélomane et musicienne. Son père lui fait découvrir les richesses de la musique de luth ancienne et sa mère est pianiste, élève de Ricardo Viñes et Marguerite Long. Mais elle ne se mettra elle-même qu'assez tard à la musique. Elle commence une carrière de concertiste à la guitare puis au luth et joue de la musique de scène dans la fosse du Old Vic Theatre de Londres. (...) Mildred Clary joue sous la direction de Pierre Boulez et Hermann Scherchen au Domaine musical et participe à de nombreuses musiques de scène au luth pour Jean Vilar. Elle enregistre, en 1956, l’Hommage Le Tombeau de Claude Debussy, de Manuel De Falla, reproduit dans le coffret anthologique Les Introuvables de Manuel de Falla (EMI, 1996). Elle gravera également, pendant les années cinquante et soixante, différents microsillons de musique ancienne au luth, en solo ou avec des chanteurs. (...) En 1955, elle devient productrice d'émissions de radio pour la radiodiffusion française puis pour France Culture et France Musique. Elle produit d'abord une série intitulée Poète prends ton luth dans laquelle elle intervient en tant qu'instrumentiste. (...) La première des séries fleuves qu'elle produira à la radio sera Musica britannica. Elle s'intéresse aux musiques de l’Inde (un pays qu'elle adorait et avait souvent visité) et du Japon ainsi qu'aux compositeurs du XXe siècle tels Jean Sibelius, Benjamin Britten, Olivier Greif, aux chefs d’orchestre, aux grands interprètes et aux hauts lieux de la musique en Europe et à travers le monde3. Elle réalise des entretiens avec des peintres, comme Jean Bazaine, ou produit une série culinaire, les Mets et les notes, pour France musique, dont les invités réalisent des recettes en temps réel (la cuisson ou la préparation étant "meublées" par des musiques en relation avec le thème gastronomique). Avec sa complice la réalisatrice Annie Roger, elle livre de la très belle ouvrage, proposant des émissions très élaborées qui pourtant ne perdent jamais le naturel évocateur du reportage sur le vif, lorsqu'elle sort des studios de la maison de la radio. (...) Claude Samuel souligne dans son hommage, où il évoque « cette voix teintée d’un délicieux accent anglais (...) sa très vaste culture, son perfectionnisme, son inquiétude aussi », que « Mildred Clary n’a cessé de prouver qu’on pouvait dans le même temps aimer Mozart, s’intéresser aux musiciens de l’Inde et du Japon, et fréquenter assidûment les concerts de musique nouvelle. Et c’est avec cette ouverture d’esprit, et avec le soin de la vérité et du détail qui la caractérisait, qu’elle fit œuvre de musicologue ».

Désolé d'être rabat-joie, mais une telle personnalité serait instantanément recalée aujourd'hui à France Musique, comme le serait son collègue Jean-Michel Damian (cf. ci-dessus), sans parler de Dominique Jameux, tous disparus, mais souvenons-nous aussi de Gilles Cantagrel, écarté de l'antenne il y a quelques années, de Jean-François Zygel, renvoyé par l'éphémère de Surville, et de Karine Le Bail et Stéphane Goldet (et Dominique Boutel) remerciées cette année par Marc Voinchet.

Le remplacement progressif des producteurs musiciens et érudits par des ambianceurs ouvreurs de robinets à CD n'est pas inéluctable. France Musique a une adresse et Regards de l'espace d'expression.  

PS. Conseil d'écoute :


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Anne Montaron, germanophone de haut niveau - le Sam 21 Oct 2017, 23:00

Ça alors ! Au moment de l'entracte du concert NOWJazz Session des Donaueschinger Musiktage - LIVE*, le présentateur de SWR 2 annonce Anne Montaron de France Musique pour participer à une discussion avec une autre intervenante (sans doute en raison de la présence de Joëlle Léandre).

Si l'on a pu entendre à SWR 2 des musiciens français  parler couramment allemand, jamais je n'avais entendu une personnalité de France Musique intervenir sur les ondes de l'antenne allemande. Et avec quel brio pour parler des œuvres entendues lors du concert ! Le présentateur s'extasie devant le fait qu'Anne Montaron est à la fois responsable de la musique d'improvisation, du jazz et du contemporain (une partie) à France Musique, il en crie presque "Vive la France !".

Ensuite, comme la soirée est consacrée à l'improvisation, il improvise (très laborieusement) l'interview autour de la représentativité des femmes dans le monde du jazz (comme c'est curieux, il fallait y penser !). Il est d'accord avec ses deux invitées pour dire que franchement, non, ce n'est pas normal qu'il y ait plus d'hommes à jouer du jazz et qu'il faut absolument remédier à cela en arrivant à 50-50 (quel est le sens de cette arithmétique, on ne sait pas). Notre Française en rajoute plusieurs couches pour aider son collègue qui espère que l'entracte va bientôt finir, car il ne sait pas sur quel sujet discuter hormis celui de savoir pourquoi les femmes sont moins présentes dans le jazz que les hommes. Réponse des deux invitées : "Keine Erklärung" [Il n' y a pas d'explication].

Un point commun encore entre les Français et les Allemands : les préoccupations égalitaristes dans la langue. Le mot souligné ci-dessous dans le descriptif est un amalgame "masculin/féminin" au nominatif pluriel.
Der Vertreter : le représentant ; Die Vertreter : les représentants
Die Vertreterin : la représentante ; Die Vertreterinnen : les représentantes

Il est assez comique (on pourra choisir un autre qualificatif) de voir que pour désigner les deux sexes en un seul mot, on utilise ici un mot qui est le pluriel féminin avec un /I/ majuscule. Je ne sais pas ce qu'en pensent les Allemands, mais on se retrouve ici, et aussi partout ailleurs où cette modification est appliquée (AutorInnen), avec un mot qui a l'air, avec sa majuscule imposante au milieu d'un mot, de signifier "les super-représentantes" quand il y a peu, le masculin pluriel, ici "Die Vertreter", était compris comme englobant les deux sexes. Comme en français.

À suivre...

* VertreterInnen der vitalen Improvisationsszene Frankreichs stehen in diesem Jahr im Mittelpunkt der NOWJazz Session. In ihrem Klavierduo "Iana" loten Christine Wodrascka und Betty Hovette höchst energetisch den polychromatischen Klangraum ihrer Instrumente aus. Dabei verdichten sie repetitive Muster zu dröhnenden Klangflächen, lösen mit abrupten Wechseln kompakte Formen in frei flirrende Improvisationen auf oder lassen allein durch einen subtilen Umgang mit Dynamik Strukturen entstehen. In ihrer Komposition "Can You Hear Me?" hinterfragt Joëlle Léandre nicht nur stilistische Grenzen von Jazz, freier Improvisation und Neuer Musik, sondern auch den scheinbaren Kontrast von Interpretation und Improvisation. Eine Reihe kompositorischer Zellen sind eingebettet in eine durchlässige Form, die alle Beteiligten zur Mitgestaltung herausfordert und das Werk bei jeder neuen Aufführung für Verwandlungen öffnet.

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Benjamin François, une sacrée pointure - le Mar 12 Déc 2017, 08:38

Au détour de l'écoute d'un numéro de l'ancienne émission Organo Pleno, celui du 15/09/2009, Les intégrales Bach de Marie-Claire Alain (merci bishop et Fred de Rouen), petit retour sur son producteur, l'un des piliers de France Musique qui a cédé cette année sa place du dimanche matin à Corinne Schneider pour présenter les concerts du soir.

Présentation par France Musique : Benjamin François

Après des études d’allemand et d’histoire, parallèlement à un cursus d’orgue et de chant choral, Benjamin François devient producteur à Radio France en 2002. Il propose à France Musique reportages, chroniques, séries thématiques et anime successivement Organo pleno, puis Le Jardin des critiques. Critique musical aux Dernières Nouvelles d'Alsace, il rédige des programmes de concert, donne des conférences, présente des concerts pour des opéras ou orchestres nationaux, et assure la direction artistique de festivals. Enfin, il enseigne l’allemand au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.

Benjamin François en cinq dates

• septembre 2002 à juin 2004 : débuts à la radio avec Note Bleu Classique, le dimanche après-midi, sur France Bleu Nord
• septembre 2004 à juin 2008 : chroniques, reportages depuis le grand-est pour les matinales de France Musique
• août 2007 : feuilleton-atelier de création radiophonique "Sur les pas de Bach", 465 km de randonnée musicale entre Arnstadt et Lübeck pour les 300 ans de la rencontre entre Bach et Buxtehude
• 2008-2016 : "Organo pleno", émission d’orgue de France Musique, "Le Jardin des critiques", l'émission des discophiles, "Sacrées Musiques", "Grands concerts de Radio France : le best of"
• 9 mai 2016 : présente la grande soirée d'inauguration de l'orgue Grenzig de Radio France

*Ses affinités électives... *

• Un livre : Le Docteur Faustus * de Thomas Mann
• Un film : Robert Wiene (1920) : *Le Cabinet du docteur Caligari
• Un disque : Michael Praetorius, Messe pour le matin de Noël par les Gabrieli Consort and Players, Paul McCreesh (dir.), Archiv-DG

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Bêtises musicale et religieuse - le Jeu 01 Mar 2018, 18:02

Voici le genre de bêtise religieuse que l'on pourrait entendre, sous prétexte de culture, dans des émissions religieuses. Il s'agit de France Musique, mais c'est digne d'un dimanche matin sur France Culture.
Evgueny Kissin, pianiste juif cite un poète (Gladstein) : "Des non-juifs ont crucifié Mozart, mais ce sont des juifs qui l'ont sanctifié". Comme si cela ne suffisait pas, le pianiste ajoute modestement, pour confirmer : "j'ai parcouru la Terre entière pour convertir les chrétiens en mozartiens" [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11970-01.03.2018-ITEMA_21602668-0.mp3" debut="39:30" fin="40:00"]
Personne ne pense à lui demander de commenter sinon justifier ces affirmations. Il ne s'agit évidemment pas de se demander si cette "pensée" est exacte, mais si elle a le début d'un soupçon de sens, mêlant fois religieuses et goûts musicaux, et les essentialisant.
Le pianiste a modestement sous titré son autobiographie : Mémoires d'un prodige de la musique. Pas un prodige de la pensée.

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Yankev Glatshteyn sur Mozart - le Jeu 01 Mar 2018, 19:48

Lvstvcrv(http://www.regardfc.com/t822p20-derriere-les-micros-de-france-musique#30243) a écrit: (...)
Evgueny Kissin, pianiste juif cite un poète (Gladstein) : "Des non-juifs ont crucifié Mozart, mais ce sont des juifs qui l'ont sanctifié". Comme si cela ne suffisait pas, le pianiste ajoute modestement, pour confirmer : "j'ai parcouru la Terre entière pour convertir les chrétiens en mozartiens" [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11970-01.03.2018-ITEMA_21602668-0.mp3" debut="39:30" fin="40:00"] (...)
Quand on se mêle de donner un jugement sur quoi que ce soit, on écoute ce qui est dit, et, soit dit en passant, on donne des références sur ce que l'on attaque pour donner à autrui la possibilité de vérifier.

Bref... Musique matin Par Saskia de Ville le jeudi 1 mars 2018*.

Evgeny Kissin, qui est russe et parle un anglais plutôt médiocre, se lance dans l'entreprise de donner en anglais un poème en yiddish qui nous est traduit en français en direct. Tirer des conclusions violemment critiques du rendu final est très imprudent et témoigne d'une absence de connaissance des langues, sans parler de l'interprétation particulièrement malveillante.

Le poème de Yankev Glatshteyn en anglais (trouvable en trois clics) est le suivant (je mets en gras les passages cités par Kissin) :

No. 15. Mozart

I dreamed that
the gentiles crucified Mozart
and buried him in a pauper's grave.
But the Jews made him a man of God
and blessed his memory.


I, his apostle, ran all over the world,
converting everyone I met,
and whenever I caught a Christian
I made him a Mozartean.


How wonderful is the musical testament
of this divine man!
How nailed through with song
his shining hands!
In his greatest need
all the fingers of this crucified
singer were laughing.

And in his most crying grief
he loved his neighbour's ear
more than himself.

How poor and stingy -
compared with Mozart's legacy -
is the Sermon on the Mount.

(Translation by Ruth Whitman.).


Mr Lstc, dans votre indignation précipitée, vous confondez  Glatshteyn  (vous ne cherchez même pas à vous renseigner sur ce nom, ce qui en dit long) qui dit "I, his apostle, ran all over the world," et Kissin, lequel ne fait que citer le poète (ce n'est pas lui qui parcourt le monde !). Il est bien clair dans le passage de France Musique qu'il ne s'agit pas du pianiste. Dire cela illustre donc la volonté systématique de vilipender selon des idées préétablies plutôt que de comprendre.

Le traducteur en direct ne traduit pas tout du propos de Kissin (par exemple pas "and buried him in a pauper's grave." et l'ont enterré dans une fosse commune, ni "But the Jews made him a man of God" Mais les Juifs ont fait de lui un "homme de Dieu"/"homme divin"). Par ailleurs, la traductrice en qui on peut avoir davantage confiance qu'en Kissin écrit "gentiles" quand Kissin dit "Christians" faute de pouvoir parler plus précisément, car "gentiles" ce sont les non-Juifs, les chrétiens, les païens.

Je vous traduis la suite :
"How wonderful is the musical testament
of this divine man!"

Quelle merveille que le testament musical
de cet homme divin


et la fin que l'on sent en germe dans le poème et qui ne s'accorde pas avec votre condamnation de très bas étage :

"How poor and stingy -
compared with Mozart's legacy -
is the Sermon on the Mount."

Comme est pauvre et petit
le Sermon sur la Montagne
en  comparaison du legs de Mozart.


Evgueny Kissin sur Mozart [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11970-01.03.2018-ITEMA_21602668-0.mp3" debut="34:07" fin="38:53"]  avec ce choix musical merveilleux :

♫ Wolfgang Amadeus MOZART
Quintette en La Maj K 581 : I. Allegro
Quatuor Prazak, Pascal Moragues (clarinette)  
PRAGA

et la fin de l'entretien sur "l'un des plus grands poètes yiddishs", Yankev Glatshteyn : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11970-01.03.2018-ITEMA_21602668-0.mp3" debut="38:53" fin="42:04"]


* Le discours d'un roi... du piano ! Evgeny Kissin se dévoile au sein de ce livre en forme de mémoires. Le pianiste nous confie l'importance de sa famille, sa vie de pianiste et de compositeur ou encore son amour de l'art.

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Foi religieuse sur goûts musicaux - le Ven 02 Mar 2018, 09:02

Philaunet(http://www.regardfc.com/t822p20-derriere-les-micros-de-france-musique#30244) a écrit:on donne des références sur ce que l'on attaque pour donner à autrui la possibilité de vérifier.
Bref... Musique matin Par Saskia de Ville le jeudi 1 mars 2018*.(...)
Le problème que je souligne est clairement énoncé dans l'extrait présenté, en français parfaitement audible, que voici à nouveau : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11970-01.03.2018-ITEMA_21602668-0.mp3" debut="39:30" fin="40:00"]. N'importe quel auditeur peut entendre cette association entre foi religieuse et goûts musicaux, qui ne suscite aucune remarque de la part de l'animatrice de l'émission. Ce lien entre deux domaines culturels parfaitement disjoints me paraît incompréhensible et nocif, pour dire le moins.

Par vos remarques, vous évitez soigneusement de nous dire ce que vous pensez de cette idéologie (foi => goûts musicaux), et pratiquez exactement comme le ferait une émission religieuse du dimanche matin de France Culture : un rideau de fumée d'"érudition cultivée" (analyse philologique, recherche bibliographique, problèmes de traduction etc.) permet de déplacer le débat et de ne pas s'interroger sur le contenu idéologique du message religieux clairement énoncé.

Passe encore pour une émission religieuse de FC : les religions ont obtenu de disposer d'un temps d'antenne justement pour pouvoir diffuser ce type de message (par exemple foi religieuse = goût musicaux), en le dissimulant derrière un rideau de fumée du "culture érudite". Mais sur FM, quelle excuse ?

Et vous, Philaunet, auditeur de France Musique, probablement mélomane, que pensez-vous de ce lien entre foi religieuse et goût musicaux ? pensez-vous que cela peut être dit sur FM sans être relevé ?

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Evgueny Kissin & le poète yiddish Yankev Glatshteyn - le Ven 02 Mar 2018, 09:29

La réponse de Ci-dessus est inattendue (quoique). Je m'attendais à un mea culpa, vu les erreurs factuelles et l'interprétation malveillante du post initial corrigé ici dans le post Yankev Glatshteyn sur Mozart.

Au contraire, je lis un enfoncement encore plus prononcé dans une tentative de condamnation d'un invité citant un poème de Yankev Glatshteyn sur Mozart. Eh bien ! Il va bientôt falloir interdire toute écoute et tout commentaire de Bach, Messiaen ou Pärt ! Cela me rappelle quelque moment de l'histoire...

Cette insistance est tellement ridicule que... je passe. Non sans vous avoir remercié d'avoir attiré notre attention, dans ce fil trop peu nourri, sur Evgueny Kissin, sur le poète yiddish Yankev Glatshteyn et indirectement sur le Quintette en La Maj K 581 de Wolfgang Amadeus MOZART (il faudra penser à interdire la diffusion et la discussion de sa Messe en ut mineur).

Je pars à la recherche d'interprétations de Kissin d’œuvres de Franz Liszt (mince encore un compositeur qu'il va falloir mettre à l'index vu qu'il était prêtre, comme Vivaldi, on n'en sort plus !), par exemple "Les 12 études d'Exécution Transcendante" (je conseille la dernière, "Le Chasse-Neige") ou encore les Préludes de Claude Debussy (zut, il a écrit Le Martyre de Saint Sébastien !) par exemple, toujours pour suivre la saison, "Des pas sur la neige".


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Re: Derrière les micros de France Musique - le Ven 02 Mar 2018, 11:13

@Philaunet a écrit:Au contraire, je lis un enfoncement encore plus prononcé dans une tentative de condamnation d’un invité citant un poème de Yankev Glatshteyn sur Mozart. Eh bien ! Il va bientôt falloir interdire toute écoute et tout commentaire de Bach, Messiaen ou Pärt ! Cela me rappelle quelque moment de l’histoire...

En effet, c'est à Lustucru que l'on doit le grand éclat de rire du jour Laughing On l'imagine sans peine au musée, chez les peintres italiens, tentant vainement de se masquer la vue de ces grandes oeuvres d'art à vecteur religieux, se scandalisant tout seul à la lecture des cartels mêlant histoire de l'art et histoire des religions, se plaignant aux gardiens de salles etc. Peut-être avons-nous à faire à un parodiste de longue haleine, du performance art poussé à un degré extrême de fastidieuse minutie ?

La leçon que l'on peut tirer, c'est que ce courant a malheureusement le vent en poupe : c'est l'inspection de conformité. France Culture, dans sa passion des causes féministes et identitaires, en vient à abandonner petit à petit sa vocation de transmission culturelle et de compréhension des oeuvres pour se poser en instance de déconstruction sociologique, nous expliquant qu'il peut être sain de décrocher des oeuvres car elles déplaisent à certains militants, qui y projettent leur propre fantasme de persécution. Le salut nous vient, comme souvent, d'une des références préférées de Lustucru (une admiration qui en devient souvent gênante, qu'il faut apprendre à tempérer) : Brice Couturier, qui pose cette question : Devons-nous censurer les chefs-d'oeuvre du passé en raison de leur caractère sexiste ?

On ne peut qu'encourager Lustucru à opérer un décloisonnement de son esprit, ouvrir des livres d'histoire de l'art, sortir de lui-même, accepter que des oeuvres, et des commentaires d'oeuvres sont incompréhensibles si on n'intègre pas toutes les dimensions de leur création et de leur interprétation. Comme souvent avec Lusctucru, c'est le parti de la fermeture contre l'ouverture, la vérification contre la compréhension, l'interdiction contre la liberté, l'indignation contre la curiosité. Curieux, tout de même, de s'enfoncer à ce point, comme dire dire "ah pardon, je ne suis pas fermé d'esprit, je suis extrêmement bouché, merci de saisir la nuance !"

Lustucru n'en sort pas grandi, mais grâce à lui, je vais écouter du Kissin toute la journée Siffle

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''Dialogues des Carmélites'' de Francis Poulenc - le Sam 03 Mar 2018, 20:21

Yann Sancatorze(http://www.regardfc.com/t822p20-derriere-les-micros-de-france-musique#30247) a écrit: c'est à L[...] que l'on doit le grand éclat de rire du jour Laughing On l'imagine sans peine au musée, chez les peintres italiens, tentant vainement de se masquer la vue de ces grandes œuvres d'art à vecteur religieux, se scandalisant tout seul à la lecture des cartels mêlant histoire de l'art et histoire des religions, se plaignant aux gardiens de salles etc. (...)
Pour ce qui est de France Musique, cachez ce décor que je ne saurais voir !



Patricia Petibon est Blanche de la Force, Droits  Vincent Pontet / Théâtre des Champs-Elysées

et bâillonnez-moi cette présentatrice Smile [son mp3="https://musiquesons-production.s3.amazonaws.com/rf_sons/2018/02/26/NET_5fd18efc-797e-451d-b9fd-a3a2b5fa9082_FM.mp3" debut="01:59" fin="03:02"]

"Dialogues des Carmélites", au Théâtre des Champs-Elysées Le dimanche 25 février 2018 (3h 30mn) Représentation donnée le mercredi 14 février 2018.

* Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc est un opéra en 3 actes sur un livret du compositeur et des mots de Georges Bernanos.
Créé en italien à la Scala de Milan en 1957 puis en français à l’Opéra de Paris, en juin de la même année.

Résumé

En avril 1789, avant même que le peuple ne fasse trembler la noblesse française, la jeune aristocrate Blanche de la Force vit déjà dans la peur. Rien ne la rassure, pas même le Carmel où elle veut trouver refuge.
Elle se rêve sœur Blanche de l’agonie du Christ mais la Terreur - qui se manifeste peu après la Révolution, force les portes du couvent, emprisonne les carmélites et les mène à la guillotine - n’est finalement rien d’autre que son cauchemar qui deviendrait réalité.
En fuite, cachée, repliée, en proie au vertige de la foi, elle finira, étrangement apaisée, par rejoindre ses carmélites à l’échafaud. Comme si sa vie n’avait servi qu’à apprivoiser la mort ?...

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Renaud Machart avec Marcel Quillévéré en 2011 - le Mar 24 Juil 2018, 10:17

Suite au post du 23 juillet sur l'exceptionnelle série estivale de Marcel Quillévéré, Carrefour des Amériques, retour sur le travail du producteur de France Musique en 2011 avec l'émission Les Traverses du temps .

Le mardi 20 septembre 2011 Marcel Quillévéré recevait son collègue Renaud Machart qui avait traversé toutes les tempêtes de France Musique depuis 1987, jusqu'à ce funeste été 2018 où Marc Voinchet vient d'interrompre une carrière unique de producteur de radio (cf. Renaud Machart, une mémoire radiophonique).

L'entretien avec Renaud Machart est extrêmement instructif sur la musique, l'art de la radio et sur son parcours personnel inspirant. C'est une écoute stimulante et émouvante.

Le motif de l'invitation était la publication d'un livre de Renaud Machart, " Le Magicien d'Aix". Gais, virevoltants, fourmillant de révélations, les "mémoires intimes" de Gabriel Dussurget (1904-1996), personnage mythique et central du monde de l'opéra dès l'après-guerre et créateur du Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence (en 1948) qu'il dirigea jusqu'en 1972. Actes Sud Beaux Arts Juin 2011.

En réalité, cette petite heure est l'occasion pour Renaud Machart de faire l'apologie de France Musique (qui le lui rend très mal en cet été 2018), de la manière dont celle-ci lui a permis de devenir musicien, critique musical, puis producteur de la station culturelle. Quel hommage ne rend-il pas à Dominique Merlet et ses émissions sur l'orgue !

Renaud Machart
pose aussi une réflexion sur ce qu'est une radio musicale, sur la relation avec les auditeurs. Voilà un homme qui devrait être à la direction des programmes ou à la tête de France Musique après 30 ans dans la maison. Au lieu de cela, il est viré, misère !

Une de ses suggestions, c'est la création d'un programme d'archives qui pourrait faire réentendre le fleuron des émissions passées. Eh oui, nous n'avons pas encore à France Musique de Philippe Garbit (+ équipe) comme à France Culture. Fred de Rouen s'en désolait, lui qui archivait précieusement, avec l'aide de l'ANPR, les grands moments culturels de la station musicale (ne parlons pas d'Henry Faÿe qui a enregistré des centaines d'émissions des années 1970 et 1980 sur cassettes, dont certaines sont en cours de numérisation par des fanas de l'archive).

Renaud Machart a la parole libre et parfois crue ce qui en fait un producteur indispensable. Au tout début de cet entretien (disponible sur demande, vu que ces émissions, audio et descriptif, ont disparu), il dit d'un air souriant, après avoir évoqué les 90 mails d'auditeurs lui réclamant avec des prudences oratoires les références à une chanson aux texte osé qu'il avait diffusée : "Et comme ailleurs, le cul, ça marche aussi très bien sur France Musique".

France Culture en a pris de la graine. Sans l'humour, sans le second degré, sans la culture.

Pour mémoire, Les Traverses du temps du 20 septembre 2011 :

Programmation musicale

  Boulez, Le marteau sans maître
Bande non commercialisée
 
  Louis Marchand
, Pièce pour orgue
avec les voix de Jean Boyer et Jacques Merlet
  Bande non commercialisée
  [Emission France Musique]
 
  Thierry Beauvert et Renaud Machart, Les blagues du 1er avril
[Emission France Musique]
 
  Monteverdi, Messa a quattro Voci
La chapelle Royale, direction Philippe Herreweghe
  [HMC 901 355]

  Richard Rodney-Bennet

Real men don't eat quiche
  [CD ODE 1292]

   Blossom Deary

 The Lady who lunch
  [BMD VOL.XVIII]

* Renaud Machart, né en 1962, est musicien et musicologue de formation (Conservatoire et Université de Tours). Ancien chanteur, il a aussi été directeur artistique d’un ensemble de musique contemporaine (Musique oblique) et de festivals (Festival estival de Paris, 1989-1992 ; série « Paris-New York » à New York, 1998-1999). Il a consacré des livres à Francis Poulenc (Cicero, 1993, Seuil, 1995), John Adams* (Actes sud, 2004) et Leonard Bernstein (Actes sud, 2007), traduit et présenté le Journal parisien de Ned Rorem (Editions du Rocher, 2003). Il vient de publier l’édition annotée des mémoires de Gabriel Dussurget, fondateur du Festival d’Aix-en-Provence (Le Magicien d’Aix, Actes Sud, 2011). Renaud Machart a collaboré à deux livres collectifs en anglais : The Proust Project (Farrar, Straus and Giroux, New York, 2004) et The John Adams Reader (Amadeus Press, 2006).
   Il est journaliste au service culture du quotidien Le Monde depuis 1994, producteur à France Musique depuis 1987 et a fondé et dirigé de 1992 à 2009 la collection de disques d’archives radiophoniques « Ina, mémoire vive ».


* John Adams
   Étrangement, la musique de John Adams (né en 1947), le compositeur américain vivant le plus joué dans le monde, n’a jamais fait à ce jour l’objet de la moindre étude. Voilà ce préjudice enfin réparé. Renaud Machard situe la trajectoire esthétique de John Adams dans le contexte de la musique américaine du XXème siècle, peu connue en France. Depuis les débuts « minimalistes », à l’orée des années 1970, jusqu’aux pièces les plus récentes comme la fresque chorale et orchestrale en hommage aux victimes du 11 septembre, les œuvres emblématiques de ce musicien prolifique sont ici étudiées, de même que ses récurrences stylistiques et les polémiques esthétiques et politiques qu’elles ont suscitées. Ce premier livre bénéficie en outre de la collaboration active du compositeur, que l’auteur a souvent rencontré depuis 1991.
   Actes Sud Beaux Arts / Classica
   Mars, 2004 / 10 x 19 / 160 pages
   ISBN 978-2-7427-4619-4

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