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Terre à terre de Ruth Stegassy    Page 5 sur 10

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Terre à terre de Ruth Stegassy - le Mer 07 Oct 2009, 09:32

Rappel du premier message :

Le 19 septembre, entretien de Ruth Stegassy avec Jean-Pierre Berlan,
ingénieur agronome et économiste.
En voici la transcription presque fidèle:


La sélection animale est à mettre en parallèle avec la sélection sociale.
Sélection des animaux, sélection sociale, la dynamique est (était ?) la même. Les plantes et les animaux se reproduisent gratuitement, c’est antagonique avec le système marchand. Dans le système marchand, les entrepreneurs veulent avoir le monopole de la reproduction. Le contrôle de l’hérédité est plus rapide pour les animaux que pour les plantes, parce qu’il est plus facile de contrôler les saillies des animaux.

Ce sont les aristocrates anglais qui au début du XVIIIe siècle ont introduit la sélection des animaux, celle-ci provient de la manie des courses de chevaux. Il y avait un enjeu économique. L’aristocratie anglaise s’ennuie dans ses îles, les courses de chevaux sont un dérivatif à l’ennui. On va introduire des étalons arabes, croisés avec des juments anglaises et on a créé la fameuse race du « pur sang » .On va fermer le « livre des origines » pour avoir un monopole. Il faut accroître la rentabilité, il y a aussi des raisons de prestige. Toute une industrie des courses se met en place. On va faire courir des animaux de plus en plus légers, de plus en plus jeunes. On introduit le système de pedigree, c’est une vision très aristocratique. Seuls les animaux qui appartiennent à la lignée peuvent être inscrits.

C’est le même système que celui de la transmission de la richesse chez les aristocrates.
Dans le domaine des animaux de ferme il y a de grands éleveurs anglais, les Beckwell, les Collins, ce sont les fondateurs des races modernes. Très bon livre de Russel sur la question. En fait, c’est vraiment du vent. Il est facile de manipuler les conditions d’environnement. Ces éleveurs savaient très bien nourrir leurs animaux, ils étaient de très bons maquignons et s’y connaissaient dans la mise en scène. C’était des gens qui avaient une très bonne connaissance des marottes de leur temps, ils savaient se plier aux désires de la gentry.
Ils les présentaient les animaux aux acheteurs émerveillés avec une mise en scène extraordinaire, les peintres animaliers concouraient à cette foire aux illusions.

Il est très difficile de connaître la valeur d’un animal dont on vous vante les qualités
Si vous n’êtes pas content de votre animal, on aura beau jeu de vous dire que vous n’avez pas fait tout ce qu’il fallait pour en tirer le meilleur. Personne ne pourra démontrer que le magnifique travail de sélection a foiré. Il y a une terrible asymétrie d’information. Les méthodes statistiques qui permettront d’y voir clair vont venir au premier quart du XXe siècle, avant cela, aucun moyen de savoir.


Il y a eu un discours sur la génétique qui était une rétro-projection ( ?) des pratiques des éleveurs. Eux aussi vont instaurer des monopole sur les races ; ils vont fermer les pedigrees. Derrière tout ça, il y a des conceptions platoniciennes, l’idée que derrière la variabilité se cache une essence. C’est Darwin qui va renverser tout ça. Donc cette petite coterie mafieuse de sélectionneurs joue sur l’essence de la race, fait valoir la coloration, le pelage, ce qui n’a rien à voir avec les performances des animaux. Les chevaux de course ne courent pas plus vite que du temps de x ( ?). Tout ça ne marchait pas.

Le vent nouveau est venu du Danemark, les Danois ont introduit une sélection sur la descendance ; la valeur d’un reproducteur est estimée sur sa descendance. C’est une application de « l’utilitarisme bourgeois » qui remet en cause la conception des aristocrates anglais.
Jean-Pierre Berlan passe aux animaux domestiques, ceux-ci sont dégénérés. Les cockers jadis admirables chiens de chasse sont devenus mordeurs, caractériels. Le plus facile, c’est la « beauté », des critères qui ne servent à rien. Toutes les deux sélections ascendante et descendante se sont fourvoyées.

Il y a eu une sélection qui s’est faite au cours des siècle, la vraie, la bonne, c’est la sélection paysanne qui a abouti à des races magnifiques : les blondes d’Aquitaine, les salers, les charolaises, les tarines, la gascogne, qui sait échapper aux ours. Des générations et des générations de paysans y ont concouru. Idem dans le monde végétal, blé, riz, plantes potagères.
Les gangsters des multinationales agro-toxiques veulent s’approprier ce travail. Ils opèrent la transformation en marchandise de l’hérédité. Question qu’ils se posent : comment vais-je pouvoir me débarrasser de l’agriculteur ?

Les rendements du blé ont énormément progressé, de quelques quintaux sous l’ancien régime à une douzaine dans les années vingt, et dans les années cinquante, courbe qui se redresse verticalement multiplication par cinq. La volonté de moderniser l’agriculture a abouti à son industrialisation : tracteurs , engrais dérivés des explosifs, pesticides issus de la chimie des gaz de combats, on est dans une agriculture de guerre .

Il faut séparer la production de la reproduction (répété plusieurs fois au cours de l’exposé) pour permettre à un certain nombre de gens de faire de profits. Cette agriculture moderne est une culture de guerre. Le système agro-industriel fait la guerre aux insectes, c’est une guerre à la vie. La contraire de ce que devrait être une véritable productivité. Les vaches dans ce système sont des usines à lait. Selon un sélectionneur américain, le seul moyen de mouiller légalement le lait, c’est la vache Holstein, machines à pisser le lait. On continue à parler de lait, ce n’est pas du lait. On dit tomates ; 80% des tomates vendues en France poussent sur un substrat articiciel, je cherche un mot, ce sont des pétro-tomates ; on est dans une pétro-agriculture.

C’est depuis la deuxième guerre mondiale que le processus s’est emballé. Le paysan produisait de blé, maintenant on transforme les pesticides en pain Jacquet. On est dans un système agro-industriel. Derrière tout ça, il y a l’application des principes industriels au monde vivant, c’est tout à fait mortifère. Ça fait longtemps qu’on ne cultive plus de variétés de plantes ; du fait qu’elle est hétérogène et instable, la variété ne peut pas être l’objet d’un droit de propriété. Ce qu’on peut en revanche marchandiser, ce sont les copies d’un modèle de plante qui a fait l’objet d’un dépôt dans un organise officiel, ce sont des clones. On retrouve la logique des fameux purs sang arabes. Un clone qui est un mort vivant peut faire l’objet d’un droit de propriété.

C’est ainsi que se développe une pression continue pour arracher le contrôle de l’hérédité ; d’un bien collectif, faire un bien privé. Les marchands agro-toxiques, marchands de produits en « cide ». Par l’intermédiaire du droit de brevet on leur confie l’avenir du biologique. Le mouvement d’expropriation de la vie est sur le point d’être achevé, grâce à l’union européenne. La confiscation de la vie, c’est la confiscation du travail de générations et de générations centaines de générations de paysan. C’est l’application au monde vivant du système industriel. Cette application du modèle industriel au monde vivant introduit uniformité et homogénéité. Deux entreprises dans le monde contrôlent la génétique des volailles. Les conséquences sont désastreuses. Cela accroît les risques de pandémie, grippes aviaires, grippes porcines. On assiste à une collision entre une logique industrielle et une logique de la vie, logique de la diversité.

Rutl Stegassy : mais le travail de la sélection paysanne n’est pas mort. Peut-on imaginer un retournement de la situation ?
Jean-Pierre Berlan :
Mais la logique d’appropriation est toujours à l’œuvre. Elle est inhérente au système du capitalisme industriel. L’idée qu’on pourrait aménager des espaces de liberté dans ce système ne tient pas. La logique interne, elle est là. Elle ne cessera qu’avec la fin du capitalisme industriel.
Je pose la question à des auditoires à des étudiants : qu’est-ce que produit Peugeot ? Des voitures ? Mais non, Peugeot produit des profits ; les voitures, c’est un prétexte. Le but dominant de la société, qui la structure en profondeur c’est la production de profits. La production des profits est antagonique avec la production de vie.

Ruth Stegassy : sélection ascendante, sélection descendante, mais on est passé à autre chose, les multinationales. Comment caractériser ce processus ?

Jean-Pierre Berlan : il y a une volonté d’objectiver, de donner une logique interne aux choses. La sélection est faite par les sélectionneurs, c’est un milieu social qui a s’est constitué autour des livres des origines. On voit bien que l’utilitarisme bourgeois s’est heurté aux scientifiques. Les scientifiques n’aboutissaient à rien en matière de productivité, il y a un milieu social derrière, les scientifiques sont obligés de composer avec ce milieu.
Au Salon de l’agriculture, on continue à pratiquer les vieilles méthodes de sélection ascendante « aristocratique », médiatisées par les « concours de beauté », toujours l’idée d’une certaine essence, rien à voir avec des critères de productivité.
Il y a donc confrontation entre des gens qui prétendre avoir des attitudes scientifiques et le terreau social dans lequel ils essayent d’imposer des choses nouvelles. Comment ça se résoud, ça dépend des luttes de pouvoir.

Une idée baroque, c’est que les décisions devraient être prises sur des sur des bases scientifiques. La science, ce n’est pas grand-chose dans la domaine de la biologie. On ne sait rien de la façon dont on passe de l’œuf à l’organisme, on ne sait pas non plus
comment les protéines se plient dans l’espace pour donner les tissus. On n’en sait rien.
Vous avez des crétins qui jouent avec ce genre de choses alors qu’ils n’y connaissent rien.
On parle sans arrêt des progrès de la biologie moléculaire, c’est un effet de propagande.

On pourrait faire autrement. On peut obtenir le même résultat avec des méthodes naturelles
L’agro-écologie produit des choses prodigieuses. On parle très peu des agro-éco systèmes extrêmement performants, on n’en parle pas. Des choses admirables ont été faites. Passer à une agriculture biologique c’est possible. Pour ça, il faudrait de vrais agriculteurs, pas des bourrins.

Question de Ruth Stegassy le langage n’est-il pas important ?

Jean-Pierre Berlan : c’est fondamental. Nous sommes dans une société de corruption du langage. Il ne faut pas dire OGM. Si vous dites OGM vous êtes coincés vous allez voir arriver la propagande qui vous dira que l’humanité a toujours modifié les plantes.
Il faut dire Clones Pesticides Brevetés .
On dit variété alors qu’il s’agit des clones. Dans ce cas, qu’est ce que vous voulez penser ? Vous êtes perdus.
Quand on entend privilège des agriculteurs de semer ce qu’ils ont récolté, c’est les gens qui veulent séparer le production de la reproduction qui disent ça.

Donc la prochaine fois, vous irez arracher non pas des OGM mais des clones pesticides brevetés.

Henry
* * *

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Grain de sel génétiquement modifié (le meilleur !!) - le Dim 28 Nov 2010, 14:25

Mon cher Fanch je pense qu'en évitant systématiquement l'émission vous vous coupez quelque chose. Non pas un pied ou une main, mais au moins un morceau de phalange (pour vous couper un bout d'oreille il faudra déménager dans le Sud). Du coup j'ajoute mon grain de sel. L'émission est inégale donc il y a de bons numéros. La sincérité de la productrice est certaine (c'est déjà ça). Question : est-ce culturel ? Réponse : non. Plutôt agri-culturel ou sylvi-culturel quand ce qu'on y cultive dépasse les idées reçues. Alors en tant que râleur régulièrement exaspéré par la militance, j'aurais tendance à éviter terre-à-terre, au moins dans ses mauvais jours. Mauvais Jours ? I mean : mauvais pour l'allergique ; car pour les groupies ce sont des jours d'enthousiasme très perceptibles à l'oreille, même quand c'est pour livrer une messe de catastrophisme alarmiste, et ça aussi ils savent très bien le faire certains samedis matins. Ces jours là l'émission est vraiment lourdingue et difficile à supporter pour quiconque est un tant soit peu rétif à la moraline et à l'intoxication politique.

Mais en tant qu'auditeur cherchant malgré tout un peu d'info économique & technique, et puis des propos qui tranchent sur la banalité ambiante, j'apprécie parfois d'entendre dans terre à terre des thèses nettement à rebrousse-poil de certaines certitudes, évidences, ou verdicts techniques établis en croyances (les miennes). Je donne un exemple très récent : il est d'usage courant de dire que la France a depuis longtemps quitté la voie de la déforestation. Les historiens montrent que la forêt française est plus étendue actuellement que sous l'Ancien Régime. Mais voila qu'un géographe ou un ingénieur ONF je ne sais plus, vient nous dénoncer l'illusion quantitative : ce qui est vrai si l'on s'en tient aux surfaces boisées, ne l'est pas tellement si on se penche sur d'autres critères : la variété des espèces, la rotation, la densité. Bref une approche écologique et dynamique pour remettre les choses en place. Il y aurait un soupçon d'alarmisme dans le propos, si le ton était hystérique, mais c'est tout le contraire. Pour autant il n'y a pas de quoi gober tout cru ce que raconte l'invité. Mais on se dit : voila qui mérite attention. L'objectif est atteint. et si c'est de la pure propagande anti-ONF ou anti-capitalisse bah on va s'en rendre compte assez vite en fouillant le dossier : il suffit de suivre la piste, de chercher des articles et des contradicteurs, bref de faire sa propre part du boulot.

Je donne ce seul exemple pour illustrer le fait que derrière l'écologie politique qui depuis 10 ans est un des axes lourds du conformisme idéologique dans ce France Culture de la bien-pensance, eh bien on trouve parfois dans Terre-à-terre un propos technique, factuel, informé. Parfois = pas toujours. Pas souvent ? En général je fais mon choix dans les 5 premières minutes de l'émission, qui me semblent bien suffisantes pour discerner l'orientation du jour : de l'alarmisme écolo avec ou sans moraline sauciale (et à qui veut des exemples je donne rendez-vous dans les 4 numéros de la fin d'année); ou bien le contraire : un magazine d'info économique et technique qui éclaire le présent, plutôt dans son fond latent que dans son actu chaude. Alors vous je ne sais pas, mais moi oui j'y trouve mon compte dans Terre-à-terre, au moins une fois par mois. Quand il y a de quoi réfléchir, quand il y a de quoi alimenter une vraie polémique (factuelle) sans dérive vers la polémique creuse (morale). Et notons que c'est plus souvent le cas quand ça vient d'ingénieurs plutôt que du cerveau tordu des militants. On me dira qu'il y a des ingénieurs militants, je répondrai qu'on les distingue assez rapidement à leur style polémique, justement : couramment agressif, sarcastique, narquois, bref des tête-à-claque. Ca ne veut pas dire que les propos techniques comme ceux de l'émission sur la forêt française, il faut les gober tout cru, mais simplement qu'ils peuvent nourrir notre réflexion et notre connaissance du présent. De la part de FC j'apprécierais plutôt que le programme offre de quoi enrichir l'esprit (merci d'apprécier la nuance), mais enfin si cette radio tient absolument à faire dans l'actu non culturelle, au moins quand c'est réussi alors je souscris et je m'exclame !!

Quant à Ruth Stégassy, cette brune capiteuse qui certainement ne limite son existence audiovisuelle à l'audio-radio que par désir de vivre tranquille, je ne lui reprocherais jamais de déclencher un coup d'état dans la Maison ronde si d'aventure ça pouvait se produire, à fins d'y rétablir le documentaire culturel dont elle fut un des vraiment bons porte-flamme aux temps des Mardis du cinéma, Lieux de mémoire, et Matinées des autres.

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Dim 28 Nov 2010, 15:43

Je semble un peu incohérente en demandant de conserver cette émission dans un fil et ici, je la critique mais c'est en raison d'un manque de discussion sur ce sujet. Merci Fanch et Nessie de rebondir, cela me permettra d'éclaircir mes idées sur ce sujet

@Nessie a écrit: Mais en tant qu'auditeur cherchant malgré tout un peu d'info économique & technique, et puis des propos qui tranchent sur la banalité ambiante, j'apprécie parfois d'entendre dans terre à terre des thèses nettement à rebrousse-poil de certaines certitudes, évidences, ou verdicts techniques établis en croyances (les miennes).

Je donne ce seul exemple pour illustrer le fait que derrière l'écologie politique qui depuis 10 ans est un des axes lourds du conformisme idéologique dans ce France Culture de la bien-pensance, eh bien on trouve parfois dans Terre-à-terre un propos technique, factuel, informé. Parfois = pas toujours. Pas souvent ? En général je fais mon choix dans les 5 premières minutes de l'émission, qui me semblent bien suffisantes pour discerner l'orientation du jour : de l'alarmisme écolo avec ou sans moraline sauciale (et à qui veut des exemples je donne rendez-vous dans les 4 numéros de la fin d'année); ou bien le contraire : un magazine d'info économique et technique qui éclaire le présent, plutôt dans son fond latent que dans son actu chaude. . Ca ne veut pas dire que les propos techniques comme ceux de l'émission sur la forêt française, il faut les gober tout cru, mais simplement qu'ils peuvent nourrir notre réflexion et notre connaissance du présent. De la part de FC j'apprécierais plutôt que le programme offre de quoi enrichir l'esprit (merci d'apprécier la nuance), mais enfin si cette radio tient absolument à faire dans l'actu non culturelle, au moins quand c'est réussi alors je souscris et je m'exclame !!
en effet, à partir du moment où FC fait des émissions économiques ou politiques, il faut que les auditeurs aient une information sur les sujets traités. Ainsi, pendant des années, on nous a rebattu les oreilles avec le coût gigantesque de la PAC (politique agricole commune). Ah lala, tout ce que les citoyens pouvaient bien payer d'impôts pour ces salopards d'agriculteurs (sous-entendu). Or, maintenant les économistes (certains du moins, par exemple celui qu'on a pu entendre dans l'émission d'hier( 27/11/10) dans l'Economie en question, se sont renseignés (!) et n'affirment plus de telles sottises.
Peut-être ce type d'émission serait-elle plus à sa place sur France Inter, si cette radio redevenait à la fois sérieuse et marrante (comme l'était "Rue des entrepreneurs"). Je ne sais pas.

@Fanch a écrit::
à mon tour,je ne plonge pas béatement dans l'angélisme mais il faudra bien qu'à un moment donné les protagonistes travaillent ensemble à la survie des espèces, des sols et de la biodiversité
et il y a des gens qui sont capables d'animer de telles émissions, des vieux, des jeunes, des gens très conscients et ouverts; Fin 2009, on a pu profiter d'un "A voix nue" de André Pochon, agriculteur breton, certes maintenant trop agé (je crois, du moins), pour animer une telle émission, mais voilà des gens enthousiastes , intelligents, ouverts.Et on ne manque pas non plus de jeunes disposés à le faire.Si on savait à quel point des quantités de jeunes agros en ont marre de n'avoir fait de si belles études que pour vendre des pesticides!

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Manger un sombrero génétiquement modifié (ce sont les meilleurs au gout !!!) - le Dim 28 Nov 2010, 15:55

@fanch a écrit:.../... Je n’interviendrai plus sur ce fil, je n’ai pas mission à déciller les auditeurs de Fc, chacun à son rythme et avec ces convictions sait ce qu’il a à faire.

Voila un krïme caractérisé contre l'activité-forum.
Quand on est capab' d'avoir un avis personnel et de contredire sans que ça tourne vinaigre, au contraire il faut rester.
Punition : fanch devra manger son sombrero (sans vinaigrette)

En gros je partage ces critiques, mais je ne les dramatiserai pas car à mon avis c'est tout le sujet de l'émission qui prète le flanc à la dérive, qu'elle soit idéologique, sensationnaliste, ou autre. Sauf que c'est pas si systématique que ça. Dans les émissions que j'ai conservées, justement, j'étais souvent à la fois satisfait du propos de l'invité (même dérangeant) et sans plainte à l'encontre de la productrice, comme si la qualité de sa prestation dépendait du degré de maturité de l'invité ???

A part ça l'émission qui précédait Elizabeth Lévy il y a 5 ans, c'était déjà terre à terre avec la même Ruth Stegassy, je le parierais.

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Dim 28 Nov 2010, 16:05

@Nessie a écrit:Voila un krïme caractérisé contre l'activité-forum. Punition : fanch devra manger son sombrero (sans vinaigrette) A part ça l'émission qui précédait Elizabeth Lévy il y a 5 ans, c'était déjà terre à terre avec la même Ruth Stegassy, je le parierais.

Il me manquera très vite, outre mon sombrero et mes moulins, l'écoute attentive pour pouvoir émettre un avis car pas d'erreur j'écouterai plus c'témission. Toutefois pour jouer le jeu comme Antonia a su m'y inciter hier je pourrai musarder en rongeant mon frein… à disque (33 t.).

Je parle pas de Terre à Terre d'avant Levy mais de l'émission écolo qui a précédé TàT animée par une militante pure et dure ! Allez je vais me calmer à 18h avec Jacky Berroyer sur le Mouv'.

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Lun 29 Nov 2010, 20:56

on peut se détourner quelque peu de Ruth Stegassy en allant voir, non pas le film de Coline Serreau (où il y a les sales horribles méchants que sont les agriculteurs, l'industrie agro-pharmaceutique, etc ), mais , si on arrive à le retrouver, le Temps des Grâces de Dominique Marchais: il explique tout ce qu'il y a à comprendre dans ce qui s"est passé dans l'agriculture et autour, depuis 60 ans. Ce film est sorti en salles, je crois, le10/02/10.

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Lun 29 Nov 2010, 21:02

le Temps des Grâces Réalisé par Dominique Marchais
Avec Matthieu Calame, Pierre Bergounioux, Lucien Bourgeois, plus

Long-métrage français . Genre : Documentaire
Durée : 02h03min Année de production : 2009
Distributeur : Capricci Films

Synopsis : Une enquête documentaire sur le monde agricole français aujourd'hui à travers de nombreux récits : agriculteurs, chercheurs, agronomes, écrivains... Un monde qui parvient à résister aux bouleversements qui le frappent - économiques, scientifiques, sociaux - et qui, bon gré mal gré, continue d'entretenir les liens entre générations. Un monde au centre d'interrogations majeures sur l'avenir.

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Sam 25 Déc 2010, 09:39

chers amis du forum, Henry nous a conviés à aller à la superbe expo France 1500 entre Moyen-Äge et Renaissance;
je vous convie à écouter l'émission Terre à Terre de ce matin de Noël. L'expo, c'est la Culture avec un grand C, ce Terre à terre, c'est la Nature, sauvage et domestiquée, en Corse et aussi la Culture, avec Maurice Chaudière et ses théories savoureuses, mais qui , en gros, rendent bien compte de la réalité. Egalement, une vraie connaisseuse d'herbes : pourquoi elle les connait? pardi, c'est parce que, toute petite, elle gardait les moutons et qu'il fallait connaître les mauvaises herbes toxiques pour eux.
Ruth Stegassy en était toute chavirée!

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Sam 25 Déc 2010, 16:31

Bonjour Antonia, vous êtes convaincante et donnez envie d'aller sentir la Corse… Bon mais si RS m'énerve je le dirai…

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Dim 26 Déc 2010, 08:53

Les spécialistes de la langue anglaise apprécieront le titre de la prochaine émission de Terre à Terre : (in le site "remarquable" de FC)
Best off autour du thème des jardins et de la botanique.
01.01.2011 - 07:05
Avec notamment Michel Courboulex, directeur de la Gazette des Jardins ; Pierre Sellenet, spécialiste des plantes messicoles et membre de l’association « La Garance voyageuse » ; Eric Prédine, co-fondateur de Salu-Terre et auteur de « Des jardins en partage »

Le off des jardins et de la botanique c'est sûrement une première mondiale ! À vos cassettes !

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Mar 28 Déc 2010, 19:05

Je complète mon post sur l'émission du 25 décembre car mon enthousiasme pourrait prêter à confusion.Si l'émission m'a paru remarquable, c'est par la qualité rare des gens qui s'y sont exprimés. Tous les trois ne sont pas des scientifiques, mais des amateurs très éclairés et sérieux. Des gens de terrain qui ont appris la botanique parce qu'elle était indispensable à leurs activités. La première personne a commencé à apprendre les plantes par ce qu'il ne fallait pas que les animaux (ici les moutons) s'empoisonnent. Une bête sauvage, en principe, apprend de sa mère les plantes toxiques, ce n'est pas le cas des animaux d'élevage.Il faut être très vigilant. C'est , en général, la raison pour laquelle les gens apprennent à reconnaître les plantes ( J. L. Ezine, dans son livre "Les taiseux" raconte qu'il a approfondi ses connaissances botaniques parce qu'au départ,il allait cueillir de l'herbe pour les lapins de la famille).
Ensuite, en observant les animaux sauvages, on peut comprendre quelles plantes paraissent leur épargner telle ou telle maladie ou tel parasite.
En tous cas, contrairement à ce qui est véhiculé partout actuellement, on ne s'improvise pas herboriste, on ne soigne pas des maladies en amateur de week-end. La botanique, hélas, n'est plus enseignée en tant que telle en fac, en France, il faut donc apprendre avec des associations de naturalistes et être très persévérant. Se soigner avec des plantes requiert des années d'observation, à part certaines utilisations en usage externe et l'utilisation de quelques plantes calmantes.

Maurice Chaudière réalise, entre autres activités , des greffes d'arbres dans la forêt pour obtenir une forêt fruitière: il ressemble un peu à "L 'homme qui plantait des arbres" de Giono.Il est très calé.Ce qui l'intéresse, en premier lieu, c'est la biodiversité puisque c'est grâce à elle que l'on évite une grande partie de ces maladies ou parasites qui frappent les plantes.
C'est là que Ruth Stegassy pataugeait complètement mais heureusement elle n'est pas arrogante et elle a juste tenté de parler timidement d'"artefacts" et de "stérilité" des arbres. Elle s'est fait gentiment remettre à sa place .Pourquoi elle en a parlé, parce que c'est le grand truc des des intégristes de la bio.
Comme lui a seriné sur tous les tons Maurice Chaudière, nous sommes des êtres de culture et nous ne pouvons nous empêcher de modifier la nature.La nature ne nous attendait pas gentiment pour ne nous apporter que des bienfaits. Donc, les hommes l'ont modifiée et très vite, ont réalisé des greffes leur permettant d'utiliser les racines d'un arbre adapté à son environnement pour ainsi produire de beaux et bons fruits en greffant des rameaux ou des bourgeons d'un autre arbre choisi pour ces qualités . Oui, c'est un artefact, mais l'agriculture est un artefact dès le départ.L'élevage, aussi.

Quant à la stérilité, là, on s'arrache les cheveux. La greffe ne rend pas les arbres stériles. Simplement, on ne peut utiliser les graines des fruits produits parce que les plants qui germeront seront très hétérogènes et ne ressembleront pas pour la plupart aux parents.

Toutes ces notions de greffage sont très accessibles à qui veut bien les apprendre avec des professionnels ou amateurs éclairés. Donc, il est vraiment exaspérant d'entendre de telles sottises véhiculées par certaines associations depuis quelques années et que relaie Ruth Stegassy!

Il n'en est pas de même pour les OGM et là, les scientifiques sont en partie responsables du complet brouillage à ce sujet. En effet, ce qu'est un OGM est très difficile à comprendre quand on n'a pas fait de génétique. Les gens sont terrorisés pour leur santé alors que le problème n'est pas là. Du moins, c'est une question mineure.
Le principal danger des OGM, c'est l'atteinte à la biodiversité.
C'est aussi, probablement, une inutilité dans la plupart des cas: il faudra en inventer d'autres peut-être tous les cinq ans.Ils ne marquent , probablement pas, un grand progrès dans l'agriculture.
Enfin, c'est aussi une question d'éthique: pour qui nous prenons-nous pour modifier ainsi des êtres vivants?

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sus à l'ennemi Monsanto ! - le Sam 01 Jan 2011, 20:37


Comme promis, nous avons le plaisir d'écouter ce premier janvier une charretée (ou une brassée) de connaisseurs en botanique, jardins, tous très passionnants.
Mais deux "détails" m'ont heurtée, dont un très gênant :
d' abord Ruth Stegassy ne peut s'empêcher de culpabiliser les" impurs" de la bio : Michel Courboulex, directeur de la Gazette des Jardins, avoue qu'il se sent coupable d'avoir si longtemps mal taillé des arbres et employé des pesticides en tant qu'entrepreneur de jardins mais il dit ça en rigolant (tout le monde est coupable!) .Mais R.Stegassy en rajoute : s'il pouvait porter un cilice ou se confesser chez un grand maître bio, ça serait mieux...

Elle prétend aussi que les amateurs de jardin se radicalisent. Je ne vois pas cela: ils sont simplement contre les excès et les sottise de l'agriculture industrielle.Ils osent le proclamer maintenant.

Le "détail" gênant provient de quelqu'un qu'on ne s'attendrait pas à prendre en faute: de Gilles Clément qui est ingénieur agronome.Celui-ci nous déclare que "Monsanto veut interdire la culture des jardins potagers aux USA". Une petite lumière s'étant mise à clignoter dans ma tête , devant l'incongruité de cette affirmation. Je suis allée y voir de plus près. Il s'agirait des propositions de lois HR 875 et S 425 , la première ayant été proposée en février 2009 par RosaDeLauro dont le mari dirige la recherche chez Monsanto.
( http://doan-bui.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/03/25/le-potager-bio-de-michelle-obama.html )
La première loi veut instaurer un contrôle sanitaire très strict de tous les produits alimentaires (y compris les résidus de produits chimiques) jusque dans les petites exploitations, ce qui, évidemment pourrait condamner certaines à la disparition, étant donné le surcoût occasionné . La deuxième loi veut organiser des structures de contrôle.
On se doute bien que Monsanto a tout intérêt à ce que soit promulguée une telle loi. Mais, nulle part, il n'est question des potagers des particuliers !! Or, des milliers d'articles ou de vidéos, propagent cette fausse info. De toute façon, cette loi n'a apparemment toujours pas été votée! (il faut remarquer que la loi HR 875 ressemble beaucoup aux lois françaises application depuis des années et qui, c'est vrai ont mis à mal des petites exploitations, notamment les producteurs de fromages artisanaux.

Voilà le genre de fausses infos qui se multiplient depuis quelques années .
ça fait bien rigoler les firmes de pesticides : encore une connerie des écolos!
Et ça ne choque pas Ruth Stegassy!

La militance, il y en a marre, par moments.
je précise que je n'aime pas Monsanto!


Terre à terre de Ruth Stegassy     Page 5 sur 10

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