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Terre à terre de Ruth Stegassy    Page 6 sur 10

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Terre à terre de Ruth Stegassy - le Mer 07 Oct 2009, 09:32

Rappel du premier message :

Le 19 septembre, entretien de Ruth Stegassy avec Jean-Pierre Berlan,
ingénieur agronome et économiste.
En voici la transcription presque fidèle:


La sélection animale est à mettre en parallèle avec la sélection sociale.
Sélection des animaux, sélection sociale, la dynamique est (était ?) la même. Les plantes et les animaux se reproduisent gratuitement, c’est antagonique avec le système marchand. Dans le système marchand, les entrepreneurs veulent avoir le monopole de la reproduction. Le contrôle de l’hérédité est plus rapide pour les animaux que pour les plantes, parce qu’il est plus facile de contrôler les saillies des animaux.

Ce sont les aristocrates anglais qui au début du XVIIIe siècle ont introduit la sélection des animaux, celle-ci provient de la manie des courses de chevaux. Il y avait un enjeu économique. L’aristocratie anglaise s’ennuie dans ses îles, les courses de chevaux sont un dérivatif à l’ennui. On va introduire des étalons arabes, croisés avec des juments anglaises et on a créé la fameuse race du « pur sang » .On va fermer le « livre des origines » pour avoir un monopole. Il faut accroître la rentabilité, il y a aussi des raisons de prestige. Toute une industrie des courses se met en place. On va faire courir des animaux de plus en plus légers, de plus en plus jeunes. On introduit le système de pedigree, c’est une vision très aristocratique. Seuls les animaux qui appartiennent à la lignée peuvent être inscrits.

C’est le même système que celui de la transmission de la richesse chez les aristocrates.
Dans le domaine des animaux de ferme il y a de grands éleveurs anglais, les Beckwell, les Collins, ce sont les fondateurs des races modernes. Très bon livre de Russel sur la question. En fait, c’est vraiment du vent. Il est facile de manipuler les conditions d’environnement. Ces éleveurs savaient très bien nourrir leurs animaux, ils étaient de très bons maquignons et s’y connaissaient dans la mise en scène. C’était des gens qui avaient une très bonne connaissance des marottes de leur temps, ils savaient se plier aux désires de la gentry.
Ils les présentaient les animaux aux acheteurs émerveillés avec une mise en scène extraordinaire, les peintres animaliers concouraient à cette foire aux illusions.

Il est très difficile de connaître la valeur d’un animal dont on vous vante les qualités
Si vous n’êtes pas content de votre animal, on aura beau jeu de vous dire que vous n’avez pas fait tout ce qu’il fallait pour en tirer le meilleur. Personne ne pourra démontrer que le magnifique travail de sélection a foiré. Il y a une terrible asymétrie d’information. Les méthodes statistiques qui permettront d’y voir clair vont venir au premier quart du XXe siècle, avant cela, aucun moyen de savoir.


Il y a eu un discours sur la génétique qui était une rétro-projection ( ?) des pratiques des éleveurs. Eux aussi vont instaurer des monopole sur les races ; ils vont fermer les pedigrees. Derrière tout ça, il y a des conceptions platoniciennes, l’idée que derrière la variabilité se cache une essence. C’est Darwin qui va renverser tout ça. Donc cette petite coterie mafieuse de sélectionneurs joue sur l’essence de la race, fait valoir la coloration, le pelage, ce qui n’a rien à voir avec les performances des animaux. Les chevaux de course ne courent pas plus vite que du temps de x ( ?). Tout ça ne marchait pas.

Le vent nouveau est venu du Danemark, les Danois ont introduit une sélection sur la descendance ; la valeur d’un reproducteur est estimée sur sa descendance. C’est une application de « l’utilitarisme bourgeois » qui remet en cause la conception des aristocrates anglais.
Jean-Pierre Berlan passe aux animaux domestiques, ceux-ci sont dégénérés. Les cockers jadis admirables chiens de chasse sont devenus mordeurs, caractériels. Le plus facile, c’est la « beauté », des critères qui ne servent à rien. Toutes les deux sélections ascendante et descendante se sont fourvoyées.

Il y a eu une sélection qui s’est faite au cours des siècle, la vraie, la bonne, c’est la sélection paysanne qui a abouti à des races magnifiques : les blondes d’Aquitaine, les salers, les charolaises, les tarines, la gascogne, qui sait échapper aux ours. Des générations et des générations de paysans y ont concouru. Idem dans le monde végétal, blé, riz, plantes potagères.
Les gangsters des multinationales agro-toxiques veulent s’approprier ce travail. Ils opèrent la transformation en marchandise de l’hérédité. Question qu’ils se posent : comment vais-je pouvoir me débarrasser de l’agriculteur ?

Les rendements du blé ont énormément progressé, de quelques quintaux sous l’ancien régime à une douzaine dans les années vingt, et dans les années cinquante, courbe qui se redresse verticalement multiplication par cinq. La volonté de moderniser l’agriculture a abouti à son industrialisation : tracteurs , engrais dérivés des explosifs, pesticides issus de la chimie des gaz de combats, on est dans une agriculture de guerre .

Il faut séparer la production de la reproduction (répété plusieurs fois au cours de l’exposé) pour permettre à un certain nombre de gens de faire de profits. Cette agriculture moderne est une culture de guerre. Le système agro-industriel fait la guerre aux insectes, c’est une guerre à la vie. La contraire de ce que devrait être une véritable productivité. Les vaches dans ce système sont des usines à lait. Selon un sélectionneur américain, le seul moyen de mouiller légalement le lait, c’est la vache Holstein, machines à pisser le lait. On continue à parler de lait, ce n’est pas du lait. On dit tomates ; 80% des tomates vendues en France poussent sur un substrat articiciel, je cherche un mot, ce sont des pétro-tomates ; on est dans une pétro-agriculture.

C’est depuis la deuxième guerre mondiale que le processus s’est emballé. Le paysan produisait de blé, maintenant on transforme les pesticides en pain Jacquet. On est dans un système agro-industriel. Derrière tout ça, il y a l’application des principes industriels au monde vivant, c’est tout à fait mortifère. Ça fait longtemps qu’on ne cultive plus de variétés de plantes ; du fait qu’elle est hétérogène et instable, la variété ne peut pas être l’objet d’un droit de propriété. Ce qu’on peut en revanche marchandiser, ce sont les copies d’un modèle de plante qui a fait l’objet d’un dépôt dans un organise officiel, ce sont des clones. On retrouve la logique des fameux purs sang arabes. Un clone qui est un mort vivant peut faire l’objet d’un droit de propriété.

C’est ainsi que se développe une pression continue pour arracher le contrôle de l’hérédité ; d’un bien collectif, faire un bien privé. Les marchands agro-toxiques, marchands de produits en « cide ». Par l’intermédiaire du droit de brevet on leur confie l’avenir du biologique. Le mouvement d’expropriation de la vie est sur le point d’être achevé, grâce à l’union européenne. La confiscation de la vie, c’est la confiscation du travail de générations et de générations centaines de générations de paysan. C’est l’application au monde vivant du système industriel. Cette application du modèle industriel au monde vivant introduit uniformité et homogénéité. Deux entreprises dans le monde contrôlent la génétique des volailles. Les conséquences sont désastreuses. Cela accroît les risques de pandémie, grippes aviaires, grippes porcines. On assiste à une collision entre une logique industrielle et une logique de la vie, logique de la diversité.

Rutl Stegassy : mais le travail de la sélection paysanne n’est pas mort. Peut-on imaginer un retournement de la situation ?
Jean-Pierre Berlan :
Mais la logique d’appropriation est toujours à l’œuvre. Elle est inhérente au système du capitalisme industriel. L’idée qu’on pourrait aménager des espaces de liberté dans ce système ne tient pas. La logique interne, elle est là. Elle ne cessera qu’avec la fin du capitalisme industriel.
Je pose la question à des auditoires à des étudiants : qu’est-ce que produit Peugeot ? Des voitures ? Mais non, Peugeot produit des profits ; les voitures, c’est un prétexte. Le but dominant de la société, qui la structure en profondeur c’est la production de profits. La production des profits est antagonique avec la production de vie.

Ruth Stegassy : sélection ascendante, sélection descendante, mais on est passé à autre chose, les multinationales. Comment caractériser ce processus ?

Jean-Pierre Berlan : il y a une volonté d’objectiver, de donner une logique interne aux choses. La sélection est faite par les sélectionneurs, c’est un milieu social qui a s’est constitué autour des livres des origines. On voit bien que l’utilitarisme bourgeois s’est heurté aux scientifiques. Les scientifiques n’aboutissaient à rien en matière de productivité, il y a un milieu social derrière, les scientifiques sont obligés de composer avec ce milieu.
Au Salon de l’agriculture, on continue à pratiquer les vieilles méthodes de sélection ascendante « aristocratique », médiatisées par les « concours de beauté », toujours l’idée d’une certaine essence, rien à voir avec des critères de productivité.
Il y a donc confrontation entre des gens qui prétendre avoir des attitudes scientifiques et le terreau social dans lequel ils essayent d’imposer des choses nouvelles. Comment ça se résoud, ça dépend des luttes de pouvoir.

Une idée baroque, c’est que les décisions devraient être prises sur des sur des bases scientifiques. La science, ce n’est pas grand-chose dans la domaine de la biologie. On ne sait rien de la façon dont on passe de l’œuf à l’organisme, on ne sait pas non plus
comment les protéines se plient dans l’espace pour donner les tissus. On n’en sait rien.
Vous avez des crétins qui jouent avec ce genre de choses alors qu’ils n’y connaissent rien.
On parle sans arrêt des progrès de la biologie moléculaire, c’est un effet de propagande.

On pourrait faire autrement. On peut obtenir le même résultat avec des méthodes naturelles
L’agro-écologie produit des choses prodigieuses. On parle très peu des agro-éco systèmes extrêmement performants, on n’en parle pas. Des choses admirables ont été faites. Passer à une agriculture biologique c’est possible. Pour ça, il faudrait de vrais agriculteurs, pas des bourrins.

Question de Ruth Stegassy le langage n’est-il pas important ?

Jean-Pierre Berlan : c’est fondamental. Nous sommes dans une société de corruption du langage. Il ne faut pas dire OGM. Si vous dites OGM vous êtes coincés vous allez voir arriver la propagande qui vous dira que l’humanité a toujours modifié les plantes.
Il faut dire Clones Pesticides Brevetés .
On dit variété alors qu’il s’agit des clones. Dans ce cas, qu’est ce que vous voulez penser ? Vous êtes perdus.
Quand on entend privilège des agriculteurs de semer ce qu’ils ont récolté, c’est les gens qui veulent séparer le production de la reproduction qui disent ça.

Donc la prochaine fois, vous irez arracher non pas des OGM mais des clones pesticides brevetés.

Henry
* * *

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sus à l'ennemi Monsanto ! - le Sam 01 Jan 2011, 20:37


Comme promis, nous avons le plaisir d'écouter ce premier janvier une charretée (ou une brassée) de connaisseurs en botanique, jardins, tous très passionnants.
Mais deux "détails" m'ont heurtée, dont un très gênant :
d' abord Ruth Stegassy ne peut s'empêcher de culpabiliser les" impurs" de la bio : Michel Courboulex, directeur de la Gazette des Jardins, avoue qu'il se sent coupable d'avoir si longtemps mal taillé des arbres et employé des pesticides en tant qu'entrepreneur de jardins mais il dit ça en rigolant (tout le monde est coupable!) .Mais R.Stegassy en rajoute : s'il pouvait porter un cilice ou se confesser chez un grand maître bio, ça serait mieux...

Elle prétend aussi que les amateurs de jardin se radicalisent. Je ne vois pas cela: ils sont simplement contre les excès et les sottise de l'agriculture industrielle.Ils osent le proclamer maintenant.

Le "détail" gênant provient de quelqu'un qu'on ne s'attendrait pas à prendre en faute: de Gilles Clément qui est ingénieur agronome.Celui-ci nous déclare que "Monsanto veut interdire la culture des jardins potagers aux USA". Une petite lumière s'étant mise à clignoter dans ma tête , devant l'incongruité de cette affirmation. Je suis allée y voir de plus près. Il s'agirait des propositions de lois HR 875 et S 425 , la première ayant été proposée en février 2009 par RosaDeLauro dont le mari dirige la recherche chez Monsanto.
( http://doan-bui.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/03/25/le-potager-bio-de-michelle-obama.html )
La première loi veut instaurer un contrôle sanitaire très strict de tous les produits alimentaires (y compris les résidus de produits chimiques) jusque dans les petites exploitations, ce qui, évidemment pourrait condamner certaines à la disparition, étant donné le surcoût occasionné . La deuxième loi veut organiser des structures de contrôle.
On se doute bien que Monsanto a tout intérêt à ce que soit promulguée une telle loi. Mais, nulle part, il n'est question des potagers des particuliers !! Or, des milliers d'articles ou de vidéos, propagent cette fausse info. De toute façon, cette loi n'a apparemment toujours pas été votée! (il faut remarquer que la loi HR 875 ressemble beaucoup aux lois françaises application depuis des années et qui, c'est vrai ont mis à mal des petites exploitations, notamment les producteurs de fromages artisanaux.

Voilà le genre de fausses infos qui se multiplient depuis quelques années .
ça fait bien rigoler les firmes de pesticides : encore une connerie des écolos!
Et ça ne choque pas Ruth Stegassy!

La militance, il y en a marre, par moments.
je précise que je n'aime pas Monsanto!


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C'est pas terre à terre et ça s'écoute bien… - le Sam 15 Jan 2011, 10:32

Drôle de légumes
Chaque légume offre la possibilité d’être transformé en instrument de musique. Instruments à vent (le concombre, la carotte…) ou à percussion (potiron, poivron…) à vous de choisir. Bien évidemment, la taille, la texture ou encore la contenance en eau des légumes sont les éléments décisifs concernant le timbre de ces instruments d’un genre nouveau.

liens :
@ Evolplay
@ ateliers scene: Evolplay
@ la recette pour construire une flute carotte:

sur france musique ce matin

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Hervé Kempf et la démocratie 22/01 - le Dim 23 Jan 2011, 17:22

Je reviens sur ce sujet abordé dans le fil Les journaux de FC, parce que mon analyse ultra -rapide semblait injuste.
En effet, HK veut se démarquer des écologistes qui prônent un régime autoritaire, l'abandon de la démocratie, afin d'imposer des mesures permettant de "sauver la planète".
Il tente donc de démontrer que nous sommes actuellement dans une oligarchie et que la société est absente de la prise de décisions. Il a sans doute raison, mais les membres de cette oligarchie sont-ils si bien définissables? les experts, le pouvoir financier, les hauts fonctionnaires qui passent dans le privé l'exposé n'est pas assez explicite, me semble t-il.
Nous sommes dans une oligarchie et non dans une démocratie. Donc pas besoin d' invoquer un régime autoritaire pour réduire la consommation, les gens sont en train d'opérer une pris de conscience salutaire.
Mais c'est là que je suis inquiète, car, s'il dit qu'une culture mondiale démocratique est en train de se constituer,est-ce l'avènement d'une véritable démocratie, où ce ne sont pas les seules émotions qui gouvernent? probablement, il le précise dans son livre mais là, on reste sur sa faim.

Quand même, ce qui est agréable avec Ruth Stegassy, c'est son respect des intervenants : jamais, elle ne leur coupe la parole ou, si cela arrive par mégarde, elle 'excuse.
Et effectivement, avec Pierre-henri Gouyon et le glaciologue Claude Lorius, on a trois intervenants fort intéressants.

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Terre à terre - le Jeu 23 Juin 2011, 21:01

Allez savoir pourquoi, le fil sur Finkielkraut m'a fait penser à Terre à terre.

Ruth Stégassy a un concept très simple: chaque semaine elle va voir un paysan bio, une communauté autogérée, une association antinucléaire, un écoquartier. Elle tend son micro, elle fait tourner le magnéto, et c'est parti! Elle attend que ça se passe. De temps en temps elle pose des questions, pour le rythme.

Exemples:

"- Et vous faites votre pain tout seul?
- Les murs sont en torchis, c'est ça?
- Combien vous êtes dans la communauté?
- Vous pourriez nous parler de la pédagogie alternative que vous utilisez dans l'école?
- Vous croyez que la catastrophe de .... va faire prendre conscience aux gens que...?
- Et pour le tri des déchets?..."


Parfois elle se lance dans une description, ou on entend des bruits d'ambiance comme dans les reportages de France Inter: les enfants jouent, une vache meugle, des pas qui crissent dans l'herbe, une sonnette de vélo...

etc. etc., et chaque samedi matin c'est reparti, c'en devient presque comique.

Jamais aucun recul, jamais aucune question sur le parcours des intervenants, jamais surtout la moindre contradiction, le moindre débat, le plus petit avis timidement pro-nucléaire, pro-autoroutes. Et toujours ce ton monocorde et blême, à la limite sectaire, genre "nous sommes encore trop peu à connaître la Vérité mais bientôt beaucoup seront convaincus, ou alors nous mourrons tous". brrr.

A la fin elle réalise (presque) la performance de me rendre pendant l'écologie détestable, moi qui serait plutôt pour (comme dirait l'autre). Surtout, elle donne des arguments faciles à tous ceux qui ne veulent y voir que délire d'adolescents attardés.

Étonnant, non?

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Sam 22 Déc 2012, 08:33

Daniel Descomps, auteur de « Jouets d’autrefois »
Terre à terre du 22 Déc 2012 , des idées cadeaux en cette période de défête ! Bonne pioche pour Ruth , cette émission c'est du BRF , pas besoin d'arroser ! Quant aux bruits de crécelle parfois émis sur ce forum écoutez ce Tà T, vous y apprendrez une multitude de motivations pour utiliser cet instrument . Razz

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Sam 22 Déc 2012, 09:14

Fontaine, vous m'avez devancée! émission épatante pour les auditeurs qui n'ont pas oublié leur enfance et qui aiment toujours jouer.
Et puis, une petite remarque comme ça, glissée comme si de rien était: la plupart des enfants élevés actuellement àla campagne sont, en réalité des petits citadins.Ils vivent dans un décor vert, dans lequel ils ne petçoivent rien. Bien vu.

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Dans le pays des Baronnies, les éleveurs ovin persécutés par l'administration - le Dim 17 Fév 2013, 09:05

Merci à Fontaine et Antonia pour l'émission sur les jouets musicaux venus du fonds profond anthropopopologique. Pendant une bonne partie de cette émission, on retrouve le ton de 'la matinée des autres'. A ceci près qu'il y a un invité unique, donc comme de juste pas de mise en perspective, pas de lectures de Van Gennep pour illustrer la chose. Eh c'est que nous sommes en 2012-2013 donc ne demandons pas l'impossible. Enfin c'était bien.

Suite à ce samedi-là, c'est avec moins de sévérité que j'ai laissé trainer mon oreille parfois le samedi matin dans 'Terre-à-terre'. Initialement, j'étais d'accord avec le tableau qu'en fait Phil quelques posts plus haut. Le pire dans cette émission étant bien son unilatéralisme absolu : de même que 24h plus tôt avec Philippe Petit, et une fois sur deux dans Hors-Champs, il n'y a pas de contradiction donc il faut être prêt à entendre les pires âneries sans la moindre mise au point, sans la moindre réserve. Je comprends l'aversion d'Alain Machefert pour les dialogues de sourds et les débats de chiffonnier, mais là c'est carrément le défaut inverse : l'absence complète de mise en problématique.

Alors il y a tout de même une exception, et ça m'a dérangé quelque peu : hier matin des éleveurs de la filière ovine se plaignent d'être harcelés et persécutés par les règlementations Françaises et Européennes : normes sanitaires (avec le degré d'absurdité qu'on devine), obligation de faire porter des puces électroniques à toutes les bêtes du troupeau. Là il y a refus catégorique et on ne sait pas si cette pomme de discorde est bien justifiée ou si elle est uniquement idéologique. D'ailleurs la présentation de l'émission sur le site de FC sent bon la récupération par l'équipe de Terre à terre. Mais en même temps on comprend que, vu du fin-fond de la France profonde, il y a de quoi douter légitimement de la pertinence des préconisations de Bruxelles, administration centralisée qui sent bon son jacobinisme forcené. L'auditeur se demande s'il y a mauvaise volonté de l'éleveur, ou bien défaut didactique de l'autorité Européenne, ou bien défaut tout court de l'administration délirante qui produit ukase sur ukase ; car les éleveurs interviewés donnent quelques exemples de décisions inadaptées ou aberrantes, auxquelles l'autorité a finalement renoncé.

J'en retiens que ces éleveurs qui ont de tout petits troupeaux de 60 têtes aimeraient bien vivre à leur guise, tandis que l'administration européenne et encore plus la française qui fait du zèle, semblent fort occupées à les contrôler à fond, ce qui aboutit à leur pourrir la vie. Alors que leurs méthodes d'élevage sont anciennes, traditionnelles, éprouvées. Faut-il contrôler à ce point leurs exploitations ? Ces éleveurs sont plutôt convaincants ; à l'occasion ils expliquent pourquoi telle ou telle mesure qu'on veut leur faire appliquer aveuglément, en fait n'est pas pertinente dans leur situation, au contraire va les empêcher de travailler.

Après l'exposé quasi-technique et un intermède contestataire très terrain-terrain et plutôt sympathique, la seconde moitié de l'émission sera plus proche des soucie de la vie quotidienne : on y entend le témoignage des harcelés de l'administration. Quand on devine ou redoute la capacité de ces institutions à broyer ceux quelle prend pour cible, on a tout de même assez envie de les croire, ces gens. Reste que ça manque un peu de contradiction. On aurait aimé entendre sinon un débat contradictoire, du moins plusieurs points de vue différents : par exemple d'autres éleveurs travaillant différemment, ou bien un fonctionnaire pas trop militarisé. Surtout pas un représentant de l'inspection du travail, merci. En fait de point de vue différent, on entendra le témoignage de quelques éleveurs étrangers (un espagnol, un allemand) venus participer à la transhumance et qui, sans surprise, confirment le point de vue des précédents. Mais que font là cet espagnol et cet allemand ? Eh bien ce numéro de Terre à terre a été monté à l'occasion de la 'transhumance contestataire', qui est une sorte de manif festive. Parallèlement à ce mouvement, se diffuse un film dont on espère que ça n'est pas une Nième connerie propagandiste unilatérale à la façon du mouvement anti-OGM.

2 remarques, à peine critiques :
- Ruth Stegassy aurait-elle tardivement reçu par guéridon (en bois naturel) ou par ondes (solaires) la critique de Phil ? En tous cas, hier matin elle intervient de façon beaucoup plus dynamique, et cela de deux manières. La première : elle pousse les plaintifs -car c'est essentiellement une émission de plainte- à développer chacun de leurs arguments, or ils en ont. L'émission y trouve une qualité didactique et -ô miracle- on n'y retrouve pas trop la niaiserie militante typique du paradigme idéologique de la chaîne, même quand les néo-ruraux autonomistes se lâchent un peu ce qui donnera d'ailleurs des scènes intéressantes notamment une petite diatribe contre l'obligation de recourir aux abattoirs y compris au moment de tuer ses propres bêtes pour l'auto-consommation.
- La seconde : à mi-parcours, Ruth Stegassy ne se fait pas faute de mettre en relief une contradiction ou une faille tout de même importante : tout ce joli monde vit aussi de primes et de subventions. Voila qui remet en perspective toute la question : nos éleveurs néo-ruraux marginaux équilibrent leur budget et notamment leurs investissements, grâce aux primes de la PAC. Mais on se rend compte que certains d'entre eux sont prêts à s'en passer, quitte à compenser cette perte par une régression technologique, que d'ailleurs ils ne vivront pas comme une régression mais comme une mutation, pour conserver leur mode de vie. Du moins quand ils en auront la possibilité, car nombre d'exploitations, privées des primes, ne seront plus viables.

Apparemment, le sujet de cette émission c'était la contestation anti-RFID et d'ailleurs c'est bien dans ce sens là que Ruth Stégassy a tenté de récupérer la transhumance contestataire. Mais au delà de cet affrontement qui agite du souci idéologique au ras des pâquerettes, on voit un autre niveau de lutte idéologique : ces éleveurs ils défendent leur liberté d'entrepreneurs, leur autonomie au travail et on entend même que certains aimeraient la transformer en quasi-autarcie. Ces baba-cool néo-ruraux sont finalement des libertaires, loin des caricatures de l'écologisme autoritaire à la française qui imprègne le programme de Ruth Stégassy chaque fois qu'elle invite des intellectuels ou des politiciens.

Pour ceux qui veulent se rendre compte par leur propres oreilles (sans puce électronique merci) : http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-la-transhumance-contre-le-pucage-des-troupeaux-2013-02-16

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Sam 31 Mai 2014, 08:09

A écouter absolument le Terre à Terre de ce matin 31 mai dont je n'ai pas encore le titre.Des paysans qui n'ont jamais demandé de prêts au Crédit agricole,qui n'ont jamais bénéficié d'aides, qui n'ont jamais dissimulé leurs revenus, ont payé toutes leurs cotisations retraite à la Mutualité sociale agricole(et ne toucheront que 720€).
Joyeux, ne se plaignent pas mais dénoncent les incohérences de l'agriculture d'aujourd'hui:ainsi, ils recevaient autrefois ces colos ou des jeunes en camping. C'est devenu impossible en raison de l'imbécillité de la législation sur les aliments des enfants en colo.On peut n'en écouter que des petits bouts , de cette  émission, mais c'est réjouissant. Des passionnés, heureux....

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Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Sam 31 Mai 2014, 09:48

@antonia a écrit:A écouter absolument le Terre à Terre de ce matin 31 mai dont je n'ai pas encore le titre.Des paysans qui n'ont jamais demandé de prêts au Crédit agricole,qui n'ont jamais bénéficié d'aides, qui n'ont jamais dissimulé leurs revenus, ont payé toutes leurs cotisations retraite à la Mutualité sociale agricole(et ne toucheront que 720€).
Joyeux, ne se plaignent pas mais dénoncent les incohérences de l'agriculture d'aujourd'hui:ainsi, ils recevaient autrefois ces colos ou des jeunes en camping. C'est devenu impossible en raison de l'imbécillité de la législation sur les aliments des enfants en colo.On peut n'en écouter que des petits bouts , de cette  émission, mais c'est réjouissant. Des passionnés, heureux....

Merci pour votre conseil avisé, Antonia : Eleveurs dans le Morvan. Sur les 15 premières minutes pour l'instant :  une émission passionnante, riche d'humanité. Quelles belles voix, aussi, pour dire l'essentiel.

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Répondre en citant  
Une émission peu terre à terre - le Sam 31 Mai 2014, 10:00

@Philaunet a écrit:
@antonia a écrit:A écouter absolument le Terre à Terre de ce matin 31 mai dont je n'ai pas encore le titre.Des paysans qui n'ont jamais demandé de prêts au Crédit agricole,qui n'ont jamais bénéficié d'aides, qui n'ont jamais dissimulé leurs revenus, ont payé toutes leurs cotisations retraite à la Mutualité sociale agricole(et ne toucheront que 720€).
Joyeux, ne se plaignent pas mais dénoncent les incohérences de l'agriculture d'aujourd'hui:ainsi, ils recevaient autrefois ces colos ou des jeunes en camping. C'est devenu impossible en raison de l'imbécillité de la législation sur les aliments des enfants en colo.On peut n'en écouter que des petits bouts , de cette  émission, mais c'est réjouissant. Des passionnés, heureux....

Merci pour votre conseil avisé, Antonia : Eleveurs dans le Morvan. Sur les 15 premières minutes pour l'instant :  une émission passionnante, riche d'humanité. Quelles belles voix, aussi, pour dire l'essentiel.
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/05/s22/RF_8FD9FDD5-E2AF-4530-A48D-A7651F885D3C_GENE_0.MP3" debut="28:40" fin="30:52"]
A la différence d'autres invités de Mme Stégassy, les trois paysans ne tiennent pas de propos inconsidérés. M. Philippe Perrot se distingue, me semble-t-il ; il parle posément et de façon très claire (sa voix, grave et douce, me paraît fort agréable).  
La présentation, superlativement laconique, m'échappe un peu : quels sens respectifs assigne-t-on à paysan  et à agriculteur ?  
http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-eleveurs-dans-le-morvan-2014-05-31

61
Répondre en citant  
Re: Terre à terre de Ruth Stegassy - le Sam 31 Mai 2014, 12:58

@Antoine Arnoux a écrit:
@Philaunet a écrit:
@antonia a écrit:A écouter absolument le Terre à Terre de ce matin 31 mai dont je n'ai pas encore le titre.Des paysans qui n'ont jamais demandé de prêts au Crédit agricole,qui n'ont jamais bénéficié d'aides, qui n'ont jamais dissimulé leurs revenus, ont payé toutes leurs cotisations retraite à la Mutualité sociale agricole(et ne toucheront que 720€).
Joyeux, ne se plaignent pas mais dénoncent les incohérences de l'agriculture d'aujourd'hui:ainsi, ils recevaient autrefois ces colos ou des jeunes en camping. C'est devenu impossible en raison de l'imbécillité de la législation sur les aliments des enfants en colo.On peut n'en écouter que des petits bouts , de cette  émission, mais c'est réjouissant. Des passionnés, heureux....

Merci pour votre conseil avisé, Antonia : Eleveurs dans le Morvan. Sur les 15 premières minutes pour l'instant :  une émission passionnante, riche d'humanité. Quelles belles voix, aussi, pour dire l'essentiel.
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/05/s22/RF_8FD9FDD5-E2AF-4530-A48D-A7651F885D3C_GENE_0.MP3" debut="28:40" fin="30:52"]
A la différence d'autres invités de Mme Stégassy, les trois paysans ne tiennent pas de propos inconsidérés. M. Philippe Perrot se distingue, me semble-t-il ; il parle posément et de façon très claire (sa voix, grave et douce, me paraît fort agréable).  
La présentation, superlativement laconique, m'échappe un peu : quels sens respectifs assigne-t-on à paysan  et à agriculteur ?  
http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-eleveurs-dans-le-morvan-2014-05-31

Aïe, je déchante. C'est que l'on n'était pas entré dans le vif du sujet avant les 20 premières minutes.

Ruth Stégassy, ce ne serait pas un alliage de Mélenchon et de Bové, sans le verve du premier et sans l'expérience agricole du second (qui a quitté son exploitation pour un poste à 16 000 euros mensuels au Parlement européen, salauds de technocrates, n'est-ce pas, la Confédération Paysanne ?) ?

Faut pleurer et s'indigner, tel est le sous-texte de tout le propos de Stégassy. Et quand elle réussit à aiguiller la personne sur ce qu'elle a envie d'entendre et de faire entendre, ses vis-à-vis ne se privent pas, faut bien nourrir France Culture en préjugés et désinformation : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/05/s22/RF_8FD9FDD5-E2AF-4530-A48D-A7651F885D3C_GENE_0.MP3" debut="34:23" fin="36:40"]

Les deux tiers de l'émission se résument à ceci : y a trop de normes, y a trop de lois. Stégassy, elle, dit de manière voilée que travailler hors-norme, ce n'est pas grave.

Bon, concernant les normes sanitaires, quelles critiques étayées y a -t-il ? Aucune. Des normes, il y en a partout, et heureusement, sinon on serait à la merci de tous les gougnafiers cherchant à truander le consommateur. Je pourrais vous en raconter des histoires de tromperie sur la marchandise et la mise en danger de la santé d'autrui, mais Stégassy vit dans un monde angélique où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, sauf les gros capitalisses, les technocrates de Bruxelles et l'administration française (forcément "tatillonne").

Sur les colos qui ne peuvent pas manger les produits de la ferme : qui est responsable ? Vous, si vous avez des enfants. Car c'est le parent qui va attaquer la colo si son enfant a une diarrhée, le parent ne va pas se contenter de dire "ça peut arriver", non, il va falloir trouver des responsables et leur faire payer des dédommagements. Du coup, toutes les organisations ou les municipalités se blindent pour ne pas être attaquées. Par qui ?  Par le citoyen qui, à tort ou à raison, n'a pas envie de payer des frais médicaux non remboursés par son assurance complémentaire et qui préfère que ce soit la collectivité qui banque.

Strasbourg, fait divers dramatique : une jeune fille s'égare un soir dans un parc urbain, monte  sur un bâtiment recouvert de verdure, s'endort, se réveille la nuit, et, voulant descendre, se brise la colonne vertébrale. Après plusieurs années de procédure, la Ville est reconnue coupable et doit payer (le contribuable doit payer) des compensations faute d'avoir clôturé hermétiquement ce lieu. J'y allais autrefois, superbe. C'est fini, faut se promener dans les clous. Il ne faut pas sauter d'un petit pont dans l'Ill, panneaux et policiers vous le rappelleront et vous mettront à l'amende. Vous vous rendez compte si un jeune se noyait ! La Ville casquerait un maximum pour ne pas avoir mis des panneaux disgracieux tout au long de l'eau et ne pas avoir surveillé le lieu, voilà ce qu'invoquerait l'avocat de la famille, qui ne s'interrogera pas sur le mode d'éducation de son enfant ou sur la fatalité.

Voilà, les gens qui réglementent le font pour de très bonnes raisons, pas parce qu'ils s'ennuient et veulent "casser" les pauvres paysans bio, mais pour répondre aux demandes de gens ou d'associations (Que Choisir s'alarme en ce moment de la réduction du nombre de contrôleurs sanitaires publics, salauds de défenseurs des consommateurs ?).

Concernant la retraite de 720 euros, là j'ai failli pleurer. Tous les les travailleurs indépendants cotisent et la différence avec les salariés n'est pas si grande. Je m'étrangle quand j'entends que M. Pierrot est à la retraite, mais qu'il parle de son travail actuel dans l'exploitation. Quelle est exactement sa situation professionnelle et financière, puisqu'il est question très concrètement d'argent ? Combien vaut son exploitation ? Quel est son capital ? Que reçoit-il comme aides sociales autres ? Enfin, je ne veux pas suggérer que M. Pierrot le ferait, mais on sait que beaucoup de petits entrepreneurs vivent sur des ressources "discrètes". Je ne condamne rien, mais il ne faut pas faire croire à l'auditeur que les petits exploitants sont des prolétaires laminés par le système.

Terre à terre est une émission militante qui, à travers la voix douce de Ruth Stégassy, peint un monde censé faire s'indigner l'auditeur. Je suis indigné, non par la vie des éleveurs, qui disent par ailleurs être heureux de leur condition, mais par la manière unilatérale, tronquée et sans nuance de présenter les choses.

Terre à terre de Ruth Stegassy     Page 6 sur 10

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