Forum des auditeurs passionnés et critiques de France Culture

france culturelongpont demainGoogle

Le forum des auditeurs critiques de France Culture

 


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant

Accueil / France Culture

Répondre au sujet

Terre à terre de Ruth Stegassy    Page 4 sur 10

Bas de page ?   

1
Répondre en citant  
Terre à terre de Ruth Stegassy - le Mer 07 Oct 2009, 09:32

Rappel du premier message :

Le 19 septembre, entretien de Ruth Stegassy avec Jean-Pierre Berlan,
ingénieur agronome et économiste.
En voici la transcription presque fidèle:


La sélection animale est à mettre en parallèle avec la sélection sociale.
Sélection des animaux, sélection sociale, la dynamique est (était ?) la même. Les plantes et les animaux se reproduisent gratuitement, c’est antagonique avec le système marchand. Dans le système marchand, les entrepreneurs veulent avoir le monopole de la reproduction. Le contrôle de l’hérédité est plus rapide pour les animaux que pour les plantes, parce qu’il est plus facile de contrôler les saillies des animaux.

Ce sont les aristocrates anglais qui au début du XVIIIe siècle ont introduit la sélection des animaux, celle-ci provient de la manie des courses de chevaux. Il y avait un enjeu économique. L’aristocratie anglaise s’ennuie dans ses îles, les courses de chevaux sont un dérivatif à l’ennui. On va introduire des étalons arabes, croisés avec des juments anglaises et on a créé la fameuse race du « pur sang » .On va fermer le « livre des origines » pour avoir un monopole. Il faut accroître la rentabilité, il y a aussi des raisons de prestige. Toute une industrie des courses se met en place. On va faire courir des animaux de plus en plus légers, de plus en plus jeunes. On introduit le système de pedigree, c’est une vision très aristocratique. Seuls les animaux qui appartiennent à la lignée peuvent être inscrits.

C’est le même système que celui de la transmission de la richesse chez les aristocrates.
Dans le domaine des animaux de ferme il y a de grands éleveurs anglais, les Beckwell, les Collins, ce sont les fondateurs des races modernes. Très bon livre de Russel sur la question. En fait, c’est vraiment du vent. Il est facile de manipuler les conditions d’environnement. Ces éleveurs savaient très bien nourrir leurs animaux, ils étaient de très bons maquignons et s’y connaissaient dans la mise en scène. C’était des gens qui avaient une très bonne connaissance des marottes de leur temps, ils savaient se plier aux désires de la gentry.
Ils les présentaient les animaux aux acheteurs émerveillés avec une mise en scène extraordinaire, les peintres animaliers concouraient à cette foire aux illusions.

Il est très difficile de connaître la valeur d’un animal dont on vous vante les qualités
Si vous n’êtes pas content de votre animal, on aura beau jeu de vous dire que vous n’avez pas fait tout ce qu’il fallait pour en tirer le meilleur. Personne ne pourra démontrer que le magnifique travail de sélection a foiré. Il y a une terrible asymétrie d’information. Les méthodes statistiques qui permettront d’y voir clair vont venir au premier quart du XXe siècle, avant cela, aucun moyen de savoir.


Il y a eu un discours sur la génétique qui était une rétro-projection ( ?) des pratiques des éleveurs. Eux aussi vont instaurer des monopole sur les races ; ils vont fermer les pedigrees. Derrière tout ça, il y a des conceptions platoniciennes, l’idée que derrière la variabilité se cache une essence. C’est Darwin qui va renverser tout ça. Donc cette petite coterie mafieuse de sélectionneurs joue sur l’essence de la race, fait valoir la coloration, le pelage, ce qui n’a rien à voir avec les performances des animaux. Les chevaux de course ne courent pas plus vite que du temps de x ( ?). Tout ça ne marchait pas.

Le vent nouveau est venu du Danemark, les Danois ont introduit une sélection sur la descendance ; la valeur d’un reproducteur est estimée sur sa descendance. C’est une application de « l’utilitarisme bourgeois » qui remet en cause la conception des aristocrates anglais.
Jean-Pierre Berlan passe aux animaux domestiques, ceux-ci sont dégénérés. Les cockers jadis admirables chiens de chasse sont devenus mordeurs, caractériels. Le plus facile, c’est la « beauté », des critères qui ne servent à rien. Toutes les deux sélections ascendante et descendante se sont fourvoyées.

Il y a eu une sélection qui s’est faite au cours des siècle, la vraie, la bonne, c’est la sélection paysanne qui a abouti à des races magnifiques : les blondes d’Aquitaine, les salers, les charolaises, les tarines, la gascogne, qui sait échapper aux ours. Des générations et des générations de paysans y ont concouru. Idem dans le monde végétal, blé, riz, plantes potagères.
Les gangsters des multinationales agro-toxiques veulent s’approprier ce travail. Ils opèrent la transformation en marchandise de l’hérédité. Question qu’ils se posent : comment vais-je pouvoir me débarrasser de l’agriculteur ?

Les rendements du blé ont énormément progressé, de quelques quintaux sous l’ancien régime à une douzaine dans les années vingt, et dans les années cinquante, courbe qui se redresse verticalement multiplication par cinq. La volonté de moderniser l’agriculture a abouti à son industrialisation : tracteurs , engrais dérivés des explosifs, pesticides issus de la chimie des gaz de combats, on est dans une agriculture de guerre .

Il faut séparer la production de la reproduction (répété plusieurs fois au cours de l’exposé) pour permettre à un certain nombre de gens de faire de profits. Cette agriculture moderne est une culture de guerre. Le système agro-industriel fait la guerre aux insectes, c’est une guerre à la vie. La contraire de ce que devrait être une véritable productivité. Les vaches dans ce système sont des usines à lait. Selon un sélectionneur américain, le seul moyen de mouiller légalement le lait, c’est la vache Holstein, machines à pisser le lait. On continue à parler de lait, ce n’est pas du lait. On dit tomates ; 80% des tomates vendues en France poussent sur un substrat articiciel, je cherche un mot, ce sont des pétro-tomates ; on est dans une pétro-agriculture.

C’est depuis la deuxième guerre mondiale que le processus s’est emballé. Le paysan produisait de blé, maintenant on transforme les pesticides en pain Jacquet. On est dans un système agro-industriel. Derrière tout ça, il y a l’application des principes industriels au monde vivant, c’est tout à fait mortifère. Ça fait longtemps qu’on ne cultive plus de variétés de plantes ; du fait qu’elle est hétérogène et instable, la variété ne peut pas être l’objet d’un droit de propriété. Ce qu’on peut en revanche marchandiser, ce sont les copies d’un modèle de plante qui a fait l’objet d’un dépôt dans un organise officiel, ce sont des clones. On retrouve la logique des fameux purs sang arabes. Un clone qui est un mort vivant peut faire l’objet d’un droit de propriété.

C’est ainsi que se développe une pression continue pour arracher le contrôle de l’hérédité ; d’un bien collectif, faire un bien privé. Les marchands agro-toxiques, marchands de produits en « cide ». Par l’intermédiaire du droit de brevet on leur confie l’avenir du biologique. Le mouvement d’expropriation de la vie est sur le point d’être achevé, grâce à l’union européenne. La confiscation de la vie, c’est la confiscation du travail de générations et de générations centaines de générations de paysan. C’est l’application au monde vivant du système industriel. Cette application du modèle industriel au monde vivant introduit uniformité et homogénéité. Deux entreprises dans le monde contrôlent la génétique des volailles. Les conséquences sont désastreuses. Cela accroît les risques de pandémie, grippes aviaires, grippes porcines. On assiste à une collision entre une logique industrielle et une logique de la vie, logique de la diversité.

Rutl Stegassy : mais le travail de la sélection paysanne n’est pas mort. Peut-on imaginer un retournement de la situation ?
Jean-Pierre Berlan :
Mais la logique d’appropriation est toujours à l’œuvre. Elle est inhérente au système du capitalisme industriel. L’idée qu’on pourrait aménager des espaces de liberté dans ce système ne tient pas. La logique interne, elle est là. Elle ne cessera qu’avec la fin du capitalisme industriel.
Je pose la question à des auditoires à des étudiants : qu’est-ce que produit Peugeot ? Des voitures ? Mais non, Peugeot produit des profits ; les voitures, c’est un prétexte. Le but dominant de la société, qui la structure en profondeur c’est la production de profits. La production des profits est antagonique avec la production de vie.

Ruth Stegassy : sélection ascendante, sélection descendante, mais on est passé à autre chose, les multinationales. Comment caractériser ce processus ?

Jean-Pierre Berlan : il y a une volonté d’objectiver, de donner une logique interne aux choses. La sélection est faite par les sélectionneurs, c’est un milieu social qui a s’est constitué autour des livres des origines. On voit bien que l’utilitarisme bourgeois s’est heurté aux scientifiques. Les scientifiques n’aboutissaient à rien en matière de productivité, il y a un milieu social derrière, les scientifiques sont obligés de composer avec ce milieu.
Au Salon de l’agriculture, on continue à pratiquer les vieilles méthodes de sélection ascendante « aristocratique », médiatisées par les « concours de beauté », toujours l’idée d’une certaine essence, rien à voir avec des critères de productivité.
Il y a donc confrontation entre des gens qui prétendre avoir des attitudes scientifiques et le terreau social dans lequel ils essayent d’imposer des choses nouvelles. Comment ça se résoud, ça dépend des luttes de pouvoir.

Une idée baroque, c’est que les décisions devraient être prises sur des sur des bases scientifiques. La science, ce n’est pas grand-chose dans la domaine de la biologie. On ne sait rien de la façon dont on passe de l’œuf à l’organisme, on ne sait pas non plus
comment les protéines se plient dans l’espace pour donner les tissus. On n’en sait rien.
Vous avez des crétins qui jouent avec ce genre de choses alors qu’ils n’y connaissent rien.
On parle sans arrêt des progrès de la biologie moléculaire, c’est un effet de propagande.

On pourrait faire autrement. On peut obtenir le même résultat avec des méthodes naturelles
L’agro-écologie produit des choses prodigieuses. On parle très peu des agro-éco systèmes extrêmement performants, on n’en parle pas. Des choses admirables ont été faites. Passer à une agriculture biologique c’est possible. Pour ça, il faudrait de vrais agriculteurs, pas des bourrins.

Question de Ruth Stegassy le langage n’est-il pas important ?

Jean-Pierre Berlan : c’est fondamental. Nous sommes dans une société de corruption du langage. Il ne faut pas dire OGM. Si vous dites OGM vous êtes coincés vous allez voir arriver la propagande qui vous dira que l’humanité a toujours modifié les plantes.
Il faut dire Clones Pesticides Brevetés .
On dit variété alors qu’il s’agit des clones. Dans ce cas, qu’est ce que vous voulez penser ? Vous êtes perdus.
Quand on entend privilège des agriculteurs de semer ce qu’ils ont récolté, c’est les gens qui veulent séparer le production de la reproduction qui disent ça.

Donc la prochaine fois, vous irez arracher non pas des OGM mais des clones pesticides brevetés.

Henry
* * *

31
Répondre en citant  
Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Sam 13 Nov 2010, 10:36

@Martin a écrit:Culpabiliser le présent ne sert à rien.
Le présent avant :
- j'ai quitté le tunnel d'infos d'inter en 90 (5h/9h) pour Culture matin et AU PRÉSENT, s'il y avait eu un forum, j'aurais écrit toute ma satisfaction,(sans presque aucune réserve)
- j'ai quitté Assouline (remplaçant de Lebrun) car il faisait de la ronflette et j'avais besoin de me réveiller,
- j'ai écouté Demorrand presque tous les jours en coupant tous les jours AA (Alexandre Adler), et AGS (Alain Gérard Slama) presque un jour sur deux,
- je n'ai pas bien écouté longtemps badi-badou le coq de basse-cour pédant, imbu de sa personne et exclusivement au service de sa personne (Badou le Marc-Olivier Fogiel de la culture)

Mais au présent j'écoute Musique-Matin et je trouve alors "coupable" Marc Voinchet de s'être mis dans les chaussons de Badou (qui lui-même…) alors qu'il avait, pour moi, le potentiel d'inventer des matins surprenants (comme il avait su le faire avec sa création de Tout Arrive).

Votre formule ressemble à un slogan publicitaire car vous devez savoir que nombre de présents (dans tous les domaines) sont coupables. Je ne crois pas qu'ici nous culpabilisions le présent, nous voulons juste sans doute (c'est au moins mon objectif) que la modernité à tout prix ne fasse pas "table rase du passé" (1). Ce mot "passé" ne me convient pas pour ce que nous évoquons. Les Décraqués c'était juste "hier". Et cet "hier" là et d'autres peuvent encore exister au présent.
(1) ce que Martel fait à longueur d'émissions pensant entre autre qu'il faille tweeter plutôt que d'aller sur la "Toile" expression honnie par lui

32
Répondre en citant  
Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Sam 13 Nov 2010, 11:16

Réponse à Martin
je n'ai rien à ajouter à la réponse de Nessie que je trouve très claire et bien argumentée,bien meilleure que celle que je pourrais faire.(post de 10.11)
Par contre, je voudrais apporter un élément concret au besoin de débat qui se fait sentir dans Terre à Terre de RS: j'ai écouté ,en partie,son émission ce matin. C'était fort intéressant puisqu'elle faisait intervenir des responsables d'associations qui tentent de faire se rencontrer des militants écologiques et des responsables syndicaux qui ont peur que les écologistes leur fassent perdre leur travail (c'est un résumé très simpliste que je fais là) Ce genre de réunion est nouveau, me semble t-il, depuis les essais plutôt ratés de mai 68 . A été évoqué le cas de la construction de l'aéroport de Nantes auxquels les écologistes sont très opposés et aussi le cas de la lutte chez Continental
Donc, voilà des gens qui se sont dit: "il faut un débat entre des gens aux convictions opposées, aux intérêts divergents, il faut qu'on se parle"
or, hier, on a pu entendre le débat, sur les Matins, de MM. Moreau Defarges et Corm. Henry en a fait une excellente synthèse sur ce forum, très éclairante. (fil: Les matins de France-Culture)
Bon.
Eh bien, maintenant, je voudrais bien qu'il y ait un endroit sur FC où on puisse lier ces points de vue: le point de vue sur ce qui se passe dans le monde entier et sur ce que nous pouvons vivre tous les jours dans notre petite vie d'habitant de ville ou village de France. Il faut des débats mettant en jeu ces différents points de vue. Et il faudrait que Ruth Stegassy s'y mette, qu'elle ne craigne pas d'inviter des grands contradicteurs.
Je pense que sur bien des sujets, elle s'en trouverait bien. Par exemple (oh! horreur, qu'est-ce que je fais là, à parler des OGM!), on verrait que les OGM ne sont sûrement, dans la plupart des cas, une solution à long terme pour diminuer les pesticides, avoir des plantes résistantes à ceci ou cela. En se focalisant sur les effets sur la santé, je crois (je n'affirme pas car personne ne peut l'affirmer à coup sûr) qu'on a vraiment fait fausse route.
D'ailleurs, cela revient à ce que disait M. Moreau Defarges: "le G 20 n'aboutit pas à des décisions révolutionnaires, mais au moins, les dirigeants des diverses nations apprennent à se connaitre, à se parler" (c'est une citation de mémoire, donc pas exactement conforme)

33
Répondre en citant  
Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Sam 13 Nov 2010, 23:12

@Martin a écrit:
des trucs ...

Pour rebondir sur ce qui a été dit précédemment, vos arguments sont assez attendus. A savoir sur le forum, on se bercerait de l'illusion qu'il y aurait eu un bon vieux temps et "où êtes-vous, neiges d'antan ?"
Mais de fait, que pensez-vous lorsque vous entendez l'émission d'Ali Baddou ? Que pensez-vous lorsque quel que soit l'invité des "Matins", on le laisse dégoiser à l'envi ? Que pensez-vous lorsque "Une vie, une oeuvre" perd trente minutes ? Que pensez-vous lorsque l'émission de Laurent Goumarre perd tout contenu critique au profit d'un incessant passage en revue des trucs et machins du moment à la mode ?

Je ne sais pas ... Peut-être ce manque d'ambition ne vous choque-t-il pas. Peut-être la façon dont nombre de journalistes s'expriment (une sorte de novlangue, farcie de tics d'expression qui sont autant de poncifs faits pour tuer la réflexion) ne vous gêne-t-elle pas.

Peut-être une sorte de familiarité, de fausse connivence que certains cherchent à construire avec l'auditeur et qui sent la démagogie molle de la démocratie d'opinion, si souriante quand il s'agit d'abrutir le monde et de lui faire prendre les vessies pour des lanternes ne vous gêne pas.

Auquel cas, tant mieux pour vous. Il ne s'agit pas de passéisme. Il s'agit de dire que certaines émissions sont simplement indignes d'une radio comme FC. Elles seraient sans doute parfaites ailleurs mais pas sur une antenne supposée aider à la transmission des savoirs, à celle de l'esprit critique, à des approches réfléchies.

34
Répondre en citant  
Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Sam 13 Nov 2010, 23:37

@Martin a écrit:
Je persiste néanmoins à réfuter cette croyance-que vous appelez hypothèse, et qui pour moi ne constitue qu'une sorte de tic de pensée intemporel, repris et exploité par certains idéologues-selon laquelle, le constat d'une situation contemporaine, serait nécessairement le résultat de la dégradation d'un idéal passé ou de je-ne-sais quelle évolution fatale lié à je-ne-sais quel poison qui minerait particulièrement l'actuel.
J'écoutais sur FC, à ce sujet il y quelques temps, les paroles justes de Luc Ferry qui raillait à juste titre les adorateurs de l'école de Jules son homonyme.
Culpabiliser le présent ne sert à rien.
"Culpabiliser le présent" : quelle curieuse expression ! Peut-on le culpabiliser, d'ailleurs, le présent ?
On peut sans doute culpabiliser certaines personnes mais le présent, franchement ! D'ailleurs est-ce de cela qu'il est question sur ce forum ?
Voyez, pour ma part, cette après-midi, j'ai fait un post sur l'émission de Baddou et je ne me suis pas dit que je culpabilisais le présent. Je me suis dit que c'était de la merde de traiter du sexe comme ça a été fait dans son émission. J'ajoute même que sur l'une des questions les plus brûlantes que se pose l'humanité, la réduire à des conneries, c'était se foutre de la gueule du monde. Je me suis dit que des journalistes qui livraient de telles émissions prenaient les auditeurs pour des crétins consentants ou alors qu'eux-mêmes étaient parfaitement incultes, superficiels, dénués de toute forme de sensibilité.

Et en matière de présent, je vais vous dire, les imbéciles sont atemporels.

35
Répondre en citant  
Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Sam 27 Nov 2010, 17:39

Je n'ai pas suivi toutes les émissions depuis le Grenelle, et peut-être ai-je manqué une émission du même style qu'aujourd'hui 27/11, mais alors là, il y a un sacré progrès. Cette émission a été faite à l'issue des Rencontres d'Averroès. Elle concernait les circuits courts de production et le prix des produits agricoles, maraîchers surtout.J'essaierais d'en faire une transcription.Mais pour ceux que cela intéresse, il y a eu un VRAI débat et R. Stegassy était un peu embêtée.Enfin, l'introduction de la complexité, dans cette émission.Un invité a donc montré qu'il n'était pas évident de nourrir tous les Français avec seulement des AMAP. On ne peut pas continuer avec cette agriculture mais on ne peut se contenter du schéma simpliste des bios.
Nessie a dit quelque part à propos d'Ivan Illich qui démontre que l'on dépense plus d"énergie en se servant de la voiture qu'en faisant du véloque la mécanisation sert à faire un bond inatteignable à pied ou en vélo.(transporter quelqu'un rapidement à l'hôpital, par exemple)En agriculture, l'année où il y a une sécheresse épouvantable en Australie, et en même temps un printemps humide et pluvieux aux USA, une attaque d'un parasite jusqu'ici inoffensif au Brésil, que fait-on avec toutes les cultures en bio? Ben, une partie de l'humanité fait plus que se serrer la ceinture.L'agriculture intensive coûte sans doute plus cher au total que le bio et le local, mais on ne peut parier seulement sur ce type de culture.
C'est un peu ce qui est apparu, dans le désordre, dans cette émission, pourvu que ça doure.

36
Répondre en citant  
Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Sam 27 Nov 2010, 20:58

Pour le plaisir de la discut' vous m'incitez à écouter ! Ce que je vais faire d'ici dimanche soir (avant que ne sonne l'Angélus du martel) et participerait ensuite.

37
Répondre en citant  
RS pas crédible, Part I - le Dim 28 Nov 2010, 12:18

Ruth Stegassy démarre son émission de ce samedi dans le contexte des « Rencontres d’Averoes » et oublie juste de nous dire où ces rencontres ont lieu ? Un minimum pour situer l’auditeur, non ? (Même si les fidèles de la chaîne savent que c'est à Marseille)
Elle embraye immédiatement sur le film qu’elle vient de voir « Small is beautiful » dans lequel elle annonce qu’ «Edgar Pisani regrette cette politique qu’il a mise en place.» ???? Oups !
Qui est Edgar Pisani ? Quelle politique ? Quelle époque ? Dans quel contexte socio-politique, géopolitique, socio économique se situe cette « politique-là» ? Elle ne le dira jamais.
Je connais les réponses mais un ado, un adulte de moins de trente ans, un adulte de moins de quarante qui ne s’intéressent pas forcément à l’agriculture et aux politiques d’expansion d’après guerre, qu’en savent-ils ?

Elle parle en l’absence de toute contextualisation, comme si au comptoir de son « Phyto Bar » elle venait de nous quitter depuis un quart d’heure ! Les évidences de Madame Ruth Stegassy sont-elles directement transmissibles par télépathie ? Elle parle à « ses » proches, à « ses » complices pas sur une radio d’audience nationale, ne s’écoute pas et surtout NE PARLE PAS À L’AUDITEUR. Elle « anime » un plateau (c’est elle qui le dit, le syndrome Goumarre a encore frappé) trop touffu avec de bons intervenants mais qui, vu le temps imparti, ne peuvent aller beaucoup plus loin que quelques évidences ou affirmations étayées qui MÉRITERAIENT PLUS DE DÉBAT.

J’espère que personne n’aura ici l’audace de mettre ses négligences au titre du syndrome Richeux ? RS a de nombreuses années d’expérience.

Continuons dans l’à peu près de la méthode RS. Critiquer l’agro-industrie pourquoi pas ? C’est tendance ! Mais pourquoi depuis le temps qu’elle tourne en rond autour de ses « marottes » n’aurait-elle invité des représentants de l’agro-industrie ou de la grande distribution ? Cela lui aurait permis (et à nous aussi) de mesurer sa capacité à argumenter au-delà de SES propres évidences toujours assénées avec tellement de candeur. Et qu’on ne m’écrive pas comme l’avait suggéré 411 que peut-être elle l’a fait dans une autre émission ?

S’enchaînent ensuite des approximations et des affirmations à "la volée" qui ne peuvent souffrir d'aucune contestation tellement elles sont "primaires". (éloquentes démonstrations des « à peu près » quand elle s’embrouille dans les hectares et les mètres carrés et n’est pas capable d’annoncer le chiffre correct des familles nourries sur un espace donné. Elle ne sait pas diviser les mètres carrés et les hectares ! C’est pourtant du niveau du Certificat d’Étude Primaire, non ?)

Faut-il que j’aille plus loin dans ma démonstration ? Je sais Antonia votre sincérité et votre honnêteté à intervenir sur ce forum. Mais je dois vous dire ma très grande déception, une fois de plus, sur l’amateurisme de RS, et sur sa façon de mettre en avant ses convictions personnelles comme des vérités définitives. J’apprécie et m’intéresse à la démarche des AMAP. (je n’ai pas actuellement le budget nécessaire pour m’y « abonner » chaque semaine). RS d’ailleurs ne semble parler qu’à des connaisseurs puisqu’elle n’a pas la courtoisie de traduire le terme AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne).

Dans une autre vie, j’ai travaillé de très près avec le milieu paysan, qui, au tournant des années 50 - sous les hospices de Pisani ministre de l'Agriculture, et Debatisse syndicaliste paysan et chrétien -, n’avaient pas beaucoup d’autres choix que de « nourrir la France ». Bien sûr ceci n’excuse pas cela, mais je trouve surprenant d’intervenir (alors que je suis plutôt favorable aux thèses écologiques) pour demander au débateur (débatrice ?) d’arrêter sa propagande et de ne JAMAIS METTRE EN SITUATION LE DÉBAT DE SOCIÉTÉ ? Pas l’un contre l’autre mais ENSEMBLE pour commencer à « changer la vie » (là je me fais plaisir avec le slogan de feu Mitterand François). À mon tour je ne plonge pas béatement dans l'angélisme mais faudra bien qu'à un moment donné les protagonistes travaillent ensemble à la survie des espèces, des sols, et de la biodiversité.
.../...

38
Répondre en citant  
RS pas crédible, Part II - le Dim 28 Nov 2010, 12:29

.../...
L’angélisme, la candeur de RS sa position "théorique" sans prise sur le réel ou sur une recherche scientifique approfondie, est une posture dénonçable qui scientifiquement (s’il fallait en appeler à la rigueur des méthodes scientifiques) ne tient pas. On nous sert donc une émission qui ne peut se prévaloir ni de rigueur ni d’équité ni d’impartialité. Madame RS est surement elle même honnête, militante personnelle d’une cause à laquelle elle croit, mais est-ce que cela excuse le fait qu’ «elle pipe les dés », qu’elle « café du commerce » (new look phyto), qu’elle ne prend aucune distance avec son sujet, et qu’elle finit par faire de la propagande comme un bateleur de foire? Comme d’autres sur cette antenne se font les chantres de la modernité de l’instant en promotionnant à tout va le petit oiseau de twitter.

Plutôt que de parler à la place des spécialistes – par exemple du « travail clandestin en agriculture et des effets de la circulation des hommes « à la tâche » dans les pays sans protection sociale », elle ferait mieux de faire intervenir le/la/les spécialistes du sujet qui ne manquent pas.
Et tout "le reste" est à l’avenant !

Si quand je vais à une conférence, où sur un sujet aussi ouvert, (qui annonce le débat) m’attendant à une confrontation de point de vue, je ne trouve qu’une pensée « unique » pour laquelle le débatteur est partie prenante je sors de la salle dégouté.

Je n’interviendrai plus sur ce fil, je n’ai pas mission à déciller les auditeurs de Fc, chacun à son rythme et avec ces convictions sait ce qu’il a à faire.

Une dernière chose, si je propose à un adolescent qui se destine à un métier de l’environnement d’écouter l’émission, il va en perdre son « latin » car il devra s’arranger des approximations, des raccourcis, des connivences appuyés et de l’angélisme de l’animatrice du débat. Tout le contraire de ce qu’on lui demande à lui en formation. Vive la radio éducative !

Autrefois avant la furie d’Élisabeth Lévy il y avait une productrice adhérente d’une association de protection de la nature qui faisait l’émission « écologie/nature/environnement ». Sa position personnelle pipait aussi le débat.Rs ne semble pas engagée dans une organisation écologique mais sa « naïveté » ou son « innocence » et son très grand manque de terrain impriment à son terre à terre une causerie au raz des pâquerettes.

Une fois de plus pourquoi le directeur des programmes ou le directeur de la chaine ne confient-il pas un tel sujet à un professionnel (et pas forcément un journaliste, pitié). Ce mouton à cinq pattes n’existe pas ? Personne sans doute n’a eu envie d’aller le chercher. Je rappelle qu’ L.A.Woman (Laure Adler) a proposé au pied levé à RS d’animer l’émission. Laure Adler aurait-elle agit de même pour l’histoire, la philosophie, le cinéma ou la musique en confiant ces sujets à des amateurs?

Terre à Terre c’est un peu comme Thalassa l’émission de variété sur la mer. Terre à Terre est une émission de copains qui viennent affirmer en circuit fermé qu’il n’y a qu’une seule alternative possible. C'est peut-être vrai mais essayons au moins de faire avancer l'idée autrement que de cette façon bien peu rigoureuse.

Je décroche. À bon entendeur, salut.

39
Répondre en citant  
Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Dim 28 Nov 2010, 13:45

bonjour Fanch
je crois que vous avez remarquablement synthétisé les absurdités de cette émission , et j'avais remarqué comme vous qu'elle n'a pas donné le lieu des Rencontres et qu'elle a cité Pisani,et basta .J'ai encore des choses à ajouter, des critiques que je ferai assez vite(si vous voulez bien me lire)
Si j'ai voulu parler de cette émission, c'est qu'elle existe bien sur France C, que c'est assez scandaleux de voir que RS ne fonctionne la plupart du temps qu'avec ses affidés. Ou alors, on trouve de véritables infos mais personne n'établit de relations entre ces infos .
J'écrivais régulièrement à FC pour demander une émission sur l'agriculture mais on ne m'a jamais répondu.
Maintenant, cela devient scandaleux de ne trouver que ce truc de RS alors que des décisions importantes doivent prises.
Il y a bien CO2 mon amour sur F Inter mais ce n'est pas mieux, c'est brouillon.sans intérêt réel. Interventions trop courtes, pas de synthèses.
Pour revenir à cette émission d'hier, vous avez quand même entendu que RS n'était pas du tout contente qu'on évoque le coût des produits et de la main-d'oeuvre et ça m'a fait plaisir. Un premier coin enfoncé dans ses certitudes.

40
Répondre en citant  
Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Dim 28 Nov 2010, 13:48

Bien sûr que je vous lirai Antonia, mais je n'écouterai plus l'émission.

41
Répondre en citant  
Grain de sel génétiquement modifié (le meilleur !!) - le Dim 28 Nov 2010, 14:25

Mon cher Fanch je pense qu'en évitant systématiquement l'émission vous vous coupez quelque chose. Non pas un pied ou une main, mais au moins un morceau de phalange (pour vous couper un bout d'oreille il faudra déménager dans le Sud). Du coup j'ajoute mon grain de sel. L'émission est inégale donc il y a de bons numéros. La sincérité de la productrice est certaine (c'est déjà ça). Question : est-ce culturel ? Réponse : non. Plutôt agri-culturel ou sylvi-culturel quand ce qu'on y cultive dépasse les idées reçues. Alors en tant que râleur régulièrement exaspéré par la militance, j'aurais tendance à éviter terre-à-terre, au moins dans ses mauvais jours. Mauvais Jours ? I mean : mauvais pour l'allergique ; car pour les groupies ce sont des jours d'enthousiasme très perceptibles à l'oreille, même quand c'est pour livrer une messe de catastrophisme alarmiste, et ça aussi ils savent très bien le faire certains samedis matins. Ces jours là l'émission est vraiment lourdingue et difficile à supporter pour quiconque est un tant soit peu rétif à la moraline et à l'intoxication politique.

Mais en tant qu'auditeur cherchant malgré tout un peu d'info économique & technique, et puis des propos qui tranchent sur la banalité ambiante, j'apprécie parfois d'entendre dans terre à terre des thèses nettement à rebrousse-poil de certaines certitudes, évidences, ou verdicts techniques établis en croyances (les miennes). Je donne un exemple très récent : il est d'usage courant de dire que la France a depuis longtemps quitté la voie de la déforestation. Les historiens montrent que la forêt française est plus étendue actuellement que sous l'Ancien Régime. Mais voila qu'un géographe ou un ingénieur ONF je ne sais plus, vient nous dénoncer l'illusion quantitative : ce qui est vrai si l'on s'en tient aux surfaces boisées, ne l'est pas tellement si on se penche sur d'autres critères : la variété des espèces, la rotation, la densité. Bref une approche écologique et dynamique pour remettre les choses en place. Il y aurait un soupçon d'alarmisme dans le propos, si le ton était hystérique, mais c'est tout le contraire. Pour autant il n'y a pas de quoi gober tout cru ce que raconte l'invité. Mais on se dit : voila qui mérite attention. L'objectif est atteint. et si c'est de la pure propagande anti-ONF ou anti-capitalisse bah on va s'en rendre compte assez vite en fouillant le dossier : il suffit de suivre la piste, de chercher des articles et des contradicteurs, bref de faire sa propre part du boulot.

Je donne ce seul exemple pour illustrer le fait que derrière l'écologie politique qui depuis 10 ans est un des axes lourds du conformisme idéologique dans ce France Culture de la bien-pensance, eh bien on trouve parfois dans Terre-à-terre un propos technique, factuel, informé. Parfois = pas toujours. Pas souvent ? En général je fais mon choix dans les 5 premières minutes de l'émission, qui me semblent bien suffisantes pour discerner l'orientation du jour : de l'alarmisme écolo avec ou sans moraline sauciale (et à qui veut des exemples je donne rendez-vous dans les 4 numéros de la fin d'année); ou bien le contraire : un magazine d'info économique et technique qui éclaire le présent, plutôt dans son fond latent que dans son actu chaude. Alors vous je ne sais pas, mais moi oui j'y trouve mon compte dans Terre-à-terre, au moins une fois par mois. Quand il y a de quoi réfléchir, quand il y a de quoi alimenter une vraie polémique (factuelle) sans dérive vers la polémique creuse (morale). Et notons que c'est plus souvent le cas quand ça vient d'ingénieurs plutôt que du cerveau tordu des militants. On me dira qu'il y a des ingénieurs militants, je répondrai qu'on les distingue assez rapidement à leur style polémique, justement : couramment agressif, sarcastique, narquois, bref des tête-à-claque. Ca ne veut pas dire que les propos techniques comme ceux de l'émission sur la forêt française, il faut les gober tout cru, mais simplement qu'ils peuvent nourrir notre réflexion et notre connaissance du présent. De la part de FC j'apprécierais plutôt que le programme offre de quoi enrichir l'esprit (merci d'apprécier la nuance), mais enfin si cette radio tient absolument à faire dans l'actu non culturelle, au moins quand c'est réussi alors je souscris et je m'exclame !!

Quant à Ruth Stégassy, cette brune capiteuse qui certainement ne limite son existence audiovisuelle à l'audio-radio que par désir de vivre tranquille, je ne lui reprocherais jamais de déclencher un coup d'état dans la Maison ronde si d'aventure ça pouvait se produire, à fins d'y rétablir le documentaire culturel dont elle fut un des vraiment bons porte-flamme aux temps des Mardis du cinéma, Lieux de mémoire, et Matinées des autres.

Terre à terre de Ruth Stegassy     Page 4 sur 10

Haut de page ?   

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant

Accueil / France Culture

Répondre au sujet

Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum