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Terre à terre de Ruth Stegassy    Page 1 sur 10

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Terre à terre de Ruth Stegassy - le Mer 07 Oct 2009, 09:32

Le 19 septembre, entretien de Ruth Stegassy avec Jean-Pierre Berlan,
ingénieur agronome et économiste.
En voici la transcription presque fidèle:


La sélection animale est à mettre en parallèle avec la sélection sociale.
Sélection des animaux, sélection sociale, la dynamique est (était ?) la même. Les plantes et les animaux se reproduisent gratuitement, c’est antagonique avec le système marchand. Dans le système marchand, les entrepreneurs veulent avoir le monopole de la reproduction. Le contrôle de l’hérédité est plus rapide pour les animaux que pour les plantes, parce qu’il est plus facile de contrôler les saillies des animaux.

Ce sont les aristocrates anglais qui au début du XVIIIe siècle ont introduit la sélection des animaux, celle-ci provient de la manie des courses de chevaux. Il y avait un enjeu économique. L’aristocratie anglaise s’ennuie dans ses îles, les courses de chevaux sont un dérivatif à l’ennui. On va introduire des étalons arabes, croisés avec des juments anglaises et on a créé la fameuse race du « pur sang » .On va fermer le « livre des origines » pour avoir un monopole. Il faut accroître la rentabilité, il y a aussi des raisons de prestige. Toute une industrie des courses se met en place. On va faire courir des animaux de plus en plus légers, de plus en plus jeunes. On introduit le système de pedigree, c’est une vision très aristocratique. Seuls les animaux qui appartiennent à la lignée peuvent être inscrits.

C’est le même système que celui de la transmission de la richesse chez les aristocrates.
Dans le domaine des animaux de ferme il y a de grands éleveurs anglais, les Beckwell, les Collins, ce sont les fondateurs des races modernes. Très bon livre de Russel sur la question. En fait, c’est vraiment du vent. Il est facile de manipuler les conditions d’environnement. Ces éleveurs savaient très bien nourrir leurs animaux, ils étaient de très bons maquignons et s’y connaissaient dans la mise en scène. C’était des gens qui avaient une très bonne connaissance des marottes de leur temps, ils savaient se plier aux désires de la gentry.
Ils les présentaient les animaux aux acheteurs émerveillés avec une mise en scène extraordinaire, les peintres animaliers concouraient à cette foire aux illusions.

Il est très difficile de connaître la valeur d’un animal dont on vous vante les qualités
Si vous n’êtes pas content de votre animal, on aura beau jeu de vous dire que vous n’avez pas fait tout ce qu’il fallait pour en tirer le meilleur. Personne ne pourra démontrer que le magnifique travail de sélection a foiré. Il y a une terrible asymétrie d’information. Les méthodes statistiques qui permettront d’y voir clair vont venir au premier quart du XXe siècle, avant cela, aucun moyen de savoir.


Il y a eu un discours sur la génétique qui était une rétro-projection ( ?) des pratiques des éleveurs. Eux aussi vont instaurer des monopole sur les races ; ils vont fermer les pedigrees. Derrière tout ça, il y a des conceptions platoniciennes, l’idée que derrière la variabilité se cache une essence. C’est Darwin qui va renverser tout ça. Donc cette petite coterie mafieuse de sélectionneurs joue sur l’essence de la race, fait valoir la coloration, le pelage, ce qui n’a rien à voir avec les performances des animaux. Les chevaux de course ne courent pas plus vite que du temps de x ( ?). Tout ça ne marchait pas.

Le vent nouveau est venu du Danemark, les Danois ont introduit une sélection sur la descendance ; la valeur d’un reproducteur est estimée sur sa descendance. C’est une application de « l’utilitarisme bourgeois » qui remet en cause la conception des aristocrates anglais.
Jean-Pierre Berlan passe aux animaux domestiques, ceux-ci sont dégénérés. Les cockers jadis admirables chiens de chasse sont devenus mordeurs, caractériels. Le plus facile, c’est la « beauté », des critères qui ne servent à rien. Toutes les deux sélections ascendante et descendante se sont fourvoyées.

Il y a eu une sélection qui s’est faite au cours des siècle, la vraie, la bonne, c’est la sélection paysanne qui a abouti à des races magnifiques : les blondes d’Aquitaine, les salers, les charolaises, les tarines, la gascogne, qui sait échapper aux ours. Des générations et des générations de paysans y ont concouru. Idem dans le monde végétal, blé, riz, plantes potagères.
Les gangsters des multinationales agro-toxiques veulent s’approprier ce travail. Ils opèrent la transformation en marchandise de l’hérédité. Question qu’ils se posent : comment vais-je pouvoir me débarrasser de l’agriculteur ?

Les rendements du blé ont énormément progressé, de quelques quintaux sous l’ancien régime à une douzaine dans les années vingt, et dans les années cinquante, courbe qui se redresse verticalement multiplication par cinq. La volonté de moderniser l’agriculture a abouti à son industrialisation : tracteurs , engrais dérivés des explosifs, pesticides issus de la chimie des gaz de combats, on est dans une agriculture de guerre .

Il faut séparer la production de la reproduction (répété plusieurs fois au cours de l’exposé) pour permettre à un certain nombre de gens de faire de profits. Cette agriculture moderne est une culture de guerre. Le système agro-industriel fait la guerre aux insectes, c’est une guerre à la vie. La contraire de ce que devrait être une véritable productivité. Les vaches dans ce système sont des usines à lait. Selon un sélectionneur américain, le seul moyen de mouiller légalement le lait, c’est la vache Holstein, machines à pisser le lait. On continue à parler de lait, ce n’est pas du lait. On dit tomates ; 80% des tomates vendues en France poussent sur un substrat articiciel, je cherche un mot, ce sont des pétro-tomates ; on est dans une pétro-agriculture.

C’est depuis la deuxième guerre mondiale que le processus s’est emballé. Le paysan produisait de blé, maintenant on transforme les pesticides en pain Jacquet. On est dans un système agro-industriel. Derrière tout ça, il y a l’application des principes industriels au monde vivant, c’est tout à fait mortifère. Ça fait longtemps qu’on ne cultive plus de variétés de plantes ; du fait qu’elle est hétérogène et instable, la variété ne peut pas être l’objet d’un droit de propriété. Ce qu’on peut en revanche marchandiser, ce sont les copies d’un modèle de plante qui a fait l’objet d’un dépôt dans un organise officiel, ce sont des clones. On retrouve la logique des fameux purs sang arabes. Un clone qui est un mort vivant peut faire l’objet d’un droit de propriété.

C’est ainsi que se développe une pression continue pour arracher le contrôle de l’hérédité ; d’un bien collectif, faire un bien privé. Les marchands agro-toxiques, marchands de produits en « cide ». Par l’intermédiaire du droit de brevet on leur confie l’avenir du biologique. Le mouvement d’expropriation de la vie est sur le point d’être achevé, grâce à l’union européenne. La confiscation de la vie, c’est la confiscation du travail de générations et de générations centaines de générations de paysan. C’est l’application au monde vivant du système industriel. Cette application du modèle industriel au monde vivant introduit uniformité et homogénéité. Deux entreprises dans le monde contrôlent la génétique des volailles. Les conséquences sont désastreuses. Cela accroît les risques de pandémie, grippes aviaires, grippes porcines. On assiste à une collision entre une logique industrielle et une logique de la vie, logique de la diversité.

Rutl Stegassy : mais le travail de la sélection paysanne n’est pas mort. Peut-on imaginer un retournement de la situation ?
Jean-Pierre Berlan :
Mais la logique d’appropriation est toujours à l’œuvre. Elle est inhérente au système du capitalisme industriel. L’idée qu’on pourrait aménager des espaces de liberté dans ce système ne tient pas. La logique interne, elle est là. Elle ne cessera qu’avec la fin du capitalisme industriel.
Je pose la question à des auditoires à des étudiants : qu’est-ce que produit Peugeot ? Des voitures ? Mais non, Peugeot produit des profits ; les voitures, c’est un prétexte. Le but dominant de la société, qui la structure en profondeur c’est la production de profits. La production des profits est antagonique avec la production de vie.

Ruth Stegassy : sélection ascendante, sélection descendante, mais on est passé à autre chose, les multinationales. Comment caractériser ce processus ?

Jean-Pierre Berlan : il y a une volonté d’objectiver, de donner une logique interne aux choses. La sélection est faite par les sélectionneurs, c’est un milieu social qui a s’est constitué autour des livres des origines. On voit bien que l’utilitarisme bourgeois s’est heurté aux scientifiques. Les scientifiques n’aboutissaient à rien en matière de productivité, il y a un milieu social derrière, les scientifiques sont obligés de composer avec ce milieu.
Au Salon de l’agriculture, on continue à pratiquer les vieilles méthodes de sélection ascendante « aristocratique », médiatisées par les « concours de beauté », toujours l’idée d’une certaine essence, rien à voir avec des critères de productivité.
Il y a donc confrontation entre des gens qui prétendre avoir des attitudes scientifiques et le terreau social dans lequel ils essayent d’imposer des choses nouvelles. Comment ça se résoud, ça dépend des luttes de pouvoir.

Une idée baroque, c’est que les décisions devraient être prises sur des sur des bases scientifiques. La science, ce n’est pas grand-chose dans la domaine de la biologie. On ne sait rien de la façon dont on passe de l’œuf à l’organisme, on ne sait pas non plus
comment les protéines se plient dans l’espace pour donner les tissus. On n’en sait rien.
Vous avez des crétins qui jouent avec ce genre de choses alors qu’ils n’y connaissent rien.
On parle sans arrêt des progrès de la biologie moléculaire, c’est un effet de propagande.

On pourrait faire autrement. On peut obtenir le même résultat avec des méthodes naturelles
L’agro-écologie produit des choses prodigieuses. On parle très peu des agro-éco systèmes extrêmement performants, on n’en parle pas. Des choses admirables ont été faites. Passer à une agriculture biologique c’est possible. Pour ça, il faudrait de vrais agriculteurs, pas des bourrins.

Question de Ruth Stegassy le langage n’est-il pas important ?

Jean-Pierre Berlan : c’est fondamental. Nous sommes dans une société de corruption du langage. Il ne faut pas dire OGM. Si vous dites OGM vous êtes coincés vous allez voir arriver la propagande qui vous dira que l’humanité a toujours modifié les plantes.
Il faut dire Clones Pesticides Brevetés .
On dit variété alors qu’il s’agit des clones. Dans ce cas, qu’est ce que vous voulez penser ? Vous êtes perdus.
Quand on entend privilège des agriculteurs de semer ce qu’ils ont récolté, c’est les gens qui veulent séparer le production de la reproduction qui disent ça.

Donc la prochaine fois, vous irez arracher non pas des OGM mais des clones pesticides brevetés.

Henry

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la fée électricité - le Dim 08 Aoû 2010, 23:23

Ruth Stegassy une fois n’est pas coutume s’est permis une escapade dans le domaine de la rêverie et du fantastique. Le 20 mars dernier, (émission rediffusée hier), elle s’entretenait avec Lilas Nord de la fée électricité au XIXe siècle ou comment l’arrivée de l’électricité a sérieusement chauffé les méninges des romanciers de l’époque.

Quand l’électricité a été découverte, mais les étapes de cette découverte et de sa diffusion n’ont pas été rappelées, c’est le plus épais mystère qui entourait ce phénomène la plupart du temps invisible. Maxime Du Camp, ami et compagnon de débauche de Flaubert incitait les poètes à abandonner leurs thèmes mythologiques trop désuets pour célébrer la science et chanter le progrès.

Lilas Nord a évoqué quelques auteurs inconnus, nonobstant doués d’une imagination plus que débordante. C’est l’époque où la science était pour les écrivains une source inépuisable d’inspiration et il n’y avait pas que Jules Vernes.

Deux thèmes se partagent l’imagination des romanciers : celui de la conquête de la nouvelle force avec réactivation du mythe prométhéen et celui d’une divinité nouvelle. On a vu apparaître toutes sortes de figures démiurgiques pas toujours rassurantes.

Dans son roman Xipéhuz, l’ écrivain d’origine belge, Rosny l’aîné un des créateurs de la science fiction imagine que des créatures électriques, des entités extraterrestres, bourrées d’énergie débarquent un jour auprès d’hommes préhistoriques. Ces envahisseurs d’un nouveau type sont bien décidés à anéantir les autochtones mais l’un d’entre eux éprouve à leur égard une certaine curiosité ce qui donnera à leur visite un cours différent.

Villiers de l’Île Adam imagine l’andréide, une femme parfaite, aussi intelligente que belle, son corps est mécanique, et elle est reliée à une vraie femme plongée dans un sommeil prolongé qui lui procure son humanité, je doute que le dispositif soit très commode.

Dans le roman tintinesque Docteur mystère de Paul d’Ivoi, un électricien, au cours d’un aventureux voyage en Inde, réussit en mobilisant des phénomènes électriques à se faire passer pour le fils de Vichnou et c’est ainsi qu’il circonvient une secte pas très sympathique.

Albert Robida, illustrateur prodigieux, imagine des instruments merveilleux tels les aspirateurs de nuages. Il fait preuve de bonnes capacités d’anticipation avec son téléphonoscope, vidéo projetée en direct sur écran et sa guerre miasmatique et il est un assez bon anticipateur pour pester à l’avance contre les inconvénients des nouvelles machines, ces téléphones qui nous empoisonnent la vie en faisant dring dring etc.




Le Comte Didier de Chousy fait paraître en 1883 un roman, Ignis. Tous les thèmes de la Science fiction s’y retrouvent, les îles artificielles, les voyages interplanétaires, le mythe d’Adam, le puits creusé au centre de la terre etc. Dans ce roman, les atmophiles, machines qui se sont saoulées à l’électricité se révoltent contre leurs créateurs. Les machines sont sexuées et les femelles sont encore plus redoutables que les mâles. Vous ne pouvez pas imaginer toutes les ordures que peut contenir la panse d’une balayeuse en état d’ivresse, c’est quelque chose qu’il vaut mieux ne pas entendre. Et les ingénieurs se sont mordus les doigts d’avoir forcé la dose d’instinct introduit dans les machines. C’est la première apparition de ce grand thème de la SF. L’identité de ce Comte Didier de Chousy, qui n’a pas écrit d’autre livre est douteuse, il pourrait bien s’agir d’un pseudonyme

Dans la Babylone électrique d’Albert Bleunard , on voit un électricien illuminé, car la science a les siens, se faire rendre un culte par des adeptes vêtus comme des moines.

Gustave le Rouge imagine une île sur la planète Mars avec en son milieu un immense cerveau alimenté par des poteaux électriques qui récupèrent la foudre.

Le thème de l’électricité, bénéfique, maléfique est l’objet de variations à l’infini. L’électricité est une énergie universelle qui parcourt les corps, les corps des humains et ceux des institutions et qui doit apporter l’harmonie. Camille Flammarion raconte l’histoire de deux amoureux qui doivent leur rencontre à des flux d’électricité très bien disposés. Ce n’est que vers 1914 que le phénomène s’étant banalisé ne stimule plus les imaginations.

Tout cela est très réjouissant et cette émission est une incitation à aller dans les librairies à la recherche des livres des auteurs cités.

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Les vertus de la foudre (© Michel Onfray, un soir qu’il débranchait sa livebox) - le Lun 09 Aoû 2010, 14:41

"Gustave le Rouge imagine une île sur la planète Mars avec en son milieu un immense cerveau
alimenté par des poteaux électriques qui récupèrent la foudre".


Le land-artiste américain Walter De Maria a livré en 1977 son Lightning Field au Nouveau-Mexique :
400 poteaux métalliques plantés dans un rectangle d'un kilomètre sur un mile.

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L'agriculture et la forêt: approche inédite - le Mer 08 Sep 2010, 19:55

Terre à terre du 4/09/2010
Geneviève Michon est ethnobotaniste
Elle a étudié les divers modes de "culture" de la forêt dans le monde.

Les forêts aménagées des agriculteurs ou des pasteurs sont différentes des forêts gérées par des forestiers ou des forêts naturelles.
En Europe occidentale,jusqu'au 13ème siècle, ces forêts exploitées par les agriculteurs sont dites " forêts paysannes". On y cultivait des céréales et on y faisait paître les animaux. Les feuilles mortes étaient ramassées pour la litière, le bois pour le feu.C'était une agriculture de rotation de 2-3 ans et avec jachère: boisée, forestée, buissonnante.
Donc la forêt pouvait présenter trois aspects : l'ager( le champ labouré), le saltus( servant au paturage), la silva (plus boisée).
Dès le 13ème siècle, Philippe le Bel a réglementé l'utilisation de la forêt en raison des trop nombreux conflits d'usage entre les seigneurs et les paysans-serfs : il crèe le corps des forestiers.
La révolution industrielle a tout changé : l'assolement triennal (sans jachère) est introduit,. et la migration des paysans vers les villes commence.
L'hortus(le jardin) c'est autre chose. On est autour de la Méditerranée ou.dans les pays du Sud. On ne trouve pas d'ager dans les pays tropicaux (Jacques Barrau(botaniste et anthropologue). On emploie donc le terme de jardin. C'est un
mélange de tout : céréales, légumes, fruits, etc
C'est à partir du moment où jacques Barrau a nommé cet espace boisé cultivé: "jardin", que l'on s'est mis à le voir.. Ce n'est pas la forêt "paysanne", c'est un tout indifférencié qui ne fait pas partie du classement en forêt primaire, secondaire, etc
En effet,on a transposé l' administration forestière des pays occidentaux où la forêt paysanne était un non-objet , aux pays tropicaux. .
En Indonésie, la forêt colonise les 4/5 ème du territoire. On connait la forêt primaire, la forêt secondaire mais ce qui est cultivé ou récolté dans les forêts n'est pas répertorié et les agriculteurs ayant créé ces forêts domestiques n'ont pas de droits sur elles. car elles sont invisibles dans la législation.On véhicule l'idée de forêt vierge alors qu'en fait, il n'existe quasiment plus de forêt primaire : cette soi-disant forêt vierge est cultivée mais cela ne se voit pas car les arbres ne sont pas alignés, les plantes sont multiples: tubercules comme l'igname, manioc, céréales, arbres fruitiers, lianes comme le rotin.Elle apporte aux hommes la nourriture journalière et les fruitiers et les grands arbres sont une assurance pour l'avenir, pour eux et les générations futures.La biodiversité est une assurance envers les aléas climatiques ou la survenance de maladies des hommes qui empêchent d'aller cultiver, les parasites et maladies des végétaux.
En Indonésie, on cultivait ainsi en forêt, toutes les épices,les résines, le caoutchouc, objets de commerce international..Jusqu'au début des années 2000, tous ces produits provenaient de la forêt domestique. Mais depuis dix ans , le rouleau compresseur de la modernisation est en train de transformer cette agroforesterie en plantations monospècifiques de palmiers à huile et d'hévéas.

Retournons à la forêt des pays tempérés, occidentaux.
Dans la forêt paysanne, pas de gros arbres
Dans la forêt des forestiers : gros arbres, nettoyage.
Maintenant la foresterie scientifique ne peut reconnaître cette forêt colonisée par des cultures. Les agronomes non plus, ne la reconnaissent pas: ils ont été formés au départ (au 19ième) en Ile de France et ils aiment les cultures bien ordonnées, ils sont héritiers des Encyclopédistes qui ont introduit l'idée d'une agriculture rationnelle. Il fallait voir des lignes, des champs labourés (ager)
Et pourtant dans les pays du pourtour méditerranéen, les cultures se faisaient dans des espaces boisés avec élevage et différentes cultures. Les agronomes ne pouvaient pas voir ça! C'étaient des cultures de fainéants (Corse) .
Autre tendance des pays du Nord: dans ces pays et notamment en Amérique du Nord et au Canada, les forêts s'étalent sur de vastes espaces restés très sauvages .On y trouve beaucoup d'adeptes de cette philosophie anglo-saxonne qui prescrit de ne pas toucher à la forêt qui doit conserver sa sauvagerie(wilderness).
Ainsi ,les occidentaux ont réprouvé l'emploi du feu qui dégraderait l'écosystème forestier. Or,, on s'est aperçu que le brûlis fait partie de la rotation et que la jachère s'étend sur dix, vingt ans ou plus.Elle est surveillée, plantée et en fait, tout cela est très rationnel.. Alors que pendant l'époque coloniale et maintenant encore, on a fait déguerpir les populations pour éviter cette culture sur brûlis et créer des réserves naturelles.Mais on s'est aperçu que ces populations revenaient!
Après la Conférence de Rio, on s'est interrogé sur cette pratique et on a observé qu'en fait elle favorisait la biodiversité.
Geneviève Michon termine son exposé en parlant de la forêt d' arganiers( pour la production d''huile d'argan) du sud-ouest marocain.Des instances internationales et notamment des ONG ont répandu l'idée qu'elle était en voie de dégradation, de surexploitation. Or, G. Michon s'élève contre cette affirmation ; cette forêt est intelligemment exploitée par les femmes et les hommes et le broyage à la main par les femmes n'existe quasiment plus: ce sont des machines qui font le boulot.

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Jeu 21 Oct 2010, 10:35

Terre à terre- 16/10/10
Conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique à Nagoya (Japon)
“La finance à l’assaut de la biosphère”
avec Françoise Degert et Agnès Bertrand
Depuis un certain temps, Ruth Stegassy a pris de la hauteur et abandonne volontiers les jardiniers du dimanche, à leurs petites recettes bio pour protéger les rosiers ou avoir de beaux potimarrons. Nous ne partageons plus aussi souvent les’enthousiasmes des acheteurs des AMAP, des constructeurs de maisons bioclimatiques ou de villages écologiques, les terribles compte-rendus de certaines associations et elle aborde des problèmes aux solutions plus politiques (sur l’élevage, la forêt etc) . On a parfois de bons documentaires sur nombre de réalités que vivent les agriculteurs, tout cela en interviewant par exemple des chercheurs de l’INRA ou des groupements d’agriculteurs qui se démènent.,des géographes...etc
Ce rôle de lien qu’elle mène entre des réseaux, des expérimentations, des associations est utile mais c’est un peu toujours la même ritournelle: on fait des choses formidables, tout va bien entre nous,les bios. “Tout ce qui est réalisé par des institutions(INRA par exemple) est orchestré par les lobbys. de la chimie et de l’agroalimentaire” il y a du vrai dans cette affirmation mais répéter cela dans notre petit espace hexagonal empêche de se rendre compte de ce qui se passe dans les lieux où se prennent les décisions pour les politiques à long terme sur l’agriculture et l’environnement....
Cette fois, elle a choisi de parler de la Conférence de Nagoya, ( 18 au 29 octobre) avec Françoise Degert et Agnès Bertrand. C’est un peu tard, car les informations délivrées par cette journaliste et cette spécialiste de la finance sont parues dans le blog de F. Degert dans Mediapart du 30/07/10 et 31/07/10. Il faut aller sur ce site car je fais ici un résumé qui ne permet pas de rendre compte de toute la complexité du projet.

http://www.mediapart.fr/club/blog/francoise-degert/300710/la-nature-nouvel-actif-financier

Or ces informations sont de la plus haute importance pour le devenir de toutes les ressources biologiques de la planète, puisqu’un processus a été enclenché pour que tous les 31 écosystèmes répertoriés, répartis en 4 catégories soient financiarisés:
première catégorie: approvisionnement en matières premières, pêche, etc
deuxième catégorie:les supports, la structure des sols
troisième catégorie: la régulation du climat,l’ eau
quatrième catégorie: services culturels, les savoir-faire culinaires ou pour soigner
Le marché serait là pour régulariser la perte de la biodiversité, il se calquerait sur le marché du carbone. C’est ce qui a commencé à germer à partir de 2007 dans l’esprit de ceux qui veulent la protéger , après que l’inventaire ait été terminé (2005)
Les aires protégées vont servir d’actif financier. On peut échanger une aire protégée contre une dette : le Brésil l’a déjà fait pour sa forêt atlantique et le Sertao contre l’effacement de sa dette envers les Eintervenir stats Unis.(60 millions de dollars)
carbone.

Cette cartographie mondiale des “services écosystémiques”(selon le jargon utilisé) a été établi sur toute la planète par 1300 scientifiques, sponsorisés par les fonds d’investissements, sous l’égide de l’ONU. Elle a pour nom Géo Band.
L’ONU a supervisé ce travail après la Conférence de Rio.

Pour quel motif, les grandes banques comme Goldman sachs, Morgan Stanley, sont-elles autant intéressées? sans doute parce que la convention sur la biodiversité était trop bien faite: en 2020, toutes les subventions pour des opérations susceptibles de nuire à la biodiversité (installations pétrolières, extractions de produits miniers, industries agroalimentaires) doivent être supprimées.Ce serait un coup très dur pour elles.
Donc elles vont demander la gestion globale de tous les écosystèmes.
Les grandes ONG sont allées chercher les grands financiers croyant qu’ils allaient les aider à protéger la biodiversité. Elles se font flouer.
Agnès Bertrand : “il s’agit de déposséder la COB (convention on biological diversity) de son mandat propre pour que cet organe -que l’on veut concocter à Nagoya -devienne l’autorité de référence scientifique mais aussi politique sur le plan international et régional”.

Tout cela n’e nous promet pas des lendemains qui chantent .” Entre la finance et l’écologie, il y a quelque chose d’hybride de très mauvais aloi qui échappe aux Terriens, aux populations, aux politiques”.
Mais malgré tout, Agnès Bertrand est relativement optimiste car un certain nombre de pays devraient s’y opposer vigoureusement.

Agnès Bertrand est l’auteur de “OMC, le pouvoir invisible” chez Fayard
Seconde émission sur le sujet: le 23/10

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Jeu 21 Oct 2010, 11:27

ah! justement, on discute de Nagoya en ce moment chez Florian Delorme

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Ven 12 Nov 2010, 13:19

Avec un titre pareil Ruth Stegasy aurait du se méfier car quelque fois elle et ses invités sont un peu trop terre à terre ! Rappelons que c'est L.A. Woman elle-même (Laure Adler) qui a proposé à R.S. d'animer ou produire c'est selon cette émission. Avant elle nous faisait un Carrousel (de mots, de littérature enfantine, …) et c'était vraiment très bien.

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Ven 12 Nov 2010, 15:53

Je trouve un peu pénible cette tendance à considérer "qu'avant, tout était toujours très bien". Il y a quand même pas mal d'émission de FC d'avant LA qui était nulle, ou que l'on a carrément oublié avec bonheur. Certaines émissions de RS vous intéressent probablement moins que les autres, certes, mais ce devait être la même chose pour sa précédente émission.

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Ven 12 Nov 2010, 16:03

Vous avez raison 411, je me suis juste demandé à l'époque comment on pouvait passer de la littérature jeunesse à l'écologie. Les premiers mois furent assez plats mais RS… creusait son sillon. Bien sûr certaines sont moins intéressantes mais son angle politique est très marqué. Surprenant qu'on puisse animer une émission quand on ne connaît que ce qui en tant que citoyen nous concerne ? Vous le feriez vous passer de la Jeunesse à l'écologie ?
Moi pas. Ça n'enlève rien à RS. Mais quelques contradicteurs dans son émission seraient les bienvenus !

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Ven 12 Nov 2010, 16:37

(pardon pour les fôte d'ortograffe dans mon précédent message). Comme Nessie vous l'a déjà fort justement expliqué précédemment à un autre sujet, l'argument de l'inexpérience est un peu court, et me paraît un travers bien franchouillard. La conviction, l'ouverture d'esprit, l'intérêt pour le sujet (la passion?), sont probablement des moteurs bien plus puissant en matière radiophonique que les diplômes et les médaille.

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